mercredi 2 juin 2021

 

Dimanche 13 juin 2021

Groupe de parole-partage (9eme année, ouvert à tout individu)

 

" Mes désirs essentiels. Comment je discerne ceux qui me libèrent

de ceux qui m'attachent ? "

 

Lieu : chez Joseph, Moëlan s/Mer

11h00  - 17h00 + goûter

 

 

Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.

Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.

Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.

Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e

Coût : adhésion annuelle à l'association 10€

Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

 

 

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :

. Tu écouteras ton prochain comme toi-même

. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux

. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler

. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue

. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque

. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres

. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire

. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement

. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres

. ....

 

Co-voiturage de Moëlan s/Mer, Concarneau, Quimper, pays bigouden, Rostrenen,....

Détails-inscriptions :  06 78 00 15 33 ou mèl EPHATA

 

 

"Vivre, c'est répondre à l'appel de ses désirs authentiques."

Simone PACOT

vendredi 14 mai 2021

 Lettre mai 2021 - 111eme -

Bonsoir, bonjour


"L'homme est né spirituel. 
Et ce que l'on appelle la vie spirituelle est un chemin 
de maturation au cours duquel cet homme spirituel 
est invité à devenir un être humain."
Willigis JÄGER, moine bénédictin allemand


   Rire en temps de crise. Un peu d'humour glané dans les médias : "Pour sortir faire les courses, on m'avait dit qu'un masque et des gants suffisent. Mensonge ! Les autres étaient habillés !", " Un mec qui bouffe un pangolin à Wuhan peut provoquer une pénurie de pâtes et de PQ au supermarché de Melun.", "Le succès du déconfinement dépend de notre intelligence collective. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit qu'on va tous mourir.", "En un an, j'ai absorbé plus d'alcool par les mains que par la bouche.", "Vous avez prévu quoi le 16 mars pour fêter l'anniversaire du confinement ?". Rire en temps de crise, puissant moteur pour avancer quand ça va mal = carburant essentiel, nom d'un pangolin !

   Et si on se transformait en terreau après notre mort ? C'est le souhait des partisans de l'humusation (et le mien). Un rite funéraire qui se veut plus écolo que l'inhumation et la crémation. Tôt ou tard, brutalement ou pas, la petite lumière (notre âme) qui brille au fond de nos yeux s'éteindra. D'où l'idée (fumeuse !) de Sandra Rolland, une Costarmoricaine, qui souhaite créer son entreprise de pompes funèbres et proposer l'humusation à sa clientèle. Il faut compter une année maximum pour une humusation complète du corps, permettant l'obtention finale de trois mètres cubes d'une terre "riche en matières organiques et en phosphate, l'équivalent d'un super terreau" annonce Antoine Bigand, interne en médecine légale au CHU de Rennes et militant de la cause. "Humus, tu redeviendras humus". Vous êtes prêts ?.... Perso, durant plusieurs années, par intérim, j'ai occupé la fonction d'assistant funéraire. Pas triste du tout !

   A l'heure d'aujourd'hui, il nous est possible de voir ce qui fait une "bonne" méditation et ce qui en fait une mauvaise. "...Toutes les méthodes de méditation qui ne sont pratiquement que des procédés pour apaiser et adoucir l'expérience du vide et de la crainte sont en définitive des évasions qui ne peuvent en rien nous aider. Bien plus, elles peuvent nous confirmer dans nos illusions trompeuses et nous durcir contre une prise de conscience fondamentale de notre situation réelle. Illusions qui peuvent nous enfermer dans notre arrogance, fermés que nous sommes envers tous ceux qui ne partagent pas nos illusions. En pareil cas, la méditation ne sert plus qu'à fabriquer des alibis. Il nous faudra désapprendre ce type de méditation routinière, sorte de vie intérieure de l'individualiste égocentré. L'un des aspects de cette maladie spirituelle si commode est la grande importance qu'elle donne à un idéal et à des intentions en complet divorce avec la réalité, l'action et tout engagement d'ordre social." nous rappelle Thomas Merton

   Moralité : si notre pratique méditative ne nous conduit pas vers l'action, alors c'est du pipeau ! Du nombrilisme, du baume, de l'entourloupe, du pipi de chat ! "...Nous pouvons maintenant comprendre que l'on ne peut pas parvenir à la pleine maturité spirituelle sans passer d'abord par la crainte, l'angoisse, l'affliction et la peur qui accompagnent nécessairement la crise intérieure de la "mort spirituelle", au coeur de laquelle nous abandonnons définitivement notre attachement à notre moi extérieur et nous nous livrons complètement à Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes,ndlr). Un don total de nous-même. Amour, confiance, espérance." continue TM.

   Vous êtes prêts pour le voyage décapant de l'intériorité ? C'est ce à quoi conduit notre pratique du Yoga. Qui n'est pas qu'une gymnastique orientale pour petits blancs stressés. Depuis 22 ans que je donne des cours, force m'est de constater que très peu d'apprenants font le chemin jusqu'au bout... de leur libération. La peur, toujours la peur, rien que la peur... de l'inconnu. Quel dommage, quelle perte de temps, notre vie passe tellement vite ! Le chemin qui fait passer par la crainte ne mène pas au désespoir mais à la joie parfaite, non pas à l'enfer (l'enfermement en soi) mais au ciel (l'ouverture à l'autre). Alors, en 2021, tu fais le grand saut camarade ?.... Om Nama Shivaya !

   "L'autre jour, j'ai croisé dans la rue un quidam portant un sweat-shirt blanc sur lequel étaient écrits ces mots : "Je suis Jésus". Encore un illuminé, me suis-je dit, on vit vraiment une époque formidable. J'ai eu presque envie de lui demander de faire un miracle, là, tout de suite. Puis, me retournant, j'ai vu qu'il portait à l'arrière de son sweat-shirt cette autre inscription : "Et toi, qui suis-tu ?" Ah ! Ah ! Joli jeu de mots. Je suis Jésus, et toi qui suis-tu ? Du coup, je me suis demandé : qui suis-je ? Comment ça, qui suis-je ? Ce que je veux savoir, ce n'est pas qui je suis, mais bel et bien qui je suis. Tu me suis ?...." Extrait de l'un des délicieux billets d'humeur du super journaliste Alain Rémond, que je savoure chaque jour, dans le quotidien La Croix.

   A quoi reconnaît-on un être éveillé, un guide spirituel, un instructeur spirituel, un accompagnateur ? Quelques signes : constance d'être, douceur presque féminine, présence déterminée, sans ostentation ni séduction, accueil chaleureux, sourire bienveillant, joie vivante, pureté subtile baignée d'un influx spirituel. Ni intrusif, ni démonstratif, vit pleinement l'abandon à la volonté divine, offrande absolue de lui-même, sans ostentatoire ni discours volubile. Disponibilité à l'écoute des disciples. Juste mesure : absence de prosélytisme et de prétention spirituelle - épines du chemin spirituel si répandues aujourd'hui ! Inspiration, humilité profonde, silence rayonnant : "Je me tais, car c'est Toi qui es à l'œuvre."  Si vous en connaissez, vous me faites signe ! Om Shanti....

   Pour Simone Weil (et votre serviteur), le développement du capitalisme et la société moderne conduisent l'homme à vivre hors-sol, le déracine. En remède, elle plaide pour "l'enracinement""peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l'âme humaine". Elle précise qu'on ne doit pas "confiner" les racines : "...famille, village, quartier, nation, travail, cultures, spiritualités.... Jamais au contraire l'aération n'a été plus indispensable. L'enracinement et la multiplication des contacts sont complémentaires". L'enracinement passe par la reconnaissance des "besoins de l'âme". Aussi vitaux que les "besoins physiques", mais "beaucoup plus difficiles à reconnaître et à énumérer que les besoins du corps". 
   "Contre le déracinement, elle propose aussi que chacun retrouve la maîtrise de ce qu'il fait et du temps qu'il y consacre, autant dire le refus du travail à la chaîne au sens large, des délocalisations auxquelles on assiste aujourd'hui. La contemplation de la nature est, à ses yeux, un moyen de retrouver l'échelle humaine et l'essence de la beauté. Elle amène chacun à renouer, pour son propre compte, le pacte originel que Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes) a conclu pour l'homme avec l'univers", complète Christiane Rancé, auteure de Simone Weil, le courage de l'impossible (Seuil).

   Sa réflexion sur l'enracinement résonne indéniablement avec les préoccupations actuelles de l'écologie politique. "Le courant idolâtrique du totalitarisme ne peut trouver d'obstacle que dans une vie spirituelle authentique", écrit-elle dans L'Enracinement. Chez elle, la spiritualité est complètement étrangère à toute idée d'un ordre religieux. Ce qui est vital, c'est que l'homme ne soit pas séparé du souffle de la transcendance, au quotidien ! "L'intelligence doit s'exercer avec une liberté totale, ou se taire", déclare la croyante qui demeure une philosophe. Elle refuse l'idée que les dogmes puissent s'imposer à l'intelligence. A côté des textes grecs, elle s'intéresse au taoïsme, au bouddhisme, aux dieux égyptiens, aux textes cathares, à la Bhagavad-Gita, aux folklores traditionnels et aux contes. Elle compare les différentes religions aux pièces d'une maison qui serait baignée par la lumière divine.
   Vous l'aurez compris, pour moi, Simone Weil est une super nana !

   "J'ai passé cinquante ans à tenter d'expliquer aux dirigeants d'une cinquantaine de pays les enjeux des Limites à la croissance. Il est trop tard. Cognez-vous la tête contre un mur de pierre, ça fait mal au crâne mais ça n'a aucun effet sur le mur. Donc j'arrête. Et je me replie sur l'action locale, en utilisant la dynamique des systèmes sur les ressources naturelles, et en m'intéressant aux problèmes d'urbanisme de ma ville; J'ai très peu de regrets. Si vous faites dépendre votre bonheur de votre capacité à changer le monde, vous ne serez jamais heureux, car vous avez trop peu de chances de gagner. Quand des jeunes gens s'adressent à moi aujourd'hui, je leur dis les choses suivantes : "Apprenez la résilience, car les décennies qui viennent vont être semées de crises sévères ; apprenez des choses pratiques comme le jardinage ou la plomberie, car elles vous seront très utiles ; et lisez de l'histoire longue, celle des Phéniciens, des Romains, ou de la dynastie Qing." Ces civilisations ont grandi, elles ont décliné, elles ont disparu. Imaginer que la nôtre pourrait suivre un autre destin me paraît un doux fantasme. Mais j'ajoute toujours ceci : " N'oubliez jamais qu'il existe deux façons de toucher au bonheur. La première est d'obtenir plus - c'est celle après laquelle notre civilisation a couru à perdre haleine -, et la seconde, de vouloir moins." Philosophiquement, et de manière très pragmatique, je privilégierais le deuxième chemin." Dennis Meadows in Les Limites à la croissance (dans un monde fini) avec Donella Meadows et Jorgen Randers, traduit de l'anglais par Agnès El KaïmJe vous laisse méditer....

   Quelques médecins dissidents dénoncent la remise en cause de la liberté de circuler. Et c'est tant mieux ! "Les médecins réclament un renforcement des mesures, entend-on régulièrement dans les médias. Non pas tous ! Nombreux sont les dissidents. Mais ils se contentent de chuchoter car, en ces temps de chasse aux sorcières, il est risqué de faire entendre une voix discordante de celle du Conseil scientifique sans se faire traiter d'hérétique.
   Il ne s'agit pas pourtant de remettre en cause le port du masque, la distanciation ou la fermeture des lieux propices aux réunions. Il s'agit simplement de dénoncer la suppression d'une de nos plus fondamentales libertés. Celle d'aller et venir, celle de sortir de chez soi. Un chez soi qui pour beaucoup, notamment pour les jeunes, se réduit à quelques mètres carrés (...)
   Se conformer aux seuls diktats de "la sainte inquisition" n'augure pas d'un avenir réjouissant. Quelles mesures prendrait-elle en cas d'épidémie à forte mortalité dans un pays où nos "Torquemada" (inquisiteurs) cherchent à imposer toujours plus de lois d'exception ? Plutôt que le tir à vue sur tout contrevenant, est-il irresponsable d'envisager un arsenal moins répressif ?
   Mars 2020 - mars 2021 : une année jalonnée de décisions micro-concertées aussi liberticides que précipitées sans la moindre mesure de moyen terme. Aucun matériel, aucun personnel à l'horizon !...." Dr François Leblais (44) Ouest-France 06/04/21


"Le sexe, c'est le plus vieil anxiolytique du monde !
Et ça dure toute la vie..."
Véronique Lefebvre des Noëttes, psychiatre



Livres et vous
"Le Visible et l'Invisible" Merleau-Ponty
"Petit éloge de la vie de tous les jours" Franz Bartelt
"Promenade sous la lune" Maxime Cohen (délicieux !)
"La Grâce et le Progrès" Elisabeth de Fontenay (interroge le principe d'universalité, par la philosophe qui parle aux chiens, aux vaches et aux chevaux, ainsi qu'à tous les êtres fragiles, humains ou non-humains.)
"Il a neigé tant de silence" Gilles Baudry (offrez-vous tous les recueils de ce moine-poète de Landévennec-Finistère : un pur bonheur)

Sites
campus-transition.org (créé par Cécile Renouard, un lieu qui réinvente les règles du jeu économique et social)
www.kerwatt.bzh (devenir coproducteur d'énergie renouvelable en 29)
www.utopia56.com (ils ont besoin de nous...)

Musiques
"Collapsed in Sunbeams" Arlo Parks (20 ans, voix caressante, âme sensible, pop soul aux bonnes vibrations, poétesse et auteure de ses chansons)
"The Angels" Les Métaboles / Léo Warynski (allie sensualité et spiritualité, tutoie les anges...)
"Trouble" Révérend John Wilkins (bon vieux blues et gospel chaleureux)
"Autoportrait" Yann Honoré (à déguster au calme, pour rêver d'ici et d'ailleurs : marie Irlande, Afrique et Orient)
"El camino de los vientos" Matthieu Saglio (un pur bijou méditatif, irrigué de collaborations majestueuses : à écouter en boucle)


"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaines d'étoile à étoile,
et je danse."
Arthur Rimbaud
   

   "Le poème n'a pas la réponse à nos questions mais il ne nous laisse pas tomber seul dans nos questions. Un roman se lit de gauche à droite, un poème se lit de haut en bas. Le poème augmente le monde. Il console. Il fait attention à ce qu'il dit. Être poète, c'est cultiver des fleurs dans la tempête." nous rappelle Yvon Le Men, délicieux poète breton. 
   Le poète libère notre imagination en nous faisant voir ou entrevoir l'invisible, il nous ouvre des portes et s'adresse tout autant à notre esprit qu'à notre âme. La poésie aiguise nos sensations, nos sentiments. Pour espérer une éclaircie dans la pesanteur du réel. Elle ouvre le champ de la compréhension et de l'émotion. Les mots n'ont-ils pas leur propre musique ? "Les poètes ne font que semblant de mourir. Ils viennent d'après ou d'avant." Jean Cocteau. La poésie, c'est bon pour notre santé essentielle ! Tchin.... Pensée spéciale pour Philippe Jacottet, qui nous quitte à un âge raisonnable. Mais je reste ému par la mort de Cédric Demangeot, poète de grande tenue, âgé de 46 ans, qui continuait l'héritage d'Antonin Artaud. Pourquoi les doux meurent jeunes ?
   "Il faut aimer les poètes, il faut aimer les créateurs; ils sont les lanternes de notre siècle, ils éclairent le chemin d'une juste pensée, d'une pensée qui nous abreuve en notre intimité la plus profonde." Guillaume de Fonclare

"Le printemps est si beau !
Sa chaleur embaumée
Descend au fond des coeurs réveillés et surpris :
Une voix qui dormait,
une ombre accoutumée
Redemande l'amour à nos sens attendris."
Marceline Desbordes- Valmore

   En cette période d'épidémie, le discours des scientifiques est prédominant. Il n'est pas du tout transcendant. Il nous enterre. Donnons la parole aux philosophes, aux artistes. Elle nous aidera à vivre. Un monde sans culture n'est que ruine de l'âme. Je vous en conjure, n'écoutez plus le discours officiel qui nous plombe, ni les infos officielles qui nous rendent paranos, ni les costards-cravates pâles comme des cadavres, ni ceux qui savent ou croient savoir.... En ce printemps, cultivons notre liberté, notre sensualité : depuis un an j'embrasse et prend dans mes bras qui le souhaite, recouvert que je suis de la tête aux pieds de film alimentaire !
   La bamboche must go on ! La fête a deux fonctions : sociale et émotionnelle. La société a besoin de ces moments de lâcher-prise. Notre droit à la fête : une question politique. La fête rapproche les gens, libère les esprits et les corps. Le temps d'une danse, tu appartiens à un groupe. Faire la fête permet de te sentir en vie. Ce besoin de s'amuser concerne tous les âges. La fête permet de se laisser emporter dans une forme d'inattendu. Fêtons le printemps, nom d'un pangolin !

   Pour l'OMS, la santé est un "état de complet bien-être physique, mental, social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité." C'est pourquoi il importe de remettre au cœur de la stratégie de gestion de la pandémie l'approche holistique de la santé : corps-âme-esprit. Les lobbys pharmaceutiques, les labos, les médecins généralistes, les pharmaciens, le corps médical dans son ensemble, globalement, sont des individus qui n'ont pas été formés à l'approche holistique de notre santé corps-âme-esprit. Ils sont, pour leur grande majorité, à côté de la plaque, et depuis une année ils nous mènent par le bout du nez en utilisant l'arme de la peur. Vous avez vu dans quel état est notre pays et ses habitants ? Vous allez vous en rendre compte dès que nous serons déconfinés.

   "La seule certitude est que rien n'est certain. Hormis notre dernier soupir. L'épanouissement de l'être humain ne se réalise pas au moyen des choses que nous disons, mais de celles que nous faisons et apprenons, et de ce que nous devenons par nos actes. Le contemplatif devrait faire preuve d'une courtoisie plus christique, en allant à la rencontre de l'autre différent de soi. La méditation est un acte de foi, en détachant l'attention de soi-même, en arrêtant de penser à soi-même. La foi a un effet sur le désir par l'expérience du temps. Elle implique le choix, elle est un chemin. Elle amène à approfondir nos relations avec les autres. Bede Griffiths disait que la foi est notre capacité à la transcendance, notre aptitude à dépasser notre ego. 
   Elle est plus que la croyance : c'est le choix d'être et de rester libre. Elle nous pousse à porter des fruits : dialogue, curiosité, respect, révérence pour les croyances des autres. Toutes les théologies mystiques distinguent trois étapes dans ce processus de la foi : purification, illumination, union. Trois phases du développement spirituel. Nous devons faire face à nos vieux "moi", nos attachements en sommeil, nos peurs et culpabilités refoulées, et surtout aux pertes dont nous avons souffert. Pour être vivant et jouir de sa liberté, il faut arrêter de vivre dans le passé et se mettre à jour. Rompre avec les habitudes qui nous maintiennent sous la domination de notre histoire personnelle ou de notre conditionnement culturel. Un remodelage de nous-même...."Ne vous conformez pas à l'air du temps. Laissez-vous transformer par l'intelligence nouvelle" (Rm 12,2). Nous devons enlever nos chaussures quand nous entrons sur la terre sacrée du moment présent !" Laurence Freeman, La voie de la contemplation.

   Le complotisme se nourrit du ressentiment. Il est vieux comme l'histoire du monde. Le complotisme  moderne a quelque chose de particulier : il essaye d'être rationnel. Il se déguise en raisonnement scientifique. Il essaye de donner des explications du monde. "Je suis de ceux qui pensent que nous assistons au retour du refoulé. Le complotiste se place dans la peau du nouveau prophète. L'image qu'il va renvoyer est celle de l'éveillé. Ce que nous révèle cette pandémie, c'est qu'après le ressentiment, il y a l'indifférence. Gravissime au plan psychologique car cela donne des gens anesthésiés, qui n'éprouvent rien, qui n'ont pas d'émotions. Puisque plus rien n'a de sens, il n'y a plus de monde commun. Alors, pourquoi pas faire une petite communauté, dans une bulle, derrière un écran, avec des gens qui construisent un récit fantastique dans lequel la frontière entre la fiction et la réalité est complètement brouillée. Cela aide à vivre en attendant de mourir puisque "de toute manière, il n'y a plus rien à faire" Et on se met au balcon de la vie !

   Cela explique le côté invraisemblable de certaines théories du complot. Des trucs complètement délirants où, en trois arguments scientifiques, on vient vous apporter la preuve que ce n'est pas possible. Un plaisir mortifère parce que, de facto, c'est un monde de zombies, des gens anesthésiés. Aujourd'hui, toutes les informations sont mises au même niveau. Elles circulent librement, ne font l'objet d'aucun appareil critique. La confusion au sein même de la démocratie, entre la notion de vérité et celle de transparence qui est un critère essentiel pour la démocratie. Il n'y a plus de frontière étanche, la tentation conspirationniste s'étend comme une traînée de poudre. Même chez les rationalistes. Une ambiance de fin du monde, apocalyptique, collapsologique. D'où l'intérêt pour les figures prophétiques car les gens ont besoin de personnes dont ils ont l'impression qu'elles ont une clairvoyance que tout le monde n'a pas. Mais on a les prophètes que l'on mérite : nos sociétés sont passées, en trente ans, de Mandela à Trump !
   Prenons le temps de faire les bons diagnostics. On pourrait imaginer une jolie révolution, intellectuelle, culturelle et politique, pourquoi pas ? De se réemparer de ces grandes fonctions - celles qui aident à vivre ensemble - du récit, qui donnent envie de créer ensemble, de consentir à la lucidité tout en se donnant les moyens de ne pas trop en souffrir, de produire des choses de qualité plutôt que de produire des histoires un peu tristes et sales, chacun derrière son écran." Emmanuelle Danblon, enseignante-chercheuse en rhétorique à l'Université libre de Bruxelles.

   Question pour un champion : d'où sort le mal et sa puissance ? Mais tout autant : d'où sort le mâle et sa puissance ? Parce que l'un va rarement sans l'autre. En même temps, les petits bons hommes sont quasiment élevés, éduqués que par la gent féminine de leur naissance jusqu'au collège, voire plus. Cherchez l'erreur.... Donc, svp, d'où vient le fait que c'est trop souvent le mal, le négatif, qui dominent les relations humaines, le monde ? Je me pose la question depuis que je suis ado clairvoyant. Et je vous la pose....

   Sommes-nous devenus indifférents aux morts du Covid ? Ces décès ne nous surprennent plus. Pire, on s'y attend. La litanie des chiffres, incessante depuis un an, semble nous tenir éloignés de toute émotion. On ne s'habitue jamais aux vrais morts, autres que des chiffres. Il y a bien dans ces morts, une injustice à réparer, à commémorer. Ma pensée va vers les personnes âgées ou vulnérables. Parce qu'un jour nous serons tous âgés et sans doute vulnérables. Alors nous comprendrons....

L'ennui, source de vie....
Restons disponibles et éveillés : la Vie est belle ! (l'être humain c'est une autre histoire...).
En mai, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'il a dit le Pape en mars aux 4 activistes français qu'il a reçus ? Relisez ma lettre d'avril.
Jacques

vendredi 30 avril 2021

Lettre avril - 110eme -

 Bonsoir, Bonjour



"Il ne faut pas avoir peur des vagues qui agitent
 nos âmes, c'est ça la vie." 
Hwang So-Yong



   Le génial bougon du cinéma français, Jean-Pierre Bacri disait : "Je suis optimiste car j'aime le monde comme il est. Qu'on me cite dix pays où on vit mieux et plus librement qu'en France. Ou il y a autant de démocratie, de sécurité sociale, d'éducation gratuite. Des leaders d'opinion diffusent en permanence un déclinisme. Des oiseaux de mauvais augure. La mort, je n'ai pas de problème avec ça car je suis complètement athée, donc ça enlève le côté mystique. Il ne faut pas s'en faire : la mort c'est la vie". Son rapport à l'ouest ? "Moi, c'est la Bretagne. C'est la beauté sauvage. L'océan, la côte avec ses roches dessinées, attaquées par les flots. Autre chose que la vieille mer Méditerranée !" Du pur Bacri... Tu nous manques déjà.
 
   Et je confirme ses propos quant à la Bretagne où je réside depuis 33 ans. Une région super belle (sous le soleil c'est le paradis), super culturelle festive à tous les étages, sociale (du lien-liant partout), solidaire (l'humanisme chrétien des bretons). Des fous furieux partout, des allumés du spirituel à tous les coins de rue, des artistes en veux-tu en-voilà. Une terre de poésie, l'âme à fleur de peau, l'esprit vif. Un pays où il ne pleut que sur les cons, où il fait beau plusieurs fois par jour, et où tous les hommes sont frères parce qu'ils ont Quimper ! Et cerise sur le gâteau, le Finistère est le seul département français où le virus circule peu (ne le dites pas à tout le monde)
   La Bretagne, ça vous gagne !

   "La France n'est pas pessimiste à cause de ses handicaps, mais handicapée à cause de son pessimisme." nous dit Hubert Védrine. Développons une culture de la contemplation, qui ne soit pas déconnectée de l'action. Repolitisons - nous ! On ne change pas le monde sans faire de vague. La lumière s'est éteinte et les esprits sont revenus. A quoi pouvons-nous encore nous accrocher dans la confusion des marées ?... Renouer avec la nature !
   J'ai toujours senti qu'il devait y avoir quelque chose de meilleur que ce que nous avons là. Je ne suis franchement pas fier de nous, en tant qu'êtres humains, lorsque je regarde ce que nous nous faisons les uns aux autres, et ce que nous infligeons à notre planète. L'homme est un animal épouvantablement cruel. Et si cette crise sanitaire était une chance ? Sept auteurs, tous engagés dans la société, co-signent Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise.

   De la méfiance systématique anti-vaccin par chez nous. Méfiance qui a toujours existé depuis l'utilisation des premiers vaccins. Peur que le vaccin développe d'autres maladies, même imaginaires. Certains y voyaient un moyen pour les médecins de se faire de l'argent. Pour d'autres, c'était aller à l'encontre d'une volonté divine. Il y a une tension entre la liberté individuelle et la recherche du bien public. Climat de méfiance français plus fort que dans d'autres pays. Pas loin des thèses conspirationnistes. Le complotisme se nourrit du ressentiment, c'est le retour d'un besoin profond et refoulé. Gare aux nouveaux prophètes.... On se détend camarades, on se détend !
   On vit une époque formidable. Quelques nouveaux noms apparaissent au 21eme siècle : Spoutnik V, Astra-Zeneca, Pfizer-BioNTech, Moderna, Corona-Vac, Johnson & Johnson, Sinovac, Sinopharm, EpiVacCorona,.... It's a wonderful world !

   Vous voulez savoir quand nous serons libérés des mesures sanitaires ? C'est mathématique. C'est lié à la vaccination de masse. A la production de masse. Afin que l'immunité collective soit réelle, j'ai lu qu'il fallait que 47 millions d'entre nous soient vaccinés, deux fois pour la majorité d'entre nous. Nous en sommes où à ce jour ? 
   10 millions de morts en France. Nous en sommes au moins à 10 millions de "morts psychiques", mais également sociales, économiques, relationnelles, psycho-affectives. Et je place ce chiffre à côté des environ 12 millions de français qui sont touchés par un trouble psychique, une maladie mentale. L'isolement, la solitude, les couvre-vieux, les confinements tuent à petit feu (ma mère, 94 ans, en EHPAD, devient folle). Ce que l'on appelle les dégâts collatéraux à toute guerre. Les plus jeunes - qu'ils aient 20 ou 40 ans - aspirent à pouvoir vivre leur vie. Témoignage ici de l'un de nos fils, via Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/leny-richard/blog/240221/la-fete-est-vitale

   Deux constats plaident en leur faveur (point épidémiologique Covid-19 du 11 février, Ouest-France 10 mars) : "...Les lieux soi-disant les plus contaminants (restaurants, cinémas, théâtres, bars, discothèques, festivals...) sont tous fermés depuis le mois de novembre, ce qui n'empêche pas la propagation du virus. Aujourd'hui, les 15/44 ans ne représentent "que" 4% des malades admis en réanimation, et 1% des décès. Depuis un an, nous donnons des jours à la vie, il est temps de se préparer à redonner de la vie aux jours !". Comme dans toute guerre mes amis, il y a des désobéissants, des insoumis, des objecteurs de conscience, des résistants. Avec d'autres qui commencent à sortir de leur "grotte", de leur enfermement, de leur silence, j'en appelle au mouvement de la vie, à la résistance active, à l'insoumission créatrice.
   C'est le printemps : désobéissons collectivement ! L'entracte a assez duré.... "Faites la révolution, faites du désordre. Le monde est sourd, il faut lui ouvrir les oreilles. La finance, c'est comme le poème de Verlaine, elle blesse mon cœur d'une langueur monotone." vient de dire le Pape à Cyril Dion, Pierre Larrouturou, Eva Sadoun et Samuel Grzybowski, quatre activistes français du changement de société, reçus au Vatican le 15 mars. Je connais bien trois d'entre eux depuis 20 ans, et moi aussi je vous dis "Faites la révolution en secouant le cocotier, créez du désordre en désobéissant !" 
   "Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme." Emile Zola

   Un autre sujet qui dérange donc que j'adore : le cannabis... thérapeutique et/ou récréatif. Paradoxe comme on les aime en France : une législation parmi les plus répressives d'Europe ; première place du continent pour la consommation : 900 000 consommateurs quotidiens, cinq millions occasionnels (et moi et moi et moi...), et près d'un français sur deux qui reconnaît en avoir déjà consommé (émoi, émoi, émoi...).
   Effets thérapeutiques avérés pour de nombreuses douleurs, effets euphorisants soft, le cannabis est enfin arrivé chez nous en pharmacopée, réclamé depuis des lustres pour soulager, entres autres, les scléroses en plaques, mais aussi relaxer nos névroses, désinhiber nos complexes, détendre l'atmosphère relationnelle. Alors, si fumer un joint n'est pas votre tasse de thé, je vous conseille le moelleux chocolat-marijuana parsemé de pistaches broyées = un délice psychédélique !

   Le grand Thomas Merton nous avise de ses conseils éclairés, éclairants. "La méditation implique la capacité de recevoir cette grâce toutes les fois que Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes) veut bien nous l'accorder, et elle implique donc une disposition permanente à l'humilité, l'attention au réel, à la réceptivité, à la souplesse. Apprendre à méditer cela signifie se libérer progressivement d'une habituelle dureté de coeur, d'une torpeur et d'une grossièreté d'esprit, due à l'arrogance et à la non-acceptation de la simple réalité ou bien à une résistance aux exigences concrètes de la volonté de Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes) . Il nous faut donc exercer un contrôle sur nos pensées et nos désirs. Il nous faut acquérir la liberté intérieure. La contemplation consiste essentiellement à écouter en silence ; c'est une attente." 
   Conclusion : trouvons notre coeur (chambre intérieure).

   Petit clin d'œil au thème du Printemps des Poètes de cette année. "Le désir, le vrai désir, pas celui du plaisir physique, celui de la vie, celui qui exige de vous unir aux choses et aux êtres qui vous plaisent, vous réjouissent, vous attirent comme des aimants, ne supportent pas le renoncement... Ne pas répondre à son désir est un péché." nous susurre Anne Serre, dans ses trente-trois nouvelles "Au cœur d'un été tout en or" et autant d'ode au plaisir "d'aller droit vers ce qu'on aime".
   Le désir est bon, et là où il y a du désir, il y a du divin ! La spiritualité, c'est le propre de celle ou celui qui a toujours soif. Coquin de cantique des cantiques, véritable hymne à la sensualité....

"Chaque fois que de l'angoisse arrive,
 je la mets dans une valise que je glisse sous mon lit.
De temps en temps je tire la valise, je la mets sur le lit, 
je l'ouvre : elle ne contient rien, ou bien un lumineux petit arbre fruitier."
Christian BOBIN

   Dix résolutions pour un printemps zen. Lâcher prise avec des exercices respiratoires, concentrez-vous sur vos émotions positives, remettez vos pendules à l'heure, chouchoutez votre microbiote, mettez plus de végétaux dans votre assiette, pensez à une cure de gelée royale, misez sur le magnésium, bougez-vous tous les jours, faites un massage aux huiles essentielles, buvez une tisane au moins une heure avant le coucher. Voilà, c'est dit !
   Et si ça ne suffit pas, face à l'angoisse, à la tristesse, au stress, à l'épuisement..., ce numéro peut vous orienter vers une ligne d'écoute : 800 130 000

   "Tant de mots qui prétendaient détenir le sacré sont en déroute. Tant d'institutions qui prétendaient domicilier le sacré sont en ruine. Tant de fonctionnaires, tant de commerçants, tant d'officines ont asphyxié le sacré et l'ont contraint à leur étroitesse ! Le désir se désaltère de quelqu'un d'Autre et respire de loin des solitudes frémissantes d'allégresse. Les confinements les plus consentis sont mortifères au cœur de l'homme. La vie - notre vie d'homme - est unique, et c'est justice qu'elle soit respirable. La première nourriture de l'homme, c'est l'horizon ; la première boisson de l'homme, c'est le bleu, là-bas, qui caracole. Je convole à cœur joie vers le bleu impalpable ou sévère des lointains qui servent au ciel de piédestal et dont la rudesse évanouie semble fluer, déjà, dans son étoffe subtile. Le sacré s'absente à plaisir de l'officiel. Il fuit, il déserte, il abhorre tout ce qui sent l'obligé, le renommé, le rebattu.Il s'émancipe et se fait sauvageon." François Cassingena - Trévedy in Cantique de l'Infinistère.


  "L'Eternité, c'est la poésie du temps, un temps qui nous paraît implacable,
 invincible, mais que l'être humain apprend à apprivoiser." 
Jean-François Gosselin



Des livres et vous
"Le temps de vieillir" Jacques Jalon
"Le Zen et la Bible" J. K. Kadowaki s.j.
"La Désobéissance fertile. Pour une écologie offensive" Jonathan Attias
"Donner du temps à l'éternité" Tomas Halik, psychologue, prof de philo et de socio, théologien
"Exercices spirituels et philosophie antique" Pierre HADOT
"La vie est mouvement, c'est aussi un combat !" Médard Lebot ("entrepreneur de solidarité", 90 ans, beau témoignage d'une vie bien remplie, au service des autres). En vente auprès de l'auteur : 02 40 83 08 08 

Sites
www.cooperative-oasis.org (accompagne le "monde d'après"...)
www.enpagailleveuxtu.com (un "jardinographe" super "branché"...)
www.kiwi-nature.com (prépare au monde de demain)
www.desobeissancefertile.com (plateforme pour changer nos comportements)

Musiques
"Garden of Expression" Joe Lovano (album habité, dépouillé, en apesanteur, fluidité, profondeur et expressivité rares)
"Let my people go" Archie Shepp / Jason Moran (album grave et grandiose)
"Acoustic" Oumou Sangaré (la voix de la chanteuse malienne, album vibrant et sincère)
"The dreamer" Joce Mienniel (entre innocence et mélancolie, le flûtiste divague dans des songes enchanteurs)
Pensée pour le géant du piano jazz Chick Corea, qui s'est envolé à 79 ans.


"Plus on possède la faculté de contempler, plus on est heureux, 
heureux pas par accident, mais en vertu de la contemplation même, 
car cette dernière est par elle-même d'un grand prix. 
Il en résulte que le bonheur ne saurait être qu'une forme de contemplation." 
Aristote


   Après 11 années de bons et loyaux services, j'ai quitté la grande "secte officielle" de l'Educastration nationale. J'ai matière à écrire un livre sur ce que j'ai vu, entendu, constaté, subi sans rien dire car sous statut précaire donc tu te tais ! Comme 100.000 jeunes chaque année, j'ai quitté l'école à 16 ans pour entrer dans la vraie vie. En autodidacte, en auto-formation, j'ai étudié les sciences humaines, sociales et éducatives. J'ai passé mon bac à 33 ans, je suis entré à l'université à 38 ans. Un parcours libertaire et en (saine) colère. J'ai de quoi écrire également sur les comportements pervers et les conditions de travail irrespec-tueuses (!) dans les milieux de l'agriculture, de l'élevage, de la restauration, de la formation, de l'industrie agro-alimentaire. C'est quand le changement ? Faites la révolution....

   Sujets tabous... donc qu'il faut que nous abordions entre nous un jour prochain : le suicide, la sexualité des personnes en situation de handicap, les LGBTIQ, l'euthanasie, la dépénalisation de la fumette, le racisme bien de chez nous, le sexe (encore et toujours), notre finitude, mais également tout aussi tabou : le non-faire ou droit à la paresse, le revenu universel, l'esprit contemplatif (ou le non-faire), l'exploitation animale, le compostage humain, l'assistanat version française, l'écoféminisme, j'en passe et des meilleures. Faites la révolution....

   C'est le printemps ! Je sème depuis un mois déjà. Jardiner permet de se retrouver en reliant la tête et le corps. On sort, on met les mains dans la terre et on se reconnecte avec quelque chose de réel, de plus grand que soi, un monde entièrement vivant. Pour certains c'est comme une thérapie, d'autres une élévation. Le jardin comme monde sensible, comme espace du ressenti, où l'on comprend le monde avec le cœur. Un lieu où la capacité d'émerveillement le dispute à la poésie. Dans la crise respiratoire que nous vivons, on accède là à l'inspiration ! Le jardinage, une dimension spirituelle ? Semer, voir pousser et mourir nous réenracine, nous redonne un rôle dans un espace plus large. C'est apaisant.

   Face aux dures mesures sanitaires que nous subissons, aux couvre-vieux qui s'éternisent, quelle place accorder à la douceur dans nos vies confinées ? Derrière la mode du développement personnel, il faut savoir entendre un besoin de douceur. De décélération aussi. Il est possible de créer en nous un cadre capable de produire en nous de la joie ou, à défaut, une orientation joyeuse. Spinoza a de très belles pages sur le sujet : il nous appelle à cultiver nos plaisirs et à chasser la mélancolie. Il faut "s'affecter de joie" - ce sont ses mots - et arrêter de croire qu'il y a une vertu à être triste ! La vie est un processus de construction autant que de destruction (et parfois un processus de démolition...).
   Je crois qu'il nous faut résister à l'envie de tout positiver, de "trouver du bon" à chaque drame. C'est rassurant quelque part. Presque confortable. Et pas toujours "vrai". Lignes d'écoute, de soutien psychologique face aux deuils Covid : www.empreintes-asso.comcn2r.fr

   Face au fatalisme et à la résignation "bien de chez nous", j'appelle à espérer contre la morosité, à accueillir l'étranger lorsque la méfiance s'installe, à réduire son empreinte écologique quand des gilets jaunes demandent à consommer plus, à rouler à vélo alors qu'on verse des primes aux acheteurs de voitures neuves, à rester vigilant face à la publicité omniprésente, à alerter face à l'insouciance démographique et au "climatoquiétisme". C'est plus difficile, mais soyons libres de courir contre le vent et de nager contre le courant ! "La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil" m'inspire René Char. Faites la révolution....

   Il n'y a pas de vie sociale sans conflit. Chercher ensemble la réconciliation est le chemin étroit qui ouvre à la fraternité universelle : "La vraie réconciliation, loin de fuir le conflit, se réalise plutôt dans le conflit, en le dépassant par le dialogue et la négociation transparente, sincère et patiente", écrit le Pape François. L'unité retrouvée fait grandir non seulement les personnes concernées, mais la famille, le groupe, la communauté dont ils sont membres. L'unité entre deux ou trois rayonne en ouvrant sur un horizon élargi." Signé : une bénédictine de l'abbaye de Maumont.

   Pour le développement spirituel, il est plus important de "se convertir" que de s'enfermer dans un système. La conversion exige de nous la croissance et le changement. Les systèmes nous enferment trop facilement dans les vertus de la veille. Chaque groupe (famille, professionnel, syndical, associatif, religieux, développement personnel,...) possède son système... enfer-mant. D'où l'importance de ne faire que passer dans les groupes, suivre sa petite voix intérieure. Libérant ! Faites la révolution....

   Pensée douce pour l'ami Pierre Chamard-Bois, animé lui aussi par le feu sacré, décédé trop jeune. Avant qu'il ne s'envole, je lui ai fait découvrir deux lieux inspirants dans lesquels il était comme un gamin émerveillé : un ermitage taoïste libertaire dans le Var, une communauté laïque bénédictine perchée à 1200 m dans les Alpes-de-Haute-Provence. 
   Gainsbourg disait : "Moi je mourrais d'une maladie très simple : le retrait exténué de la vie."
   Ma belle-mère, 85 ans, se dirige doucement vers sa fin de vie terrestre, chez elle, à la maison. Quand je la regarde, elle me fait penser au Christ sur sa croix : "Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?...". Fin février nous avons enterré son frère, 82 ans. Début mars, idem pour sa sœur, 77 ans. Ces trois-là se sont donné rendez-vous là-haut. Le chagrin de les avoir perdu ne doit pas nous faire oublier le bonheur de les avoir connus !
   Désolé, je n'ai pas de naissance à vous annoncer ! Même nos trois enfants (25, 28, 32 ans) ne souhaitent pas accueillir d'enfants au regard du monde que nous leur laissons. A méditer....
   
Comment va votre coeur ? Vivre est délicieusement dangereux.
"Le ciel est, par-dessus le toit, si bleu, si calme !" rêvait Verlaine pour échapper aux quatre murs de sa prison. Regardons par-dessus les toits qui nous enferment.
Thomas d'Ansembourg, que nous avons invité plusieurs fois à Quimper, nous a dit : "Cessez d'être gentils, soyez vrais !". L'urgence d'aujourd'hui c'est plutôt "Cessez d'être gentils, soyez bons !".
"Si seulement venait le printemps
Dans mon coeur déjà
Fleurit le cerisier" 
Takarai Kikaku (1661-1707)
Beau printemps à chacun.e : mettre les mains dans la terre nous donne des ailes.  
Jacques


PS : vous êtes environ 1140 "belles" personnes à recevoir mes Lettres. Un réseau humain et convivial inestimable. Je vous en remercie encore. Je me permets donc de vous solliciter. 
   Je suis en quête d'un "ermitage", un cabanon autonome, simple, dans un cadre de nature, loin de l'agitation humaine et du bruit, afin d'y résider quelque temps entre le printemps et l'automne de cette année, pour écrire mes "mémoires". 
   A 33 ans, j'ai écrit sur mes 30 premières années de vie : cela m'a pris 9 mois (le temps d'une grossesse !)
   A présent je veux (ac)coucher les 30 suivantes. 
   J'étudierais toutes propositions, et conditions. 
   D'avance merci.