lundi 30 mars 2026

 Newslaitue mars - 168eme -

Bonsoir, Bonjour

" Moi, par-dessus tout, 
c'est la gaieté qui m'en impose. "
Nicolas Bouvier

   Spinoza ne donne pas la recette du bonheur en dix leçons. Il est dans le déploiement de la joie. La joie de penser, de comprendre, d'agir bien. Et vous ?... Pour lui, être libre c'est se libérer des préjugés qui nous entravent. Quand nous côtoyons toutes sortes de gens qui voient le monde différemment, nous sommes obligés de développer un peu plus de compassion et d'ouverture d'esprit, d'être plus humbles quant à nos convictions.Vaste programme mes amis !

   " Dans une société hystérique, dans un monde à feu et à sang, la gaieté serait une vertu. Une vertu apaisante et créatrice. Pas une indifférence au monde, pas un ravissement crétin, pas une béatitude hors sol, mais une éthique, un principe de vie, une philosophie. Moi, par-dessus tout, je vais tenter de rendre présents les disparus par mon assiduité aux vivants, par le bonheur traqué, par la joie retrouvée, par la promesse des lendemains, par la vaillance revendiquée. Par la gaieté qui m'en impose. " nous invite François Morel dans son délicieux ouvrage C'est la gaieté qui m'en impose.
   Voilà un programme politique, poétique, qui a du piquant ! Adhérez svp....

   On peut vivre avec ses fêlures. Chacun.e, à notre niveau, en est un exemple. La fêlure n'est ni la cassure, ni la rupture, ni l'effondrement. C'est une fragilité qui nous travaille de l'intérieur. Elle n'est pas nécessairement liée à des blessures ou des chocs. Elle peut nous habiter sans que l'on puisse tout à fait la percevoir. Visible en fonction des circonstances. " La fêlure, c'est un jeu entre la surface et la profondeur, l'invisible et le visible ". Poésie et délicatesse dans ce mot : fêlure. Elle est toujours le lieu de notre singularité la plus radicale ! Propre à une trajectoire, des circonstances historiques, un milieu social et culturel, des données biologiques... Nous sommes exposés au tragique, à l'usure du temps, à la perte d'êtres chers = blessés, brisés, fêlés... On peut vivre avec nos fêlures, les transcender, bien qu'elles soient irréparables ! 

   Pourquoi, lorsqu'une personne s'effondre, n'a-t-on rien vu venir ? Peut-on trouver des moyens pour vivre avec sa fêlure en évitant l'anéantissement ? Arrive la place de l'art quel qu'il soit, de l'écriture, de la création. Trouver des chemins de traverse, déployer une puissance de création, pousser des portes. La culture permet de ne plus être enfermé en soi ! Trouver en soi la capacité de rebondir, pour ne plus être dans la plainte ! La lecture, la littérature davantage que les écrans, gast ! 

   " Lire, c'est entreprendre un voyage immobile. " nous dit Charlotte Casiraghi dans son divin premier essai La Fêlure.
   "Fêlés" célèbres : Francis Scott Fitzgerald, Virginia Woolf, Balzac, George Sand, Colette, Marguerite Duras, etc etc, et... chacun.e d'entre nous !
   Je ne sais plus qui a dit : " Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière ", mais je suis ok avec ! Et vous, vous êtes "fêlés" également ? J'espère...

Sois toujours l'Errant
Sois toujours l'Errant. Ne t'arrête jamais. Même lorsque tu frappes
aux portes de l'infini. C'est en soi le commencement - dans tes rêves
mêmes, surtout les rêves éveillés, par exemple :
   Si Ulysse n'avait pas existé, qu'est-ce qui aurait changé ?
   Le retour d'Ulysse, est-ce une erreur de voyage ou d'être ?
Oui, si tu t'assieds avec une fleur,
   que tu parles avec une source,
   que tu voles avec un papillon,
   que tu nages avec un nuage,
   tu seras toi-même l'infini.
Adonis

   C'est grâce à mon hypersensibilité, ma perméabilité au monde, mon hyperémotivité, mon être "à fleur de peau", ma "zèbrétude", que j'écris sur ce blog depuis 15 ans. Que j'écris depuis bien plus longtemps. Les thèmes qui me sont chers : l'absence, la fragilité des êtres, la force des liens, la poétique du quotidien, la lucidité politique, l'humour, l'Amour, la connerie humaine, .... Aujourd'hui, on peut nous faire croire n'importe quoi avec l'IA. Résistons en écrivant, entre autres. Car au fond, on ne cesse d'évoluer, de bouger, de changer, à condition de rester "ouvert" (ephata !)

   Nous portons en nous l'enfant que nous avons été. Il y a quand même des traces indélébiles dans notre être, notre psyché, notre personnalité. Je le vois à travers ce que je vis, moi qui viens d'avoir 68 ans. Alors cessons de jouer aux "grands", à l'adulte, surtout quand il se prend au sérieux. Immatures affectifs que nous sommes ! Stop aux "personnages" que nous incarnons souvent, stratégie d'évitement pour moins souffrir, mais qui nous prive de sourire !
   Parlez de nos problèmes est notre plus grande addiction. Changeons nos habitudes. Parlons de nos joies...nom d'un pangolin ! 

" Il faut tout compliquer 
parce que la vérité est complexe. "
Paul Ricoeur

Des livres et vous
" Celui qui ne lit pas n'aura vécu qu'une seule vie, la sienne. " Umberto Eco
"Pour l'amour du peuple. Histoire du populisme en France, XIXeme-XXIeme siècle" Marc Lazar (pour ne pas se laisser embobiner... lucidité, clairvoyance camarades !)
"Pour une décroissance prospère" Gabriel Malek (oser penser un autre monde...)
"La Grande Transformation" Karl Polanyi (incontournable pour notre construction "politique"...)
"La Vie simple " Carlo Ossola (tout est dit dans le titre...)
"Faut pas prendre les cons pour des gens" Emmanuel Reuzé avec Bernstein, Haudiquet et Rouhaud (en rire ou en pleurer ? C'est le tour de force de cette BD à soutenir...)

Musiques
"The Essence" Paul Kalkbrenner (condensé de morceaux mélodiques de techno minimale et ultradansante !)
"Blizzard" Dove Ellis (une voix... des paroles... un folk intense ancré dans la tradition = tout fascine chez ce jeune irlandais !)
"El espacio del tiempo" Las Hermanas Caronni (deux Argentines en harmonie avec la nature...)
"Long March Through the Jazz Age" The Saints (album d'une poignante intensité, où résonne la voix planante de Chris Bailey. De quoi lancer l'année en douceur !)
"Song for Abbey" Marion Rampal (son chant fécond et lumineux comble de joie !)

" L'enfant, voilà la question suprême !
L'enfant a dans son berceau la paix ou la guerre de l'avenir.
C'est de ce berceau qu'il faut chasser les ténèbres.
Faisons lever l'aurore dans l'enfance. "
Victor Hugo

    Que pensez-vous des espaces "no kids" dans certains trains de notre SNCF ?... Au lieu d'exclure, pourquoi ne pas créer davantage d'espaces adaptés aux besoins des plus jeunes, comme nous l'avons connu dans les wagons famille avec nos enfants il y a un certain temps ? Car les enfants ne seront jamais des mini-adultes : par nature plus remuants, plus bruyants, plus émotifs, ils sont aussi plus spontanés, plus enthousiastes, plus drôles que nous les adultes !

   Que penser d'une société vieillissante où le bonheur des adultes dépendrait de l'absence des plus jeunes ? Quelle place fait-on aux enfants, quand de surcroît leur droit à être protégés est mis à mal sur les plateformes en ligne et jusque, parfois, dans certains lieux comme les crèches, le périscolaire ou les foyers de l'ASE ? Et quand on les considère comme une nuisance supérieure à la présence d'animaux de compagnie qui demeurent, eux, bienvenus en classe Optimum !?...

   Si vous désirez aller plus loin sur le manque d'égards dont fait preuve notre société envers les enfants, je vous recommande l'éclairant podcast de Lolita Rivé en six épisodes nourris : Qui c'est qui commande ? sur France Inter.

" Parfois, telle une vieille femme, je suis lasse de tant de siècles d'existence ;
mais l'usure me fait douce comme un bois poli par les baisers.
Tu es venu / par le chemin des mers / avec des yeux d'algues /
et ton front de nuages / tu es venu comme les oiseaux /
des matins silencieux / dans le bleu de ma vie / te poser doucement "
Emilienne Kerhoas

   Je m'en vais vous demander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue qu'il soit :............... zut ! J'ai oublié !?! 
   J'aime l'humour libre, insolent, et je ne suis pas le seul, Dieu merci.
   S'ouvrir pour mieux se trouver...
   Qu'est-ce qui vous donne de la joie ?... est la question la plus importante à se poser en 2026 !
   Agnostique et mystique, je vous salue cordialement,
   Jacques

jeudi 19 février 2026

 Newslaitue février - 167eme -

Bonjour, Bonsoir

" Maintenant je suis léger,
maintenant je vole,
maintenant je me vois au-dessous de moi,
maintenant un dieu danse en moi. "
Friedrich Nietzsche


   Il me semble qu'il est possible d'être à la fois solide et désemparé, face à la vie, n'est-ce pas ? J'éprouve à la fois le sentiment d'une solidité certaine, et par moments, celui d'une vulnérabilité extrême, d'un désarroi même. Et vous ?... Chacun sait que le plus difficile n'est pas de monter, mais de descendre ! Il vaut mieux céder à l'impossible, que errer dans les enfers de la lumière... n'est-ce pas ?

   Je vous partage de larges extraits du dernier ouvrage qui m'a percuté agréablement : Philosophie et Poésie de Maria Zambrano.
   " La poésie est rencontre, don, découverte par la grâce. La philosophie quête, recherche, guidée par une méthode. Quelle est la racine en nous de la pensée et de la poésie ? Je vous le demande....Étonnement, violence. Éprouver d'abord un saisissement extatique devant les choses et se faire ensuite violence pour s'en libérer. " La philosophie est une extase qu'un déchirement fait échouer ".

   Quelque chose de proche, de très proche de la poésie, car elles furent longtemps liées : la musique. C'est dans la musique que resplendit le plus doucement l'unité. La musique est pour moi une nourriture indispensable, quotidienne. Et vous ?... Le poète atteint l'unité dans le poème plus vite que le philosophe. Si tous ont besoin de toi, comment se fait-il qu'il y en ait si peu qui l'atteignent ?.... Unité souple, cohérente, qui s'adapte, se dilate, qui descend dans notre chair, dans notre sang, dans nos rêves.

   " Orgueil de la philosophie ! Le poète n'a pas de méthode... ni d'éthique. La poésie n'est pas née dans la polémique, sa généreuse présence ne s'est jamais affirmée dans la polémique. Elle ne s'oppose à rien en surgissant ! Vagabonde, errante, étroite fécondité, sel de la terre. De la Grèce nous vient la lumière ! La poésie est, face à l'espérance de la raison, le seul rebelle. La poésie est ivresse. Ivresse et chant. La poésie s'accroche à l'instant et n'admet pas l'espérance, la consolation de la raison. La poésie est la voix du désespoir, de la mélancolie et de l'amour de l'éphémère. C'est pourquoi elle s'enivre....

   Vivre c'est délirer. Ce qui n'est ni ivresse ni délire est souci ! Et à quoi peut bien servir le souci, si tout doit s'achever ?.... Le poète est possédé par l'enthousiasme (possession divine), à moins qu'il ne soit totalement possédé par le divin de ce monde ? Hôte à part entière de ce monde, il l'aime et se sent lié à ses plaisirs. Possédé par la beauté qui brille, par la beauté resplendissante qui se détache entre toutes les choses. Le poète reste en éveil jusqu'à en mourir, devant les changements, les minuscules et terribles changements par lesquels naissent et meurent, se consument les choses. "

   " Le poète est fidèle à ce qu'il a. Il doit parler "sans savoir ce qu'il dit", comme on le lui reproche ! La parole qui sort de sa bouche dépasse de beaucoup l'entendement humain. Il nous montre que ce qui habite son corps est plus qu'humain. Écrasé par la grâce, il poursuit son chant interminable. Il vit dans le saisissement de la parole : " Que cela se fasse en moi " ! Le poète a une lucidité spéciale, cette conscience éveillée, éveillée et lucide, comme le prouve leur père à tous, Baudelaire. Fidélité aux forces divines (enthousiasme) ! Il répand l'enchantement de sa musique, sa générosité, sa fidélité, à la rencontre de tous les hommes, déchiré par la lumière, rendant léger le poids des heures. " Consolation !

  " Le poète ne prend jamais de décision. Il supporte l'existence. Fidèle jusqu'à la mort, fidèle pour la vie. Il accepte, et même aspire, à être vaincu. Il ne réclame pas, il donne. Le poète tout entier est offrande. Car ce don de la poésie n'appartient à personne et appartient à tous. Personne ne l'a mérité et tous, un jour, le reçoivent ! La poésie est la conscience la plus fidèle des contradictions humaines. 
   Le poète éprouve l'angoisse de la chair, selon la chair, et plus encore dans la chair : il la spiritualise. En révolte contre les choses produites par l'homme, il est humble,envers la vie et ses mystères. Il vit, il habite à l'intérieur de ce mystère. Éternel amoureux, il n'exige rien. Son amour pénètre tout, lentement. "

   " Le poète n'a cure de faire le recensement de ses biens et de ses maux ; l'inventaire de sa fortune. Perdu dans la lumière, errant dans la beauté, pauvre par excès, fou par trop de raison, pêcheur sous la grâce. Il nage dans l'abondance, dans l'excès. Il vit inondé par la grâce. Il ignore ce que bien être ce "soi-même" qui est l'obsession du philosophe. "
Cristalline fontaine
si parmi tes visages argentés
tu dessinais soudaine
les yeux si désirés
que je porte en mes entrailles gravées

   Dans ces quelques mots, il y a tout Platon et toute la poésie ! Le rêve reste toujours à la racine de la poésie. C'est pourquoi le poète se maintient toujours dans un état de vide, de disponibilité.Son âme en vient à ressembler à un vaste espace ouvert (ephata !), désert. Car il y a des présences qui ne peuvent descendre dans un espace peuplé par d'autres... 
   Désert, vide. Car on arrive à rien par soi-même ! Il est impossible de se posséder soi-même. Illusion ! Il nous faut sortir de nous-mêmes, mais comment si nous ne sommes pas amoureux ?!... Notre trésor : le "fonds de l'âme" ! L'âme amoureuse... Ne l'atteindre qu'en sortant de nous-mêmes, en s'abandonnant, en s'oubliant.

   " La poésie, c'est l'être qui s'ouvre vers le dedans et vers le dehors en même temps. C'est écouter dans le silence, voir dans l'obscurité. C'est sortir de soi, s'oublier, renoncement total. C'est tout entier se trouver parce qu'on s'est donné tout entier ! Finalement, tout s'apaise dans la plénitude. Le poète vit dans l'amour du monde. Il ne veut rien conquérir pour lui-même. Il ne fait qu'offrir. Oubli de soi qui est éveil ! Le poète est un enfant perdu parmi les choses. La poésie annule le problème de l'existence humaine, là où il se manifeste. "

Si donc en nos pâtures
nul ne peut plus me voir ni me trouver
vous me direz perdue
car d'amour emportée
j'ai voulu me perdre et me suis gagnée
X. Zubiri
   
   " J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges " (Cantique spirituel). " A chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues " (Rimbaud). Celui qui a été touché par la poésie ne peut se décider et celui qui a choisi la philosophie ne peut revenir en arrière. Car nul n'a pu encore penser ce " logos tout empli de grâce et de vérité." (Rimbaud)
   Le poète utilise la parole pour révéler quelque chose qui ne se produit qu'en lui, tout au fond de l'individuel. Il se situe, en tant que poète, hors et en marge de toute communauté. Il y a autant de langages que de poètes. La poésie, par conséquent, est un effort vain, puisqu'elle ne transmet rien ! La poésie, c'est sentir les choses in status nascens. "

" Celui qui veut entretenir en soi le désir de continuer à vivre
et la croyance en quelque chose de plus délicieux 
que les choses habituelles, doit se promener. "
Proust

Des livres et vous
" Celui qui ne lit pas n'aura vécu qu'une seule vie, la sienne. " Umberto Eco
"Quand dansent les oiseaux" Murata Kiyoko (la danse de la vie...)
"Transition écologique. En quête du bonheur à faibles émissions" Loïc Hamon (à soutenir +++)
"Par où entre la lumière" Joyce Maynard (reconnaître le bonheur...)
"De la Bible au poème. Anthologie" Philippe François, préfacé par Frédéric Boyer
"Aimer pour rien. La forme intellectuelle de l'amour pur, XIIe - XXe siècle" Camille de Villeneuve (ce qu'aimer veut dire...)

Musiques
"Lang(u)ages" Ampouailh (musique à danser, ouverte et contemporaine breizh, parenthèses de poésie musicale, mélancolie et romantisme fous = fest-noz en beauté !)
"Mydnight" Myd (pour lutter contre le blues d'automne hiver, danser est une solution !...)
"Loved" Parcels (Australiens, album placé sous le signe de l'amour = pop mélodique, mélancolique, puissant et superbe effet choral !)
"Les Variations Goldberg de Bach" Thibault Garcia / Antoine Morinière (ce duo de guitares révèle un chant subtil... divin !)
"Maurice Ravel. Piano et Chamber Music" Julien Libeer, Lorenzo Gatto, Bruno Philippe (toutes les couleurs du clavier au service du génie ravélien)

" Quand on vit une période de bascule,
et je pense que nous en vivons une,
il faut penser au large et calmement. "
Patrick Boucheron

" Les choses sont des miroirs, - /
chaque miroir est un ébranlement - /
Chaque miroir est un océan d'épreuves. //
C'est l'air qui pose la main sur la tête du soleil : /
Quand commencera le futur qu'on appelle l'humanité ? "
Adonis

   Je ne suis jamais parvenu à décider si je suis un pessimiste joyeux ou un optimiste mélancolique. Cela dépend des jours, si je me suis levé du pied droit ou du pied gauche. J'ai les deux en moi, de la bonne humeur et de la mélancolie. Et au quotidien, j'essaie d'être aussi joyeux que possible - du moins jusqu'à ce que j'ouvre les journaux.... Et vous ?

   Ouvrez vos sens, développez vos parfums, faites circuler le souffle... la vie est riche, compliquée, fascinante !
   Je viens de fêter mes 68 ans : quelle vie la Vie ! N'oublions pas de vivre....
   Bel hiver où que vous soyez, 
   Jacques

mercredi 21 janvier 2026

 Newslaitue janvier 2026 - 166eme -

Bonsoir, Bonjour

« Le bonheur, ô ami, ne se trouve pas

           dans les choses ou les événements

              mais dans le regard que l'on porte sur eux. »

Parole soufie


    Bon, je vais pas vous rajouter des Voeux aux Voeux que vous recevez, entendez, accueillez depuis le 31 décembre ! Tout a déjà été dit mes amis.
   Par contre, j'ai décidé de vous confier quelques perles 2026 de début d'année, reçues de vous qui me suivez depuis 10, 15 années. Leurs auteurs nous disent l'essentiel de ce que je pensais vous écrire en janvier. Donc, je leur donne la parole. C'est la moindre des reconnaissances.
   Juste vous redire que je vous adore, avec vos hauts et vos bas, parce qu'on est pareils vous et moi : incomplets, imparfaits, en chemin, trébuchants mais en route...
   Soyez tendre et doux avec vous-même. Stop aux injonctions de tous bords. " Foutez-vous la paix " comme dit mon ami Fabrice Midal. Et vivez à plein régime pendant que vous êtes vivants, debout, en marche....

Chères amies, chers amis, 

La fin d’une année et le commencement d’une autre forment un seuil, un moment de transition.

Dans la mythologie romainece passage est placé sous le signe de Janusle dieu des portes et des commencements. On le représente avec deux visages : l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Le premier invite à regarder en arrière : qu’avons-nous appris ? Qu’est-ce qui nous a traversés, nourris, parfois éprouvés ? Le second se tourne vers demain : quels désirs, quels élans, quelles graines souhaitons-nous semer ?

Ces deux regards sont précieux, mais ils peuvent aussi révéler nos pièges familiers : la tentation de rester accrochés à ce qui n’est plus, ou celle de vouloir contrôler ce qui n’est pas encore. Or le passé ne se défait pas, et l’avenir reste, par nature, imprévisible.

Janus est aussi le gardien des seuils. Comme toute porte, il sépare autant qu’il relie. Ce qui est derrière ne disparaît pas et peut même nourrir ce qui vient.

Entre ces deux visages, il existe un espace discret : celui de la présence. Un lieu où passé et avenir cessent de s’opposer. Un peu comme cet instant entre rêve et réveil, où l’on n’est plus pris dans la nuit, sans être encore happé par le jour. Un moment simple, gratuit, où l’on est là — avec le souffle, la lumière, le mouvement de la vie.

Alors, plutôt que de vouloir oublier l’année écoulée ou planifier à outrance la suivante, pourquoi ne pas habiter un instant ce seuil lui-même ? Respirer. Ressentir. Être là. Entre mémoire et projection, laisser une page blanche pour que le présent s’écrive.

Je vous souhaite, et nous souhaite à toutes et tous, une année traversée de tendresse, de justice, de lumière… et de joies.

Ilios Kotsou



Imagine …

Imagine que … tous les distributeurs de billets disparaissent du paysage urbain,

que la crypto-monnaie se généralise, avec son air de complotiste,

que les banques, l’une après l’autre, soient en cale-sèche,

que le droit soit, encore davantage, ramené à la seule « loi du plus fort ». 

que ce soit partout le règne du talion : oeil pour oeil, dent pour dent… vengeance généralisée…

imagine que les cow-boys, sans peur et sans reproche, soient de retour et le ku klux klan à la commande

imagine qu’il suffirait d’un regard  mal interprété pour « exploser » l’inconnu

imagine que le jeu soit devenu le seul maître à bord

imagine que l’image s’autosuffise

image’gin (alcool  décidément trop fort)

imagine que … la coupe est pleine.

Imagine que les mots, l’un après l’autre, s’effacent du dictionnaire

Imagine qu'il n'y ait plus ni respect ni retenue

Imagine que la drogue soit cotée en bourse

imagine le journal au plus offrant, l’opinion téléguidée !

imagine que le rire soit interdit.  Ou encore le silence !

Imagine que l'eau manque au robinet.

Imagine un monde de robots, sans les 3X8, sans repos

imagine les tours de Manhattan en flammes.

Imagine le delta du Gange à la dérive

Imagine qu'on cesse de dire  comme le père de Camus : « Un homme, ça s’empêche »

Imagine qu'il n'y ait plus de limite à rien

imagine le tout possible.

Imagine un black-friday permanent

imagine la terreur silencieuse,

mais imagine encore le possible d'un inédit.

Imagine encore le sursaut de la confiance.

Imagine un cœur qui s’ouvre comme un regard

imagine un être qui s’émerveille

Imagine la joie d’un  nouvel éveil.

Imagine la joie transfigurante,

imagine le pari de la solidarité,

imagine l’a-venir en forme de neuf,

imagine les solidarités, tiens, ce radeau de fortune fabriqué par les fourmis pour dominer  les flots.

Imagine ce qui se dirait-là, entre la poire et le fromage, dans l'arche de Noé…

 

Le monde se met à flotter. Imparable.

Ça tangue.

Souquez ferme ! Et encore !…

Ramez vers la profondeur, qu’il disait, en un grand rire

bien sûr que les tempêtes se lèvent,

Plus que jamais et pour longtemps

 

On dit pourtant qu’au point central du cyclone règne un grand calme.

Imagine alors le geste à faire, ce tout petit geste,

infime, encore à poser, qui réjouirait le ciel,

si loin, si proche : une musique, un chant d’oiseau.

Le vol d’un machaon en toute splendeur.

L’envol d’un écureuil d’un arbre à l’autre.

 

Et puis une main sur ton épaule qui te lance en-avant.

Et tu y vas…

                                               Joseph THOMAS



«Soyez comme l'oiseau posé pour un instant 
sur des rameaux trop frêles,
qui sent plier la branche et qui chante pourtant,
sachant qu'il a des ailes.»
Victor Hugo


Enlivrez-vous
"Contes de la gloire beatnik" Ed Sanders (réaliste et décoiffant... Utopie, poésie, euphorie, quel bel avenir !...)
"Trente Millions d'orgasmes. La vie sexuelle des animaux" Minh Tran Huy et Jul (document aussi savant qu'hilarant entre l'autrice et le dessinateur!)
"Le Droit à la paresse" Paul Lafargue (appelle la paresse à devenir le baume de nos angoisses humaines... A méditer ! 5 euros, pas cher !)
"Eloge du risque" Anne Dufourmantelle (la liberté consiste à prendre des risques : penser par soi-même, déplaire, aller à contre-courant,...)
"Passagères de nuit" Yanick Lahens (et au bout, le chemin de la joie...)

Musiques
"Songs for Nina and Johanna" James Yorkston (voix rugueuse du folkeux écossais, soutenue par les tonalités douces de ses invitées suédoises = subtile élégance)
"Rainy Sunday Afternoon" The Divine Comedy (magnifiques envolées orchestrales = douillet comme un après-midi au coin du feu !)
"Una lunghissima ombra" Andrea Laszlo De Simone (pop à la fois symphonique et intimiste, joyeuse et nostalgique, donc totalement hors du temps !)
"Chant Song" Mathias Lévy (pour nous émerveiller, émouvoir ou réconforter...)
"Doppelgänger. Songs by Schubert & Schumann" Jonas Kaufmann, Helmut Deutsch (le ténor bavarois, l'un des plus grands du moment, ne semble plus faire qu'un avec son indéfectible pianiste !)


" Les âmes ne sont pas vaincues par les armes, 
mais par l'amour et la générosité. " 
Spinoza


" Les rêves d'enfant sont des lumières /
que l'on restaure /
dans les nuits d'hiver "
Marion Fritsch, jeune poétesse très populaire sur Instagram

Allons-nous revoir après la mort ceux que nous avons aimé ici-bas ?...
Même l'hiver a des airs de caresse...
Bises, hugs, voeux sincères,
Jacques

mardi 21 octobre 2025

 Newslaitue octobre - 163eme -

Bonsoir, Bonjour

" La somme de ce qui nous touche,
on l'appelle la Nature. "
Novalis

   Que d'émotions mes amis en cette rentrée ! Face à l'actualité anxiogène, un trop-plein d'affects nous submerge peut-être, éclaboussant le débat public. Glissement vers...? Et c'est à la jonction de l'intime et du politique que la frontière semble la plus poreuse ! Ce ne sont plus des vagues, c'est un véritable ouragan qui balaie notre psyché collective. Que faire ? Certains essaient l'indifférence. Mais le repli paraît compliqué. La suppression des affects ne les fait pas disparaître mais les fige et les rend vulnérables ! L'émotion simplifie, l'émotion est binaire, l'émotion peut s'avérer dangereuse (cf les réseaux sociaux qui en regorgent...). Il faut donc apprendre à vivre ensemble dans cette Cocotte-Minute ! L'incertitude nous inquiète ? Pas de panique : c'est la marque même de l'émotion. Biologiquement. Certains neuroscientifiques nous invitent à nous débarrasser d'un fantasme inaccessible et source de grande amertume : la quête absurde d'une empathie généralisée, ou du consensus. Méfions-nous de notre cerveau, pas seulement de nos émotions ! 

   Dans un monde aussi imprévisible que le nôtre, il ne faut pas sombrer dans la "mélancolie démocratique", burn-out politique ! La passion démocratique comme rempart à la dépression - d'accord, mais jusqu'où ?... Quand ça va mal, on n'éteint pas le feu qui couve avec de belles paroles. Sinon, on se réveille avec un Donald Trump au pouvoir ! Rendons donc à la passion démocratique ses vertus collectives, nourries de nos émotions individuelles. Le radeau est instable, la mer de plus en plus agitée ? Un gouvernail solide, une arme de persuasion massive : la politesse ! Keep cool man, soyons zen et sympa, souriant et tendre, jovial et présent, taoïste et bouddhiste, positif et créatif.

   En cette rentrée, quelques bons bouquins nous y invitent : " Le Cerveau idéologique "" L'empathie est politique "" Les Résistances affectives "" La Stratégie de l'émotion "" La Colère et le Chagrin "" Leçons de ténèbres "" Le Mépris ", ....


vendanges dorées
une fête en automne
rien ne m'appartient
je suis la reine nue
d'une splendeur
qui chante
Gaëlle Josse


" Je suis seulement un voyageur. "
Michel de Certeau

Des livres et vous
"Petit éloge de la lumière nature" Nimrod (poète, essayiste, romancier, couronné par plusieurs prix littéraires)
"Récits de saveurs familières" et "Récolte à la lumière du jour" Erri De Luca (lui... je l'adore !)
"J'ai rêvé d'un monde plus juste" Dominique Versini (partie de peu, elle a gravi les arcanes du pouvoir, tjs au service des exclus = une femme formidable !)
"Les passions dangereuses" Guillaume Le Blanc (paresse, lâcheté, mensonge, envie, jalousie, peur, haine, ressentiment nous rendent insatisfaits, plaintifs, agressifs. Comment en sortir ?)
"Rien ne passe, tout s'oublie" Emmanuel de Waresquiel (chroniques savoureuses sur l'égalité qui nous divise autant qu'elle nous rassemble...)

Musiques émois
   " La musique guérit, dynamise et encourage les esprits. " 
"Mozart" Quatuor Tchalik (vibrons avec ces quatre frères et soeurs...)
"Philipp Scharwenka : The Noctural Poet" Cansu Sanlidag (jeune pianiste née en Turquie, disque magnifique, harmonies de grande richesse, ce compositeur mérite d'être mieux connu...)
"Songe" Sophie Oz (au piano-voix + batteries, elle déploie des plages d'émotion. Comme par magie...)
"1:46:43 - The Ventoux Trilogy" Stubbleman (parfait pour méditer ou respirer le grand air ! Synthé modulaire et sons enregistrés dans la nature du Mont Ventoux !)
"Peacock Dreams" Abdullah Miniawy Trio (trombones, trompette Erik Truffaz, voix de l'incantation au frémissement le plus gracieux. Déchirant !)


" Avant de vivre avec les autres, je dois vivre avec moi-même.
La conscience est la seule chose qui ne doit pas 
s'adapter au vouloir de la majorité."
Harper Lee

   Haro sur certains théologiens, toutes traditions confondues, soumis à cette tentation de tout intellectualiser et de mettre en concept l'Ineffable ! Stop à la raison discursive ! A la théologie réductrice et sclérosante... Les concepts ne peuvent traduire l'Ineffable ; seule compte l'expérience intérieure. Relisons le moine breton Henri Le Saux, qui a "tout compris" lors de son vécu en Inde. Ou les Pères de l'Eglise d'Orient... ou les poèmes des grands mystiques, les Upanishads.

   A nous de vivre dans l'Un afin que le discours débouche sur une expérience, sur une réconciliation profonde de tous les plans de l'Être. Merci d'être ce que vous êtes, dans votre différence et dans l'Un qui nous relie, avec tout le reste de l'univers, à l'Uni-Trinité d'où tout procède et où tout revient. Alléluia !
   C'était mon quart d'heure mystique joyeux coup de gueule ! (lol)

Vivre, à présent
Regarder les belles choses et les enfants
Et n'y voir rien d'autre que de belles choses
Nos enfants
Les épargner les libérer de nous aimer
Les photos le passé sur un fil pendule léger
Ne rien investir
Être désarrimés
Apprendre à désirer
Apprendre un pas de danse
Persister
L'amour n'est pas la pitié
Accepter le sommeil l'abandon
Conjuguer hier à demain
Dans une langue réenchantée
Dégoupiller nos héritages
Rincer les paupières des nuits noires
Ne rien cacher; se balancer sur un fil
Les cicatrices ne sont pas un trophée
La vie s'altère si on n'y joue pas souvent
Sortir sur les boulevards rire boire biaiser
Les lèvres s'usent si elles n'embrassent pas
Vivre, au présent
Beata Umubyeyi MairesseCulbuter le malheur, 2024


   Je profite de cette lettre pour vous confier une petite demande persoJe souhaite passer l'hiver dans le Sud de la France. Un mois, deux mois, ou trois. J'étudierai toutes vos propositions : garder une maison, un appartement, un lieu de vie ; louer un petit truc (retraite smicard) ; autre.... Pour écrire, me balader, découvrir, m'émerveiller, flâner, échanger,.... Je ne me déplace qu'en train, je viendrai donc sans voiture ; donc, commerces à proximité, vélo ou mobylette bienvenue, sinon à pieds ! Merci de transmettre ma demande vers vos amis, relations... côté Sud de la France. En donnant le mail de l'asso EPHATA. Merci +++

   Belle entrée dans l'automne coloré,
   Peace and Lol !
   Jacques