Newslaitue mars - 168eme -
Bonsoir, Bonjour
" Moi, par-dessus tout,
c'est la gaieté qui m'en impose. "
Nicolas Bouvier
Spinoza ne donne pas la recette du bonheur en dix leçons. Il est dans le déploiement de la joie. La joie de penser, de comprendre, d'agir bien. Et vous ?... Pour lui, être libre c'est se libérer des préjugés qui nous entravent. Quand nous côtoyons toutes sortes de gens qui voient le monde différemment, nous sommes obligés de développer un peu plus de compassion et d'ouverture d'esprit, d'être plus humbles quant à nos convictions.Vaste programme mes amis !
" Dans une société hystérique, dans un monde à feu et à sang, la gaieté serait une vertu. Une vertu apaisante et créatrice. Pas une indifférence au monde, pas un ravissement crétin, pas une béatitude hors sol, mais une éthique, un principe de vie, une philosophie. Moi, par-dessus tout, je vais tenter de rendre présents les disparus par mon assiduité aux vivants, par le bonheur traqué, par la joie retrouvée, par la promesse des lendemains, par la vaillance revendiquée. Par la gaieté qui m'en impose. " nous invite François Morel dans son délicieux ouvrage C'est la gaieté qui m'en impose.
Voilà un programme politique, poétique, qui a du piquant ! Adhérez svp....
On peut vivre avec ses fêlures. Chacun.e, à notre niveau, en est un exemple. La fêlure n'est ni la cassure, ni la rupture, ni l'effondrement. C'est une fragilité qui nous travaille de l'intérieur. Elle n'est pas nécessairement liée à des blessures ou des chocs. Elle peut nous habiter sans que l'on puisse tout à fait la percevoir. Visible en fonction des circonstances. " La fêlure, c'est un jeu entre la surface et la profondeur, l'invisible et le visible ". Poésie et délicatesse dans ce mot : fêlure. Elle est toujours le lieu de notre singularité la plus radicale ! Propre à une trajectoire, des circonstances historiques, un milieu social et culturel, des données biologiques... Nous sommes exposés au tragique, à l'usure du temps, à la perte d'êtres chers = blessés, brisés, fêlés... On peut vivre avec nos fêlures, les transcender, bien qu'elles soient irréparables !
Pourquoi, lorsqu'une personne s'effondre, n'a-t-on rien vu venir ? Peut-on trouver des moyens pour vivre avec sa fêlure en évitant l'anéantissement ? Arrive la place de l'art quel qu'il soit, de l'écriture, de la création. Trouver des chemins de traverse, déployer une puissance de création, pousser des portes. La culture permet de ne plus être enfermé en soi ! Trouver en soi la capacité de rebondir, pour ne plus être dans la plainte ! La lecture, la littérature davantage que les écrans, gast !
" Lire, c'est entreprendre un voyage immobile. " nous dit Charlotte Casiraghi dans son divin premier essai La Fêlure.
"Fêlés" célèbres : Francis Scott Fitzgerald, Virginia Woolf, Balzac, George Sand, Colette, Marguerite Duras, etc etc, et... chacun.e d'entre nous !
Je ne sais plus qui a dit : " Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière ", mais je suis ok avec ! Et vous, vous êtes "fêlés" également ? J'espère...
Sois toujours l'Errant
Sois toujours l'Errant. Ne t'arrête jamais. Même lorsque tu frappes
aux portes de l'infini. C'est en soi le commencement - dans tes rêves
mêmes, surtout les rêves éveillés, par exemple :
Si Ulysse n'avait pas existé, qu'est-ce qui aurait changé ?
Le retour d'Ulysse, est-ce une erreur de voyage ou d'être ?
Oui, si tu t'assieds avec une fleur,
que tu parles avec une source,
que tu voles avec un papillon,
que tu nages avec un nuage,
tu seras toi-même l'infini.
Adonis
C'est grâce à mon hypersensibilité, ma perméabilité au monde, mon hyperémotivité, mon être "à fleur de peau", ma "zèbrétude", que j'écris sur ce blog depuis 15 ans. Que j'écris depuis bien plus longtemps. Les thèmes qui me sont chers : l'absence, la fragilité des êtres, la force des liens, la poétique du quotidien, la lucidité politique, l'humour, l'Amour, la connerie humaine, .... Aujourd'hui, on peut nous faire croire n'importe quoi avec l'IA. Résistons en écrivant, entre autres. Car au fond, on ne cesse d'évoluer, de bouger, de changer, à condition de rester "ouvert" (ephata !).
Nous portons en nous l'enfant que nous avons été. Il y a quand même des traces indélébiles dans notre être, notre psyché, notre personnalité. Je le vois à travers ce que je vis, moi qui viens d'avoir 68 ans. Alors cessons de jouer aux "grands", à l'adulte, surtout quand il se prend au sérieux. Immatures affectifs que nous sommes ! Stop aux "personnages" que nous incarnons souvent, stratégie d'évitement pour moins souffrir, mais qui nous prive de sourire !
Parlez de nos problèmes est notre plus grande addiction. Changeons nos habitudes. Parlons de nos joies...nom d'un pangolin !
" Il faut tout compliquer
parce que la vérité est complexe. "
Paul Ricoeur
Des livres et vous
" Celui qui ne lit pas n'aura vécu qu'une seule vie, la sienne. " Umberto Eco
"Pour l'amour du peuple. Histoire du populisme en France, XIXeme-XXIeme siècle" Marc Lazar (pour ne pas se laisser embobiner... lucidité, clairvoyance camarades !)
"Pour une décroissance prospère" Gabriel Malek (oser penser un autre monde...)
"La Grande Transformation" Karl Polanyi (incontournable pour notre construction "politique"...)
"La Vie simple " Carlo Ossola (tout est dit dans le titre...)
"Faut pas prendre les cons pour des gens" Emmanuel Reuzé avec Bernstein, Haudiquet et Rouhaud (en rire ou en pleurer ? C'est le tour de force de cette BD à soutenir...)
Musiques
"The Essence" Paul Kalkbrenner (condensé de morceaux mélodiques de techno minimale et ultradansante !)
"Blizzard" Dove Ellis (une voix... des paroles... un folk intense ancré dans la tradition = tout fascine chez ce jeune irlandais !)
"El espacio del tiempo" Las Hermanas Caronni (deux Argentines en harmonie avec la nature...)
"Long March Through the Jazz Age" The Saints (album d'une poignante intensité, où résonne la voix planante de Chris Bailey. De quoi lancer l'année en douceur !)
"Song for Abbey" Marion Rampal (son chant fécond et lumineux comble de joie !)
" L'enfant, voilà la question suprême !
L'enfant a dans son berceau la paix ou la guerre de l'avenir.
C'est de ce berceau qu'il faut chasser les ténèbres.
Faisons lever l'aurore dans l'enfance. "
Victor Hugo
Que pensez-vous des espaces "no kids" dans certains trains de notre SNCF ?... Au lieu d'exclure, pourquoi ne pas créer davantage d'espaces adaptés aux besoins des plus jeunes, comme nous l'avons connu dans les wagons famille avec nos enfants il y a un certain temps ? Car les enfants ne seront jamais des mini-adultes : par nature plus remuants, plus bruyants, plus émotifs, ils sont aussi plus spontanés, plus enthousiastes, plus drôles que nous les adultes !
Que penser d'une société vieillissante où le bonheur des adultes dépendrait de l'absence des plus jeunes ? Quelle place fait-on aux enfants, quand de surcroît leur droit à être protégés est mis à mal sur les plateformes en ligne et jusque, parfois, dans certains lieux comme les crèches, le périscolaire ou les foyers de l'ASE ? Et quand on les considère comme une nuisance supérieure à la présence d'animaux de compagnie qui demeurent, eux, bienvenus en classe Optimum !?...
Si vous désirez aller plus loin sur le manque d'égards dont fait preuve notre société envers les enfants, je vous recommande l'éclairant podcast de Lolita Rivé en six épisodes nourris : Qui c'est qui commande ? sur France Inter.
" Parfois, telle une vieille femme, je suis lasse de tant de siècles d'existence ;
mais l'usure me fait douce comme un bois poli par les baisers.
Tu es venu / par le chemin des mers / avec des yeux d'algues /
et ton front de nuages / tu es venu comme les oiseaux /
des matins silencieux / dans le bleu de ma vie / te poser doucement "
Emilienne Kerhoas
Je m'en vais vous demander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue qu'il soit :............... zut ! J'ai oublié !?!
J'aime l'humour libre, insolent, et je ne suis pas le seul, Dieu merci.
S'ouvrir pour mieux se trouver...
Qu'est-ce qui vous donne de la joie ?... est la question la plus importante à se poser en 2026 !
Agnostique et mystique, je vous salue cordialement,
Jacques