« Un bon voyageur n’a ni plans établis ni destination. »
Voeux
Que tu retrouves tes cailloux de Petit Poucet
Que la mer boive ce qui te déborde
Que tes trous noirs s'éclipsent
Que le désorder te vérèle sa baeuté
Que tu fasses des ricochets des pierres qu'on t'a jetées
Que tu traces des lignes d'horizon
Que tu échappes au baratin tintamarre marabout d'ficelle...
Que tu vibres de ce que tu voeux
Que tu te souviennes d'oublier
Que ta joie fasse monter les blancs en neige
Que ta lumière soit
Mélanie LEBLANC
Peut-on encore vivre ensemble... en 2025 ?... C'est mon vœu, face aux "guerres civiles" qui menacent le vivre-ensemble, en France. Fragmentation politique, tentation du repli sur soi, tentation du conflit, guerre des classes, des genres, des générations,.... Résultat : les relations se tendent. Société inclusive ? Comment on fait pour intégrer les individus dans la société ? Les personnes handicapées par exemple (et nous le sommes tous... handicapés... chacun à son niveau !). Doit-on forcer le collectif à s'adapter à la moindre différence ? Là, c'est juste l'explosion du collectif qui est en jeu.... Chaque individu s'enferme alors dans son îlot et est totalement indifférent aux autres. Que nenni ! Pour entrer dans le collectif, chacun doit accepter de faire un pas de retrait. Je dois aller vers l'autre, mais l'autre doit aussi faire l'effort de s'intégrer. Nous ne sommes pas dans un saloon ! Où tout le monde garde son revolver : alors c'est le modèle du multiculturalisme. Dans l'histoire, la radicalité a rarement été un accélérateur. Plutôt un frein. Ensuite, la démocratie adulte ne consiste pas à imposer son point de vue aux autres. Il nous faut trouver le bon équilibre. En France, il y a des modèles partout, à nous de nous en inspirer. Mais on ne le voit pas. On entend l'arbre tomber, mais pas la forêt pousser ! Regardons, secteur par secteur, ce qui va bien. Comme ce goût français du débat. Unique au monde.
Pour aller plus loin, je vous recommande le dernier essai piquant de Pierre-Henri Tavoillot " Voulons-nous encore vivre ensemble ? "
Gast ! En ce début d'année, nous fêtons les 18 ans de notre association EPHATA Cornouaille (et fin janvier mes 67 ans... un détail !). 18 ans, l'âge de la maturité. Va falloir quitter papa-maman ! Prendre son envol, sans béquilles. Perso à 16 ans j'entrais dans la vie active, en usine. A 18 ans, je convoque mon patron devant les Prud'hommes pour non-respect de la loi : depuis 6 mois il ne me payait pas ce qu'il devait. Bonjour l'arrivée dans l'âge adulte, confronté à la perversité de certains.... A 18 ans, je quittais définitivement le milieu familial pour entrer dans "la grande vie" : celle des expériences et des risques. Sans regret aucun ! De 18 à 28 ans, dix années de vécus professionnels, humains, collectifs, spirituels, communautaires, d'une richesse incroyable, que j'ai commencé à incarner à 30 ans. Dix années pour me guérir d'une enfance maladive, naître à nouveau physiquement, psychologiquement, spirituellement. Rien de ce que je fais, vit, pense ne se comprend si on ne le réfère pas à la liberté. La liberté de l'esprit. Alléluia ! Ôm !
Humeurs en liberté, glanées dans mon quotidien :
. " Il n'est même pas 17h et j'ai l'impression qu'il est 2 heures de plus. C'est l'enfer cette époque de l'année."
. " En fait, la fameuse sagesse supposée venir avec l'âge, c'est juste la fatigue de tout."
. " J'ai quand même remarqué que les riches, qui veulent qu'on travaille toujours plus, eh bien avec leur argent ils achètent souvent des trucs comme des vacances, des yachts et des villas. Comme s'ils n'aimaient pas vraiment le travail."
" Nous ne sommes ici que de passage
Infiniment petit dans le paysage
Une étoile filante illumine les cieux
Faisons le voeu d'être heureux
Et si tu perds le cap dans la tempête
Va au-delà du bla-bla dans ta tête
Ressens l'espace d'amour infini
Où nous sommes tous réunis
Jacques BOURGAREL
Ici-bas, il y en a un qui fait parler de Lui depuis que l'humanité existe. En son nom, tous les délires ont été et sont encore aujourd'hui possibles. Beaucoup d'encre, beaucoup de sang ont coulé en son nom. Je veux parler de Dieu. Donc, je ne vous parlerai pas de Lui ! Par contre, la plus belle définition le concernant, je l'ai de nouveau trouvé chez Christian Bobin, dans Souveraineté du vide, pages 40-41. Un pur délice, de la part de cet homme qui a tout compris concernant le silencieux, l'invisible, l'incroyable. " Se retirer. Se taire : l'avancée en solitude, loin de dessiner une clôture, ouvre la seule et durable et réelle voie d'accès aux autres, à cette altérité qui est en nous et qui est dans les autres comme l'ombre portée d'un astre, solaire, bienveillant. "
" On n'a pas la foi, c'est elle qui vous a. La liberté chrétienne est une liberté de contestation et non d'exercice du pouvoir. Ne jamais trahir ses amis, être toujours ouverts pour les pauvres et toujours rigoureux face aux puissants. L'individu peut toujours être l'empêcheur de tourner en rond, briser le consensus. Cette position donne du courage et pousse à agir. Redonner aux mots leurs sens, et à la parole, sa capacité d'ouverture et sa fragilité." nous rappelle Jacques Ellul, qui nous propose une "éthique de la non-puissance" reposant sur une contrainte volontaire à s'imposer des limites pour contenir notre penchant à la démesure !
" On ne peut poursuivre un développement infini dans un monde fini. " Cela touche nos comportements de consommateur ! " L'attitude vraiment révolutionnaire serait l'attitude de contemplation au lieu de l'agitation frénétique." La non-puissance est une posture de refus positif, en allant non vers le plus mais vers le mieux ! Il s'agit plus d'être que d'agir. Retrouver le sens du prochain, retrouver le sens de l'événement et retrouver les limites du sacré. Identifier ce qui nous domine. S'y refuser ! Imaginer des façons de faire autrement, portés par cette mise en mouvement qui rejoint la transcendance, au-delà de nous, du moi-je ! Avec de l'amour, de la gratitude, de l'amitié. Cette simplicité est peut-être la plus difficile à atteindre.... Relisons Jacques Ellul.
" Dieu est un spécialiste du premier instant,
celui dont on ne retrouve pas la saveur et
l'émotion dans la vie courante. "
André Frossard
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