mardi 4 septembre 2018

Lettre septembre 2018 - 82eme -

Bonjour, Bonsoir

"Vous pensez que vous pensez vos pensées,
mais non, vous pensez ce que la société pense."
Krishnamurti


   Krishnamurti était un vrai maître spirituel. Préservons en nous cette liberté d'être et de penser indispensable à la sauvegarde d'un espace à soi. Nul besoin d'être savant pour penser par soi-même, sauvegarder un peu de doute critique, supporter le conflit, désobéir, et en toutes circonstances continuer à débattre avec soi-même. Histoire de ne pas tomber dans la connerie ou l'habitude, tous deux signes indiscutables de vieillissement....

   Pour ne pas avoir à finir par dire mollement oui, encore faut-il savoir commencer par dire fermement non. Pour Alain : "Penser, c'est dire non (...). Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c'est que je consens, c'est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c'est que je respecte, au lieu d'examiner (...). C'est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit". Alors, réfléchissons, examinons et ne respectons pas toujours, pour obliger les princes qui nous gouvernent à ne pas profiter de nos défaillances individuelles et collectives.

   L'équation du bonheur. Après avoir perdu son fils, Mo Gawdat l'affirme : oui, on peut être heureux, quoi qu'il arrive. Son projet : rendre 1 milliard de personnes heureuses sur 5 ans (onebillionhappy.org). La clé de la plénitude pour lui : se débarrasser des 6 grandes illusions (la pensée, l'ego, la connaissance, le contrôle, le temps et la peur) ; refuser les 7 angles morts (les filtres, les suppositions, les prédictions, les souvenirs, les étiquettes, les émotions, les exagérations) qui faussent l'analyse de la réalité ; s'accrocher à 5 vérités absolues (vivre l'instant présent, s'aimer et aimer, accepter la mort, le changement et le "dessein"...). Bon courage l'ami !

"L'humour, c'est ce qui, sur le plan humain, s'approche le plus de la grâce divine."
Pape François


Enlivrez-vous :
"Eveil à soi - éveil à Dieu" Henri Le Saux (moine à Kergonan 56, parti en Inde fondé Shantivanam)
"Dans ma peau" Guillaume de Fonclare (récit implacable sur le déferlement d'une maladie qui a soudain privé l'auteur de l'usage de son corps. Pour tous les "bien portants" !)
"Le Syndrôme de Calimero" Saverio Tornasella (et si la plainte avait une vertu psychologique, voire spirituelle ?...)
"Etre là" Véronique Dufief (l'être des profondeurs : méditation sur l'instant présent, puissant et plein d'humour. Révélée en 2014 avec La Souffrance désarmée, où elle transcendait de manière admirable sa maladie psychique, la bipolarité)
"Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger. Eloge du combat spirituel" Martin Steffens (philosophe lumineux, spécialiste de Simone Weil)
"Penser la fin de vie" Jacques Ricot (proche de Paul Ricoeur, pour panser la fin de vie...)
"Apprivoiser l'éveil" Pierre Turlur (enseignant à Kyoto et moine zen)
"La vie, mode d'emploi critique" Didier Fassin (une déclaration à la vie)


Sites :
www.autourdufeu.org (en Finistère sud)
www.ccfd-terresolidaire.org (l'humanité est une grande famille) 
www.engagement.fr ( aide les volontaires à trouver leur voie : une école pas comme les autres)
www.le-refuge.org (accepter les différences...)
www.papyhappy.com (le Tripadvisor des seniors)

Musiques pour l'âme :  
                                             "Sans la musique, le monde serait une erreur ou plutôt une création superfétatoire. Dieu suffirait." Clément Rosset
"Demolished thoughts" Thurston Moore (entre folk et spatial)
"Fairytales" Radka Toneff et Steve Dobrogosz (jazz d'une pureté miraculeuse, un chef-d'oeuvre enfin réédité, alors que la Norvégienne est dcd à l'âge de 30 ans...)

"Chaque homme doit inventer son chemin."
Jean-Paul Sartre


    Petite confession personnelle : j'aimerais bien décédé comme Yvette Horner, 95 ans, partie en juin. Paroles de son agent : "Elle n'était pas malade. Elle est morte des suites d'une vie bien remplie". Avouez qu'elle décoiffait la musicienne à la flamboyante chevelure rousse ! « Les gens sont des miracles qui s’ignorent » nous dit Albert Camus.  Je nous souhaite à nous aussi une vie bien remplie.
   En attendant, quel bel été nous avons eu mes amis ! Lectures qui ont nourri mes siestes estivales durant mes trois semaines de bénévolat dans une Communauté internationale bénédictine qui s'installe dans le Poitou : "Psychothérapie de Dieu" B. Cyrulnik, "Les chemins du silence" M. Hubaut, "L'assise et la marche" J.Y. Leloup, "Quelle spiritualité pour le 21eme siècle" W. Clapier, "Une sagesse au fil des jours. La spiritualité bénédictine pour tous" Joan Chittister. Le retrait du monde rend plus humain : trois semaines de jeûne d'images et de bruits, en pleine nature, nous rend ensuite beaucoup plus sensibles à ce que nous voyons et entendons. Plus sensibles à la beauté, mais aussi à la laideur ! Notre capacité de vibrer et d'admirer, la vie contemplative au sein d'une communauté développe presque, en nous, une espèce de sixième sens, ou plutôt aiguise tous nos sens ! Offrez-vous ce cadeau....

   Que du bonne heure cet été 2018 ! Qui n'a pas empêché une sérieuse blessure au coeur de mon âme, fin juin. Blessure qui se cicatrise peu à peu en y mettant les mots qu'il faut, bons pour mon égo et le féminin qui est en moi.... Féminin que j'ai pu exprimer en juillet lors d'une session Argile et Livre de Ruth à Landévennec.
   Méditer c'est comme faire l'amour : plus est long le temps méditatif, plus c'est bon. En cette rentrée, allongeons donc nos temps de méditation (et faisons l'amour plus longuement...).

   J'ai hâte de cheminer à nouveau localement en votre compagnie cette année, dans nos différents groupes (pj), dès début septembre.
   Belle fin d'été à chacun.e,
  Jacques



mardi 3 juillet 2018

Lettre juillet - août - 81eme



Bonjour, Bonsoir


"L'humour, c'est avoir le courage de déplaire."
Pierre Desproges



   Petit clin d'oeil à notre association Ephata dans le dernier ouvrage de Jean-Yves Leloup "Les portes de la transfiguration" : 
   "... "Ephata, ouvre-toi", ne soit pas sourd à l'appel. "Ephata, ouvre-toi", ne sois pas aveugle mais voyant. "Ephata, ouvre-toi", laisse-toi toucher par la Vie et son corps innombrable. La Vie est à caresser. "Ephata, ouvre-toi", la Vie se donne à toi, à travers tant de saveurs, la Vie est à savourer. "Ephata, ouvre-toi", élargis l'espace de ton souffle, il vient de l'Infini, il retourne à l'Infini, respire le champ infini de ses parfums, la vie est à respirer. "Ephata, ouvre-toi", ouvre ton désir à l'amour, au désir de la Vie qui traverse tes désirs, tes plaisirs et tes jouissances pour que tu sois toujours comblé, jamais repu ou satisfait, la vie est à étreindre et à désirer. 

   "Ephata, ouvre-toi", détends-toi, nous sommes nés pour mourir, pour nous décomposer, la Vie continue avec ou sans cette matière qu'il nous faut lâcher, tu n'es pas seulement la vie que tu as et que bientôt tu n'auras plus, tu es la Vie que tu es et que tu seras toujours. Car la vie est éternelle ou elle n'est pas, elle est infinie ou elle n'est pas. "Ephata, ouvre-toi", ne t'arrête pas dans le connu, ne te satisfait pas de tes petits repères ou explications, laisse-toi porter par la question toujours plus loin, toujours plus proche de la Conscience qui anime ton cerveau et par qui toutes choses sont. "Ephata, ouvre-toi", ton coeur est limité, il est aussi capable de tout, capable de l'Un, capable d'être conscient de l'Un et de ne faire qu'un avec. Quand tu ne fais qu'Un avec tout, tu es l'Amour/Dieu, Agapé o Théos.

   "Ephata, ouvre-toi", va au-delà de toutes les images, de toutes les représentations connues, sans en mépriser aucune ni en idolâtrer aucune, qu'il s'agisse de Dieu, de l'Etre, de l'Infini, de l'Eternel. Le Réel est toujours plus que tout ce qu'on peut en sentir, en penser, ou en imaginer. Imagine l'inimaginable, l'irreprésentable, marche et respire en Sa présence."
   No comment ! 


    Le choix de pratiquer la méditation est très exigeant : faire taire le monde extérieur pour libérer l'attention à soi, pour habiter avec soi-même. Faire taire tout repli sur soi-même, tout endurcissement du coeur, toutes les formes d'idolâtrie plus ou moins conscientes. Faire taire toutes les questions superficielles qui encombrent le coeur et empêchent l'écoute vraie de notre Voie intérieure. Alors, alors seulement, on entre dans la beauté de notre paysage intérieur, dans la clarté du silence intérieur, interpellés, déconcertés comme on peut l'être devant une oeuvre de grande force....

   "Il médite, disait Ramana Maharshi d'un disciple, il pense qu'il médite, il est satisfait du fait qu'il médite : où celà le mène-t-il, sinon à l'épaississement de son ego !?...". C'est chaque instant de la vie, du quotidien, que la "méditation" doit embrasser, c'est chaque instant qui doit être une recherche consciente du véritable Soi de l'homme à travers tout ce qu'il fait, pense et dit. On essaie camarade, on essaie....

   Encore un de mes philosophes préférés qui vient de partir vers le Paradis Blanc. Clément Rosset n'aura cessé de défendre un réalisme sans concession, sans jargon. Décapant et mordant. Un réalisme traqueur des masques, illusions, doubles que l'homme s'invente pour ne pas avoir à regarder le réel en face. Parce que, sans double, le réel est toujours idiot, cruel : ce caractère tragique de l'existence. De l'inconvénient d'être né, Rosset en tirait une profonde joie. Enigmatique, euphorique et sans pourquoi.
   Citations : "... la finitude de la condition humaine, la perspective intolérable du vieillissement et du trépas explique l'obstination des hommes à se détourner de la réalité.", "... les gens frappés par le virus du bien sont les plus dangereux pour autrui. Un homme bienveillant qui veut améliorer le monde est foncièrement dangereux. La recherche du bon n'est pas ce qu'il y a de meilleur dans l'humanité.", "... la grande différence entre le dépressif et l'homme joyeux me semble d'ailleurs résider dans l'appétit de vivre, ce qui peut se résumer en un mot : le désir.", "... pour moi, la philosophie est une quête intérieure de compréhension et d'acquiescement à la réalité, un chemin par lequel on trouve une joie enivrante.", "... toute le force de l'être humain consiste en ceci : savoir que l'on va vieillir, souffrir et mourir, et être heureux en assumant pleinement cette pensée. Seul celui qui accepte l'idée de la mort, si bien qu'il n'y pense même plus, sera capable d'accéder à la plénitude de la vie. La capacité d'admettre la part tragique du réel est pour moi la pierre de touche de la santé morale et de l'allégresse.". Un vrai Yogi ce Clément ! Relisons-le....

Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis”.
​ ​

A
​.​
 de Saint-Exupéry



Des livres et vous :
"Novembre" Henri Daucé (petit recueil de poèmes touchants, plume sensible et délicate)
"Tout un monde fluide" Odile Caradec (recueil de poèmes d'une nonagénaire avec détachement et humour + monotypes de l'artiste Pierre de Chevilly)
"Vivant Jardin" suivi du "Poème perdu" Laurence Nobécourt
"Des jours d'une stupéfiante clarté" Aharon Appelfeld (l'immense Aharon pousse à leur paroxysme ses thèmes de toujours : l'échappée, la contemplation...)
"Âme sœur" David-Marc d’Hamonville
"Contre les racines" Maurizio Bettini (déconstruit une conception étroite de l’identité culturelle)
"Comment devenir écolo sans devenir chiant" Mathieu Duméry / Lénie Chérino
"Histoire de la sexualité 4" Michel Foucault (consacré aux Pères de l'Eglise, subtil et trépidant)
"Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull" Claire Barré (livre avec subtilité et humour le récit de sa découverte du chamanisme et de son propre cheminement spirituel) 
"Une certaine inquiétude" François Bégaudeau/Sean Rose (apprivoiser l'inquiétude existentielle)

Sites : 
www.lagedefaire-lejournal (EPHATA est abonnée depuis des années)
www.jefaismatransition.com (des clics pour le climat)
http://democratieinterieure.strikingly.com/
www.espritcabane.com (en Finistère sud)
www.jms2018.org (une réponse contemplative à la crise du changement)



Musiques pour l'âme :
"Songs of the Saxophones" The Saxophones (légèreté chargée d'une profondeur insoupçonnée)
"La Voie de L'Esprit" Logos - Eric Aron
"We slept at last" Marika Hackman (intense et hypnotique, comme dans un rêve éveillé)
"Songs from a world apart" Lévon Minassian/Armand Amar (son si particulier du doudouk de la mélancolie et de la profondeur de l'Arménie)
 - Pensée spéciale pour la voix d'or de Geoffrey Oryema, qui vient de s'éteindre -



"J'existe. C'est doux, si doux, si lent.
Et léger : on dirait que ça tient en l'air tout seul (...).
Si seulement je pouvais m'arrêter de penser,
ça irait déjà mieux."
Jean-Paul Sartre

   

   "Etre juste, c'est continuer à faire exister ce qui est immortel dans la nature et chez autrui, préserver la dignité en toute chose - même ce qui semble d'importance mineure, voire misérable -, sans chercher à l'écraser. Ce qui s'adapte en nous au système, c'est notre moi, c'est à dire la part de notre être qui comprend les codes et s'y conforme, suit les procédures, les rituels de communication, etc. Ne le dénigrons pas trop vite, d'ailleurs, car il y a de la grandeur à bien fonctionner dans la société. Mais l'erreur, tragique, est de réduire l'individu à ce seul moi. Et d'oublier le "soi".

   Nous n'aimons jamais une personne pour son "moi" adapté au système mais pour ses qualités propres, celles qui font précisément qu'elle est elle, et pas une autre. Ce que nous aimons, c'est ce qui compte pour elle, c'est à dire son "soi". Et chacun est libre de décider ce qui compte vraiment. Il me semble qu'on peut déceler quelques invariants constitutifs en chacun de nous : la "saveur d'exister", par exemple, c'est à dire le rapport sensuel que nous tissons avec le monde, cette sensualité qui passe dans notre rapport à la nature, à ce que nous aimons manger, écouter, voir.... Un autre marqueur est la recherche de stabilité et d'équilibre. 

   Autre marqueur : il me semble que la redécouverte de soi n'est jamais... une fin en soi : elle ouvre sur un désir de l'autre. Le soi est toujours relié à l'autre, et c'est quand il se mue en"hors de soi", dans l'amitié, ou l'amour, après avoir défini ce qui lui importe vraiment et dépend de lui, qu'il est le plus épanoui." Pascal Chabot, philosophe belge, fondant comme un bon chocolat !

   Mantras de l'été : "It's enough ! Assez !". "Les gens se lèvent. J'en ai marre du racisme, marre de la guerre, marre de la destruction de l'environnement, de nos leaders mondiaux malhonnêtes. Nous devons nous remettre sur les rails pour aller de l'avant" peste Lenny Kravitz dans son dernier album attendu pour le 07 septembre.
   Autres mantras possibles : "Ni dieu, ni maitre, ni bfmtv !" ou bien encore "L'inaction nourrit le populisme, pas les migrants" !
   A méditer....

   Je ne peux vous quitter pour deux mois sans remercier vivement toutes les personnes fidèles, motivées, persévérantes, chaleureuses, qui sont venues dans mes groupes de Yoga oriental, méditation chrétienne, parole laïque, cette année 2017-2018. L'aventure intérieure continue à la mi-septembre : plaisir de vous retrouver ici ou là....

A tout moment, laisser passer le temps
Pour écouter, humer et regarder.
En tout lieu, poser le corps et l'esprit
pour entndre, sentir et voir.
L'instant devient alors présent.
Le présent rejoint l'éternité.
L'âme se libère et quitte ses états.
Une plénitude profonde s'installe.
Pour combien de temps ?
Michel Moureaux


   Nos gourous médiatiques style Christophe André nous invitaient en juin à ralentir en tout, et partout. Alors, cet été, faisons la vaisselle au ralenti, mangeons lentement, faisons l'amour au ralenti, marchons lentement, ralentissons en voiture, parlons-nous doucement,..., le mental au ralenti c'est la porte ouverte à la contemplation, prémisse de l'éveil....
    Je vous souhaite un été "sea, sex and sun", détendu à souhait, les sens grands ouverts et le sourire mystique....
   Jacques



vendredi 15 juin 2018

Lettre juin 2018 - 80eme -


Bon soir ou Bon jour,

"Deux dangers ne cessent de menacer le monde :
l'ordre et le désordre."
Paul Valéry


  "Vous ne mettrez les gens en mouvement qu'en leur proposant une histoire dans laquelle ils reconnaissent leur monde." nous avertit Jerry Brown, l'une des personnalités démocrates les plus appréciées aux Etats-Unis. Gouverneur de la Californie de 2006 à 2014, il a créé plus de 2,5 millions d'emplois dans son Etat et a épongé un déficit budgétaire de près de 40 milliards de dollars. Qui s'y colle en France ?....
 
   "La mort se caractérise par deux traits fondamentaux. Elle est certaine et elle est indéterminée. Nous savons tous que nous allons mourir, mais nous ignorons quand." (Martin Legros in Philosophies Magazine, mars 2018)
   Rescapée d'Auschwitz-Birkenau, Marceline Loridan-Ivens, 90 ans tout frais, nous envoie un petit message très spirituel : " C'est intéressant de parler de soi, d'oser dire les choses, de ne pas avoir peur. La liberté est à ce prix". Elle prône la liberté pour tout le monde, les femmes en particulier : " Pas la liberté pour la jambe en l'air ! La liberté de l'esprit, de ne pas être soumise à des dogmes ridicules, de décider ce que l'on veut dans la vie ; ça ne suffit pas de se marier et de faire des gosses. Les hommes et les femmes doivent trouver des chemins plus intelligents que la domination subie par les femmes pendant des siècles. Trouver une véritable égalité dans les moeurs, les habitudes. Le pire dans nos sociétés, c'est l'envie et la jalousie ". Sur ce dernier point - l'envie et la jalousie - c'est ce que nous disent toutes les Traditions, tous les Sages, tous les psy, tous les spi ! Lisez son dernier livre....

   Que faire de notre liberté ?... Se sentir heureux n'est pas tout, il faut sortir de soi et transformer le monde... La responsabilité vient toujours avec la liberté.... Nous sommes "jetés dans le monde" et forcés de nous demander quel genre d'être nous souhaitons devenir.... Ce qui construit le futur, c'est ce que nous décidons de faire de nos vies.... Quel monde voulons-nous créer avec cette liberté que nous avons ?....
 
   "Le développement personnel serait de toute évidence perçu par Sartre comme un moyen frauduleux d'utiliser notre liberté. parce que précisément il ne nous engage pas du tout dans le monde mais se focalise sur le regard intérieur - voire sur notre nombril. L'existentialisme a toujours insisté sur le fait que se sentir libre et heureux n'était pas tout, et qu'il fallait sortir de soi et transformer le monde pour le meilleur. Bien sûr, un meilleur équilibre intérieur permet sans doute un contrôle plus efficace de son action, et la méditation aide probablement, mais si vous aviez demandé à Sartre, il vous aurait répondu que pour que les gens aillent mieux, améliorer leurs conditions de travail et mieux les payer seraient beaucoup plus efficace...." nous rappelle l'essayiste Sarah Bakewell. Je suis 100% d'accord avec elle.
   J'ai également des atomes crochus avec Fernando Pessoa quand il nous dit : "Moi-même, je ne sais pas si ce moi, que je mets à nu devant vous tout au long de ses pages ondoyantes, existe réellement, ou si c'est seulement un concept esthétique et fallacieux de moi-même que j'ai élaboré. J'ai toujours vivement refusé d'être compris. Etre compris, c'est se prostituer."
 
   Ecrivain réputé difficile, on peut l'aborder fraternellement en se coulant dans ses phrases d'une sensibilité écorchée, déstabilisante. Derrière les noms d'emprunt se dessine une silhouette fragile et torturée. La société, il ne la conçoit pas comme une confrontation de classes sociales mais, plus simplement et radicalement, comme divisée entre "adaptés" et "inadaptés", laissant bien évidemment entendre qu'il appartient à la seconde catégorie (comme moi).
   Sa seule patrie et sa seule réalité sont la langue portugaise et les mots, "des corps tangibles, des sirènes visibles, des sensualités incarnées". Pessoa, dans ses divagations lumineuses, est le grand prosateur de lui-même, songeur dès le "petit matin, halètement dans la pénombre", plus complice avec la pluie et le soleil qu'avec un monde extérieur auquel il livre ses textes comme un défi. Namasté Fernando !


"Le raisonnable est un monstre, une prison. 
J'aime m'amuser, surprendre, vivre à fond chaque instant.
Ceux qui ont peur de mourir ont peur de vivre.
Ils respirent prudemment, en attendant la fin.
Pour moi, le plus grand danger serait de laisser mourir mes désirs."
Jacques Higelin, l'enchanteur


Enlivrez-vous : 
"La part d'ange en nous" Steven Pinker (fait l'éloge des quatre "anges gardiens" de l'humanité : l'empathie, la maîtrise de soi, la morale, la raison)
"Quelle spiritualité pour le 21eme siècle" William Clapier (offert à EPHATA par l'auteur : merci William !)
"Les Coeurs simples" Albert Algoud (douleur cachée de l'humoriste de France-Inter : met en scène "ces exclus que sont les personnes handicapées mentales", son fils étant autiste)
"La métamorphose de Raphaël" Patrice Lepage (invitation à prendre des sentiers de traverse, quête d'un monde plus fraternel)
"L'entraide. L'autre loi de la jungle" Pablo Servigne, Gauthier Chapelle (pour devenir des experts en coopération, et pas seulement en compétition)
"Faire mouche" Vincent Almendros (dissèque le système familial et ses fardeaux, ses mensonges, ses silences)
"Danser au bord de l'abîme" Grégoire Delacourt (décrit avec une intensité charnelle la montée inexorable de l'émotion d'une relation de couple)


Sites :
www.ofdt.fr (travail et souffrance)
www.imby.fr (asso architecture sociale et solidaire recherche particuliers volontaires)
www.ecocompare.com (signale les "produits vertueux")
www.wearelumos.org (fondé par J.K. Rowling pour la cause des enfants)
 

Musiques pour l'âme :
"Cigarettes after Sex" Cigarettes after Sex (langueur addictive, hypnotique, portées par la voix. Cumule jusqu'à 57 millions de vues sur Internet)
"Intégrale des cantates de J.-S. Bach" Bach Collegium Japan dirigé par Maasaki Suzuki
"They Moved in Shadow All Together" Emily Jane White (princesse du dark folk : magnifique voix éthérée, romantique, l'envoûtement n'en est que mieux garanti)
... Pensée spéciale pour la belle et talentueuse Maurane ...

"Il en va de la vie comme d'une histoire : peu importe ce qu'elle dure ; 
ce qui compte, c'est qu'elle soit bonne." 
Sénèque

   Le Pape que nous avons depuis quelques années est vraiment hors des sentiers battus par les fonctionnaires de Dieu du Vatican, et c'est tant mieux. Dernièrement, parlant du chemin d'humanité que vous et moi tentons de prendre, il a pointé des obstacles comme "la négativité et la tristesse". Il invite, en revanche, à cultiver le sens de l'humour. Sans concession, il fustige "la consommation de l'information superficielle et les formes de communication rapide et virtuelle" comme autant de facteurs "d'abrutissement" ! Le chemin vers notre humanité est une lutte constante, camarade, un combat de chaque jour... avec le sourire.
 
   Comme moi, vous avez dû le remarquer : le mouvement naturel de l'humain, plutôt que de chercher ce qu'il n'a pas en lui, préfère désirer ce qu'a l'autre. Nous vivons comme si tout nous manquait et que nous devions chercher à l'extérieur. Notre société exacerbe ce sentiment de manque et de jalousie qui commence dès l'enfance.
   "On sait que la jalousie au sein d'un couple vient souvent d'un besoin qui, dans l'enfance, n'a pas été honoré, celui d'explorer. En cause, des parents anxiogènes ou à l'inverse trop permissifs. Il nous faut prendre conscience de nos blessures d'enfant. Car toutes nos mécaniques d'adultes proviennent de ces manques." nous rappelle Carolina Costa, accompagnatrice de couples.
   Si la jalousie existe dans toutes les relations humaines, mes amis, c'est bien dans le couple qu'elle donne la mesure de son talent ! Quand l'amour s'emmêle....
 
   Parfois, des questions de ouf traversent mon esprit. Du style : "Si je devenais handicapé grave, est-ce que j'aurais autant d'amis ?". Ou bien : "Si je gagnais 50 millions d'euros au Loto demain, est-ce que j'aurais autant d'amis ?". La réponse aux deux questions est oui car le peu de vrais amis que j'ai ne sont pas des enfoirés....
   Autre type de réflexion mentale depuis que j'ai 60 ans. Nous avons perdu, ces dernières années, un certain nombre d'êtres chers qui avaient entre 55 et 65 ans. Quand je regarde depuis quelques mois la page obsèques de mon quotidien, il y en a tous les jours qui ont entre 55 et 65 ans.... Plus proche de nous, nous avons trois vrais amis, spirituels, écrivains, positifs, poètes, ouverts, tendres, humanistes, tous trois entre 60 et 65 ans, tous trois touchés, meurtris dans leur corps par une saloperie cancéreuse.
   Faudra m'expliquer un jour pourquoi de belles personnes meurent jeunes, alors que d'autres traînent leur haine humaine envers leurs frères humains jusqu'à un âge avancé.... Oui, pour quoi ?
   Je vous souhaite de prendre des risques pour vous offrir des rêves....
   Jacques