mercredi 10 mars 2021

 Lettre mars - 110eme -

Bonjour, Bonsoir


"L'amour est une plante de printemps, 
qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche." 
Gustave Flaubert  



   William Blake dit que "nous sommes mis sur terre un bref instant pour apprendre à supporter les éblouissants rayons de l'amour". Marius Grant écrivait : "Je crois à l'influence des hommes silencieux et rayonnants et je sais par expérience que ces hommes sont rares. Ils donnent cependant de la saveur à notre monde.... Rien ne sera perdu aussi longtemps qu'il y aura de tels hommes. S'il est un souhait que nous devons exprimer aujourd'hui, c'est celui de voir en nous-mêmes des commencements de contemplation."

   Ces textes nous montrent que dans la méditation il ne faut chercher ni "une méthode" ni un "système", mais cultiver une "attitude", un "regard" : l'ouverture, l'attention, le respect, l'attente, la confiance, la joie,.... Certains sont sans doute doués pour la méditation, la prière méditative. Ceci n'est pas fréquent de nos jours. La plupart des gens ont à apprendre à méditer. Il y a des manières de méditer. Mais il ne faut pas nous attendre à trouver des méthodes magiques, des systèmes qui font s'évanouir toutes les difficultés et tous les obstacles. 
   Il est parfois très difficile de méditer. Si nous supportons paisiblement les difficultés dans notre pratique et attendons patiemment l'heure de la "grâce", nous pourrions bien découvrir que la méditation est une expérience pleine de joie. Il ne faut cependant pas juger de la valeur de notre méditation sur ce que nous y "éprouvons". Une méditation difficile et apparemment sans fruit peut en réalité être de bien plus grande valeur qu'une autre qui est facile, heureuse, lumineuse et apparemment très réussie.

   "C'est pourquoi l'humilité et l'accueil docile à de sages conseils sont très nécessaires dans la pratique méditative. La seule difficulté est que dans la vie spirituelle il n'y a ni trucs ni raccourcis. Ceux qui dès le début pensent "qu'ils savent", ne parviendront jamais en réalité à rien savoir ! En s'observant eux-mêmes, et en essayant de se convaincre de leur progrès, ils deviennent prisonniers d'eux-mêmes. Ils sont pris au piège de leur propre vide et futilité et ils restent impuissants. L'acédie succède à l'enthousiasme de l'orgueil et de la vanité spirituelle.
   Le remède, c'est de faire un long chemin dans l'humilité et la componction ! Nous ne voulons pas être des commençants. Mais il faut nous convaincre du fait qu'en réalité nous ne serons toute notre vie que des commençants !" nous rappelle Thomas Merton, un grand bonhomme.

   Loin d'être des hommes irréprochables, les Pères du désert étaient aussi saisis de passions, comme la colère. Mais ils tentaient toujours de promouvoir la notion de mesure. "Ils le font en équilibrant les quatre fondamentaux que sont la sobriété, le souci de l'autre, la méditation et la garde du cœur, note Jean-Guilhem Xerri. En effet, s'il n'y a que la sobriété, on devient un athlète de l'ascèse mais la vie devient un enfer. Si je ne suis que dans le souci de l'autre, très engagé, je vais m'épuiser et j'épuiserai les autres. Avec la seule méditation, je vais me la jouer "super moine zen" et je serais pour le coup complètement narcissique. A n'être que dans l'attention à ce qui nous passe par la tête, on devient vite asocial. Ces attitudes ont donc besoin d'être reliées les unes aux autres pour s'équilibrer et être puissantes."
   Notre nature profonde a besoin de ça pour son équilibre intérieur, psychique, nécessaire pour déployer le souffle, le prana, l'énergie de vie qui est en nous. A méditer donc....

   Autre sujet de méditation: la place de nos relations aux autres. "Si les autres vous ennuient, vous fatiguent, vous sont douloureux, il est peut-être temps d'aller voir quelqu'un. Ce peut être le signe d'une vraie souffrance psychologique. Même dans la méditation, si on ne se concentre que sur soi et sur Dieu (appelez-le comme vous voulez), il y a indice d'un manque de prise de conscience de ce qu'est sa vie en réalité. La spiritualité, c'est passer de l'image à la vie. La vie intérieure, ce n'est pas quelque chose à atteindre mais à laisser croître. La faire croître n'est pas à notre main, mais ce qui est de notre responsabilité, c'est de créer les conditions pour. Et cette observation de l'esprit qui se déploie amène à l'émerveillement." Voilà, c'est dit, au boulot !

   Revenons à présent au monde d'après. Comme d'autres, le monde culturel doit se renouveler s'il ne veut pas crever. Amis artistes, le monde d'avant c'est fini. Faut inventer le nouveau, autrement, en plus petit, dehors, au coin des rues, dans les jardins,.... Et puis entre nous soit dit, les artistes fortunés, les stars du showbizz, pourraient faire un geste envers les intermittents, les précaires du spectacle. Créer une caisse de solidarité : du pognon, certains artistes en ont à foison.... Vous avez dit fraternité ?... C'est le moment de le prouver. Alors seulement nous pourrons dire : "Bravo l'artiste !".

   Rappelez-vous. Qui nous a dit le 16 mars 2020 : "Retrouvez aussi ce sens de l'essentiel. Je pense que c'est important dans les moments que nous vivons. La culture, l'éducation, le sens des choses est important." C'est Emmanuel Macron quand il nous a annoncé le début du premier confinement. Avons-nous suivi ses conseils ? Où en suis-je aujourd'hui, un an après ? Dans quel état j'erre ?.... Les confinements fonctionneront-ils comme des kairos ou des moments favorables pour le passage au "monde d'après" ? C'est notre pensée qui doit d'abord se déconfiner !
   
   Ensemble, mettons en œuvre notre futur. Échappons aux imaginaires catastrophistes comme aux plans (foireux) sur la comète. Dans le débat public, la déraison et le complotisme occupent une place envahissante, qui sont une menace sérieuse pour la démocratie. On prend enfin conscience que la seule chose qui compte fondamentalement, ce sont les relations sociales de confiance que l'on peut nouer les uns avec les autres. Certes il faut tendre vers une forme d'autosuffisance, mais en ayant conscience qu'on n'y arrivera pas, pour une simple et bonne raison : nous avons besoin des autres. Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin (aussi valable politiquement). Choisissons de montrer ce qui va, les initiatives  - récentes et lointaines - qui sont déjà à l'œuvre pour le monde d'après. On peut bâtir la société que l'on désire, en étant dans l'action, et pas seulement dans la cogitation intello !
 
   L'anagramme de militer, c'est limiter ! Très souvent dans mes Lettres, je vous donne le site Internet d'initiatives qui sont déjà dans l'autre monde, celui qui vient.... En 2021, branchez-vous sur les good vibes, les bonnes nouvelles, les bonnes émissions, les bons médias, les bonnes chaînes de télé, les bonnes personnes.... Et si de temps en temps, ça chauffe trop dans le ciboulot, alors fumez un petit pétard (mieux que le pastis !), ou mieux prenez du CBD, relaxant sans l'effet psychotrope du joint, ou relaxez-vous à l'huile de chanvre. Bref, on a tout sous la main pour rester zen !

   Dans ma Lettre de janvier, je vous ai fait part du danger, pour l'être en devenir que nous sommes, des groupes. De la nécessité de s'extraire à un moment de toute pensée de groupe, d'exister par soi-même, sans appartenance figée à une identité groupale. Une amie du Gard vient de me faire parvenir ce texte de Carl-Gustav Jung. Sans commentaire.

 Pensées tardives


 …."La société secrète est un chemin intermédiaire sur le chemin de l'individuation ; on confie encore à une organisation collective le soin de se laisser différencier par elle ; c'est-à-dire que l'on n'a pas encore discerné qu'à proprement parler c'est la tâche de l'individu, de se tenir sur ses propres pieds et d'être différent de tous les autres.

Toutes les identités collectives, qu'elles soient appartenance à des organisations, professions de foi en faveur de tel ou tel -isme, etc., gênent et contrecarrent l'accomplissement de cette tâche. Ces identités collectives sont des béquilles pour des paralytiques, des boucliers pour anxieux, des canapés pour paresseux, des pouponnières pour irresponsables, mais tout autant des auberges pour les pauvres et des faibles, un havre protecteur pour ceux qui ont fait naufrage, le sein d'une famille pour des orphelins, un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus, et une terre promise pour les pèlerins harassés, et un troupeau et une clôture sûre pour brebis égarées, et une mère qui signifie nourriture et croissance.

   C'est pourquoi il serait erroné de considérer ce degré intermédiaire comme un obstacle ; il représente au contraire et encore pour longtemps, la seule possibilité d'existence de l'individu qui, aujourd'hui plus que jamais, se retrouve menacé d'anonymat. Cette appartenance à une organisation collective est si importante à notre époque qu'avec un certain droit, elle paraît à beaucoup être un but définitif, tandis que toute tentative de suggérer à l'homme un pas de plus sur la voie de l'autonomie personnelle est considérée comme présomption ou défi prométhéen, comme phantasme ou comme impossibilité.

 Mais il peut advenir que quelqu'un, pour des motifs de poids, se voit contraint de chercher sa route, par ses propres moyens, vers des horizons plus larges, parce qu'il ne trouve dans aucune des formes, aucun des moules, aucune des enveloppes, dans aucune des manières de vie et des atmosphères qui lui sont offertes, celle qui lui convient. Dès lors, il ira seul, représentant sa société à lui. Il sera sa propre multiplicité qui se compose de nombreuses opinions et de nombreuses tendances qui ne vont pas nécessairement toutes dans le même sens. Au contraire, il sera dans le doute avec lui-même et il éprouvera de grandes difficultés pour amener sa propre multiplicité à une action homogène et concertée. Même s'il est extérieurement protégé par les formes sociales d'un de ces degrés intermédiaires dont nous venons de parler, il n'en possède pas pour autant une protection contre la multiplicité intérieure qui le désunit d'avec lui-même et qui le pousse à s'en remettre au détour que représente l'identité avec le monde extérieur…" (Extrait de "Ma vie" de C.G. Jung)


   
"Nous sommes si brefs. Un pissenlit d'un jour. 
L'enveloppe d'une graine ricochant sur la glace (...). 
Je ne sais pas pourquoi il nous est donné d'être tellement mortels
 et d'éprouver tant de sentiments. 
C'est une blague cruelle et magnifique."
Louise Erdrich



Des livres et vous
"La petite dernière" Fatima Daas (premier roman autobiographique coup de poing sur l'acceptation de soi)
"Saturne" Sarah Chiche (écrivaine thérapeute qui touche par sa quête de vérité, sa sensualité, pour renaître à la joie)
"Le vieux qui lisait des romans d'amour" Luis Sepulveda (ce livre est une merveille)
"L'homme aux loups" Freud
"L'Heure du loup" Ingmar Bergman
L'écrivain-poète Joseph Ponthus s'en est allé, à 42 ans. Lisez son long poème fraternel A la ligne + Feuillets d'usine + À l'inconnue qui nous dévore, hommage à Xavier Grall.
Relisez Philippe Jacottet, la justesse d'une voix : il nous quitte à 95 ans.

Sites
Musiques
"Skin in the Game" David Linx (voix souple et timbrée, mélancolie sensuelle)
"Fletcher Moss Park" Matthew Halsall (superbe trompette jazz cool méditative top Yoga !)
"Frédéric Chopin. Etudes et ballades" Roustem Saïtkoulov (voyage en pureté musicale)
Tonton David, figure du reggae en France, nous a quittés à 53 ans... "Chacun sa route , chacun son chemin !"



"La santé de l'homme est le reflet de celle de la Terre."
Héraclite


   "A notre époque, les engouements ne manquent pas dans la vie spirituelle. Une année, on nous dit que les neuvaines nous apportent la solution que nous attendons, une autre année ce sont les retraites, et une troisième année, les centres de méditation. De vrais croyants nous disent que le culte de leur choix est la seule réponse aux difficultés de la vie. Les partisans de l'occultisme promettent le salut dans les étoiles ou dans l'ancienne sagesse orientale. La communauté thérapeutique offre des rencontres-marathons ou des ateliers dans lesquels on se libère des pulsions de colère afin de purifier son âme. Maintes et maintes fois, les gens essaient des cures, des cultes et des exercices psychologiques, puis finissent régulièrement par les rejeter. Ils sont à la recherche de ce qui leur permettra de se sentir bien, de stabiliser leur perspective, et de donner une signification et une direction à leur vie.

   Mais, si nous ne sommes pas des spirituels là où nous sommes et tels que nous sommes, nous ne sommes pas du tout des spirituels. Nous sommes simplement des consommateurs du dernier gadget spirituel qui engourdit nos idées déjà confuses mais n'apporte jamais la plénitude à nos esprits ni la liberté à nos cœurs. Nous n'avons d'autre accès à la "vie bonne", si ce n'est maintenant, si ce n'est ici. La vie ici et maintenant est tout ce que nous avons, nous tous sans exception : c'est à partir d'elle que nous avons à faire de la sainteté un style de vie normal, qui ne soit pas contraire à la nature." Paroles vraies et bénies de Joan Chittister, bénédictine.

   Vous en voulez encore ?! "Le moine recherche la sainteté pour ici et maintenant ; il ne s'empêtre pas de régimes alimentaires étranges ou de dévotions ésotériques ou de faux sacrifices qui portent atteinte à sa personnalité profonde. Le vrai moine marche dans la vie avec une âme dégagée, alerte, éveillé, plein de reconnaissance et il n'est que partiellement chez lui."... 
   Mes amis, trouvons une spiritualité, notre spiritualité, qui nous apporte des clés quand nous cherchons une réponse aux problèmes écologiques, pour trouver notre chemin à travers le fourré des relations humaines, pour nous dire comment faire face aux caprices de la vie, pour expliquer notre dépression et notre frustration et notre ennui dans la vie spirituelle. Pour nous aider à libérer notre esprit de nous-mêmes !
   Enfin, aimons-nous, aimons les autres, aimons la vie, nom d'un pangolin !

   S'ouvrir à l'expérience contemplative ? Facile à dire. Mais comment fait-on ? Premièrement : cultiver la solitude, le silence. Pour nous guérir de la dispersion, de la superficialité. Deuxio : développer l'attention, apprendre à être entièrement présent, amplifier notre capacité de perception, apprendre à nous libérer des discours de notre esprit qui dans 90% des cas fonctionnent comme des préjugés, sorte d'automatisme qui filtre la réalité et qui nous en sépare. Apprendre à nous distancier de nos pensées, de leurs discours pour guérir de notre habitude de tout préjuger . Enfin, nous décentrer, suspendre, mettre entre parenthèses, arrêter un moment nos tendances réactives. En nous exerçant à prendre ce qu'on nous donne, en ne nous accrochant à rien. Quand on réunit les trois, on peut alors parler d'expérience contemplative. J'ai lu cela dans quantité de livres, articles; entendu dans moults conférences, colloques. Facile à dire... À pratiquer....

   Plusieurs d'entre vous me demandent pourquoi j'écris, non seulement ces Lettres depuis 110 mois, mais depuis 30 ans. L'écriture sert à me rendre vivant. Il me vient des humeurs, des indignations, des joies qui me donnent l'envie d'être partagées. Garder pour soi ne sert pas à exister vraiment. J'y retrouve le sel de la vie au quotidien. J'y vois comme un rendez-vous qui ne se manque pas. Les mots lus n'ont pas la démesure imbécile et lâche de ceux posés sur les écrans. Cet espace d'écriture ne rend pas indifférent. Ce n'est pas essentiel de s'y reconnaître, seulement de s'asseoir et écouter battre l'esprit du stylo ! Il est bon d'apprendre de l'autre.

   Pour mes 63 ans, je me suis offert un cadeau qui n'a pas de prix, que je désirais depuis 2/3 ans : j'ai entrepris un accompagnement spirituel pour relire mon chemin intérieur. Que du bonheur. Demander de l'aide, ce n'est pas abandonner. C'est refuser d'abandonner.

   A votre avis, c'est quoi la plus grande perte de temps ? Se comparer aux autres. Ecoutons davantage nos rêves que nos peurs. Notre manière de réagir aux choses est notre plus grande liberté. Apprenons à vivre le moment présent : trouver un endroit calme, fermer nos yeux, respirer.... Les relations humaines, c'est étrange : on voit seulement l'extérieur des gens, mais presque tout se passe à l'intérieur. La plus grande des gentillesses, c'est d'être gentil avec soi. Souvent, la personne à qui l'on pardonne le moins, c'est nous-même. Rien ne vaut la gentillesse, elle domine paisiblement tout le reste. Nous n'avons pas besoin d'être extraordinaire pour qu'on nous aime.... Parfois, le simple fait de se lever et d'avancer est courageux et magnifique. 

  Impossible de terminer cette lettre sans avoir une pensée émue pour une belle personne à qui j'ai fait connaître la Bretagne profonde, finistérienne, au point qu'il a quitté son ermitage pyrénéen pour venir au bord de l'eau bretonne. Il nous a quittés il y a deux ans, le 25 février, laissant un trésor de livres à lire, relire, prendre quand bon nous semble. Il avait 65 ans. Philippe Mac Leod, on t'aime. Extraits : " Ce n'est pas en jetant des ponts qu'on rejoint les autres, mais en creusant des tunnels. Non plus en me fuyant, en multipliant les contacts, mais par le fond, par le centre, par ce qui ne s'entend pas, pour rejoindre en l'autre son visage caché et le toucher avec ce qui en moi-même se révèle le moins tangible : là où nous sommes un, là où vraiment nous sommes frères, vivant de cette vie secrète qui nous abreuve d'une même sève."  

   La plus grande illusion, c'est de penser que la vie doit être parfaite. La vie est difficile, mais nous sommes aimés. Sincèrement, nous avons souvent l'impression de n'avoir rien d'intéressant à dire. Être sincère est toujours intéressant ! Que faire quand notre coeur souffre ? L'envelopper d'amitié, de larmes et de temps, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau plein d'espoir et heureux. N'oublions jamais que nous sommes importants, que nous sommes aimés, et que ce que nous apportons à ce monde, nous seul peut l'apporter. La haine fait beaucoup de bruit, mais il y a dans ce monde plus d'amour qu'on l'imagine.
  
Je vous envoie du courage et de l'amour. C'est vieux jeu, mais indispensable sur la voie de l'ataraxie, ou l'art d'être heureux ! Arrêtons d'être durs envers nous-mêmes. Cessons d'être nos propres bourreaux.
"Nous vivrons ce que nous changerons !" : slogan historique de la CFDT... qui n'a jamais été autant d'actualité !
Bises printanières,
Jacques


PS : vous êtes environ 1140 "belles" personnes à recevoir mes Lettres (sur 1656 contacts). Un réseau humain et convivial inestimable. Je vous en remercie encore. Je me permets donc de vous solliciter. 
   Je suis en quête d'un "ermitage", un cabanon autonome, simple, dans un cadre de nature, loin de l'agitation humaine et du bruit, afin d'y résider quelque temps entre le printemps et l'automne de cette année, pour écrire mes "mémoires". 
   A 33 ans, j'ai écrit sur mes 30 premières années de vie : cela m'a pris 9 mois (le temps d'une grossesse !). 
   A présent je veux (ac)coucher les 30 suivantes. 
   J'étudierais toutes propositions, et conditions. 
   D'avance merci.



lundi 1 mars 2021

 

Dimanche 28 février 2021

Groupe de parole-partage (9eme année, ouvert à tout individu)

 

" La vie me possède-t-elle ?

Qu'est-ce qui est "essentiel" pour moi ? "

 

Lieu : chez Jacques à QUIMPER

13h30  - 17h00 + goûter

 

 

Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.

Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.

Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.

Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e

Coût : adhésion annuelle à l'association 10€

Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

 

 

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :

. Tu écouteras ton prochain comme toi-même

. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux

. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler

. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue

. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque

. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres

. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire

. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement

. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres

. ....

 

Co-voiturage de Moëlan s/Mer, Concarneau, Quimper, pays bigouden, Fouesnant, Pleuven,....

Détails-inscriptions :  02 98 87 46 59 ou mèl EPHATA

 

 

"Vivre, c'est répondre à l'appel de ses désirs authentiques."

Simone PACOT

lundi 8 février 2021

 Lettre février 2021 - 109eme -

Bonjour, Bonsoir


"Ce n'est que dans l'abandon à la profondeur infinie du silence 
que peut se révéler à nous la source de notre esprit, 
où disparaissent la multiplicité et la division." 
John Main  


   Proposition vaccinale, relevée dans mon quotidien : "Mettez le vaccin dans la bière et rouvrez les bars. Dans une semaine, nous serons tous vaccinés !". A méditer par nos dirigeants.... 
   Sans humour, mes amis, impossible de traverser une crise, qu'elle quelle soit. Comme moi, vous en êtes conscients, la crise sanitaire devient économique, sociale et politique. Nous assistons à une déferlante de malaises plus ou moins exprimés. On ne guérit pas du burn-out avec seulement des médicaments. On en sortira que par la coopération : aidons-nous les uns les autres. On ne peut appliquer les solutions que tous ensemble, l'individualisme est mortifère. La sérénité consiste aussi à affronter les difficultés : crises sanitaire, économique, écologique : y'a du boulot. Méditer certes mais agir surtout, nom d'un pangolin !
   Pourquoi cette envie de refaire le monde au moment où il s'éteint ?

   2021 : comment retrouver l'essentiel ? Entre philosophie, sciences humaines et trésors de la spiritualité. Le "monde d'après" est déjà là. C'est une question de choix "essentiels" que nous devons faire. N'attendez rien de nos chers dirigeants, grandes gueules ou oiseaux de bon augure. C'est vous qui avez la clé, les clés du "monde d'après". Nous ne reviendrons jamais au "monde d'avant". J'espère que vous l'avez compris.
   "Estimer nos "vrais" besoins, chasser nos illusions pour ne pas nous épuiser et ne pas céder aux névroses actuelles et au "tout à l'ego"; identifier notre don pour retrouver de l'énergie créatrice et sentir que notre vie est utile; désencombrer notre vie pour nous dépolluer de l'intérieur pour ouvrir de nouveaux horizons; cultiver notre attention pour aller vers ce qui est important et source de force pour nous-même; méditer pour apprendre à laisser monter et renforcer notre paix intérieure, pour nous sentir à notre place." (La Croix Hebdo janvier)

   Retrouver du souffle... alors même que la Covid est une maladie de la respiration ! Je sais de quoi je parle : j'ai eu une enfance asthmatique (grâce à laquelle j'ai rencontré le Yoga), j'ai contracté le corona début novembre, je suis ciblé comme "personne vulnérable". Bref, mon temps est compté (comme le vôtre !). Vous l'avez compris : "le monde d'avant" était à bout de souffle. Dame Nature a freiné nos délires humains en nous envoyant un "calmant" ! C'est à chacun de nous à présent de redonner un nouveau souffle à ce monde, à notre quotidien, à nos choix de vie.
   "A force de sacrifier l'essentiel à l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel." nous redit Edgar Morin, l'un de nos derniers Sages français. "Il n'y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve, ou on l'accomplit." nous invite le poète René Char. "Ne suis pas le chemin des autres, va au contraire là où il n'y a pas de chemin et laisse une piste." nous a dit Gandhi.

   Question importante pour chacun.e d'entre nous : êtes-vous dans le ressentiment ? Si oui, lisez le dernier livre de Cynthia Fleury (et faîtes-vous aidé) sur cette question très actuelle. "La philosophe et historienne Hannah Arendt, voici 70 ans, avait identifié quatre causes à l'émergence des totalitarismes, qu'ils soient rouges ou bruns : la loyauté à un chef plutôt qu'à l'expertise, l'envie de croire la propagande, la montée des pulsions transgressives et l'atomisation de la société.
   N'y serions-nous pas un peu ? !.... Les démagogues, les populistes ou les dictateurs, même minoritaires à l'instant, sont plus assurés que jamais que la démocratie reste la voie royale pour s'emparer du pouvoir. Plutôt que de nous amuser ou de nous indigner des monstres politiques qui font l'actualité, nous ferions bien de réfléchir, chacun et collectivement, à ce cancer du ressentiment qui peut mener droit au suicide démocratique." (Michel Urvoy, Ouest-France 14/01/2021). 
   Me suis-je fait bien comprendre ?

   Je vous en ai déjà parlé, mais j'insiste vu les temps qui courent, afin que vous remplissiez vos directives anticipées (sur le Net), des fois qu'un truc nous tombe sur le coin du nez et que nous ne puissions plus gérer. Quelques pages à remplir avec lucidité, responsabilité, comme de vrais adultes, pour ne pas laisser d'autres décider à notre place face au bien mourir. Je suis né "à la maison", j'aimerais bien "m'envoler" de la maison... ou lors d'un concert, d'une rando contemplative, d'une fête, ou en faisant l'amour ! L'année dernière, est décédée la compagne d'un ami, qui, victime d'un cancer, a refusé tout traitement. Elle nous a quittés à 62 ans, elle était infirmière. C'est son choix, assumé en pleine conscience. Sa fin de vie, entourée des siens, fut une vraie célébration. A méditer....

   En attendant, continuons à faire la fête, à rire, à bien vivre, à partager, à nous chouchouter, à déconner. Ne plus tout prendre au sérieux, surtout les humains qui nous prennent la tête. Stop à ceux qui nous ennuient, aux morales qui nous polluent, aux théories qui nous enfument. Entrer à 100% avec le Réel à travers nos cinq sens, qui eux sont bien concrets. Le goût des autres, l'odeur des saisons, l'ouïe spirituelle, le toucher sensitif, la vue pénétrante, nous mettent directement en contact avec le vrai de la Vie, sans tromperie, sans illusion. Le reste n'est que croyances qui trop souvent nous bercent d'illusions (et nous font perdre beaucoup d'argent !). 
   Je crois que l'adelphité peut devenir réalité. Adelphité, késaco ?! Un mot que je viens de découvrir. Ce sont la sororité et la fraternité réunies dans un même mot pour désigner des relations harmonieuses entre les femmes et les hommes. On sait jamais, ça peut arriver... en 2021.
  

"N'oubliez pas l'hospitalité, car c'est grâce à elle que certains, 
sans le savoir, ont hébergé des anges."
Saint Paul  


Enlivrez-vous
"L'immensité des liens" Colette Wittorski (93 ans, vit à Landeleau-29, la maturité pure...)
"Économie utile pour temps difficile" Esther Duflo (une pointure à ne pas manquer...)
"Abondance et liberté. Une histoire environnementale des idées politiques" Pierre Charbonnier (réancre la question écologique dans le politique)
"Lettre d'amour sans le dire" Amanda Sthers (réveil amoureux...)
"Et si... ? Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons" Rob Hopkins
"L'immensité des liens" Colette Wittorski (90 ans, vit en Centre-Finistère, diplômée en philo, elle a été animatrice, psychothérapeute, formatrice. Recueil de poésie extrêmement touchant...)
A l'occasion de la sortie de son livre "Les chemins du sacré", Frédéric Lenoir s'est prêté à un entretien :  interview.  

Sites
https://fr.wkup.org/ (communauté mondiale de jeunes 18-35 ans pour une société saine et compatissante)
paturesoubliees.bzh (en 29 sud à soutenir)
miniature-calendar.com (commencez bien l'année...)
graindesail.com (en Finistère, consommer "transatlantique" en respectant l'océan)

Musiques
"Vel ma vin" Brieg Guerveno (breton d'ici, folk ambiant style Sigur Ros groupe islandais)
"No Fire in the Sand" Janine Cathrein/Black Sea Dahu (suissesse au timbre grave, indie folk sensuelle et délicate)
"Schubert. The Symphonies" Chamber Orchestra of Europe/Nikolaus Harnoncourt (superbe intégrale entre délices et tumultes)



"La vie est la plus difficile des tâches, 
et l'amour de la vie le plus difficile des amours, 
mais aussi le plus gratifiant."
 
Clément Rosset, divin philosophe du réel 
(cette idée de gratification est essentielle. C'est ce qu'attend la jeunesse, c'est ce que nous attendons tous....)
  




   "Le chrétien pieux de demain sera un "mystique", c'est-à-dire quelqu'un qui a expérimenté quelque chose, ou il ne sera plus." écrivait Karl Rahner en 1966. Idem si vous êtes bouddhiste, soufie, chaman, hindouiste, laïc spirituel ou taoïste, ou bien encore électron mystique libre ! Plus que jamais il nous est demandé de se laisser toucher par la grâce au point d'éprouver le doute, la solitude et la crainte, passage obligé vers la félicité et l'amour que nous a promis le grand maître de Nazareth, l'homme nommé JC (mais non, pas Jacques Chirac... ni Johnny Cash !). Urgence de développer une théologie mystique, cette "montée au fond du cœur", titre d'un livre d'Henri Le Saux (Swami Abhishiktananda, moine breton). Ressaisir la dimension mystique de l'énergie divine qui, du fond de l'être, concourt à notre déification. Notre pratique du Yoga y conduit.

   A 20 ans, j'ai séjourné plusieurs fois près d'un instructeur spirituel, branché sur la Mère Divine et qui méditait en posture de Yoga, perché sur le rocher de Roquebrune, dans le Var, qui a vécu 50 ans dans sa grotte 4 étoiles, et reçu des milliers de personnes. Il a aujourd'hui presque 100 ans, et réside dans l'Ehpad du coin. Vous pouvez retrouver la sagesse de Frère Antoine dans ses livres ou sur le Net. Le fréquenter quelques années a été déterminant pour mon avenir. Merci frère.
   Un autre lieu qui fût formateur - et guérisseur - pour mon être en devenir. J'ai vécu dans ce village new-age quatre années bénies. Ma première fille y est née à domicile. Nous avons créé une école Steiner, renouvelé le conseil municipal, et bien plus encore. Dans ce lieu dans lequel j'ai vécu quatre années délicieuses, j'étais berger puis boulanger bio. C'est l'un des premiers éco-villages de France : Eourres  

   Le mois dernier, je vous ai dit que je ne travaillais plus, que j'étais dans une forme de pré-retraite, donc disponible à la rencontre. Depuis, j'ai été invité localement plusieurs fois chez l'un ou l'autre, pour partager un peu de notre vie intérieure, méditer en silence, nous balader en contemplant l'océan breton majestueux. Nous rions beaucoup, et parfois nous pleurons ensemble. La vie quoi.... Je suis invité aussi en Belgique, dans le Gard, les Pyrénées, la Drôme : vous êtes "trop" gentils ! Estimons-nous les uns les autres, chacun.e est tellement riche.... Le Covid a ceci de positif qu'il rend les humains plus humains (ça dépend pour qui...).


   Il faut, demain, réinventer la fête au coin de la rue, dans son quartier, il y va de notre santé mentale !
   On a besoin de réenchanter l'avenir... c'est une urgence... c'est es-sen-tiel !
   Certains consultent des "voyants", je vous conseille plutôt la clairvoyance !
   "Chaque fois que je m'adresse à la solitude et au silence, je deviens plus humain." (Frédéric Boyer)

   Comme moi, fin janvier, vous étiez peut-être en deuil : Jean-Pierre Bacri nous a quitté... trop jeune.
   De ce pas, je m'en vais pétrir notre "pain maison" hebdo.
   "On va tous mûrir" : mantra toujours actuel....
   2021 : entrons dans la danse, il est temps de réécouter nos corps malmenés.
   Vos courriels, ci-dessous, sont hyper riches en ce premier mois de l'année. Merci !
   Vous lirez en pièce jointe que notre groupe de parole fonctionne toujours (you are welcome !), ainsi que mes accompagnements individuels sur Quimper ou à domicile, sans oublier la méditation en pleine nature (dans le bois à côté de chez moi) !
   Bises hivernales,
   Jacques

PS : vous êtes environ 1140 "belles" personnes à recevoir mes Lettres (sur 1656 contacts). Un réseau humain et convivial inestimable. Je vous en remercie encore. Je me permets donc de vous solliciter. 
   Je suis en quête d'un "ermitage", un cabanon autonome, simple, dans un cadre de nature, loin de l'agitation humaine et du bruit, afin d'y résider quelque temps entre le printemps et l'automne de cette année, pour écrire mes "mémoires". 
   A 33 ans, j'ai écrit sur mes 30 premières années de vie : cela m'a pris 9 mois (le temps d'une grossesse !). 
   A présent je veux (ac)coucher les 30 suivantes. 
   J'étudierais toutes propositions, et conditions. 
   D'avance merci.

mardi 26 janvier 2021

 

Dimanche 31 janvier 2021

Groupe de parole-partage (9eme année, ouvert à tout individu)

 

" L'importance, le pouvoir des mots. Quelle importance je donne à mes paroles ? Comment j'exprime ma pensée (la place des mots) ? "

 

Lieu : chez Jean-Marie à Loctudy

13h30  - 17h00 + goûter

 

 

Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.

Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.

Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.

Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e

Coût : adhésion annuelle à l'association 10€

Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

 

 

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :

. Tu écouteras ton prochain comme toi-même

. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux

. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler

. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue

. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque

. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres

. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire

. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement

. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres

. ....

 

Co-voiturage de Moëlan s/Mer, Concarneau, Quimper, pays bigouden, Fouesnant, Pleuven, Rostrenen,....

Détails-inscriptions :  02 98 87 46 59 ou mèl EPHATA

 

 

"Vivre, c'est répondre à l'appel de ses désirs authentiques."

Simone PACOT

 Lettre janvier 2021 - 108eme -

Bonsoir, Bonjour


"Pour vivre ensemble, il faut une brassée d'amour
et une pincée d'humour."
Cardinal Roger Etchegaray



   Du danger des groupes pour l'être en devenir, notre individuation, chère à C.G. Jung. Je viens de prendre de la distance par rapport à une "communauté internationale de méditation", avec laquelle je chemine depuis plusieurs années. Ce n'est pas la première fois que je prends un recul salutaire par rapport à des groupes, des voies dites spirituelles, des maîtres à penser. Simone Weil nous a pourtant prévenu dans ses écrits : tout groupe est porteur d'"étouffement" pour l'être en quête de sens que nous sommes ! 

   Quelle que soit la nature du groupe : familial, politique, syndical, socio-professionnel, associatif, etc. Devenir soi est un chemin solitaire (et solidaire). En gros, tout ce qui nous enferme dans une pensée, des croyances, une morale, un système, portés par un groupe, est un handicap à un moment ou un autre de notre développement, de notre liberté.
   Se construire avec/par les autres, soit. Mais se fixer dans une pensée unique, gare.... Projeter sur ou attendre de, voire vénérer un directeur de conscience, un instructeur, un maître ou autre "thérapeute" n'est pas sain(t) en soi. L'esprit souffle où il veut. Il est libre, multiple.
 
   Chacun de nous est singulier, unique. "Chacun sa route, chacun son chemin", comme dit la chanson. Les groupes, c'est bien pour le "bain collectif" certes, mais dès que ça sent le pouvoir, la norme, la bien-pensance, le leader, la normose, alors là nous devons prendre nos jambes à notre cou et fuir ! L'air est plus pur quand on est ermite, nomade, précaire joyeux, clochard céleste, serviteur de l'inquiétude, rebelle. Libre quoi. Il faut se méfier de ce qui est satisfaisant pour le mental. A l'aube de mes 63 ans, je vous redis "libérez-vous ! "Je marche seul" nous avertit JJ Goldman, ou autrement dit par F. Pagny : "Vous n'aurez pas ma liberté de penser !"

   Cadeaux du Père Noël pour moi cette année : fin du travail obligatoire ! Fini les 8h00- 12h00/13h30-17h30. Fini les petits chefs, les petites cheffes. Fini de supporter les insupportables. Je suis dans le monde du travail depuis l'âge de 16 ans. En tout, j'ai dû travailler dans une bonne dizaine de secteurs, accompli autant de formations, acquis autant de diplômes. Éternellement en cdd, comme notre vie ici-bas. Mes métiers préférés : berger, boulanger bio, restauration, prof de yoga-sophrologue, formateur d'adultes en développement personnel, accompagnement individuel, crêpier, auxiliaire de vie scolaire avec les jeunes enfants. A un moment j'aurais pu être gourou mais ma petite voix intérieure m'a dit "non". Question de lucidité, de clairvoyance.

   Je deviens donc hyper dispo pour passer du temps en votre compagnie ! Où que vous habitiez !! Suffit de prévoir, j'arrive en train si c'est loin et roule ma poule ! Cela peut aller d'une balade-thé locale au séjour ailleurs en francophonie, puisque des belges, suisses, québécois, marocains, reçoivent ma Lettre mensuelle. Il y a du lien partout, des miroirs surtout. Restons local pour l'instant : allez vous voir et partager quelque part en France, c'est un bon début.
   A bon entendeur.... 

   Effets collatéraux de la "guerre" sanitaire : je croise plein de gens, connus ou pas de moi, qui sont devenus "bizarres". Un peu parano, un peu complot, un peu mégalo, un peu schizo, un peu pâlot... Adoptons les bonnes pensées barrières : "Un, trouvez le rituel qui vous fait du bien, deux, laissez votre esprit vagabonder au moins dix minutes par jour, puis usez sans modération du gérondif (participe présent) protecteur, renforcez votre côté aventurier, enfin apprenez à augmenter votre tolérance à l'incertitude". Conseils du Pr Michel Lejoyeux, encore un qui porte bien son nom !

"La plupart des gens n'ont plus de regard, seulement des yeux."
Gilles Farcet  


Des livres et vous
"La société d'exposition. Désir et désobéissance à l'ère numérique" Bernard Harcourt (démontre comment la collecte de données en ligne s'adosse à notre désir d'être vu, aimé et suivi sur le net. Appel à une forme de résistance numérique !)
"Mar Moussa. Un monastère, un homme, un désert" Guyonne de Montjou (l'histoire d'un jeune gauchiste des années 70 qui rencontre la grâce, ou l'éveil si vous préférez)
"De la vraie vie" François Jullien (une invitation à entrer en dissidence avec les arrangements du quotidien, les injonctions sociales ou les diktats de la modernité)
"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond. Une vie de John Muir" Alexis Jenni
"La peau fragile du monde" Jean-Luc Nancy

Sites
www.parlement-et-citoyens.fr (prenez la parole)
numeridanse.tv (les galaxies du mouvement, vidéos gratuites, trésors du monde de la danse)
wwwetragir.com (en 29sud)
http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b25.php  (pour ouvrir sur le monde d'après...) 

Musiques pour adoucir....
"9 songs about love" J.E. Sunde (tout sonne juste...)
"Dreaming" Michael Rother (légèreté, romantisme et réconfort)
Tous les albums de SADE, la grâce incarnée...
"Seemone" Seemone (le plus bel album d'amour de 2020. Le genre de timbre qui enflamme l'âme quand les mots sont beaux)


"Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci."
Paul Eluard


   "Tout l'enjeu de la vie spirituelle consiste à passer de notre personnalité de surface à cet être profond que certains nomment "l'homme caché du cœur", "l'homme intérieur", le "temple caché", le sommet de l'âme, la cime de l'esprit, etc.
   L'avènement de cet être profond, peut survenir lors d'un "basculement" ou d'un "dérapage" vers l'intériorité, d'un "affleurement lent et patient, à peine perceptible, une sorte d'imprégnation à partir de l'intérieur", ou encore du "descellement d'une source qui fait jaillir en nous une eau fraîche et vive".
   Événements toujours imprévisibles, incontrôlables, liés aux visites en nous de la grâce, telle une semence, un infime filet d'eau." Le grand André LOUF dit tout. Un grand monsieur.
  
   Sexagénaire je suis depuis trois ans, et j'allais vous demander si pour vous aussi, depuis votre soixantaine, votre libido s'était amplifiée ?!.... En effet, nous retrouvons dans sexagénaire le doux mot "sexe", et je dois vous confier que de mon côté, depuis le virage amorcé des 60 ans, ma libido ne s'est point amoindrie, loin s'en faut.... Incroyable mais vrai ! Normal mon capitaine, c'est la maturité érotique de l'âge qui veut "ça", et c'est, selon ma foi christique, réjouissant. Votre témoignage m'est précieux.... Merci

   Etes-vous "honjok" ? On peut être seul et heureux, affirment les sud-Coréens. Cinq millions et demi de français vivent la" si moderne solitude" comme le chante Souchon. Dont plus de 60% de jeunes. On peut être seul et heureux parce que le fait de vivre bien sa solitude nous libère de l'approbation sociale. Et paf ! Ensuite, c'est parce que l'on a découvert que la meilleure des compagnes, c'est dame Nature. Repaf ! Lisez "Honjok, le secret des Coréens pour vivre heureux dans la solitude" qui vient de sortir. Ultra moderne solitude....  

   Je nous souhaite une année "doucement subversive"..., clairvoyante, méditante active, et réactive quand il le faut !
   Apprécions-nous les uns les autres, avec ou sans masque, vêtus ou dénudés....
   L'humour, une thérapie face à l'absurdité du monde.
   "Meilleure Année" pour toi,
   Jacques