samedi 3 juillet 2021

 Lettre juin - 112eme -

Bonjour, Bonsoir


"La vie engendre la vie, il n'y aura pas de fin."
François Cheng


   "Et si nos insomnies étaient des prières qui s'ignorent ? Si Balzac disait qu'une nuit d'amour, c'est un livre perdu, je dirais qu'une nuit d'insomnie est un livre, sinon gagné, du moins mûri. Mûri en silence. L'insomnie est comme une prière. On veille sur la maison qui dort. On veille les morts qu'on n'a pas su pleurer. On contemple ces fenêtres lointaines, allumées elles aussi, parce qu'on n'est jamais seuls à se sentir si seuls. La confrérie des insomniaques garde un œil ouvert. Telle une Communion des Saints, version laïque. Les heures qu'on égrène font d'invisibles chapelets. Comme si cette impossibilité de dormir cachait un rendez-vous. Il s'en passe des choses à trois heures du matin, les mains jointes au-dessus d'un café. Cette pensée que nos insomnies sont des prières qui s'ignorent me donne parfois assez de paix pour me détendre. Le sommeil, peu à peu, revient. Mais l'heure a tourné. J'entends le chant des premiers oiseaux. La journée promet d'être longue. Mais elle nous a, dans ce temps volé au jour, promis bien d'autres choses encore." Martin Steffens, philosophe délicieux, dans Marcher la nuit.Textes de patience et de résistance.

   "La diplomatie du yogi et du câlin" vue sur Arte en mars. A l'international, il utilise sa rivalité avec la Chine pour se rapprocher de l'Occident, et le yoga comme une arme de "soft power". Mais à New Delhi, le Premier ministre ultranationaliste Narendra Modi façonne un état autoritaire qui persécute les minorités. Ce monsieur populiste, à la mécanique implacable et dangereuse, se met en scène en tant que yogi lors de la Journée internationale du yoga. Sur le plan intérieur, son masque tombe. Il met en œuvre une politique radicale, attisant la haine interreligieuse. Derrière la diplomatie du yogi et du câlin, il y a des victimes. Encore un cinglé, arrivé au pouvoir au pays de Gandhi ! Il s'est donné pour mission d'assurer le retour à une pureté originelle.
   Moralité : pratiquer le yoga ne rend pas forcément humain.... Depuis 43 ans, j'ai croisé des formateurs et/ou des profs de yoga qui étaient de doux dangereux cinglés ! Lucidité, lucidité, clairvoyance mes amis.... Le saint ce n'est pas celui qui est parfait, c'est celui qui se relève !

   Dans ma Lettre d'avril, je vous ai parlé de mon vécu douloureux avec et dans l'Education nationale. Un autre témoignage. Aux dires de ses professeurs, Thomas Sammut n'aurait jamais dû briller... "Bon à rien, nul en tout", il était ce qu'on appelle communément un cancre à l'école. Non pas qu'il était plus stupide qu'un autre, mais il ne percevait ni sens ni plaisir à se trouver dans une salle de classe (comme bibi). Cet endroit où des "enfants sont enfermés dans des schémas de pensée les empêchant d'accéder à leur vrai potentiel", comme il l'écrit dans son livre Un cancre dans les étoiles. Sans diplôme en poche, il devient entraîneur de natation. Et observe que les performances de ses nageurs, les jours de compétition, ne reflètent pas leur véritable niveau. Comment l'expliquer ?
   En échangeant avec eux, il finit par comprendre que leurs performances dépendent de leur bien-être, et du fait de se sentir libérés du regard des autres pour certains, de leurs croyances limitantes pour d'autres. Des pressions et des limites depuis trop longtemps ancrées en eux : "80% des pensées limitantes remontent à l'enfance et la période scolaire. Elles nous empêchent d'exprimer notre véritable potentiel et donc d'être heureux. Plus on grandit à l'école, et plus notre sourire, notre insouciance et notre soif d'apprendre disparaissent. On nous demande de travailler dur pour obtenir des résultats qui nous rendront, peut-être, heureux. C'est aberrant. Il faut partir du principe que c'est en étant heureux que l'on travaille mieux et qu'on obtient naturellement des résultats". Thomas Sammut devient alors coach pour sportifs de haut niveau et en entreprises. "Quand on travaille sur la joie de vivre et le bonheur, on peut amener un athlète très loin dans les performances. En France, dès qu'on sort du moule, on est marginal, et on ne peut être cité pour exemple". À méditer....

   Crise sanitaire : que deviendront nos peurs ? Porter attention à ce qui se produit à bas bruit et aux résurgences de nos émotions. Comment regardez-vous cet événement dont la "fin" semble se dérober sans cesse ? "Un étirement du temps qui rend très incertaine la question de l'après. Depuis le premier confinement, nos repères temporels sont brouillés, du fait même du virus. Le covid, on peut l'avoir à nouveau, on peut aussi développer un covid long. Ce n'est pas un événement clos mais quelque chose qui nous traverse et nous transforme. Effets de cette expérience sur notre vie intime et sociale ? Je sais aujourd'hui ce qui me manque : les rencontres, les voyages, l'imprévu... Je sais que seul je m'appauvris. Cette crise qui aiguise les inégalités rend visible la question du partage, accroît la soif de justice. Les émotions qui se succèdent en nous depuis un an prendront-elles un chemin souterrain ? Que deviennent nos peurs quand elles ont été fortement ressenties et tues ? Nos hontes, nos colères ? Nos émotions passées ? Les émotions contenues finiront par s'exprimer ailleurs. Ce qui est enfoui profondément finit toujours par trouver son point de résurgence, de manière déplacée, imprévue, voire déplaisante. Il faut nous inquiéter des non-dits, des haines recuites, se demander où celles-ci vont se déplacer, et qui en seront les victimes. Tout reviendra, mais dans un ordre qui nous surprendra. Saurons-nous rester vigilants, ne pas céder à cette fatigue parfois si écrasante ?" nous avertit Patrick Boucheron, historien - professeur au Collège de France.

   L'obligation fraternelle à se faire vacciner. Cela vous dit quelque chose ? "La situation sanitaire actuelle est un de ces moments où toutes les composantes de la fraternité doivent agir. Se faire vacciner devient alors un geste social et fraternel pour soi-même et les autres : l'autre est un autre soi-même. Nous ne sommes jamais des individus isolés, mais une famille d'êtres humains vivant dans la même maison, sous un même toit bleu, avec des murs fragiles reposant sur un sol commun : nous avons tous une obligation fraternelle à se faire vacciner contre le Covid-19." nous confie Jean-Michel Debarre. Liberté... Egalité... Frater.... A méditer !

   Beaucoup de français, comme moi, sont pourtant encore méfiants à l'égard des vaccins. Parce qu'on l'impose, parce que l'efficacité de certains n'est pas toujours optimale, ou parce que des complications apparaissent parfois. La vaccination, en protégeant notre santé, rompt les chaînes de contamination et protège nos proches. Nous nous protégeons mutuellement. Acte civique ?.... Engagant notre responsabilité, en faveur de notre santé, et exprimant notre solidarité avec les plus fragiles. Une fois dit ça, vous êtes "libres" ! "Je ne pense covid qui nous sépare".... Par pitié, relativisons nos petits malheurs d'enfants gâtés.

   Une société bruyante empêche de penser. Nom de zeus ! "Une société trop bruyante sature nos sens, empêche de nous faire réfléchir à nous-même et à nous confronter à l'altérité du monde. Au contraire, la parole, qui est au cœur de toutes les interactions sociales, a besoin de silence pour être audible : le silence est la respiration de la conversation. Sans lui, la parole a de moins en moins de sens. Il faut redécouvrir la valeur du silence." nous invite David Le Breton.
   C'est ce que nous vivons en faisant notre Yoga. Minimum de paroles pour laisser l'individu se diriger vers son intériorité. Silence intérieur pour arriver au silence extérieur, non dualité, union intérieure-extérieure. Apprivoiser le silence, par étapes, vers une libération sensitive, à fleur de peau : pas sans risques. Puis manger en silence parfois, ou en lisant, cuisiner en silence, marcher en silence, faire l'amour en "silence".... Méditer en silence 20mn deux fois par jour change notre vie. Vous confirmez ?

   Ultra-riches. Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a demandé, le 05 mai, la mise en place d'une taxe exceptionnelle sur les ultra-riches pour financer "un vaste plan de mobilisation à l'égard de la jeunesse". "Entre 2009 et 2020, il y a eu plus 400% d'augmentation (de revenus) pour les ultra-riches. Qu'on ait pendant deux ans un plan exceptionnel, je trouve que ce n'est pas du tout choquant", a-t-il affirmé. Je suis d'accord avec lui . Et vous ?


"Si tu n'arrives pas à penser, marche. 
Si tu penses trop, marche. 
Si tu penses mal, marche."
Jean Giono



Des livres et vous
"L'aventure du corps" Fabienne Martin-Juchat (synthèse de 30 ans de recherches en communication non verbale et en anthropologie du corps et des émotions ! Lire aussi "L'industrialisation des émotions")
"L'éco-anxiété - Vivre sereinement dans un monde abîmé" Alice Desbiolles, médecin de santé publique, épidémiologiste
"Comment pensent les forêts" Eduardo Kohn
"Pour la vie" Nicole Laurent-Catrice (poétesse Rennaise, 83 ans, une vingtaine de recueils : son regard pétille de vie !)
"L'Ecrit de l'éternité d'or" Jack Kerouac (fulgurances poético-mystiques, par l'auteur du splendide Sur la Route)

Sites
egorafi.fr (site parodique face à la pandémie)
itirando.bzh (GR34 top beauté !)
www.asso-mamama.fr (bénévoles demandés les 18/19 juin partout en France...)
www.lespetitsmatins.fr (une collection pour penser le monde - meilleur - de demain)
www.universite-du-nous.org (gouvernance partagée, intelligence collective)

Musiques
"Acquainted With Night" Lael Neale (intimiste et intensément habité, une voix directe et sans fard)
www.delphine-amice.com (elle danse des mouvements venus d'ailleurs...)
"Un autre monde" Naïssam Jalal/Orchestre symphonique de Bretagne (géniale flûtiste Victoire du Jazz 2019, inclassable double album)
"Muses" Karen Lano (chant terrien et planant)
"Le Témoin" Effdé (marie merveilleusement chanson et indie folk à l'américaine, arpèges de guitares vertigineux, notes suspendues au piano et un chant élégant et doux. Disque autoproduit)
"Tone poem" Charles lloyd and the marvels (enivrant, onirique et printanier. C'est le son des poètes !)


"Une vraie communauté est le produit d'une loi intérieure, 
et la plus profonde, la plus simple, la plus parfaite
 et la première des lois est celle de l'amour."
Robert Musil, L'homme sans qualités


   "Rien n'est plus défatigant qu'une joie, rien n'est plus fatigant qu'une angoisse. L'être humain ne fait pas que vivre mais exerce le dur métier d'exister : il doit inventer les chemins de sa vie. L'humanité est une tâche autant qu'un don, et ce devoir d'inventer, cette tâche, l'expose "ontologiquement" à la fatigue. Plus exaltante, mais aussi plus difficile, qu'un hier stable, est la vie dans une époque complexe, incertaine, ondoyante, et liquide. Le post-moderne est sommer de s'adapter, de manière permanente, à un monde impermanent.
   Nous sommes comme des caméléons sur un kaléidoscope que menace le burn-out et qui, quand tout s'accélère, sentent un point de côté de l'âme. Sentiment de ne plus pouvoir suivre alors même qu'on s'y efforce. On dort de moins en moins... S'endormir c'est descendre dans une étrange sphère d'oubli, descente indispensable à la reconstitution de la "nappe phréatique de soi".
   Le confinement a changé nos corps. L'ennui n'est pas plus facile à vivre que le burn-out. Et surtout rien ne remplace la grâce et l'appel de l'autre qui ne remplace pas sa présence. Le pain appelle le copain. La joie, n'est-ce pas l'ouverture, la dilatation du cœur et de l'esprit ? Oui, rien de plus défatigant qu'une joie." Eric Fiat, philosophe, éthique médicale, dans Le Monde 31/12/2020

   "Un monde dans lequel des femmes et des hommes manqueraient de désir ou d'énergie est un monde impensable, voire invivable - car la vie a besoin d'un foyer irradiant auquel s'alimenter. Les âmes fortes sont d'utilité publique parce qu'elles savent communiquer aux âmes faibles un peu de ce feu qui leur manque. Les "faibles" s'accommodent très bien de la défaillance des autres, au moins dans un premier temps, parce qu'elle les conforte dans leur existence végétative. Ils ne savent pas à quel point leur simple fonctionnement est tributaire de la beauté exubérante et de la force inépuisable de ceux qui ont choisi de plonger dans le tourbillon de la vie." Je sais plus qui a dit ça, mais c'est pas mal !

   A méditer : en France, près de 100 000 personnes sont internées, chaque année, sous contrainte. Le fils de l'écrivain Régis Jauffret raconte le quotidien absurde de ces journées passées à ne rien faire, abandonné de tous (où sont les amis quand ça vous arrive ?), miné par la peur de ne pas sortir. Lisez Le Fumoir de Marius Jauffret : vol au-dessus d'un nid de coucous !
   Toujours en France, en 2021, 1 personne sur 6 vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 900€ net par mois. Alors que les Français, en 2020, ont épargné 100 milliards. Cherchez l'erreur.... "100 milliards, c'est également le montant du plan de relance du gouvernement français. Seulement 800 millions, soit 0,8%, sont consacrés aux plus démunis. Les couches aisées ont épargné durant la crise, les plus en difficultés se sont endettés. Une des solutions promues par les économistes est de faire porter la responsabilité sur les plus riches. D'août à novembre 2020, les milliardaires de la planète se sont enrichis de 2 700 milliards de dollars. Leur dire qu'ils vont mettre la main au portefeuille, c'est une mesure de justice sociale. Plusieurs crises ont amené à taxer davantage les plus aisés. Ils vivent d'une économie financiarisée qui se porte bien et dont on a en plus réduit la taxation : c'est absurde." nous dit l'historienne Axelle Brodiez-Dolino dans Télérama du 14/04.

   Peut-on soigner le capitalisme ? Ce qui est irréaliste et dangereux, c'est de penser que l'humanité va pouvoir continuer à vivre dans un tel système, totalement destructeur et insoutenable. Il existe des alternatives simples, crédibles et immédiatement réalisables pour remettre la finance à sa juste place. Il faut accepter avec sérénité la nécessité d'une révolution.... You see what i mean ?

   Vous avez lu dans mes Lettres depuis janvier que je cherchais une forme d'ermitage pour écrire 2/3 semaines peu importe la saison. Merci pour vos réponses. Ainsi, grâce à vous, je peux m'isoler en 29, 56, 74, 83, 30, 20, 04, mais aussi en Belgique ! Ma porte reste ouverte.... Merci braz pour votre complicité. Et si l'un d'entre vous est partant, je caresse le projet de sillonner le Mont-Athos dès que possible. Contactez-moi pour l'organisation, merci.

Belle "libération" en vous et autour de vous : embrassons-nous, nom d'un pangolin ! 
"L'étreinte est le plus haut langage du corps et de l'âme." nous rappelle Jacques de Bourbon Busset.
On est sortis du confinement mais pas de l'auberge !....
Prendre soin de ceux qui nous entourent, de ce qui nous entoure.
"Moins de biens, plus de liens !" : mantra actuel.
On va tous mûrir, je vous dis depuis un an, et je le constate.
En tant qu'impulsif réfléchi, je vous salue.  
Bises (je peux, je suis vacciné total !),
Jacques


PS : vous êtes environ 1140 "belles" personnes à recevoir mes Lettres (sur 1656 contacts). Un réseau humain et convivial inestimable. Je vous en remercie encore. Je me permets donc de vous solliciter. 
   Je suis en quête d'un "ermitage", un cabanon autonome, simple, dans un cadre de nature, loin de l'agitation humaine et du bruit, afin d'y résider quelque temps entre le printemps et l'automne de cette année, pour écrire mes "mémoires". 
   A 33 ans, j'ai écrit sur mes 30 premières années de vie : cela m'a pris 9 mois (le temps d'une grossesse !). 
   A présent je veux (ac)coucher les 30 suivantes. 
   J'étudierais toutes propositions, et conditions. 
   D'avance merci.

mercredi 2 juin 2021

 

Dimanche 13 juin 2021

Groupe de parole-partage (9eme année, ouvert à tout individu)

 

" Mes désirs essentiels. Comment je discerne ceux qui me libèrent

de ceux qui m'attachent ? "

 

Lieu : chez Joseph, Moëlan s/Mer

11h00  - 17h00 + goûter

 

 

Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.

Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.

Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.

Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e

Coût : adhésion annuelle à l'association 10€

Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

 

 

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :

. Tu écouteras ton prochain comme toi-même

. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux

. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler

. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue

. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque

. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres

. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire

. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement

. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres

. ....

 

Co-voiturage de Moëlan s/Mer, Concarneau, Quimper, pays bigouden, Rostrenen,....

Détails-inscriptions :  06 78 00 15 33 ou mèl EPHATA

 

 

"Vivre, c'est répondre à l'appel de ses désirs authentiques."

Simone PACOT

vendredi 14 mai 2021

 Lettre mai 2021 - 111eme -

Bonsoir, bonjour


"L'homme est né spirituel. 
Et ce que l'on appelle la vie spirituelle est un chemin 
de maturation au cours duquel cet homme spirituel 
est invité à devenir un être humain."
Willigis JÄGER, moine bénédictin allemand


   Rire en temps de crise. Un peu d'humour glané dans les médias : "Pour sortir faire les courses, on m'avait dit qu'un masque et des gants suffisent. Mensonge ! Les autres étaient habillés !", " Un mec qui bouffe un pangolin à Wuhan peut provoquer une pénurie de pâtes et de PQ au supermarché de Melun.", "Le succès du déconfinement dépend de notre intelligence collective. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit qu'on va tous mourir.", "En un an, j'ai absorbé plus d'alcool par les mains que par la bouche.", "Vous avez prévu quoi le 16 mars pour fêter l'anniversaire du confinement ?". Rire en temps de crise, puissant moteur pour avancer quand ça va mal = carburant essentiel, nom d'un pangolin !

   Et si on se transformait en terreau après notre mort ? C'est le souhait des partisans de l'humusation (et le mien). Un rite funéraire qui se veut plus écolo que l'inhumation et la crémation. Tôt ou tard, brutalement ou pas, la petite lumière (notre âme) qui brille au fond de nos yeux s'éteindra. D'où l'idée (fumeuse !) de Sandra Rolland, une Costarmoricaine, qui souhaite créer son entreprise de pompes funèbres et proposer l'humusation à sa clientèle. Il faut compter une année maximum pour une humusation complète du corps, permettant l'obtention finale de trois mètres cubes d'une terre "riche en matières organiques et en phosphate, l'équivalent d'un super terreau" annonce Antoine Bigand, interne en médecine légale au CHU de Rennes et militant de la cause. "Humus, tu redeviendras humus". Vous êtes prêts ?.... Perso, durant plusieurs années, par intérim, j'ai occupé la fonction d'assistant funéraire. Pas triste du tout !

   A l'heure d'aujourd'hui, il nous est possible de voir ce qui fait une "bonne" méditation et ce qui en fait une mauvaise. "...Toutes les méthodes de méditation qui ne sont pratiquement que des procédés pour apaiser et adoucir l'expérience du vide et de la crainte sont en définitive des évasions qui ne peuvent en rien nous aider. Bien plus, elles peuvent nous confirmer dans nos illusions trompeuses et nous durcir contre une prise de conscience fondamentale de notre situation réelle. Illusions qui peuvent nous enfermer dans notre arrogance, fermés que nous sommes envers tous ceux qui ne partagent pas nos illusions. En pareil cas, la méditation ne sert plus qu'à fabriquer des alibis. Il nous faudra désapprendre ce type de méditation routinière, sorte de vie intérieure de l'individualiste égocentré. L'un des aspects de cette maladie spirituelle si commode est la grande importance qu'elle donne à un idéal et à des intentions en complet divorce avec la réalité, l'action et tout engagement d'ordre social." nous rappelle Thomas Merton. 

   Moralité : si notre pratique méditative ne nous conduit pas vers l'action, alors c'est du pipeau ! Du nombrilisme, du baume, de l'entourloupe, du pipi de chat ! "...Nous pouvons maintenant comprendre que l'on ne peut pas parvenir à la pleine maturité spirituelle sans passer d'abord par la crainte, l'angoisse, l'affliction et la peur qui accompagnent nécessairement la crise intérieure de la "mort spirituelle", au coeur de laquelle nous abandonnons définitivement notre attachement à notre moi extérieur et nous nous livrons complètement à Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes,ndlr). Un don total de nous-même. Amour, confiance, espérance." continue TM.

   Vous êtes prêts pour le voyage décapant de l'intériorité ? C'est ce à quoi conduit notre pratique du Yoga. Qui n'est pas qu'une gymnastique orientale pour petits blancs stressés. Depuis 22 ans que je donne des cours, force m'est de constater que très peu d'apprenants font le chemin jusqu'au bout... de leur libération. La peur, toujours la peur, rien que la peur... de l'inconnu. Quel dommage, quelle perte de temps, notre vie passe tellement vite ! Le chemin qui fait passer par la crainte ne mène pas au désespoir mais à la joie parfaite, non pas à l'enfer (l'enfermement en soi) mais au ciel (l'ouverture à l'autre). Alors, en 2021, tu fais le grand saut camarade ?.... Om Nama Shivaya !

   "L'autre jour, j'ai croisé dans la rue un quidam portant un sweat-shirt blanc sur lequel étaient écrits ces mots : "Je suis Jésus". Encore un illuminé, me suis-je dit, on vit vraiment une époque formidable. J'ai eu presque envie de lui demander de faire un miracle, là, tout de suite. Puis, me retournant, j'ai vu qu'il portait à l'arrière de son sweat-shirt cette autre inscription : "Et toi, qui suis-tu ?" Ah ! Ah ! Joli jeu de mots. Je suis Jésus, et toi qui suis-tu ? Du coup, je me suis demandé : qui suis-je ? Comment ça, qui suis-je ? Ce que je veux savoir, ce n'est pas qui je suis, mais bel et bien qui je suis. Tu me suis ?...." Extrait de l'un des délicieux billets d'humeur du super journaliste Alain Rémond, que je savoure chaque jour, dans le quotidien La Croix.

   A quoi reconnaît-on un être éveillé, un guide spirituel, un instructeur spirituel, un accompagnateur ? Quelques signes : constance d'être, douceur presque féminine, présence déterminée, sans ostentation ni séduction, accueil chaleureux, sourire bienveillant, joie vivante, pureté subtile baignée d'un influx spirituel. Ni intrusif, ni démonstratif, vit pleinement l'abandon à la volonté divine, offrande absolue de lui-même, sans ostentatoire ni discours volubile. Disponibilité à l'écoute des disciples. Juste mesure : absence de prosélytisme et de prétention spirituelle - épines du chemin spirituel si répandues aujourd'hui ! Inspiration, humilité profonde, silence rayonnant : "Je me tais, car c'est Toi qui es à l'œuvre."  Si vous en connaissez, vous me faites signe ! Om Shanti....

   Pour Simone Weil (et votre serviteur), le développement du capitalisme et la société moderne conduisent l'homme à vivre hors-sol, le déracine. En remède, elle plaide pour "l'enracinement", "peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l'âme humaine". Elle précise qu'on ne doit pas "confiner" les racines : "...famille, village, quartier, nation, travail, cultures, spiritualités.... Jamais au contraire l'aération n'a été plus indispensable. L'enracinement et la multiplication des contacts sont complémentaires". L'enracinement passe par la reconnaissance des "besoins de l'âme". Aussi vitaux que les "besoins physiques", mais "beaucoup plus difficiles à reconnaître et à énumérer que les besoins du corps". 
   "Contre le déracinement, elle propose aussi que chacun retrouve la maîtrise de ce qu'il fait et du temps qu'il y consacre, autant dire le refus du travail à la chaîne au sens large, des délocalisations auxquelles on assiste aujourd'hui. La contemplation de la nature est, à ses yeux, un moyen de retrouver l'échelle humaine et l'essence de la beauté. Elle amène chacun à renouer, pour son propre compte, le pacte originel que Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes) a conclu pour l'homme avec l'univers", complète Christiane Rancé, auteure de Simone Weil, le courage de l'impossible (Seuil).

   Sa réflexion sur l'enracinement résonne indéniablement avec les préoccupations actuelles de l'écologie politique. "Le courant idolâtrique du totalitarisme ne peut trouver d'obstacle que dans une vie spirituelle authentique", écrit-elle dans L'Enracinement. Chez elle, la spiritualité est complètement étrangère à toute idée d'un ordre religieux. Ce qui est vital, c'est que l'homme ne soit pas séparé du souffle de la transcendance, au quotidien ! "L'intelligence doit s'exercer avec une liberté totale, ou se taire", déclare la croyante qui demeure une philosophe. Elle refuse l'idée que les dogmes puissent s'imposer à l'intelligence. A côté des textes grecs, elle s'intéresse au taoïsme, au bouddhisme, aux dieux égyptiens, aux textes cathares, à la Bhagavad-Gita, aux folklores traditionnels et aux contes. Elle compare les différentes religions aux pièces d'une maison qui serait baignée par la lumière divine.
   Vous l'aurez compris, pour moi, Simone Weil est une super nana !

   "J'ai passé cinquante ans à tenter d'expliquer aux dirigeants d'une cinquantaine de pays les enjeux des Limites à la croissance. Il est trop tard. Cognez-vous la tête contre un mur de pierre, ça fait mal au crâne mais ça n'a aucun effet sur le mur. Donc j'arrête. Et je me replie sur l'action locale, en utilisant la dynamique des systèmes sur les ressources naturelles, et en m'intéressant aux problèmes d'urbanisme de ma ville; J'ai très peu de regrets. Si vous faites dépendre votre bonheur de votre capacité à changer le monde, vous ne serez jamais heureux, car vous avez trop peu de chances de gagner. Quand des jeunes gens s'adressent à moi aujourd'hui, je leur dis les choses suivantes : "Apprenez la résilience, car les décennies qui viennent vont être semées de crises sévères ; apprenez des choses pratiques comme le jardinage ou la plomberie, car elles vous seront très utiles ; et lisez de l'histoire longue, celle des Phéniciens, des Romains, ou de la dynastie Qing." Ces civilisations ont grandi, elles ont décliné, elles ont disparu. Imaginer que la nôtre pourrait suivre un autre destin me paraît un doux fantasme. Mais j'ajoute toujours ceci : " N'oubliez jamais qu'il existe deux façons de toucher au bonheur. La première est d'obtenir plus - c'est celle après laquelle notre civilisation a couru à perdre haleine -, et la seconde, de vouloir moins." Philosophiquement, et de manière très pragmatique, je privilégierais le deuxième chemin." Dennis Meadows in Les Limites à la croissance (dans un monde fini) avec Donella Meadows et Jorgen Randers, traduit de l'anglais par Agnès El Kaïm. Je vous laisse méditer....

   Quelques médecins dissidents dénoncent la remise en cause de la liberté de circuler. Et c'est tant mieux ! "Les médecins réclament un renforcement des mesures, entend-on régulièrement dans les médias. Non pas tous ! Nombreux sont les dissidents. Mais ils se contentent de chuchoter car, en ces temps de chasse aux sorcières, il est risqué de faire entendre une voix discordante de celle du Conseil scientifique sans se faire traiter d'hérétique.
   Il ne s'agit pas pourtant de remettre en cause le port du masque, la distanciation ou la fermeture des lieux propices aux réunions. Il s'agit simplement de dénoncer la suppression d'une de nos plus fondamentales libertés. Celle d'aller et venir, celle de sortir de chez soi. Un chez soi qui pour beaucoup, notamment pour les jeunes, se réduit à quelques mètres carrés (...)
   Se conformer aux seuls diktats de "la sainte inquisition" n'augure pas d'un avenir réjouissant. Quelles mesures prendrait-elle en cas d'épidémie à forte mortalité dans un pays où nos "Torquemada" (inquisiteurs) cherchent à imposer toujours plus de lois d'exception ? Plutôt que le tir à vue sur tout contrevenant, est-il irresponsable d'envisager un arsenal moins répressif ?
   Mars 2020 - mars 2021 : une année jalonnée de décisions micro-concertées aussi liberticides que précipitées sans la moindre mesure de moyen terme. Aucun matériel, aucun personnel à l'horizon !...." Dr François Leblais (44) Ouest-France 06/04/21


"Le sexe, c'est le plus vieil anxiolytique du monde !
Et ça dure toute la vie..."
Véronique Lefebvre des Noëttes, psychiatre



Livres et vous
"Le Visible et l'Invisible" Merleau-Ponty
"Petit éloge de la vie de tous les jours" Franz Bartelt
"Promenade sous la lune" Maxime Cohen (délicieux !)
"La Grâce et le Progrès" Elisabeth de Fontenay (interroge le principe d'universalité, par la philosophe qui parle aux chiens, aux vaches et aux chevaux, ainsi qu'à tous les êtres fragiles, humains ou non-humains.)
"Il a neigé tant de silence" Gilles Baudry (offrez-vous tous les recueils de ce moine-poète de Landévennec-Finistère : un pur bonheur)

Sites
campus-transition.org (créé par Cécile Renouard, un lieu qui réinvente les règles du jeu économique et social)
www.kerwatt.bzh (devenir coproducteur d'énergie renouvelable en 29)
www.utopia56.com (ils ont besoin de nous...)

Musiques
"Collapsed in Sunbeams" Arlo Parks (20 ans, voix caressante, âme sensible, pop soul aux bonnes vibrations, poétesse et auteure de ses chansons)
"The Angels" Les Métaboles / Léo Warynski (allie sensualité et spiritualité, tutoie les anges...)
"Trouble" Révérend John Wilkins (bon vieux blues et gospel chaleureux)
"Autoportrait" Yann Honoré (à déguster au calme, pour rêver d'ici et d'ailleurs : marie Irlande, Afrique et Orient)
"El camino de los vientos" Matthieu Saglio (un pur bijou méditatif, irrigué de collaborations majestueuses : à écouter en boucle)


"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaines d'étoile à étoile,
et je danse."
Arthur Rimbaud
   

   "Le poème n'a pas la réponse à nos questions mais il ne nous laisse pas tomber seul dans nos questions. Un roman se lit de gauche à droite, un poème se lit de haut en bas. Le poème augmente le monde. Il console. Il fait attention à ce qu'il dit. Être poète, c'est cultiver des fleurs dans la tempête." nous rappelle Yvon Le Men, délicieux poète breton. 
   Le poète libère notre imagination en nous faisant voir ou entrevoir l'invisible, il nous ouvre des portes et s'adresse tout autant à notre esprit qu'à notre âme. La poésie aiguise nos sensations, nos sentiments. Pour espérer une éclaircie dans la pesanteur du réel. Elle ouvre le champ de la compréhension et de l'émotion. Les mots n'ont-ils pas leur propre musique ? "Les poètes ne font que semblant de mourir. Ils viennent d'après ou d'avant." Jean Cocteau. La poésie, c'est bon pour notre santé essentielle ! Tchin.... Pensée spéciale pour Philippe Jacottet, qui nous quitte à un âge raisonnable. Mais je reste ému par la mort de Cédric Demangeot, poète de grande tenue, âgé de 46 ans, qui continuait l'héritage d'Antonin Artaud. Pourquoi les doux meurent jeunes ?
   "Il faut aimer les poètes, il faut aimer les créateurs; ils sont les lanternes de notre siècle, ils éclairent le chemin d'une juste pensée, d'une pensée qui nous abreuve en notre intimité la plus profonde." Guillaume de Fonclare

"Le printemps est si beau !
Sa chaleur embaumée
Descend au fond des coeurs réveillés et surpris :
Une voix qui dormait,
une ombre accoutumée
Redemande l'amour à nos sens attendris."
Marceline Desbordes- Valmore

   En cette période d'épidémie, le discours des scientifiques est prédominant. Il n'est pas du tout transcendant. Il nous enterre. Donnons la parole aux philosophes, aux artistes. Elle nous aidera à vivre. Un monde sans culture n'est que ruine de l'âme. Je vous en conjure, n'écoutez plus le discours officiel qui nous plombe, ni les infos officielles qui nous rendent paranos, ni les costards-cravates pâles comme des cadavres, ni ceux qui savent ou croient savoir.... En ce printemps, cultivons notre liberté, notre sensualité : depuis un an j'embrasse et prend dans mes bras qui le souhaite, recouvert que je suis de la tête aux pieds de film alimentaire !
   La bamboche must go on ! La fête a deux fonctions : sociale et émotionnelle. La société a besoin de ces moments de lâcher-prise. Notre droit à la fête : une question politique. La fête rapproche les gens, libère les esprits et les corps. Le temps d'une danse, tu appartiens à un groupe. Faire la fête permet de te sentir en vie. Ce besoin de s'amuser concerne tous les âges. La fête permet de se laisser emporter dans une forme d'inattendu. Fêtons le printemps, nom d'un pangolin !

   Pour l'OMS, la santé est un "état de complet bien-être physique, mental, social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité." C'est pourquoi il importe de remettre au cœur de la stratégie de gestion de la pandémie l'approche holistique de la santé : corps-âme-esprit. Les lobbys pharmaceutiques, les labos, les médecins généralistes, les pharmaciens, le corps médical dans son ensemble, globalement, sont des individus qui n'ont pas été formés à l'approche holistique de notre santé corps-âme-esprit. Ils sont, pour leur grande majorité, à côté de la plaque, et depuis une année ils nous mènent par le bout du nez en utilisant l'arme de la peur. Vous avez vu dans quel état est notre pays et ses habitants ? Vous allez vous en rendre compte dès que nous serons déconfinés.

   "La seule certitude est que rien n'est certain. Hormis notre dernier soupir. L'épanouissement de l'être humain ne se réalise pas au moyen des choses que nous disons, mais de celles que nous faisons et apprenons, et de ce que nous devenons par nos actes. Le contemplatif devrait faire preuve d'une courtoisie plus christique, en allant à la rencontre de l'autre différent de soi. La méditation est un acte de foi, en détachant l'attention de soi-même, en arrêtant de penser à soi-même. La foi a un effet sur le désir par l'expérience du temps. Elle implique le choix, elle est un chemin. Elle amène à approfondir nos relations avec les autres. Bede Griffiths disait que la foi est notre capacité à la transcendance, notre aptitude à dépasser notre ego. 
   Elle est plus que la croyance : c'est le choix d'être et de rester libre. Elle nous pousse à porter des fruits : dialogue, curiosité, respect, révérence pour les croyances des autres. Toutes les théologies mystiques distinguent trois étapes dans ce processus de la foi : purification, illumination, union. Trois phases du développement spirituel. Nous devons faire face à nos vieux "moi", nos attachements en sommeil, nos peurs et culpabilités refoulées, et surtout aux pertes dont nous avons souffert. Pour être vivant et jouir de sa liberté, il faut arrêter de vivre dans le passé et se mettre à jour. Rompre avec les habitudes qui nous maintiennent sous la domination de notre histoire personnelle ou de notre conditionnement culturel. Un remodelage de nous-même...."Ne vous conformez pas à l'air du temps. Laissez-vous transformer par l'intelligence nouvelle" (Rm 12,2). Nous devons enlever nos chaussures quand nous entrons sur la terre sacrée du moment présent !" Laurence Freeman, La voie de la contemplation.

   Le complotisme se nourrit du ressentiment. Il est vieux comme l'histoire du monde. Le complotisme  moderne a quelque chose de particulier : il essaye d'être rationnel. Il se déguise en raisonnement scientifique. Il essaye de donner des explications du monde. "Je suis de ceux qui pensent que nous assistons au retour du refoulé. Le complotiste se place dans la peau du nouveau prophète. L'image qu'il va renvoyer est celle de l'éveillé. Ce que nous révèle cette pandémie, c'est qu'après le ressentiment, il y a l'indifférence. Gravissime au plan psychologique car cela donne des gens anesthésiés, qui n'éprouvent rien, qui n'ont pas d'émotions. Puisque plus rien n'a de sens, il n'y a plus de monde commun. Alors, pourquoi pas faire une petite communauté, dans une bulle, derrière un écran, avec des gens qui construisent un récit fantastique dans lequel la frontière entre la fiction et la réalité est complètement brouillée. Cela aide à vivre en attendant de mourir puisque "de toute manière, il n'y a plus rien à faire" Et on se met au balcon de la vie !

   Cela explique le côté invraisemblable de certaines théories du complot. Des trucs complètement délirants où, en trois arguments scientifiques, on vient vous apporter la preuve que ce n'est pas possible. Un plaisir mortifère parce que, de facto, c'est un monde de zombies, des gens anesthésiés. Aujourd'hui, toutes les informations sont mises au même niveau. Elles circulent librement, ne font l'objet d'aucun appareil critique. La confusion au sein même de la démocratie, entre la notion de vérité et celle de transparence qui est un critère essentiel pour la démocratie. Il n'y a plus de frontière étanche, la tentation conspirationniste s'étend comme une traînée de poudre. Même chez les rationalistes. Une ambiance de fin du monde, apocalyptique, collapsologique. D'où l'intérêt pour les figures prophétiques car les gens ont besoin de personnes dont ils ont l'impression qu'elles ont une clairvoyance que tout le monde n'a pas. Mais on a les prophètes que l'on mérite : nos sociétés sont passées, en trente ans, de Mandela à Trump !
   Prenons le temps de faire les bons diagnostics. On pourrait imaginer une jolie révolution, intellectuelle, culturelle et politique, pourquoi pas ? De se réemparer de ces grandes fonctions - celles qui aident à vivre ensemble - du récit, qui donnent envie de créer ensemble, de consentir à la lucidité tout en se donnant les moyens de ne pas trop en souffrir, de produire des choses de qualité plutôt que de produire des histoires un peu tristes et sales, chacun derrière son écran." Emmanuelle Danblon, enseignante-chercheuse en rhétorique à l'Université libre de Bruxelles.

   Question pour un champion : d'où sort le mal et sa puissance ? Mais tout autant : d'où sort le mâle et sa puissance ? Parce que l'un va rarement sans l'autre. En même temps, les petits bons hommes sont quasiment élevés, éduqués que par la gent féminine de leur naissance jusqu'au collège, voire plus. Cherchez l'erreur.... Donc, svp, d'où vient le fait que c'est trop souvent le mal, le négatif, qui dominent les relations humaines, le monde ? Je me pose la question depuis que je suis ado clairvoyant. Et je vous la pose....

   Sommes-nous devenus indifférents aux morts du Covid ? Ces décès ne nous surprennent plus. Pire, on s'y attend. La litanie des chiffres, incessante depuis un an, semble nous tenir éloignés de toute émotion. On ne s'habitue jamais aux vrais morts, autres que des chiffres. Il y a bien dans ces morts, une injustice à réparer, à commémorer. Ma pensée va vers les personnes âgées ou vulnérables. Parce qu'un jour nous serons tous âgés et sans doute vulnérables. Alors nous comprendrons....

L'ennui, source de vie....
Restons disponibles et éveillés : la Vie est belle ! (l'être humain c'est une autre histoire...).
En mai, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'il a dit le Pape en mars aux 4 activistes français qu'il a reçus ? Relisez ma lettre d'avril.
Jacques