vendredi 30 avril 2021

Lettre avril - 110eme -

 Bonsoir, Bonjour



"Il ne faut pas avoir peur des vagues qui agitent
 nos âmes, c'est ça la vie." 
Hwang So-Yong



   Le génial bougon du cinéma français, Jean-Pierre Bacri disait : "Je suis optimiste car j'aime le monde comme il est. Qu'on me cite dix pays où on vit mieux et plus librement qu'en France. Ou il y a autant de démocratie, de sécurité sociale, d'éducation gratuite. Des leaders d'opinion diffusent en permanence un déclinisme. Des oiseaux de mauvais augure. La mort, je n'ai pas de problème avec ça car je suis complètement athée, donc ça enlève le côté mystique. Il ne faut pas s'en faire : la mort c'est la vie". Son rapport à l'ouest ? "Moi, c'est la Bretagne. C'est la beauté sauvage. L'océan, la côte avec ses roches dessinées, attaquées par les flots. Autre chose que la vieille mer Méditerranée !" Du pur Bacri... Tu nous manques déjà.
 
   Et je confirme ses propos quant à la Bretagne où je réside depuis 33 ans. Une région super belle (sous le soleil c'est le paradis), super culturelle festive à tous les étages, sociale (du lien-liant partout), solidaire (l'humanisme chrétien des bretons). Des fous furieux partout, des allumés du spirituel à tous les coins de rue, des artistes en veux-tu en-voilà. Une terre de poésie, l'âme à fleur de peau, l'esprit vif. Un pays où il ne pleut que sur les cons, où il fait beau plusieurs fois par jour, et où tous les hommes sont frères parce qu'ils ont Quimper ! Et cerise sur le gâteau, le Finistère est le seul département français où le virus circule peu (ne le dites pas à tout le monde). 
   La Bretagne, ça vous gagne !

   "La France n'est pas pessimiste à cause de ses handicaps, mais handicapée à cause de son pessimisme." nous dit Hubert Védrine. Développons une culture de la contemplation, qui ne soit pas déconnectée de l'action. Repolitisons - nous ! On ne change pas le monde sans faire de vague. La lumière s'est éteinte et les esprits sont revenus. A quoi pouvons-nous encore nous accrocher dans la confusion des marées ?... Renouer avec la nature !
   J'ai toujours senti qu'il devait y avoir quelque chose de meilleur que ce que nous avons là. Je ne suis franchement pas fier de nous, en tant qu'êtres humains, lorsque je regarde ce que nous nous faisons les uns aux autres, et ce que nous infligeons à notre planète. L'homme est un animal épouvantablement cruel. Et si cette crise sanitaire était une chance ? Sept auteurs, tous engagés dans la société, co-signent Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise.

   De la méfiance systématique anti-vaccin par chez nous. Méfiance qui a toujours existé depuis l'utilisation des premiers vaccins. Peur que le vaccin développe d'autres maladies, même imaginaires. Certains y voyaient un moyen pour les médecins de se faire de l'argent. Pour d'autres, c'était aller à l'encontre d'une volonté divine. Il y a une tension entre la liberté individuelle et la recherche du bien public. Climat de méfiance français plus fort que dans d'autres pays. Pas loin des thèses conspirationnistes. Le complotisme se nourrit du ressentiment, c'est le retour d'un besoin profond et refoulé. Gare aux nouveaux prophètes.... On se détend camarades, on se détend !
   On vit une époque formidable. Quelques nouveaux noms apparaissent au 21eme siècle : Spoutnik V, Astra-Zeneca, Pfizer-BioNTech, Moderna, Corona-Vac, Johnson & Johnson, Sinovac, Sinopharm, EpiVacCorona,.... It's a wonderful world !

   Vous voulez savoir quand nous serons libérés des mesures sanitaires ? C'est mathématique. C'est lié à la vaccination de masse. A la production de masse. Afin que l'immunité collective soit réelle, j'ai lu qu'il fallait que 47 millions d'entre nous soient vaccinés, deux fois pour la majorité d'entre nous. Nous en sommes où à ce jour ? 
   10 millions de morts en France. Nous en sommes au moins à 10 millions de "morts psychiques", mais également sociales, économiques, relationnelles, psycho-affectives. Et je place ce chiffre à côté des environ 12 millions de français qui sont touchés par un trouble psychique, une maladie mentale. L'isolement, la solitude, les couvre-vieux, les confinements tuent à petit feu (ma mère, 94 ans, en EHPAD, devient folle). Ce que l'on appelle les dégâts collatéraux à toute guerre. Les plus jeunes - qu'ils aient 20 ou 40 ans - aspirent à pouvoir vivre leur vie. Témoignage ici de l'un de nos fils, via Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/leny-richard/blog/240221/la-fete-est-vitale. 

   Deux constats plaident en leur faveur (point épidémiologique Covid-19 du 11 février, Ouest-France 10 mars) : "...Les lieux soi-disant les plus contaminants (restaurants, cinémas, théâtres, bars, discothèques, festivals...) sont tous fermés depuis le mois de novembre, ce qui n'empêche pas la propagation du virus. Aujourd'hui, les 15/44 ans ne représentent "que" 4% des malades admis en réanimation, et 1% des décès. Depuis un an, nous donnons des jours à la vie, il est temps de se préparer à redonner de la vie aux jours !". Comme dans toute guerre mes amis, il y a des désobéissants, des insoumis, des objecteurs de conscience, des résistants. Avec d'autres qui commencent à sortir de leur "grotte", de leur enfermement, de leur silence, j'en appelle au mouvement de la vie, à la résistance active, à l'insoumission créatrice.
   C'est le printemps : désobéissons collectivement ! L'entracte a assez duré.... "Faites la révolution, faites du désordre. Le monde est sourd, il faut lui ouvrir les oreilles. La finance, c'est comme le poème de Verlaine, elle blesse mon cœur d'une langueur monotone." vient de dire le Pape à Cyril Dion, Pierre Larrouturou, Eva Sadoun et Samuel Grzybowski, quatre activistes français du changement de société, reçus au Vatican le 15 mars. Je connais bien trois d'entre eux depuis 20 ans, et moi aussi je vous dis "Faites la révolution en secouant le cocotier, créez du désordre en désobéissant !" 
   "Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme." Emile Zola

   Un autre sujet qui dérange donc que j'adore : le cannabis... thérapeutique et/ou récréatif. Paradoxe comme on les aime en France : une législation parmi les plus répressives d'Europe ; première place du continent pour la consommation : 900 000 consommateurs quotidiens, cinq millions occasionnels (et moi et moi et moi...), et près d'un français sur deux qui reconnaît en avoir déjà consommé (émoi, émoi, émoi...).
   Effets thérapeutiques avérés pour de nombreuses douleurs, effets euphorisants soft, le cannabis est enfin arrivé chez nous en pharmacopée, réclamé depuis des lustres pour soulager, entres autres, les scléroses en plaques, mais aussi relaxer nos névroses, désinhiber nos complexes, détendre l'atmosphère relationnelle. Alors, si fumer un joint n'est pas votre tasse de thé, je vous conseille le moelleux chocolat-marijuana parsemé de pistaches broyées = un délice psychédélique !

   Le grand Thomas Merton nous avise de ses conseils éclairés, éclairants. "La méditation implique la capacité de recevoir cette grâce toutes les fois que Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes) veut bien nous l'accorder, et elle implique donc une disposition permanente à l'humilité, l'attention au réel, à la réceptivité, à la souplesse. Apprendre à méditer cela signifie se libérer progressivement d'une habituelle dureté de coeur, d'une torpeur et d'une grossièreté d'esprit, due à l'arrogance et à la non-acceptation de la simple réalité ou bien à une résistance aux exigences concrètes de la volonté de Dieu (qui est l'au-delà au fond de nous-mêmes) . Il nous faut donc exercer un contrôle sur nos pensées et nos désirs. Il nous faut acquérir la liberté intérieure. La contemplation consiste essentiellement à écouter en silence ; c'est une attente." 
   Conclusion : trouvons notre coeur (chambre intérieure).

   Petit clin d'œil au thème du Printemps des Poètes de cette année. "Le désir, le vrai désir, pas celui du plaisir physique, celui de la vie, celui qui exige de vous unir aux choses et aux êtres qui vous plaisent, vous réjouissent, vous attirent comme des aimants, ne supportent pas le renoncement... Ne pas répondre à son désir est un péché." nous susurre Anne Serre, dans ses trente-trois nouvelles "Au cœur d'un été tout en or" et autant d'ode au plaisir "d'aller droit vers ce qu'on aime".
   Le désir est bon, et là où il y a du désir, il y a du divin ! La spiritualité, c'est le propre de celle ou celui qui a toujours soif. Coquin de cantique des cantiques, véritable hymne à la sensualité....

"Chaque fois que de l'angoisse arrive,
 je la mets dans une valise que je glisse sous mon lit.
De temps en temps je tire la valise, je la mets sur le lit, 
je l'ouvre : elle ne contient rien, ou bien un lumineux petit arbre fruitier."
Christian BOBIN

   Dix résolutions pour un printemps zen. Lâcher prise avec des exercices respiratoires, concentrez-vous sur vos émotions positives, remettez vos pendules à l'heure, chouchoutez votre microbiote, mettez plus de végétaux dans votre assiette, pensez à une cure de gelée royale, misez sur le magnésium, bougez-vous tous les jours, faites un massage aux huiles essentielles, buvez une tisane au moins une heure avant le coucher. Voilà, c'est dit !
   Et si ça ne suffit pas, face à l'angoisse, à la tristesse, au stress, à l'épuisement..., ce numéro peut vous orienter vers une ligne d'écoute : 800 130 000

   "Tant de mots qui prétendaient détenir le sacré sont en déroute. Tant d'institutions qui prétendaient domicilier le sacré sont en ruine. Tant de fonctionnaires, tant de commerçants, tant d'officines ont asphyxié le sacré et l'ont contraint à leur étroitesse ! Le désir se désaltère de quelqu'un d'Autre et respire de loin des solitudes frémissantes d'allégresse. Les confinements les plus consentis sont mortifères au cœur de l'homme. La vie - notre vie d'homme - est unique, et c'est justice qu'elle soit respirable. La première nourriture de l'homme, c'est l'horizon ; la première boisson de l'homme, c'est le bleu, là-bas, qui caracole. Je convole à cœur joie vers le bleu impalpable ou sévère des lointains qui servent au ciel de piédestal et dont la rudesse évanouie semble fluer, déjà, dans son étoffe subtile. Le sacré s'absente à plaisir de l'officiel. Il fuit, il déserte, il abhorre tout ce qui sent l'obligé, le renommé, le rebattu.Il s'émancipe et se fait sauvageon." François Cassingena - Trévedy in Cantique de l'Infinistère.


  "L'Eternité, c'est la poésie du temps, un temps qui nous paraît implacable,
 invincible, mais que l'être humain apprend à apprivoiser." 
Jean-François Gosselin



Des livres et vous
"Le temps de vieillir" Jacques Jalon
"Le Zen et la Bible" J. K. Kadowaki s.j.
"La Désobéissance fertile. Pour une écologie offensive" Jonathan Attias
"Donner du temps à l'éternité" Tomas Halik, psychologue, prof de philo et de socio, théologien
"Exercices spirituels et philosophie antique" Pierre HADOT
"La vie est mouvement, c'est aussi un combat !" Médard Lebot ("entrepreneur de solidarité", 90 ans, beau témoignage d'une vie bien remplie, au service des autres). En vente auprès de l'auteur : 02 40 83 08 08 

Sites
www.cooperative-oasis.org (accompagne le "monde d'après"...)
www.enpagailleveuxtu.com (un "jardinographe" super "branché"...)
www.kiwi-nature.com (prépare au monde de demain)
www.desobeissancefertile.com (plateforme pour changer nos comportements)

Musiques
"Garden of Expression" Joe Lovano (album habité, dépouillé, en apesanteur, fluidité, profondeur et expressivité rares)
"Let my people go" Archie Shepp / Jason Moran (album grave et grandiose)
"Acoustic" Oumou Sangaré (la voix de la chanteuse malienne, album vibrant et sincère)
"The dreamer" Joce Mienniel (entre innocence et mélancolie, le flûtiste divague dans des songes enchanteurs)
Pensée pour le géant du piano jazz Chick Corea, qui s'est envolé à 79 ans.


"Plus on possède la faculté de contempler, plus on est heureux, 
heureux pas par accident, mais en vertu de la contemplation même, 
car cette dernière est par elle-même d'un grand prix. 
Il en résulte que le bonheur ne saurait être qu'une forme de contemplation." 
Aristote


   Après 11 années de bons et loyaux services, j'ai quitté la grande "secte officielle" de l'Educastration nationale. J'ai matière à écrire un livre sur ce que j'ai vu, entendu, constaté, subi sans rien dire car sous statut précaire donc tu te tais ! Comme 100.000 jeunes chaque année, j'ai quitté l'école à 16 ans pour entrer dans la vraie vie. En autodidacte, en auto-formation, j'ai étudié les sciences humaines, sociales et éducatives. J'ai passé mon bac à 33 ans, je suis entré à l'université à 38 ans. Un parcours libertaire et en (saine) colère. J'ai de quoi écrire également sur les comportements pervers et les conditions de travail irrespec-tueuses (!) dans les milieux de l'agriculture, de l'élevage, de la restauration, de la formation, de l'industrie agro-alimentaire. C'est quand le changement ? Faites la révolution....

   Sujets tabous... donc qu'il faut que nous abordions entre nous un jour prochain : le suicide, la sexualité des personnes en situation de handicap, les LGBTIQ, l'euthanasie, la dépénalisation de la fumette, le racisme bien de chez nous, le sexe (encore et toujours), notre finitude, mais également tout aussi tabou : le non-faire ou droit à la paresse, le revenu universel, l'esprit contemplatif (ou le non-faire), l'exploitation animale, le compostage humain, l'assistanat version française, l'écoféminisme, j'en passe et des meilleures. Faites la révolution....

   C'est le printemps ! Je sème depuis un mois déjà. Jardiner permet de se retrouver en reliant la tête et le corps. On sort, on met les mains dans la terre et on se reconnecte avec quelque chose de réel, de plus grand que soi, un monde entièrement vivant. Pour certains c'est comme une thérapie, d'autres une élévation. Le jardin comme monde sensible, comme espace du ressenti, où l'on comprend le monde avec le cœur. Un lieu où la capacité d'émerveillement le dispute à la poésie. Dans la crise respiratoire que nous vivons, on accède là à l'inspiration ! Le jardinage, une dimension spirituelle ? Semer, voir pousser et mourir nous réenracine, nous redonne un rôle dans un espace plus large. C'est apaisant.

   Face aux dures mesures sanitaires que nous subissons, aux couvre-vieux qui s'éternisent, quelle place accorder à la douceur dans nos vies confinées ? Derrière la mode du développement personnel, il faut savoir entendre un besoin de douceur. De décélération aussi. Il est possible de créer en nous un cadre capable de produire en nous de la joie ou, à défaut, une orientation joyeuse. Spinoza a de très belles pages sur le sujet : il nous appelle à cultiver nos plaisirs et à chasser la mélancolie. Il faut "s'affecter de joie" - ce sont ses mots - et arrêter de croire qu'il y a une vertu à être triste ! La vie est un processus de construction autant que de destruction (et parfois un processus de démolition...).
   Je crois qu'il nous faut résister à l'envie de tout positiver, de "trouver du bon" à chaque drame. C'est rassurant quelque part. Presque confortable. Et pas toujours "vrai". Lignes d'écoute, de soutien psychologique face aux deuils Covid : www.empreintes-asso.com, cn2r.fr

   Face au fatalisme et à la résignation "bien de chez nous", j'appelle à espérer contre la morosité, à accueillir l'étranger lorsque la méfiance s'installe, à réduire son empreinte écologique quand des gilets jaunes demandent à consommer plus, à rouler à vélo alors qu'on verse des primes aux acheteurs de voitures neuves, à rester vigilant face à la publicité omniprésente, à alerter face à l'insouciance démographique et au "climatoquiétisme". C'est plus difficile, mais soyons libres de courir contre le vent et de nager contre le courant ! "La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil" m'inspire René Char. Faites la révolution....

   Il n'y a pas de vie sociale sans conflit. Chercher ensemble la réconciliation est le chemin étroit qui ouvre à la fraternité universelle : "La vraie réconciliation, loin de fuir le conflit, se réalise plutôt dans le conflit, en le dépassant par le dialogue et la négociation transparente, sincère et patiente", écrit le Pape François. L'unité retrouvée fait grandir non seulement les personnes concernées, mais la famille, le groupe, la communauté dont ils sont membres. L'unité entre deux ou trois rayonne en ouvrant sur un horizon élargi." Signé : une bénédictine de l'abbaye de Maumont.

   Pour le développement spirituel, il est plus important de "se convertir" que de s'enfermer dans un système. La conversion exige de nous la croissance et le changement. Les systèmes nous enferment trop facilement dans les vertus de la veille. Chaque groupe (famille, professionnel, syndical, associatif, religieux, développement personnel,...) possède son système... enfer-mant. D'où l'importance de ne faire que passer dans les groupes, suivre sa petite voix intérieure. Libérant ! Faites la révolution....

   Pensée douce pour l'ami Pierre Chamard-Bois, animé lui aussi par le feu sacré, décédé trop jeune. Avant qu'il ne s'envole, je lui ai fait découvrir deux lieux inspirants dans lesquels il était comme un gamin émerveillé : un ermitage taoïste libertaire dans le Var, une communauté laïque bénédictine perchée à 1200 m dans les Alpes-de-Haute-Provence. 
   Gainsbourg disait : "Moi je mourrais d'une maladie très simple : le retrait exténué de la vie."
   Ma belle-mère, 85 ans, se dirige doucement vers sa fin de vie terrestre, chez elle, à la maison. Quand je la regarde, elle me fait penser au Christ sur sa croix : "Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?...". Fin février nous avons enterré son frère, 82 ans. Début mars, idem pour sa sœur, 77 ans. Ces trois-là se sont donné rendez-vous là-haut. Le chagrin de les avoir perdu ne doit pas nous faire oublier le bonheur de les avoir connus !
   Désolé, je n'ai pas de naissance à vous annoncer ! Même nos trois enfants (25, 28, 32 ans) ne souhaitent pas accueillir d'enfants au regard du monde que nous leur laissons. A méditer....
   
Comment va votre coeur ? Vivre est délicieusement dangereux.
"Le ciel est, par-dessus le toit, si bleu, si calme !" rêvait Verlaine pour échapper aux quatre murs de sa prison. Regardons par-dessus les toits qui nous enferment.
Thomas d'Ansembourg, que nous avons invité plusieurs fois à Quimper, nous a dit : "Cessez d'être gentils, soyez vrais !". L'urgence d'aujourd'hui c'est plutôt "Cessez d'être gentils, soyez bons !".
"Si seulement venait le printemps
Dans mon coeur déjà
Fleurit le cerisier" 
Takarai Kikaku (1661-1707)
Beau printemps à chacun.e : mettre les mains dans la terre nous donne des ailes.  
Jacques


PS : vous êtes environ 1140 "belles" personnes à recevoir mes Lettres. Un réseau humain et convivial inestimable. Je vous en remercie encore. Je me permets donc de vous solliciter. 
   Je suis en quête d'un "ermitage", un cabanon autonome, simple, dans un cadre de nature, loin de l'agitation humaine et du bruit, afin d'y résider quelque temps entre le printemps et l'automne de cette année, pour écrire mes "mémoires". 
   A 33 ans, j'ai écrit sur mes 30 premières années de vie : cela m'a pris 9 mois (le temps d'une grossesse !). 
   A présent je veux (ac)coucher les 30 suivantes. 
   J'étudierais toutes propositions, et conditions. 
   D'avance merci.

mercredi 10 mars 2021

 Lettre mars - 110eme -

Bonjour, Bonsoir


"L'amour est une plante de printemps, 
qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche." 
Gustave Flaubert  



   William Blake dit que "nous sommes mis sur terre un bref instant pour apprendre à supporter les éblouissants rayons de l'amour". Marius Grant écrivait : "Je crois à l'influence des hommes silencieux et rayonnants et je sais par expérience que ces hommes sont rares. Ils donnent cependant de la saveur à notre monde.... Rien ne sera perdu aussi longtemps qu'il y aura de tels hommes. S'il est un souhait que nous devons exprimer aujourd'hui, c'est celui de voir en nous-mêmes des commencements de contemplation."

   Ces textes nous montrent que dans la méditation il ne faut chercher ni "une méthode" ni un "système", mais cultiver une "attitude", un "regard" : l'ouverture, l'attention, le respect, l'attente, la confiance, la joie,.... Certains sont sans doute doués pour la méditation, la prière méditative. Ceci n'est pas fréquent de nos jours. La plupart des gens ont à apprendre à méditer. Il y a des manières de méditer. Mais il ne faut pas nous attendre à trouver des méthodes magiques, des systèmes qui font s'évanouir toutes les difficultés et tous les obstacles. 
   Il est parfois très difficile de méditer. Si nous supportons paisiblement les difficultés dans notre pratique et attendons patiemment l'heure de la "grâce", nous pourrions bien découvrir que la méditation est une expérience pleine de joie. Il ne faut cependant pas juger de la valeur de notre méditation sur ce que nous y "éprouvons". Une méditation difficile et apparemment sans fruit peut en réalité être de bien plus grande valeur qu'une autre qui est facile, heureuse, lumineuse et apparemment très réussie.

   "C'est pourquoi l'humilité et l'accueil docile à de sages conseils sont très nécessaires dans la pratique méditative. La seule difficulté est que dans la vie spirituelle il n'y a ni trucs ni raccourcis. Ceux qui dès le début pensent "qu'ils savent", ne parviendront jamais en réalité à rien savoir ! En s'observant eux-mêmes, et en essayant de se convaincre de leur progrès, ils deviennent prisonniers d'eux-mêmes. Ils sont pris au piège de leur propre vide et futilité et ils restent impuissants. L'acédie succède à l'enthousiasme de l'orgueil et de la vanité spirituelle.
   Le remède, c'est de faire un long chemin dans l'humilité et la componction ! Nous ne voulons pas être des commençants. Mais il faut nous convaincre du fait qu'en réalité nous ne serons toute notre vie que des commençants !" nous rappelle Thomas Merton, un grand bonhomme.

   Loin d'être des hommes irréprochables, les Pères du désert étaient aussi saisis de passions, comme la colère. Mais ils tentaient toujours de promouvoir la notion de mesure. "Ils le font en équilibrant les quatre fondamentaux que sont la sobriété, le souci de l'autre, la méditation et la garde du cœur, note Jean-Guilhem Xerri. En effet, s'il n'y a que la sobriété, on devient un athlète de l'ascèse mais la vie devient un enfer. Si je ne suis que dans le souci de l'autre, très engagé, je vais m'épuiser et j'épuiserai les autres. Avec la seule méditation, je vais me la jouer "super moine zen" et je serais pour le coup complètement narcissique. A n'être que dans l'attention à ce qui nous passe par la tête, on devient vite asocial. Ces attitudes ont donc besoin d'être reliées les unes aux autres pour s'équilibrer et être puissantes."
   Notre nature profonde a besoin de ça pour son équilibre intérieur, psychique, nécessaire pour déployer le souffle, le prana, l'énergie de vie qui est en nous. A méditer donc....

   Autre sujet de méditation: la place de nos relations aux autres. "Si les autres vous ennuient, vous fatiguent, vous sont douloureux, il est peut-être temps d'aller voir quelqu'un. Ce peut être le signe d'une vraie souffrance psychologique. Même dans la méditation, si on ne se concentre que sur soi et sur Dieu (appelez-le comme vous voulez), il y a indice d'un manque de prise de conscience de ce qu'est sa vie en réalité. La spiritualité, c'est passer de l'image à la vie. La vie intérieure, ce n'est pas quelque chose à atteindre mais à laisser croître. La faire croître n'est pas à notre main, mais ce qui est de notre responsabilité, c'est de créer les conditions pour. Et cette observation de l'esprit qui se déploie amène à l'émerveillement." Voilà, c'est dit, au boulot !

   Revenons à présent au monde d'après. Comme d'autres, le monde culturel doit se renouveler s'il ne veut pas crever. Amis artistes, le monde d'avant c'est fini. Faut inventer le nouveau, autrement, en plus petit, dehors, au coin des rues, dans les jardins,.... Et puis entre nous soit dit, les artistes fortunés, les stars du showbizz, pourraient faire un geste envers les intermittents, les précaires du spectacle. Créer une caisse de solidarité : du pognon, certains artistes en ont à foison.... Vous avez dit fraternité ?... C'est le moment de le prouver. Alors seulement nous pourrons dire : "Bravo l'artiste !".

   Rappelez-vous. Qui nous a dit le 16 mars 2020 : "Retrouvez aussi ce sens de l'essentiel. Je pense que c'est important dans les moments que nous vivons. La culture, l'éducation, le sens des choses est important." C'est Emmanuel Macron quand il nous a annoncé le début du premier confinement. Avons-nous suivi ses conseils ? Où en suis-je aujourd'hui, un an après ? Dans quel état j'erre ?.... Les confinements fonctionneront-ils comme des kairos ou des moments favorables pour le passage au "monde d'après" ? C'est notre pensée qui doit d'abord se déconfiner !
   
   Ensemble, mettons en œuvre notre futur. Échappons aux imaginaires catastrophistes comme aux plans (foireux) sur la comète. Dans le débat public, la déraison et le complotisme occupent une place envahissante, qui sont une menace sérieuse pour la démocratie. On prend enfin conscience que la seule chose qui compte fondamentalement, ce sont les relations sociales de confiance que l'on peut nouer les uns avec les autres. Certes il faut tendre vers une forme d'autosuffisance, mais en ayant conscience qu'on n'y arrivera pas, pour une simple et bonne raison : nous avons besoin des autres. Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin (aussi valable politiquement). Choisissons de montrer ce qui va, les initiatives  - récentes et lointaines - qui sont déjà à l'œuvre pour le monde d'après. On peut bâtir la société que l'on désire, en étant dans l'action, et pas seulement dans la cogitation intello !
 
   L'anagramme de militer, c'est limiter ! Très souvent dans mes Lettres, je vous donne le site Internet d'initiatives qui sont déjà dans l'autre monde, celui qui vient.... En 2021, branchez-vous sur les good vibes, les bonnes nouvelles, les bonnes émissions, les bons médias, les bonnes chaînes de télé, les bonnes personnes.... Et si de temps en temps, ça chauffe trop dans le ciboulot, alors fumez un petit pétard (mieux que le pastis !), ou mieux prenez du CBD, relaxant sans l'effet psychotrope du joint, ou relaxez-vous à l'huile de chanvre. Bref, on a tout sous la main pour rester zen !

   Dans ma Lettre de janvier, je vous ai fait part du danger, pour l'être en devenir que nous sommes, des groupes. De la nécessité de s'extraire à un moment de toute pensée de groupe, d'exister par soi-même, sans appartenance figée à une identité groupale. Une amie du Gard vient de me faire parvenir ce texte de Carl-Gustav Jung. Sans commentaire.

 Pensées tardives


 …."La société secrète est un chemin intermédiaire sur le chemin de l'individuation ; on confie encore à une organisation collective le soin de se laisser différencier par elle ; c'est-à-dire que l'on n'a pas encore discerné qu'à proprement parler c'est la tâche de l'individu, de se tenir sur ses propres pieds et d'être différent de tous les autres.

Toutes les identités collectives, qu'elles soient appartenance à des organisations, professions de foi en faveur de tel ou tel -isme, etc., gênent et contrecarrent l'accomplissement de cette tâche. Ces identités collectives sont des béquilles pour des paralytiques, des boucliers pour anxieux, des canapés pour paresseux, des pouponnières pour irresponsables, mais tout autant des auberges pour les pauvres et des faibles, un havre protecteur pour ceux qui ont fait naufrage, le sein d'une famille pour des orphelins, un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus, et une terre promise pour les pèlerins harassés, et un troupeau et une clôture sûre pour brebis égarées, et une mère qui signifie nourriture et croissance.

   C'est pourquoi il serait erroné de considérer ce degré intermédiaire comme un obstacle ; il représente au contraire et encore pour longtemps, la seule possibilité d'existence de l'individu qui, aujourd'hui plus que jamais, se retrouve menacé d'anonymat. Cette appartenance à une organisation collective est si importante à notre époque qu'avec un certain droit, elle paraît à beaucoup être un but définitif, tandis que toute tentative de suggérer à l'homme un pas de plus sur la voie de l'autonomie personnelle est considérée comme présomption ou défi prométhéen, comme phantasme ou comme impossibilité.

 Mais il peut advenir que quelqu'un, pour des motifs de poids, se voit contraint de chercher sa route, par ses propres moyens, vers des horizons plus larges, parce qu'il ne trouve dans aucune des formes, aucun des moules, aucune des enveloppes, dans aucune des manières de vie et des atmosphères qui lui sont offertes, celle qui lui convient. Dès lors, il ira seul, représentant sa société à lui. Il sera sa propre multiplicité qui se compose de nombreuses opinions et de nombreuses tendances qui ne vont pas nécessairement toutes dans le même sens. Au contraire, il sera dans le doute avec lui-même et il éprouvera de grandes difficultés pour amener sa propre multiplicité à une action homogène et concertée. Même s'il est extérieurement protégé par les formes sociales d'un de ces degrés intermédiaires dont nous venons de parler, il n'en possède pas pour autant une protection contre la multiplicité intérieure qui le désunit d'avec lui-même et qui le pousse à s'en remettre au détour que représente l'identité avec le monde extérieur…" (Extrait de "Ma vie" de C.G. Jung)


   
"Nous sommes si brefs. Un pissenlit d'un jour. 
L'enveloppe d'une graine ricochant sur la glace (...). 
Je ne sais pas pourquoi il nous est donné d'être tellement mortels
 et d'éprouver tant de sentiments. 
C'est une blague cruelle et magnifique."
Louise Erdrich



Des livres et vous
"La petite dernière" Fatima Daas (premier roman autobiographique coup de poing sur l'acceptation de soi)
"Saturne" Sarah Chiche (écrivaine thérapeute qui touche par sa quête de vérité, sa sensualité, pour renaître à la joie)
"Le vieux qui lisait des romans d'amour" Luis Sepulveda (ce livre est une merveille)
"L'homme aux loups" Freud
"L'Heure du loup" Ingmar Bergman
L'écrivain-poète Joseph Ponthus s'en est allé, à 42 ans. Lisez son long poème fraternel A la ligne + Feuillets d'usine + À l'inconnue qui nous dévore, hommage à Xavier Grall.
Relisez Philippe Jacottet, la justesse d'une voix : il nous quitte à 95 ans.

Sites
Musiques
"Skin in the Game" David Linx (voix souple et timbrée, mélancolie sensuelle)
"Fletcher Moss Park" Matthew Halsall (superbe trompette jazz cool méditative top Yoga !)
"Frédéric Chopin. Etudes et ballades" Roustem Saïtkoulov (voyage en pureté musicale)
Tonton David, figure du reggae en France, nous a quittés à 53 ans... "Chacun sa route , chacun son chemin !"



"La santé de l'homme est le reflet de celle de la Terre."
Héraclite


   "A notre époque, les engouements ne manquent pas dans la vie spirituelle. Une année, on nous dit que les neuvaines nous apportent la solution que nous attendons, une autre année ce sont les retraites, et une troisième année, les centres de méditation. De vrais croyants nous disent que le culte de leur choix est la seule réponse aux difficultés de la vie. Les partisans de l'occultisme promettent le salut dans les étoiles ou dans l'ancienne sagesse orientale. La communauté thérapeutique offre des rencontres-marathons ou des ateliers dans lesquels on se libère des pulsions de colère afin de purifier son âme. Maintes et maintes fois, les gens essaient des cures, des cultes et des exercices psychologiques, puis finissent régulièrement par les rejeter. Ils sont à la recherche de ce qui leur permettra de se sentir bien, de stabiliser leur perspective, et de donner une signification et une direction à leur vie.

   Mais, si nous ne sommes pas des spirituels là où nous sommes et tels que nous sommes, nous ne sommes pas du tout des spirituels. Nous sommes simplement des consommateurs du dernier gadget spirituel qui engourdit nos idées déjà confuses mais n'apporte jamais la plénitude à nos esprits ni la liberté à nos cœurs. Nous n'avons d'autre accès à la "vie bonne", si ce n'est maintenant, si ce n'est ici. La vie ici et maintenant est tout ce que nous avons, nous tous sans exception : c'est à partir d'elle que nous avons à faire de la sainteté un style de vie normal, qui ne soit pas contraire à la nature." Paroles vraies et bénies de Joan Chittister, bénédictine.

   Vous en voulez encore ?! "Le moine recherche la sainteté pour ici et maintenant ; il ne s'empêtre pas de régimes alimentaires étranges ou de dévotions ésotériques ou de faux sacrifices qui portent atteinte à sa personnalité profonde. Le vrai moine marche dans la vie avec une âme dégagée, alerte, éveillé, plein de reconnaissance et il n'est que partiellement chez lui."... 
   Mes amis, trouvons une spiritualité, notre spiritualité, qui nous apporte des clés quand nous cherchons une réponse aux problèmes écologiques, pour trouver notre chemin à travers le fourré des relations humaines, pour nous dire comment faire face aux caprices de la vie, pour expliquer notre dépression et notre frustration et notre ennui dans la vie spirituelle. Pour nous aider à libérer notre esprit de nous-mêmes !
   Enfin, aimons-nous, aimons les autres, aimons la vie, nom d'un pangolin !

   S'ouvrir à l'expérience contemplative ? Facile à dire. Mais comment fait-on ? Premièrement : cultiver la solitude, le silence. Pour nous guérir de la dispersion, de la superficialité. Deuxio : développer l'attention, apprendre à être entièrement présent, amplifier notre capacité de perception, apprendre à nous libérer des discours de notre esprit qui dans 90% des cas fonctionnent comme des préjugés, sorte d'automatisme qui filtre la réalité et qui nous en sépare. Apprendre à nous distancier de nos pensées, de leurs discours pour guérir de notre habitude de tout préjuger . Enfin, nous décentrer, suspendre, mettre entre parenthèses, arrêter un moment nos tendances réactives. En nous exerçant à prendre ce qu'on nous donne, en ne nous accrochant à rien. Quand on réunit les trois, on peut alors parler d'expérience contemplative. J'ai lu cela dans quantité de livres, articles; entendu dans moults conférences, colloques. Facile à dire... À pratiquer....

   Plusieurs d'entre vous me demandent pourquoi j'écris, non seulement ces Lettres depuis 110 mois, mais depuis 30 ans. L'écriture sert à me rendre vivant. Il me vient des humeurs, des indignations, des joies qui me donnent l'envie d'être partagées. Garder pour soi ne sert pas à exister vraiment. J'y retrouve le sel de la vie au quotidien. J'y vois comme un rendez-vous qui ne se manque pas. Les mots lus n'ont pas la démesure imbécile et lâche de ceux posés sur les écrans. Cet espace d'écriture ne rend pas indifférent. Ce n'est pas essentiel de s'y reconnaître, seulement de s'asseoir et écouter battre l'esprit du stylo ! Il est bon d'apprendre de l'autre.

   Pour mes 63 ans, je me suis offert un cadeau qui n'a pas de prix, que je désirais depuis 2/3 ans : j'ai entrepris un accompagnement spirituel pour relire mon chemin intérieur. Que du bonheur. Demander de l'aide, ce n'est pas abandonner. C'est refuser d'abandonner.

   A votre avis, c'est quoi la plus grande perte de temps ? Se comparer aux autres. Ecoutons davantage nos rêves que nos peurs. Notre manière de réagir aux choses est notre plus grande liberté. Apprenons à vivre le moment présent : trouver un endroit calme, fermer nos yeux, respirer.... Les relations humaines, c'est étrange : on voit seulement l'extérieur des gens, mais presque tout se passe à l'intérieur. La plus grande des gentillesses, c'est d'être gentil avec soi. Souvent, la personne à qui l'on pardonne le moins, c'est nous-même. Rien ne vaut la gentillesse, elle domine paisiblement tout le reste. Nous n'avons pas besoin d'être extraordinaire pour qu'on nous aime.... Parfois, le simple fait de se lever et d'avancer est courageux et magnifique. 

  Impossible de terminer cette lettre sans avoir une pensée émue pour une belle personne à qui j'ai fait connaître la Bretagne profonde, finistérienne, au point qu'il a quitté son ermitage pyrénéen pour venir au bord de l'eau bretonne. Il nous a quittés il y a deux ans, le 25 février, laissant un trésor de livres à lire, relire, prendre quand bon nous semble. Il avait 65 ans. Philippe Mac Leod, on t'aime. Extraits : " Ce n'est pas en jetant des ponts qu'on rejoint les autres, mais en creusant des tunnels. Non plus en me fuyant, en multipliant les contacts, mais par le fond, par le centre, par ce qui ne s'entend pas, pour rejoindre en l'autre son visage caché et le toucher avec ce qui en moi-même se révèle le moins tangible : là où nous sommes un, là où vraiment nous sommes frères, vivant de cette vie secrète qui nous abreuve d'une même sève."  

   La plus grande illusion, c'est de penser que la vie doit être parfaite. La vie est difficile, mais nous sommes aimés. Sincèrement, nous avons souvent l'impression de n'avoir rien d'intéressant à dire. Être sincère est toujours intéressant ! Que faire quand notre coeur souffre ? L'envelopper d'amitié, de larmes et de temps, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau plein d'espoir et heureux. N'oublions jamais que nous sommes importants, que nous sommes aimés, et que ce que nous apportons à ce monde, nous seul peut l'apporter. La haine fait beaucoup de bruit, mais il y a dans ce monde plus d'amour qu'on l'imagine.
  
Je vous envoie du courage et de l'amour. C'est vieux jeu, mais indispensable sur la voie de l'ataraxie, ou l'art d'être heureux ! Arrêtons d'être durs envers nous-mêmes. Cessons d'être nos propres bourreaux.
"Nous vivrons ce que nous changerons !" : slogan historique de la CFDT... qui n'a jamais été autant d'actualité !
Bises printanières,
Jacques


PS : vous êtes environ 1140 "belles" personnes à recevoir mes Lettres (sur 1656 contacts). Un réseau humain et convivial inestimable. Je vous en remercie encore. Je me permets donc de vous solliciter. 
   Je suis en quête d'un "ermitage", un cabanon autonome, simple, dans un cadre de nature, loin de l'agitation humaine et du bruit, afin d'y résider quelque temps entre le printemps et l'automne de cette année, pour écrire mes "mémoires". 
   A 33 ans, j'ai écrit sur mes 30 premières années de vie : cela m'a pris 9 mois (le temps d'une grossesse !). 
   A présent je veux (ac)coucher les 30 suivantes. 
   J'étudierais toutes propositions, et conditions. 
   D'avance merci.