jeudi 28 juillet 2022

 

30 septembre - 09 octobre 2022

Session - retraite

"Propos sur le bonheur"

Hameau des Damias (Drôme sud)

www.lesdamias.com

(vacances Toussaint, même lieu, séjour "repos zen cool")

 Lettre juillet - 125eme -

Bonjour, Bonsoir


"Tout éveil conduit à l'engagement."
Jean Sulivan

   J'ai vu trop de gens nommer états spirituels les déroutantes variations de leurs humeurs... Moi y compris. Au fur et à mesure que la foi se dépouille, on accorde de moins en moins de crédit aux expériences personnelles, celles des autres, les siennes. "Elève ta voix, s'il y a une oreille humaine pour t'endendre ; fais-la taire s'il n'y a personne ; mais pour écouter le fond de ton être, il y a toujours quelqu'un." (je sais plus qui a dit cela)
   "Le jour où l'équilibre s'établira entre ce que je suis et ce que je dis, ce jour-là, peut-être, je pourrai bâtir l'oeuvre dont je rêve." Albert Camus. Donc, il y a de l'espoir, camarades spirituels !

   Jean-Yves Leloup : "La réalité relative, c'est que nous sommes poussière et que nous retournons à la poussière. Tout ce qui est composé sera un jour décomposé, mais il existe aussi une autre réalité : nous sommes lumière et nous retournons à la lumière. Il y a en nous un soleil sans couchant, un état d'éveil et de paix vers lequel notre infini désir ne cesse d'aspirer." 
   Question importante : portons-nous ce désir, en nous... vraiment ? Ne nous laissons pas assombrir.... La sclérose a tellement gagné les individus... comme les institutions. Encore plus vrai depuis ces deux dernières années.... Alors que le "paradis" est là, à notre porte, chaque jour. L'enfer également. A chaque fois que nous sommes dans l'émotion positive, au niveau de nos cinq sens, c'est gagnant. Quand nous sommes dans l'enfermement, c'est perdant. Yin et yang. Comment en sortir ?... J'attend vos suggestions, merci.

   Que nous disent les coachs et psychothérapeutes ? "Les étiquettes dont on vous a affublé enfant ont été limitantes, elles ont façonné votre identité. (...) Aujourd'hui, vous avez le pouvoir de changer votre regard sur vous, vous pouvez corriger leur contenu pour le transformer en "Je suis compétent""J'ai le droit de réussir""Je suis quelqu'un de bien." Vous ne pouvez pas modifier le passé, vous devez faire avec et l'accepter, mais l'impact que ce passé a sur votre présent, ça, vous pouvez le changer !"
   Il est vrai que papa-maman ont fait ce qu'ils ont pu, avec ce qu'ils étaient, ce qu'ils ont reçu ou pas. Soit. Mais il faut dire aussi qu'il y a des pères et des mères qui jusqu'à leur fin de vie continuent à "polluer" l'atmosphère de leurs enfants. Et là la seule solution c'est de couper nette la relation ! Couper net le cordon...

   La fragilité, notre fragilité, nous ouvre à l'empathie. C'est par exemple l'un des effets secondaires positifs du covid. Autour de nous, les personnes durement touchées par le virus sont devenues globalement plus empathiques envers leurs pairs. " En transmettant aux tout-petits que la fragilité fait partie de nous et qu'elle n'empêche ni de connaître nos forces ni de vivre le plus souvent paisible, nous leur évitons de l'associer à la faiblesse et à l'impuissance. Quand on se sent fragile, c'est un moment parmi d'autres et celui-ci a de la valeur. 
   La fragilité est précieuse si on sait l'écouter : elle nous apprend à prendre soin de nous, mais aussi des uns et des autres. Elle nous ouvre à l'entraide et à la réparation. Ce sont des notions joyeuses, qui se placent du côté des liens, de l'amitié et surtout de l'empathie. Autant de véritables clés dans notre lien aux autres et à nous-mêmes." nous rappelle Léa Didier, psychologue clinicienne.

   A contrario, un obstacle majeur à l'empathie - cette douceur relationnelle dont nous avons tant besoin en ces temps troubles où pour un rien l'on devient agressif -, c'est l'orgueil. Qui signifie en hébreu : "manquer sa cible". Quelle est cette cible ? Le bonheur. L'orgueilleux n'est pas celui qui s'aime - l'amour de soi est bon et nécessaire -, mais celui qui s'aime de manière démesurée, qui croit n'avoir besoin de personne pour être heureux. Il se voit comme le centre du monde, et comme supérieur à tous. Egoïste, arrogant, suffisant, l'orgueilleux ne pense qu'à lui, ne vit que pour lui. Dur, dur... 
   Comment le combattre ? Pour sortir du "moi d'abord", rien de tel que l'humilité. L'humble connaît sa petitesse, ses faiblesses, ses limites. Il sait qu'il ne se suffit pas à lui-même, mais qu'il dépend des autres. C'est, entre autres, pour cette raison que la maladie, la séparation, les heurts de la vie existent. Pour nous rendre, entre autres, plus humbles. Peut-être...

   Sensibles, créatifs, empathiques, intuitifs vous êtes ?... Et si la compétition n'était qu'une invention transmise par des adultes en manque d'ego ? Alors que dans le respect inconditionnel de l'autre, l'échange coopératif se nourrit des différences et originalités de chacun ; et va créer par cette alchimie quelque chose qui dépasse les membres pris individuellement. "Ce processus inhérent à la coopération enrichit chacun en une plus-value bienveillante, source d'évolution" nous dit le psychologue clinicien et psychothérapeute David Alzieu.

   Nous avons changé. La crise a fait naître des angoisses mais aussi insufflé de nouvelles aspirations. Elle a fait émerger nos capacités personnelles d'adaptation (le mot-clé de toutes les crises !). Des psy proposent des solutions pour tirer parti de ces bouleversements intérieurs. "L'arrivée quotidienne de mauvaises nouvelles joue sur les rêves et les insomnies, engendrant la résignation et un certain "aquoibonisme"." nous avertit Sarah Chiche, psychanalyste et psychologue, auteure de Saturne, roman sur le crépuscule d'un monde.
   "Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions." Rainer Maria Rilke

   A condition de ne pas nier les risques, l'optimisme reste bénéfique pour la santé, même en temps de crise mes amis. La flexibilité est une condition première pour s'ouvrir au réaménagement de soi. Si l'on ne se rigidifie pas face aux questions qui affluent, alors (presque) tout est possible ! L'anxiété est bénéfique, même si elle est inconfortable. "Cultiver l'art de l'instant présent, c'est enrichir notre rapport au monde, découvrir tout ce que nous ne voyons pas, s'affranchir du désir d'ailleurs, de mieux, de plus facile ou de plus immédiat." nous dit Christophe André, le psy très médiatique. A méditer...

   Les 5 ressources pour accompagner le changement, selon Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne et psychothérapeute, et Jean-Christophe Seznec, médecin psychiatre : "ancrez-vous dans l'instant présent, soyez curieux, soyez créatif, soyez audacieux, entamez une correspondance (écrire)". C'est du pur Yoga ça mes amis !
   Et si vous ne l'avez pas encore entendu, ci-joint le cri d'alerte des jeunes diplômés de Polytechnique en juin : https://www.dailymotion.com/video/x8c3cs9

"Dès l'instant où vous comprendrez l'importance de s'aimer soi-même, 
vous cesserez de faire souffrir les autres." 
Thich Nhat Hanh

Des livres qui nous délivrent
"Ils nous bouffent. Un guide très pratique et spirituel pour se libérer des écrans" Jean-Baptiste Bienvenu (lutter contre le totalitarisme des écrans, qui bouffent nos libertés... à méditer sérieux camarades "pleine conscience"...)
"Du cinéma... à la spiritualité" Geneviève Koevoets-Mahâjyoti (préface de Jacques Vigne. Magnifique autobiographie...)
Tous les livres de Jean-Claude Pinsonqui écrit sur le rapport fondamental de la poésie à la nature, mais aussi ceux de Pierre VinclairValérie Rouzeau
"L'Idolâtrie de la vie" Olivier Rey (pour l'année particulière que nous venons de vivre...)
"L'entraînement de l'esprit et l'apprentissage de la bienveillance" Chögyam Trungpa (le livre qui aide le plus à vivre Alexandre Jollien.)
"Aux vannes, citoyens ! Petit essai d'humour politique" Charline Vanhoenacker (ouvrage très sérieux sur la mécanique du rire politiquement incorrect, par l'excellente journaliste satirique et chroniqueuse belge.)

Sites
https://air-e.org/la-marche/ (marches climat en Finistère, projet éco-hameaux en bzh et ailleurs)
passeur-de-mots.fr ( laisser une trace par-delà la maladie)

Musiques, nourriture pour l'âme
"Forever on my mind" Son House (géant du Delta blues... profonde intensité)
"Temple road" Naâman (composé entre l'Inde et la France, avec délicatesse)
"Nova cardinale" Superpoze (effet baroque et surnaturel garanti !)
"S.H.A.M.A.N.E.S." Anne Paceo (album aux accents chamaniques...)
"Keren Ann & Quatuor Debussy" (escale poétique entre le répertoire folk-pop de Keren et les textures sonores des cordes de l'éminent Quatuor)


"La poésie est naturelle, 
elle est l'eau de notre seconde soif." 
Andrée Chedid


   Quand j'écris, je sens que je m'élève... Il me semble qu'humainement je vaux mieux quand j'écris.... Car pour le reste, je suis comme vous, comme tout un chacun : je vis des hauts et des bas, je peux être bon ou con, petit ou grand, à prendre ou à laisser,.... L'humanité quoi.
   Je vous invite, cet été, à lire ou relire Rimbaud. Ou les ouvrages écrits sur lui, de Jean Rouaud ou Alain Vircondelet. Rimbaud a franchement tout d'un emmerdeur (dans le bon sens du terme), si on lit bien. Paraît-il que le poète ne pouvait se départir d'un imperceptible sourire en coin. Et si c'était une façon de dire : " Où que vous cherchiez, quoi que vous écriviez, vous ne m'aurez pas ? ". Voilà une posture que j'admire...

   Extraits de Laudato Si, du Pape François, à méditer sérieux, amis méditants et méritants :
"L’accumulation constante de possibilités de consommer distrait le cœur et empêche d‘évaluer chaque chose et chaque moment. (LS 222)

Plus le cœur de la personne est vide, plus elle a besoin d’objets à acheter, à posséder et à consommer (…) L’obsession d’un style de vie consumériste ne pourra que provoquer violence et destruction réciproque, surtout quand seul un petit nombre peut se le permettre. (LS 204)

La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand (…) on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. (LS 223)

L'environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l'humanité, sous la responsabilité de tous. Celui qui s'approprie quelque chose, c'est seulement pour l'administrer pour le bien de tous.  (LS 95)"


   Un peu d'humour dans ce monde de brutes, relevé dans mon quotidien : " Je ne dis pas qu'il fait chaud, je fais juste remarquer que les poules pondent des œufs à la coque. C'est tout.", " Enfant, je regardais le magicien d'Oz, et je me demandais comment quelqu'un pouvait parler s'il n'avait pas de cerveau. Puis, il y a eu les réseaux sociaux.", " La tendresse c'est comme l'escrime, c'est, avec respect, toucher l'autre du fil de l'âme."
   Peut-on rire de tout ? Subversion nécessaire qui nous permet de remettre en cause le monde dans lequel nous sommes enfermés. Rions de tout, nom d'un pangolin ! On doit être résolument du côté des transgresseurs, des subversifs, des rigolards impénitents et des provocateurs de tous acabits. Nietzsche attendait patiemment ce "grand rire qui ferait éclater le cosmos".
   Alors, cessons de nous prendre au sérieux, pour "quelqu'un", de vouloir péter plus haut...

   Cela fait maintenant une bonne dizaine d'années que nous communiquons, vous et moi, par courriel ou téléphone. L'heure est venue de "marcher ensemble" ! Oui, à 64 ans, libre et disponible, je caresse le désir de me balader, randonner, avec l'un ou l'une d'entre vous, pour un pèlerinage cool-tranquille, à notre rythme, quelque part en France (entres autres). Donc merci de me proposer une "aventure pédestre" par chez vous, sur un sentier à découvrir ou redécouvrir ; une, deux ou trois semaines, à définir ensemble. J'attend tranquillement vos propositions. Merci

   La retraite à 60 ans financée par les plus riches, vous y avez déjà pensé ? Parce que c'est tout à fait faisable mes amis. L'égalité n'est pas un long fleuve tranquille...
   Comment soigner la "zoom fatigue" des salariés ? Si vous avez une idée.
   Chut... Le silence aide à aller mieux.

   Parlez-moi des jardins qui sommeillent en vous...Nous avons tous un jardin secret... Comme le souligne Paulo Coelho, " il n'y a ni victoire ni défaite dans le cycle de la nature : il y a du mouvement." Il n'existe donc pas d'expérience négative dans l'absolu !
   La foi est un printemps de l'âme. Devant un ciel qui rosit, dans l'absolu silence de l'aurore, j'ai l'impression de retrouver la curiosité joyeuse de l'enfance. Pas vous ?
   Mantra du mois : Ad astra per aspera, ou " vers les étoiles à travers les difficultés ".
   Il reste quelques places pour vous, en pièce jointe, pour notre session sur le Bonheur. Welcome !

Bel été à chacun.e, apprécions - nous les uns les autres... surtout si nous sommes différents.
Bises bretonnes,
Jacques

mercredi 8 juin 2022

 Lettre juin - 124eme -

Bonjour, Bonsoir


"L'homme est un animal inconsolable et gai."
Jean Anouilh


    Il faut s'amuser de certaines situations, sinon elles deviennent trop angoissantes. C'est une façon de lutter. Cela aide. Ne pas se focaliser sur le futur aide à être heureux, l'avez-vous constaté vous aussi ? Vivre dans le présent. Dans les périodes arides, il est bon de vivre un seul jour à la fois. "Sois occupé, jamais préoccupé", conseillait Maximilien Kolbe. L'âme se rééduque par le corps.
   Rien ne nous met plus en joie qu'une vraie rencontre. Quand tout à coup, dans le chaos de la vie, surgit le miracle des affinités, du langage commun, du partage possible. La joie de la rencontre, c'est la joie de la confiance dans l'humanité. Et nous en avons besoin, pour rester debout, camarades !

   "Chaque étape réussie de notre voyage intérieur ne nous permet pas d'accéder à plus de pouvoir personnel, mais nous libère de la certitude tenace et ancienne de notre impuissance ! La lumière de cette révélation estompe notre faux moi et tous nos faux désirs que nous prenions jusque-là pour des besoins réels.", nous interpelle Guy Finley dans son best - seller Lâcher prise, truffé de réflexions pour nous aider à chasser de nos vies tristesse, rancoeur, anxiété, pour nous ouvrir à la paix et à la joie, deux ingrédients majeurs qu'ils nous manquent, à vous et à moi, trop souvent....

   Covid : 15 millions de décès de par le monde. Grippe aviaire : seize millions de volailles abattues rien qu'en France depuis le début de l'épizootie en novembre. Pensée émue pour tous ces vivants disparus.... Dans la nature, aucune créature vivante, mammifère ou plante, ne s'interroge pour savoir si elle fait de l'ombre à sa voisine !

   Beaucoup plus inquiétant que la pandémie : le changement climatique. "On n'aura pas trois essais" nous avertit Jean-Marc Jancovici, créateur du bilan carbone, ingénieur polytechnicien et cofondateur de "The Shift Project" dont je vous conseille vivement et urgemment de lire leurs préconisations pour éviter le mur qui se rapproche ! Son entretien dans Ouest-France du 21-22 mai est sans appel : il nous faut absolument arrêter nos conneries ! 

   Changer de paradigme, se contraindre aujourd'hui au profit d'une liberté pour plus tard, rentrer peu ou prou dans une économie de guerre et aller beaucoup plus vite vers le changement de nos habitudes d'occidentaux privilégiés. Action que vous et moi pouvons mettre en place immédiatement : délaisser progressivement la voiture et l'avion, qui sont les plus néfastes pour l'environnement... Lisez son dernier ouvrage, offrez-le aux décideurs ! Y'a urgence...

   "On n'a pas à respecter les idées, mais les êtres humains. Personne ne pense la même chose, vous ne pouvez pas respecter les croyances de l'autre ! Mais vous devez respecter la personne qui croit. Jouissez des libertés, vos vies seront plus riches ! Le peuple s'offusque des libertés et il réclame d'en avoir moins ! Mais l'absence de liberté d'expression mène à la guerre.

   Je ne plaide pas l'obligation d'emmerder Dieu, mais le droit de le faire. Les croyants devraient au moins conserver un droit d'irrespect envers Dieu. S'il existe, je ne pense pas qu'il s'offusquera de mots d'esprit ou de critiques. J'imagine un dieu bienveillant, qui verra la preuve de la réussite de l'homme qu'il a créé dans le fait qu'il montre un esprit critique.

   C'est à nous et à nous seuls, qu'il revient de réfléchir, d'analyser et de prendre des risques pour rester libres. A nous de rire, de dessiner, d'aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration." nous avertit Richard Malka, avocat de Charlie-Hebdo, dont son livre au titre provocateur, Le droit d'emmerder Dieu, s'est vendu à plus de 80 000 exemplaires. Prix des députés et Prix du Livre politique cette année. R. Malka vit sous protection policière permanente...

   Lorsque la mondialisation gomme la singularité des esprits, lorsque l'ethos capitaliste forme non des citoyens, mais des consommateurs, quoi de plus écologique et démocratique que d'apprendre à penser par soi-même ?  Rendons la "philosophie populaire" (Diderot), et ce, dès le plus jeune âge. A méditer camarades méditants !

   "Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres." disait Antonio Gramsci. Nous sommes un peu dans cette situation, n'est-ce pas ?
   Méfions-nous du reflet déformant de l'actualité, qui entretient une anxiété et un climat délétère ! Par conséquent, on coupe BFMTV sans hésitation, on s'éloigne des réseaux sociaux et on se retient de propager ses tristes réflexions....

   Quittons les grandes villes ! Le recours aux forêts permet le réveil de notre vie intérieure. Ce ne sont pas les merveilles qui manquent, mais notre regard qui manque à la merveille. Il suffit que les humains décrochent de leur écran ! Pour échapper à la vanité des hommes. Éviter d'abîmer notre regard dans le puits des réseaux sociaux. Se noyer dans le vert plutôt que dans le sombre. Il faut relire l'Argent de Péguy ou la France contre les robots de Bernanos : le système a sa logique, celle du veau d'or qui pousse à la prédation et à la destruction. Or, l'homme n'est pas dans la nature, mais de la nature. 

   Le bonheur, n'est-ce pas accepter de n'être jamais absolument consolé ? On en veut toujours davantage. Je ne suis plus à la poursuite du bonheur. Une illusion en moins !.... Je crois davantage à la "viridité" dont parlait Hildegarde de Bingen, cette force et cette verdeur qui sont des cadeaux de la vie. Au digital, je préfère le végétal ! Loin des algorithmes qui nous asservissent aux écrans et à l'immédiateté, qui détournent et volent notre attention. Une manière somme toute de reprendre le pouvoir ! Non mais alors....


"Les arbres et les pierres t'enseigneront 
plus qu'aucun maître ne te dira."
Bernard de Clairvaux


Des livres et vous
"Ce monde est tellement beau" Sébastien Lapaque (auteur singulier)
"Les contemplations" et "Aux arbres" Victor Hugo
"En présence des anges, découvrir le monde invisible" Jacques Gauthier
"Petite déclaration d'amour aux anges, nos compagnons de route" Gaëlle de La Brosse
"Le complotisme : cognition, culture, société" Sylvain Delouvée/Sebastian Dieguez (un tour d'horizon complet sur ce délire...)

Sites
compagnie-faisan.org (site de la compagnie de Jacques Bonnaffé, éveilleur de conscience)
theshiftproject.org (une super association à rejoindre, soutenir, inviter...)

Musiques
"Naked truth" Avishai Cohen Quartet (une demi-heure en apesanteur... salutaire sensation)
"Limbs" Keeley Forsyth (hypnotise, nous convoque dans son monde lunaire. Chant puissant qui semble invoquer les puissances telluriques...)
"For The Sake of Bethel Woods" Midlake (réveille les fantômes du rêve hippie. Beau et poignant)
"Psyché" Ambroisine Bré (conte la relation amoureuse entre Psyché et Eros. Exaltation de la passion sublimée par le timbre sensuel d'Ambroisine la bretonne)
"Tissé" Marion Rampal (teinte folk qui domine, blues et Nouvelle-Orléans. Serait-elle la Barbara du jazz ?...)


"La foi, c'est 24 heures de doute, 
moins une minute d'espérance."
Bernanos


   "Bien vieillir, c'est vivre sa vieillesse dans le présent de chaque jour. Profitez pleinement de vos 24 heures. Soyez pétants de vie jusqu'à la fin. C'est ça, une vision spirituelle de la vieillesse." nous stimule Guy Gilbert, avec son langage fleuri qui réveille les "vieilles taupes et vieux hérissons" !

   Mon maître spirituel de toujours, le fameux JC, a dit : "Redevenez comme des petits enfants...". A ce propos, les adultes que nous sommes feraient bien de davantage consulter les enfants sur leur perception de leur bien-être. Ce qu'ils disent et pensent de nous, les adultes. La vérité sort souvent de leur bouche.... 

   Ainsi, l'Unicef en a interrogé 25 300, de 6 à 18 ans, en 2020-2021. Extraits : "... à l'école, 80% évaluent positivement les relations avec les copains et les pairs, les activités scolaires, la classe et aussi le sentiment de sécurité. Par contre, ils évaluent négativement leurs relations avec les enseignants. Plus de 50% d'entre eux trouvent qu'ils ne les félicitent pas assez. Les enfants et ados ont peur des notes, typiquement français. On a tendance à davantage reconnaître les fautes, les manques, les erreurs, qu'à valoriser les réussites et les progrès. Cela fait des années que l'Unicef le dit à l'Education nationale ! 

   Dès la petite enfance, on pointe davantage ce qui ne va pas que ce qui va bien. On est inséré dans une sorte de pessimisme. Ce pessimisme français, souvent souligné par l'Insee, est ancré dans les institutions dès le plus jeune âge. Et au collège... c'est pire ! Les jeunes estiment ne pas être assez préparés par l'école pour aborder leur avenir sereinement. Contrairement à bien d'autres pays, en France, les compétences socio-émotionnelles, les apprentissages psycho-sociaux, sont encore très largement laissés de côté par l'Education nationale. La fonction de délégué de classe est complètement à repenser...".

   J'ai "donné" les dix dernières années de ma vie professionnelle à l'Education nationale. Je confirme tout ce que l'Unicef constate !
   Je confirme que l'enfance (surtout la petite enfance) a un goût de paradis, une pureté, une spontanéité, une énergie créatrice, un enthousiasme, un bonheur de vivre, une présence au Présent, une pulsion de vie, une joie d'être,..., que peu d'adultes ont gardé. Pourquoi ? A quel moment avons-nous donc quitté ce sentiment paradisiaque ?... J'ai quelques idées là-dessus, mais j'attends les vôtres ! Merci

   "Il est étrange que tant d'hommes spirituels aient sérieusement passé des heures à essayer de localiser précisément le jardin d'Eden. Il est fort probable que nous soyons toujours en Eden. Ce sont nos yeux qui ont changé." nous suggère Hubert Darbon dans Le monde selon Chesterton. Une année avec le prince du paradoxe.

   Même si l'expérience m'a appris que peu de réponses nous sont données sur la Terre - et de moins en moins à mesure que l'on vieillit - la curiosité me tenaille toujours. Ainsi, chaque jour, nous pouvons "commencer". Car chaque jour est à lui seul une vie. A chaque jour suffit sa joie ! C'est Sénèque qui nous y invite : "Je tâche qu'une de mes journées équivaille à une vie entière."

   Nous avons tous connu des "moments étoilés" dans notre existence... qui témoignent que "la lumière existe"... L'étonnement et l'émerveillement sont le commencement de la Sagesse. Einstein : "Il n'y a que les imbéciles qui ne s'émerveillent pas." (les imbéciles : ceux qui croient savoir et qui s'arrêtent dans leur quête).

   La vraie conversion est un chemin, elle se fait tous les matins. Je ne crois plus au Grand Soir : la vraie révolution, c'est chaque soir !
   Notre monde intérieur est-il un oignon ou une pomme de terre ?
   Qu'est-ce que j'aime les gens gentils. Un sourire d'un.e inconnu.e peut illuminer ma journée.
   Parfois, la vie est douce pour ceux qui s'aiment...(sèment).
   Bon et beau juin (sic) à chacun.e,
   Jacques

mardi 17 mai 2022

 

30 septembre - 09 octobre 2022

Session - retraite

"Propos sur le bonheur"

Hameau des Damias (Drôme sud)

www.lesdamias.com

(vacances Toussaint, même lieu, séjour "repos zen cool")

 Lettre mai - 123eme -

Bonjour, Bonsoir

"Aucune pensée n'est immunisée
contre les risques de la communication."
Theodor Adorno


   Vous connaissez la chanson "Le travail, c'est la santé... rien faire c'est la conserver...". Travailler moins et vivre mieux, c'est un choix à assumer. Gagner moins mais consommer et vivre différemment. Quelques peurs à dépasser pour se lancer à temps partiel : la peur d'être jugé par ses collègues, la peur de devenir fainéant, la peur du vide, la peur de manquer. On vit dans une culture du présentéisme entretenue par les managers dans l'idée qu'un bon entrepreneur doit forcément bosser quatre-vingts heures. On devrait lâcher le perfectionnisme. Savoir prioriser et dire "non" parfois. Il faut accepter le fait d'être en décalage par rapport à ceux qui triment. 

   Du coup on a du temps pour faire de ses mains, bricoler, jardiner, faire son pain, regagner en autonomie. On a le temps d'apprendre à faire soi-même. Travailler évite de réfléchir à soi et au monde. En faire moins permet et implique de prendre le temps de penser et de s'écouter. De se demander : Comment je me sens ? Qu'est-ce qui est important pour moi ? Qu'est-ce que je sacrifie pour mon boulot ? Un choix qui nécessite de revoir son rapport à l'argent : de combien j'ai besoin pour être bien ? !
   Perso, depuis que j'ai plus de temps et moins d'argent, je m'engage dans des projets collectifs, des réseaux de partage, d'échanges. Je retrouve une communauté. J'ai un grand potager, je fais le pain familial, les courses, la lessive, la vaisselle, etc. Je contemple, ne fais rien, lit beaucoup, me nourris de musique, profite des amis, apprécie le présent, prend le temps de savourer le temps qui passe, écoute et regarde la nature qui vit.... Et vous, qu'en dîtes-vous ?

   Une autre information est possible. De la responsabilité des médias "officiels" dans la désinformation collective, l'abêtissement général, le détournement de la réalité par rapport à sa diversité, souvent plus subtile et plurielle que ce qu'il en est dit à la télévision par exemple. Il devient urgent de sortir de notre entre-soi. Les médias de niche estampillés "engagés" comme Basta, Reporterre, le Bondy Blog ou StreetPress n'ont pas beaucoup d'argent mais ont un vrai lectorat, une vraie communauté. C'est bien la preuve qu'une autre information est possible. Raconter le réel dans sa pluralité, c'est fondamental pour la démocratie. Cessons d'être des moutons !

   La Joie, vous connaissez bien sûr. Cette émotion qui dilate notre coeur. "Dans la joie, tout est plus large parce que je m'élargis et je m'élargis parce que le monde s'ouvre davantage." nous dit Jean-Louis Chrétien. La joie entraîne une véritable "crue de l'espace et de l'existence". Elle modifie la perception de notre propre corps (quand on fait l'amour par exemple, ou lors d'un concert magnifique,...). On devient plus grand que le monde, on est un océan, une immensité astrale - on déborde de joie, comme on dit ! Notre respiration se fait plus ample, notre corps se redresse et vibre de mobilité. Nous sommes plus vifs dans un vaste espace. La joie nous dilate. Comment nous contaminer les uns les autres de ferveur et de vie ? Merci pour vos réponses.

   Autre urgence : comment en finir avec la violence qui est en nous, reflet de la violence collective ? Comment mener le combat contre le mal en soi ? Tout le monde est ok pour que cessent les guerres, alors qu'est-ce qu'on fait individuellement pour arrêter le massacre ? Je laisse la parole à Maryline Le Rigoleur, son courriel dans mon quotidien : "Est-ce parce que cette violence est en chacun de nous, que nous la justifions, que nous la condamnons, évitant ainsi un véritable face-à-face qui, seul, nous permettrait une compréhension profonde de son mécanisme, que nous nous résignons à nos conflits qui se répètent inéluctablement ?
   Qu'avons-nous peur de comprendre sur nous-mêmes qui nous fasse préférer notre propre destruction à la vérité de ce que nous sommes ? La fin d'une guerre n'est pas la paix... Tant que nous n'aurons pas éliminé définitivement, radicalement, par une compréhension lucide, la violence qui est en chacun de nous, la guerre sera sans fin."

   Les paroles belliqueuses et xénophobes de La Marseillaise reflètent très mal notre devise républicaine. La version chantée par Graeme Allwright serait plus appropriée pour notre siècle !
   Je vous l'ai déjà dit et répété : le prédateur de l'homme, c'est lui-même. Qu'est-ce que je fais pour canaliser la violence qui est en moi ? Du développement personnel, de la thérapie ?... En un mot, je soigne la partie blessée qui est en moi. Et vous, comment faîtes-vous ?


"Le concept de "vérité", compris comme dépendant de faits qui dépassent largement le contrôle humain,
a été l'une des voies par lesquelles la philosophie a, jusqu'ici, inculqué la dose nécessaire d'humilité."
Bertrand Russell

Livres qui nous délivrent
"L'événement sera notre maître intérieur" JM Domenach
"Lettres de sagesse et d'amour" Daniel Maurin (dcd trop jeune lui aussi)
"Comme un chant d'oiseau" Anthony De Mello (disparu à 55 ans)
"La Joie du réel" Soeur Catherine (la divine auteure de Récits d'une ermite de montagne)
"Soif" Amélie Nothomb (surprenante Amélie !)

Sites
villagesaintjoseph.org (en 22, font un boulot humain hors normes...)
www.sufiheritage.com (mes amis soufis)
vasectomie.net (place aux hommes !)
www.cettefamille.com (une alternative aux Ehpad)

Musiques
"Light in The Box" Julien Alour (un Quimpérois cocorico ! Un air frais sur le jazz, un régal)
"Septem Verba & Membra Jesu Nostri" Ensemble Correspondances / Sébastien Daucé (éloge de la douceur)
"Soul for the heart" Joe Barr et Breezy Rodio (de l'amour, toujours de l'amour pour un grand, très grand moment de soul-blues)
"Solo Bach - Abel" Lucile Boulanger (l'éloquence de sa viole de gambe déploie une expressivité inouïe)
"Breathe" Nicolas Folmer (souffle de jazz, ce disque nous donnera de l'énergie, de la bonne humeur)


"Il est difficile de dire la vérité,
car il n'y en a qu'une, mais elle est vivante,
et a par conséquent un visage changeant."
Franz Kafka


   Depuis l'arrivée de la pandémie, j'ai remarqué que nous sommes tous pris dans des impulsions intérieures où règne le culte du ressenti subjectif. Il est donc urgent, utile, de travailler la question de la "voix de notre conscience", à laquelle se sont référés Socrate, Jésus, Rousseau, Victor Hugo,... C'est la source où puiser !
   Pratiquons la liberté du regard. Ne soyons plus enchaînés par des idées toutes faîtes, par des plis mentaux (souvent d'ordre affectif) qui rendent notre vision étriquée. Où sont la vigueur et la rigueur de l'esprit ? Il faut savoir rester en interrogation. Peut-être faut-il écouter parfois le sentiment d'étrangeté que la vie dépose en nous. Comme si on s'était trompé de planète... Devenir capable de prendre position par soi-même, de discerner ce qui est création de ce qui est imitation, c'est renaître.

   Chacun de nous est une presqu'île. Nous avons tous à comprendre une chose toute simple : chacun de nous est une partie de l'univers et le tout compte plus que la partie. Il est normal que chacun pense à son épanouissement personnel, pourtant nous devrions préférer le destin du monde. Il est bon de considérer la totalité plus que soi-même.
   Lâcher-prise ne veut pas dire cesser de lutter. C'est se décrisper, lutter dans la détente. C'est trouver la paix (et je ne suis toujours pas, à 64 ans, "en paix"...). Toute l'humanité est notre famille. Tous ceux qui sont en état de vraie recherche spirituelle nous accompagnent. Nous ne comprenons pas tout, nous ne comprenons même presque rien. Il faut avoir senti cela pour s'établir dans la vérité. Alors on est moins étonné, moins meurtri....

   "Ce qui caractérise l'univers est d'être en devenir, mouvant, aléatoire, contradictoire, mais aussi créateur sans cesse de nouveauté. Nous sommes donc immergés, irrigués et traversés par cette réalité déconcertante nous plongeant dans l'incertitude fondamentale." nous dit Daniel Rosé
   Nos certitudes ne servent que notre besoin de sécurité, et notre petit confort. Haro sur la sécurité et le confort de nos certitudes ! Place à la dynamique du provisoire...
   Ne nous laissons pas intellectuellement séduire par le "négatif", véhiculé par les médias, réseaux sociaux et... nos voisins, familles, relations. Sortons de notre zone de confort, c'est le nouveau mantra actuel !
   Halte à la frivolité matérialiste et consumériste ambiante qui détruit, lentement mais sûrement, toute vie intérieure. Libérons notre "fond de bonté", cher à Paul Ricoeur.

   Féconde incertitude qui nous habite en ce temps que l'on vit, car les questions sans réponses sont la marque de la grandeur de l'humain.
   "Si le printemps ne fleurit pas en vous, il n'y a pas de printemps" nous rappelle Angélus Silésius.
   Et le philosophe Alain, que j'ai découvert à l'adolescence : "Le pessimisme est d'humeur et l'optimisme est de volonté." A méditer...
   Au fond, la vie est un cirque, une comédie, une tragédie à l'intérieur de laquelle on s'agite.
   Bises fleuries de printemps chaud,
   Jacques

PS : un peu d'humour dans ce monde de brutes. Lu dans mon quotidien : "Alors que je plie ma troisième brassée de linge, j'envisage de devenir nudiste. Puis je me rappelle de quoi j'ai l'air nu, et je continue à plier !"

 Lettre avril - 122eme -

Bonjour, Bonsoir


"C'est au cœur de l'hiver que j'ai découvert
que j'avais en moi un invincible printemps."
Albert CAMUS


   Des élections "chaud devant". Une présidentielle dans tous les sens. Le grand danger de nos peurs actuelles, toutes légitimes qu'elles soient, serait de sacrifier l'avenir au présent. Douze candidats. Douze apôtres. Où est le Maître ? A l'intérieur de chacun d'entre nous, camarades ! Votez qui vous voulez, mais votez, nom de zeus. D'autres peuples nous envient notre démocratie, alors ne jouez pas aux désenchantés qui n'en ont "rien à foutre" parce qu'ils en ont les moyens....

   Perso, celui qui me fait "kiffer" comme disent nos jeunes, c'est Jean Lassalle. Le gars de la terre, souriant, bon vivant, qui en a vu des vertes et des pas mûres en politique. Il a peu de chance de gagner dans notre pays d'intellos. Tous les petits candidats disent "vrai", mais n'ont aucun espoir de l'emporter, le "peuple" est trop embué. Au premier tour, je vais donc voter bien sûr. Non pas de manière affective, ni pour les beaux yeux d'un.e candidat.e, ou pour un courant que j'apprécie parce qu'ils sont tous à la ramasse. Donc, je vais faire dans l'urgence de la situation, pour éviter le duel de 2017 : Macron - Le Pen. Je vais donc voter - sans état d'âme - au premier tour pour le/la candidat.e donné.e en troisième position par les médias-sondages. Je verrais pour le second.

   Je continue - malgré tout - à prôner un anarchisme "d'éveil". Il signifie que les réponses ne peuvent plus venir d'un renforcement du pouvoir et de l'autorité, mais de nouvelles initiatives collectives d'autogestion et d'auto-organisation. Tous les grands mouvements sociaux nés ces dernières années refusent la verticalité. Associer systématiquement l'anarchisme à la violence est une façon de ne pas le penser. "L'anarchie, c'est l'ordre sans le pouvoir" disait Proudhon. Idée profonde que l'on retrouve dans l'éthique de Lévinas : être responsable, c'est répondre de soi. Pour aller plus loin, lisez Catherine Malabou.
   Rappelons que l'histoire n'est jamais écrite d'avance, qu'elle suscite et ménage toujours des surprises...

   Vous avez entendu parler du karma. Ou loi de causalité. Karma individuel ou/et collectif. Ce qui se passe pour l'Ukraine est inclus dans notre karma français. Lu dans mon quotidien "La France a équipé l'armée russe. Selon Disclose, Thales et Safran ont fourni, entre 2015 et 2020, des caméras pour les tanks, avions et hélicoptères russes. Pour 152 millions d'euros." Cherchez l'erreur.... La vente d'armes françaises à travers le monde, et ce depuis très longtemps, nous entraîne, vous et moi, dans un karma collectif qui nous dépasse. Je rappelle quand même que la France est le 3eme exportateur mondial d'armement. Aïe aïe aïe, le retour de bâton va être douloureux mes amis....

   Un peu d'humour dans ce monde de brutes, pioché dans mon quotidien. "Ça y est, mon salaire est hybride ! La moitié passe en essence et l'autre en électricité !", "Cela fait deux mois que la courbe des prix de l'essence se prend pour la courbe des cas de Covid. Y'a vraiment rien qui va cette année.", "Bientôt le litre d'apéro coûtera moins cher qu'un litre de carburant... Ça y est, on a la réponse à Boire ou conduire, il faut choisir !""Je suis en train de remplir des bidons d'essence. Je commence les cadeaux de Noël tôt cette année."

   Philosophie de la promenade intérieure. Incroyable le nombre croissant d'individus qui souhaitent se mettre à l'écoute de leur voix intérieure en ces temps troubles, de changement, d'effondrement disent certains. Rappelons-nous que s'ouvrir à l'écoute de la voix de l'Esprit demande une attention du cœur, favorisée par le silence et la capacité à faire le vide, qui exigent donc une certaine ascèse. Il y faut également de la lucidité, l'acceptation de soi quant à nos ombres et lumières, le repentir, la volonté de mettre de l'ordre dans notre vie. Le but étant de réacquérir la liberté intérieure pour faire des choix uniquement guidés par l'Esprit... saint !
   Autrement dit mes amis, y'a du boulot ! Et ça ne s'acquière pas en quelques stages de développement spirituel. C'est le souci d'une vie, la nôtre, puisque nous nous sommes (ré)incarnés pour "ça".

   Pourquoi les contemplatifs - comme vous et moi - se retirent régulièrement du monde pour vivre à l'écart de l'agitation ? "Plus l'âme se dégage, plus elle se sent libre et plus elle est apte à atteindre son Créateur et disposée à accueillir les grâces de la vie. C'est l'amour du silence qui pousse le contemplatif à prendre un temps de recul. Ce silence lui permet d'être seul avec le Seul !" Frère Edmond Amos Zongo

"C'est par la poésie que je dis les choses les plus fortes.
Avec elle, je n'ai pas besoin d'argumenter.
Le "je" de la poésie est un humain qui s'adresse à un autre être humain.
Pour un simple échange, pas pour une bagarre."
Tanella Boni, philosophe Ivoirienne


"Il existe une voix qui n'utilise pas de mots ; 
Écoute !"
Rumi


Des livres et vous
"Petite déclaration d'amour aux anges, nos compagnons de route" Gaële de La Brosse
"Par ici la monnaie ! Petite métaphysique du fric" Paul Clavier, enseignant-chercheur en philosophie
"L'après croyance", "Le doute et l'absolu" Olivier Rabut (riche de finesse psychologique et de sensibilité humaine)
"L'expérience de l'incomplétude" Thierry Magnin
"Le courage d'être" Paul Tillich

Sites
www.emmanuel-sos-adoption.fr (si vous le pouvez, aidez-les, merci. Les fondateurs ont raconté leur histoire époustouflante dans Comme un oiseau dans ta main)
www.oetopia.fr (en Bretagne)
www.irvin.fr (idem)

Musiques
"Mozart & Contemporaries" Vikingur Olafsson (captivant voyage mozartien aux sonorités fascinantes)
"L'art de la fugue, de Jean-Sébastien Bach" Eric Vidonne (un enchantement...)
"Idantitâ" Florian Favre (notes aériennes, on dirait une transposition d'un paysage où rêver à son aise...)
"West" Vincent Courtois (sublime album solo de violoncelle jazz protéiforme. Mais aussi "Firebirds", beauté romantique...)
"Dawn FM" The Weeknd (tourbillon musical, à la fois planant et euphorisant)


"La peur est une bête sauvage qui détruit la paix
et bloque notre capacité à donner ou à recevoir de l'amour."
Laurence Freeman


   Petit conseil d'ami aux pseudo-thérapeutes, enseignants spirituels de tous poils, tous ceux qui veulent "aider" les autres, les "guérir", leur apporter la "bonne parole" : les maîtres de l'Inde disent qu'il faut passer dix ans dans la solitude totale avant de pouvoir prétendre enseigner autrui. A méditer....

   Tous les hommes désirent la paix mais il y en a peu qui désirent les choses qui conduisent à la paix. Le seul progrès authentique est dans l'humilité et vers plus d'humilité. Dans la vie, le grand problème est de se débarrasser de soi. Il est préférable de rester silencieux et d'être, que de parler et de n'être pas. Il est bien d'enseigner si l'on fait ce que l'on dit. "Sachez-le, il en est de nos vies comme des oignons : à trop les éplucher, on finit toujours par pleurer !" François de Sales

   A vrai dire, qu'est-ce que changer ? Cette question s'est posée à toutes les intelligences. Elle se pose à chacun de nous dans son "troisième âge", lorsqu'on s'aperçoit qu'on a changé bien des fois et que c'est un même moi qui est demeuré. Et vous, qu'en pensez-vous ?
   "Vous ne savez pas ce qui arrivera demain ! Car, qu'est-ce que votre vie ? 
Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît." 
Epître de Jacques
   La procédure originale de la foi pose à plus d'un d'entre nous une difficulté initiale que notre raison n'aide pas à surmonter : elle demande en effet d'aimer pour connaitre, alors que beaucoup d'entre nous entendent connaître avant d'aimer, même lorsque nous faisons le contraire quand nous tombons amoureux ! A méditer camarades...

   "Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Ce n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour être vivifié par son souffle. La sainteté c'est la joie. Elle est le fond de tout. Dire de quelqu'un qu'il est saint c'est simplement dire qu'il s'est révélé, par sa vie, un merveilleux conducteur de joie.
   Trois mots donnent la fièvre. Trois mots vous clouent au lit : changer de vie. Cela c'est le but. Il est clair, simple. Le chemin qui mène au but, on ne le voit pas. La maladie, c'est l'absence de chemin, l'incertitude des voies. On n'est pas devant une question, on est à l'intérieur. On est soi-même la question.
   La croissance de l'esprit est à l'inverse de la croissance de la chair. Le corps grandit en prenant de la taille. L'esprit grandit en perdant de la hauteur. Rien ne peut être connu du Très-Haut sinon par le Très-Bas...." Christian Bobin

A l'heure des choix politiques, j'ai pris le parti philosophique de me laisser bercer par la joie et l'océan !
Le Covid, meilleur ennemi des relations sociales. L'épidémie a renforcé l'homophilie - tendance à fréquenter principalement des gens qui nous ressemblent - ce qui a accentué un manque de diversité dans nos relations. N'ayons plus peur : embrassons-nous, étreignons-nous, ouvrons-nous (ephata !).
Aimons - nous les uns les autres ! (pas très vendeur, ça, comme slogan politique !)

Bises de printemps... et... N'oubliez pas de voter !
Plaquette jointe du séminaire Advenir en Pays de Loire les 27 avril - 1er mai : "Aller à son Essentiel, Donner sens à sa vie".
Amitiés à tous les "zèbres" de France et de Navarre !
Jacques