mercredi 19 février 2020

Lettre février 2020 - 98eme -

Bonsoir... Bonjour


« Le temps est comme une rivière qui coule. 
L'eau ne passe jamais deux fois entre vos pieds. 
Tout comme la rivière, les instants présents ne repasseront jamais. 
Chérissez tous ceux que la vie vous donne ! »
...    


   Avant que je n'oublie, tout de suite vous inviter à un concert éblouissant, émouvant, gratifiant pour l'âme. Une fois de plus j'ai suivi mon intuition, pour mon anniversaire, de m'offrir ce plaisir, sans savoir si ce moment me plairait. Et je me dois de vous dire que j'en ai été "retourné" de bonheur, de profondeur. Nous étions cet après-midi-là 700 à communier avec sa voix, ses textes, son sourire, son humour, sa présence. Alors, si elle passe par chez vous, ne manquez surtout pas Sarah McCoy ! Magnifique cadeau d'anniversaire....

   "L’une des principales caractéristiques du développement personnel et spirituel devrait toujours être l’humilité. Car l’humilité nous enseigne à demeurer dans l’amour, dans le non-jugement, l’authenticité, la vulnérabilité, le respect, l’accueil. Dès que notre ego prend trop de place dans notre vie spirituelle, nous ne sommes déjà plus dans notre spiritualité ! Et ce n’est pas parce que nous tentons d’aider les autres de notre mieux que nous sommes meilleurs qu’eux. L’enseignement doit rester un geste d’amour, pas d’ego supérieur." Diane Gagnon 

   Comme dirait l'autre, il convient d'éthériser nos vies et d'affiner nos perceptions. Ne nous contentons pas de la norme dont l'anagramme est MORNE ! Ne pas s'embourber dans le monde mais y vagabonder, voilà la clef ou une des clefs mes amis. Comme nous le conseille Rimbaud : "Je vous souhaite d'étreindre la réalité rugueuse !"    

   "Quel drôle de zèbre celui-là (ou celle-là) !". Peut-être avez-vous entendu ce qualificatif à votre encontre lorsque vous étiez enfant, adolescent.e, et même adulte ? Moi, oui. De nombreuses fois étant gamin, ado et adulte, de la part des adultes "raisonnables". Or, depuis peu, les "zèbres" sont reconnus, des livres écrits sur leur personnalité atypique voire dérangeante. Des assos se créent pour leur venir en aide à l'école, dans la vie. C'est quoi un "zèbre" ? "C'est une personne aux émotions à fleur de peau, à la pensée foisonnante, débordante, voire envahissante, et qui sort des cadres." souligne Isabelle Coisy, thérapeute. Une sensibilité extrême, dérangeante parfois, autant dans l'éducation que dans la vie en société. Une hypersensibilité qui peut amener ces individus à vivre dans la souffrance et à se sentir incompris, car leur fonctionnement diffère de celui des autres. A tous les zèbres prisonniers d'eux-mêmes, je vous dis "croyez en vous", développez vos talents, assumez votre différence. Devenez des zèbres zen !

   Le Net sans Google, c'est possible. Certains y arrivent, pourquoi pas nous ? Il nous suffit de dénicher un navigateur indépendant et... efficace. Possible mais compliqué. Firefox, Chromium, Brave, Tor, DuckDuckGo, Disconnect Search, Gibiru, Exalead, Ecosia, et en France Qwant, Ecogine, Lilo. A nous de jouer !
    Autre attitude de consommateur éclairé et concerné : on peut agir en choisissant où placer notre argent. Car c'est là que se loge la plus grande partie de notre empreinte carbone ! Aujourd'hui, les grandes banques françaises continuent à financer massivement les énergies fossiles. Selon Oxfam, les six plus grandes banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, La Banque Postale, Crédit Mutuel-CIC) ont consacré 62,5% de leurs investissements au gaz et au pétrole, et 8,5% au charbon, contre 19,6% pour les énergies renouvelables en 2016-2017. (source : Télérama 3652 du 08/01/20 page 8). Faîtes comme moi : optez pour le Crédit Coopératif !

   Autre coup de gueule salutaire (et libertaire). Je suis un bon vivant et je suis contre cette mise en garde de tout, propre à notre névrose de petit blanc riche et bien portant ! Manger moins gras, moins sucré, moins salé. Mais à force d'additionner les "moins", vous ne passez plus à table ! Désolé, je suis un adepte de la jouissance. Attention à l'évolution de la restriction. Car alors c'est une société qui se veut impeccable. Il faut qu'on se ressemble tous. Eh bien moi je n'en ai pas envie ! Pour les boissons, idem : la morale à tous les coins de table.... Alors que le vin, dans une certaine quantité, va vous offrir une poésie. La vie, c'est joli, c'est court, et nous sommes d'heureux élus. Alors, il faut se la façonner à sa manière et pas comme notre voisin le voudrait. Je crois que là aussi il nous faut résister. Laissons les gens libres....

   Autre névrose actuelle. Comment échapper aux diktats de "l'éducation positive", nouvelle tarte à la crème éducative ? Difficile pour les parents. Encore une notion à la mode. Tyrannique, la bienveillance ? Un "marché" en pleine expansion mes amis. Ne serait-ce pas une illusion de plus ? En plus, l'éducation positive fabrique de la culpabilité, car elle donne le sentiment aux parents qu'ils ne font jamais assez bien. C'est chiant ! Attention à la caricature.... En particulier sur les femmes, les mères ! Parfois, les experts en bonheur sont "gonflants" ne trouvez-vous pas ? A méditer....  

"Jouissez de la vie ; 
il est beaucoup plus tard que vous ne le pensez..."
Claude Lelouch



Des livres et vous :
"Le vrai lieu de naissance est celui sur lequel on porte un premier regard intelligent sur le monde.
Ma première patrie fut une bibliothèque, tous mes ancêtres sont des livres, mes géniteurs des écrivains..."
Marguerite Yourcenar
"La minute bleue de l'aube" Estelle Fenzy (pendant une année, elle a profité de l'aube pour écrire quelques fulgurances poétiques)
"Les amoureux" Victor Hussenot (traite joliment de la vie à deux, beau livre, touchant, à offrir à l'être aimé. Forcément.)
"Nos saisons intérieures. Mettre de l'ordre dans son coeur" Michael Davide Semeraro
"Le chemin des femmes" Michelle Perrot (pionnière de l'histoire sociale et de l'histoire des femmes)
" Le Petit Bidon et autres textes" Christophe Tarkos (poète essentiel emporté à l'âge de 40 ans)
"Carnets du lent chemin" Joël Vernet (une vie exaltée par la poésie. Entre perceptions éclair et aphorismes consolateurs)
"Relire le relié" Michel Serres (essai bouclé juste avant sa mort. Réflexion foisonnante, intime, sur la foi et la religion)
"La vitamine P" et "La nuit respire" Jean-Pierre Siméon (indispensable vitamine Poésie !)

Musiques :
"Beating Drum" Piers Faccini (une splendeur qui en appelle d 'autres ?...)
"Sonates - Piano solo" Anne Queffélec (quelque chose d'aérien, de rayonnant, qui fournit un remède à toutes les mélancolies)
"Chopin : nocturnes" Bruno Rigutto (profondeur du propos, tendresse, inspiration, il joue à la perfection)
"Pikku, 5-3-2-1" Pikku (voluptueuses harmonies... d'où vient cette voix ?...)

Sites
L'installation de mon ami Thomas en maraîchage bio, à suivre sur la page de La graine de ferme
http://auxoubliees.org (la lecture est toujours une évasion...)
www.frere-antoine.sendra.fr (je peux vous en parler des heures de Frère Antoine, qui fût pour moi, lorsque j'avais 20 ans, un Père spirituel bienvenu...)


"Un droit que bien peu d'intellectuels se soucient de revendiquer, 
c'est le droit à l'errance, au vagabondage. 
Et pourtant, le vagabondage, c'est l'affranchissement (...)."
 Isabelle Eberhardt  


   L'historien Jean Delumeau, a rejoint le paradis à 96 ans. Lui qui a écrit beaucoup sur le paradis. Il le définissait comme "une situation d'amour éternel" (c'est beau non ?!...). Il était un homme délicieux, simple et gentil. Origines modestes, ça ne trompe pas.... Relisons ses livres. Ses travaux portent sur la "pastorale de la peur", autrement dit sur la culpabilisation. Il était - comme moi - "révolté de l'infériorité dans laquelle les femmes sont tenues". Encore un mec bien.... Salut l'ami !

   "Les histoires ce sont les gens, les hommes et les femmes qui les composent, qui les tissent et les tricotent, les maçonnent. Les personnages. Il n'y a pas mieux que les personnages, aussi divers et multiples soient-ils. Les sacrés humains. C'est le ciment de tout ce qui tient debout. Et j'en suis environné, submergé. Ils m'ont donné l'hospitalité. Je la leur rends. Je les regarde, je les entends, je les vois se dépêtrer de toutes sortes de ripailles en essayant de rester dans leurs rails, pas forcément ceux qu'on leur a assignés, des rails à suivre pour ne pas chuter trop vite. Ces personnages, ces gens, femmes et hommes, forcés de vivre trop vite avant de mourir trop vite. Les gens, le coeur des gens, à découvert et bien caché. Les gens qui hurlent et ceux qui se taisent. Sans grande différence, au fond. Je crois." Pierre Pelot, 72 ans, grand voyageur immobile, plus de 200 romans écrits !

   Quelques mots que vous pouvez reprendre et envoyer à qui vous voudrez. "Je sais où je vais. Je vais au ciel. J'étais une colombe, avec un boulet de plomb à la patte. Aucun savoir ne peut t'enfermer dans sa cage. Le Livre qui parle de toi, quand je l'ouvre, je vois des papillons s'envoler. Mourir, c'est comme tomber amoureux : on disparaît, et on ne donne plus de nouvelles à personne. Je voudrais avoir pour chacun le soin que l'air a pour les roses. Tu me laves le coeur. Quand je veux te voir, je vais dehors : tu es l'air qui baigne ma tête. Quand je suis heureux, je sais immédiatement que c'est toi. Tu traverses ma vie comme un feu de forêt. Il m'est arrivé dans la vie ce qui n'arrive qu'après la mort : j'ai ouvert les yeux, j'ai vu les visages s'assombrir et ton soleil monter. Il y a des îles de lumière dans le plein jour. Des îles pures, fraîches silencieuses. Immédiates. L'amour seul sait les trouver." in Le Christ aux coquelicots, du délicieux Christian Bobin, dont je ne lasse pas depuis vingt ans.

   Je vous souhaite, encore, une belle année 2020, et une belle fête des amoureux, le 14, et tous les jours de l'année, car amoureux vous l'êtes j'en suis sûr !
   De ce pas, je vais pétrir notre pain familial, nettoyer les wc, repasser le linge et laver nos vélux !
   Jacques

jeudi 16 janvier 2020

Lettre janvier 2020 - 97eme -

Bon jour ou bon soir,


"Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas.
Accusez-vous vous-même de n'être pas assez poète pour appeler à vous ses richesses." 
Rainer Maria Rilke


     Allez... je démarre à fond la nouvelle année ! Convoquons fissa le père Aristote himself : " La vraie sérénité, la paix intérieure s'acquièrent à la seule condition d'accepter le donné de la vie. Dire "OUI" à la vie consiste à dire oui à l'inéluctable, c'est à dire : ce sur quoi nous n'avons aucune prise. Or, le plus inéluctable, c'est la mort. Et quelque soit l'amour que nous portons à cette vie, nous savons avec certitude qu'un jour nous cesserons d'exister, au moins dans ce corps. Nous le savons intellectuellement, mais rares sont ceux qui parviennent à intégrer réellement cette idée. Comme le dit Freud, notre mort nous est à proprement parler " impensable ", et nous vivons comme si nous étions immortels."
   C'est entre autre pour cette raison, chers amis, que je me prépare à remplir le document officiel appelé Directives anticipées, dont vous avez sans doute entendu parler. Document incontournable pour tout vrai Yogi, ou adulte conscient-debout-en marche, responsable quoi ! Histoire d'alléger le mental de nos proches le jour où.... Celà aussi ça s'appelle de la pleine conscience, camarades méditants !

   A la question : "Etes - vous en paix avec le fait de vieillir ?", je fais mienne la réponse de Martin Scorcese : "Autant que l'on puisse être en paix avec le fait d'essayer de trouver une forme d'acceptation à sa propre mort et à celle de ses proches". Et vous, qu'en dîtes-vous ?....
   Le fait de vous parler de notre finitude n'est en rien un sujet pathos. Loin de là. Je peux vous assurer que les personnes les plus "pleinement vivantes" que je croise depuis 40 ans sont celles qui sont en paix avec leur fin... terrestre. Plus nous sommes conscients de notre impermanence, plus nous goûtons pleinement la Vie ! Toutes les Traditions nous le confirment. Alors, en 2020, on règle nos comptes avec la "faucheuse" ?!....

   Bon, à présent, un peu de légèreté propre à janvier. Une autre "vérité" à méditer. Propos tenus par Philippe Katherine, artiste intello et décalé mais super populaire. Concernant sa chanson La Clef, il répond au journaliste de Télérama : "... pour moi, la formule "Ouvre l'anus", répétée plusieurs fois, est directement empruntée aux stages de bien-être, de chant ou de yoga. Avant ma tournée, j'ai pris plusieurs cours de chant, où il était souvent question de colonne d'air, d'anus ouvert, sans qu'on ait envie de rigoler. La colonne d'air est quelque chose de fondamental pour tout chanteur et même pour tout être humain. Les gens respirent mal et ils ne le savent pas. Celà passe par l'appareil buccal, mais aussi par le colon, le périnée....

   Question : "Vous aimez briser des tabous ?". Réponse de PK : "Dans la vie, je suis timide, pas spécialement hardi sur ces sujets. Comme chanteur, je me sens plus libre. Le sexe, c'est le nerf de la guerre. Je ne sais pas si celà a été fait, mais ce serait intéressant d'étudier de près le transit et la sexualité des dictateurs. Chez nous aussi, car nous sommes tous un petit peu dictateurs, il faut bien l'avouer. Le sexe et le transit définissent beaucoup les journées qu'on passe. On a des réactions de merde parfois parce qu'on a un transit de merde, ou parce qu'on a pas fait l'amour depuis six mois. Ou trop fait l'amour ! Ne négligeons jamais l'organique."
   Avouez que ses propos vous en bouchent un coin ?! Et pourtant on est là en plein Yoga ! A méditer donc....


"Nous cheminons vers le sens dans la mesure
où nous vivons en poète sur la Terre."
Hölderlin  


Enlivrez - vous !
"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." Jules Renard  
"Pris de court. Tentative de digestion du monde" Franck Escoubès (aphorismes sur notre monde en chantier permanent : un vrai bonheur de lecture !)
"Un coeur sans rempart" Marie-Laure Choplin (l'expérience de l'accompagnement de la fin de la vie)
"Contre la nuit" Stéphane Bataillon (l'idée d'un poème qui changerait l'abord du jour qui commence...)
"La civilisation du poisson rouge" Bruno Patino (les pieds dans le plat de nos existences connectées, sollicitations permanentes, par l'un des pionniers du numérique d'information. De quoi sortir de la servitude et retrouver les vertus du vagabondage...)
"Ame soeur. Fragments de vie intérieure." David-Marc d'Hamonville (court mais puissant, spéléologie intérieure...)
"I am, I am, I am" Maggie O'Farrel (raconte les 17 fois où elle a approché la mort)
"Mémorial de la terre océane" Kenneth White (atlas poétique d'une terre dans l'eau... par le créateur de l'Institut international de géopoétique, adepte du nomadisme intellectuel...)


Musiques pour l'âme :
"Immanent fire" Emily Jane White (remède à la solastalgie...)
"My name is Yakir" Yakir Arbib (génial pianiste de 30 ans, atteint de déficience visuelle et de synesthésie - il perçoit la musique en couleurs -, doté par ailleurs de l'oreille absolue. Pourrait bien être l'album de l'année)
"Blue World" John Coltrane (en majesté dans un monde bleu)
"Lieder" Renée Fleming (le chant de cette soprano nous donne un sentiment d'irréalité, enchantement émouvant, élève notre esprit, touche notre coeur = bonheur !)
"Ascendant Johnny Cash" Rod Barthet (des mots bleus sur un plateau d'argent, aérien quatuor à cordes, diablement beau et chaud)
  

"Le verbe aimer est le plus compliqué de la langue.
Son passé n'est jamais simple.
Son présent n'est qu'imparfait
et son futur est toujours conditionnel."
Jean Cocteau


    En 2020 j'aurais 62 ans (le 29 janvier). Sonnera sans doute le temps de la retraite (minorée car si je la veux à taux plein il me faut travailler jusqu'à 67 ans !), et d'une fête magistrale ! Temps venu de mon retrait d'un certain monde, d'un rythme certain. Une nouvelle Vie va commencer, connectée à l'essentiel. Savourer chaque jour comme si c'était le premier, dégagé des "personnages" que le monde du travail suscite. Evoquer les bons souvenirs, qui sont comme une bonne bouteille : il ne faut pas la boire seul ! "Il y a une heure où, pour chacun.e d'entre nous, la connaissance inconsolable entre dans notre âme et la déchire. C'est dans la lumière de cette heure-là, qu'elle soit déjà venue ou non, que nous devrions tous nous parler, nous aimer et même le plus possible rire ensemble." nous invite Bobin. L'heure de la retraite est peut-être ce moment-là.... Il nous faut lentement devenir ce que l'on est, qui l'on est, intimement.

   Dans ce "temps libre" qui va advenir, je caresse très peu de projets. Continuer le voyage intérieur, pèleriner à deux (avec toi qui me lis ?!) vers le Mont Athos quelques semaines. Vivre dans un ashram, un ermitage, un centre spirituel, en France (plus besoin d'aller en Inde, il y a en a partout de nos jours...). N'avoir que des bons moments, en compagnie de belles personnes (vous ?!), sans se prendre le chou ! Rester fidèle à mes amours de toujours : le yoga, la lecture, la musique, la Nature, vous qui me lisez et que je connais peu, mes quatre enfants, mon épouse avec qui, finalement, nous formons un bon couple depuis 33 ans. Le temps a fait quelques dégâts, la vie quotidienne a un peu usé des choses, les agacements mutuels ont grossi, on se déteste parfois, mais pas longtemps. On reste toujours complices. Entre nous, le courant passe. Elle est le pôle positif, je suis le pôle négatif. Celà fait de la lumière, et souvent des étincelles ! L'amour humain quoi.... L'intimité conduit-elle nécessairement à la connaissance de l'autre ? Montre-t-on jamais toutes ses facettes à l'être aimé ? A méditer....

   Un super breton nous a quitté fin 2019. Révolté et attachant, il aura eu le destin d'un poète de la chanson française, entre bonheur et enfer. Comme moi, vous avez dû danser et flirter collé-serré sur son tube Ma vie, slow indispensable aux sensuels rapprochements des corps ! Adieu Alain Barrière.

   En 2020, je vous souhaite la "sagesse" : le maximum de bonheur dans le maximum de lucidité (sacré boulot !). Et qui dit lucidité dit capacité à s'indigner, se révolter, dire non, dire oui. Je souhaite que votre esprit pétille, reste curieux, ouvert, disponible, à l'écoute. De rire, de pleurer, de vous émerveiller, d'être amoureux, un brin de folie douce, être vous-même tout simplement mais vraiment. De ralentir en tout et partout, laisser s'exprimer l'enfant qui est en nous. Et du soleil (surtout en 29 sud) !
   "Meilleurs Voeux" pour vous, dans ce pays, la France, accablé de bonheur (et de râleurs). 
   Notre défi est celui de la clairvoyance. En 2020, laissons entrer la lumière....
   Bises BZH, 
   Jacques

Dimanche 19 janvier 2020
Groupe de parole-partage (7eme année, ouvert à tout individu)

" Comment j'exprime ma créativité ?
Entre tension personnelle et partage collectif :
pourquoi je crée, pour qui ?
Qu'est-ce qui me pousse à créer ? "

Lieu : chez Jacques à Quimper
14h30 - 17h00 + goûter


Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.
Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.
Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.
Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e
Coût : adhésion annuelle à l'association 10€
Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :
. Tu écouteras ton prochain comme toi-même
. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux
. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler
. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue
. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque
. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres
. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire
. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement
. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres
. ....

Co-voiturage de Moëlan s/Mer, Rostrenen, pays bigouden, Fouesnant,....
Détails-inscriptions :  02 98 55 50 29 ou mèl EPHATA

dimanche 8 décembre 2019

Lettre décembre 2019 - 96eme -

Bonsoir, Bonjour

"On peut, après tout, vivre sans philosophie,
sans musique, sans joie et sans amour.
Mais pas si bien."
Vladimir Jankélévitch


   Encore un mec super qui vient de quitter notre planète BZH : Jean Kergrist. Clown agitateur de son métier, également acteur, humoriste, metteur en scène, écrivain (une trentaine d'ouvrages), paysan farceur, qui a ferraillé contre "l'obscurantisme, la suffisance et la bêtise". Avouez qu'il y a du boulot ! Clown atomique à l'humour libre et corrosif, l'homme à la crinière blanche avait 79 ans, "grignoté de partout par un crabe très malin" comme il l'écrit sur son blog. Il se préparait "sereinement" depuis quelques mois "à la grande liquidation" ! "Je m'en vais aux fleurs la paix dans l'âme.... Excusez-moi de ne pouvoir vous donner le jour et l'heure précis. Rengainez vos peurs et vos pleurs, cet envol se voudra joyeux...". "La vie sans moi continuera. J'aurais eu la satisfaction d'avoir fait rire les gens, les avoir fait réfléchir et rêver aussi. Ce n'est déjà pas si mal". Un amoureux de la Vie je vous dis....

   Petit message des membres d'un groupe surréaliste :
" Alerte rouge sur les rêves !
Parce que la poésie est la seule façon de parler vrai...
Parce que la terre ne tourne carrément plus rond...
Parce qu'il y aura toujours des étoiles dans le ciel et dans les yeux des jeunes...
Parce que nous voulons pouvoir crier notre amour de la vie !
Laissez-nous imaginer des mots nouveaux;
Laissez-nous faire des métaphores, des périphrases et de l'ironie;
Laissez-nous ouvrir vos yeux sur les étoiles nouvelles;
Laissez-nous crier notre amour de la vie !
La poésie c'est de la liberté pour tous,
la poésie c'est de la mathématique musicale.
la poésie c'est un feu d'artifice d'étoiles vertes et jaunes.
La poésie c'est la vie.
La poésie c'est la vie et c'est pourquoi il est temps de faire retentir l'alerte rouge sur vos rêves.

   Cet hiver donc, au-delà des cures de vitamines en tous genres dont nous allons nous abreuver pour tenter de passer à travers les virus, n'oublions pas l'essentielle vitamine P qui nous aide à passer à travers le virus de la connerie ! La vitamine Poésie, toujours lui dire "oui", pour la Vie.

   Un peu de mon philosophe préféré en ce mois dédié à la Lumière, externe (dans nos rues) et interne (sur notre visage) : " Prendre conscience, une bonne fois pour toutes, que l'ego est conditionné pour s'inquiéter et ruiner à chaque occasion la paix et la joie. Méditer, c'est s'exercer à dire oui seconde après seconde. Oui à mes imperfections, à mes tourments. C'est une école d'obéissance, obéir au réel tel qu'il se donne, âpre parfois, doux par moments, souvent creux et aride. Les yeux qui s'arrêtent à la surface et qui jugent, empêchent bien des miracles. Déchirer l'image de soi, c'est un moyen d'avancer avec les blessures, les faux pas, le handicap, les souffrances et l'immense imperfection dans laquelle nous évoluons. La vie spirituelle m'éloigne de l'esprit de sérieux. Ne dit-on pas de quelqu'un qui a de l'humour qu'il est spirituel ?

   Une voie spirituelle n'est pas une assurance-vie ! Dès que je m'enferme dans une étiquette, la souffrance surgit. C'est la grande leçon de Bouddha. Un simple exercice : arrêter de croire qu'ailleurs, qu'après, ce sera mieux. Tout est en ordre, ici et maintenant. Au bout d'un moment, il faudra bien voir que c'est la vie qui décide. Tout au plus, on est l'époux ou l'épouse du Très-Haut. Cette idée me retire déjà un poids immense. La vie spirituelle nous rend libres : être soi-même sans nul désir de plaîre. Pour avancer dans la lumière : ne pas se prendre trop au sérieux, continuer à maintenir le cap, oublier l'avenir, s'abandonner. Bref, vivre sans pourquoi ! Avant tout, abandonner la personne que je rêve d'être.... Méditer, c'est vivre, se lever, aimer. Ne jamais oublier que tout est en même temps vain, précaire, fragile, parfait et inouï ! Les miracles, ce n'est pas seulement marcher sur les eaux mais assumer au quotidien les hauts et les bas, sortir de soi, aimer l'autre pour de vrai. Vivre avec les autres sans se déguiser est une force admirable." Tout est dit mes amis. Merci Alexandre Jollien.

"Si la poésie vous ennuie,
mangez de l'ail, ça tue les vers."
Jean L'Anselme

Enlivrez-vous ! ("Lire, c'est rêver autour." Louis Aragon)
"A Philémon" Adrien Candiard (récompensé par le prix de la liberté intérieure, petit livre qui aide à croire, penser et vivre librement...)
"Ne reste pas à ta place" Rokhaya Diallo (pour faire mentir le déterminisme social, son hashtag connaît un succès considérable)
"Les buveurs de lumière" Jenni Fagan (redonner une chance à l'amour)
"Un poisson sur la lune" David Vann (apprendre à vivre avec ses blessures)
"Le chant des revenants" Jesmyn Ward (accepter sa famille...)
"Vinegar girl" Anna Tyler (apprendre à pardonner)
"Il comblera tes désirs. Essai sur le manque et le bonheur" Sophia Kuby

Sites
www.clementose.art/un-aller-pour-la-terre (son bonheur est dans le pré...)
www.f-f-jardins-nature-sante.org (les jardins thérapeutiques de France)

Musiques
"All mirors" Angel Olsen (tutoie les anges...)
"Cry" Cigarettes after Sex (volutes sensuelles, langueur mélancolique, hypnotisant et addictif)
"Symphonic tales" Samy Thiébault (jazz et ragas indiens nous entraînent vers un ailleurs merveilleux)
"Musique ambiante française - vol.2" une quinzaine d'artistes électro (magique et paisible ballade automnale)
"Release Party" Yann Tiersen (breton... incite à la contemplation, atmosphère quasi sacrée)


"Notre chrysalide à nous c'est la parole.
Nous vivons dans un monde biologique mais aussi,
comme le papillon, dans le monde aérien de la parole."
Boris Cyrulnik

   Le mois de décembre est souvent pour moi l'occasion de relire mon année, dans ce qu'elle a de bien (le masochisme très peu pour moi !). La vie n'attend pas. La joie vaut d'être vécue immédiatement. C'est souvent une fêlure, une rupture, une cassure - voire une "armure" intérieure - qui nous conduit à chercher du sens et à prendre le chemin de la spiritualité. Une grande partie du malaise qu'on déverse sur nos congénères vient de complexes et de manques intérieurs. Alors commençons par ça, afin au moins de ne pas gêner les autres. Choisir le "grand désir" arrive plus tard, voire très tard.... La "vraie vie" est là : entre nous. Rencontrons-nous les uns les autres ! Le rendement véritable n'est-il pas dans l'instant vécu pleinement ?.... "Apprends à écrire tes blessures sur le sable et à graver ta joie dans la pierre", nous invite un proverbe chinois. Dîtes - moi : ça fait quel bruit un coeur qui se brise ? Et un ego qui s'effondre ?

   "Je m'extrais de l'impératif d'efficacité et me donne le droit de paresser. Si l'on ne fait pas quelque chose de nos rêves, de nos projets, si l'on ne donne pas forme à tout ce qui vit, vibre à l'intérieur de nous, à tout ce qui frémit, on risque d'éclater. Car il est bon de rompre la digue pour vivre follement. Il y a une saine folie qui consiste à suivre son coeur. Qui nous en empêche au fond ?.... Facile de s'en prendre aux autres, à la fatalité, à la vie alors que le plus souvent, l'interdit et la paresse gisent en nous. C'est une question de salubrité mentale que de rompre avec le quotidien pour se laisser porter par ses profondes convictions. Il est bon d'apprendre à se connaître et celà prend toute une vie. Le plus malheureux serait de se défendre de rêver, se figer dans des attitudes passées, penser "ce n'est pas pour moi" et s'interdire d'essayer.", nous interpelle Stéphanie Bodet dans sa magnifique biographie A la Verticale de soi. 

   La période des Voeux arrive mes amis. Et si nous en profitions pour exprimer nos désirs profonds ?  Tous les gestes fondamentaux sont des gestes gratuits. Ce sont eux qui font la beauté de notre vie.
   A bon entendeur, belles fêtes de fin d'année à chacun.e d'entre vous,
   Jacques