jeudi 2 mars 2023

 Newslaitue février - 132eme -

Bonsoir, Bonjour

" Les mots sont des accumulateurs d'énergie."
Alain Rey

   Quelques points de vue 2023 du lucide et gai centenaire Edgar Morin, inspirés de son livre "Attends-toi à l'inattendu" : " Les hommes vivent avec trop d'incompréhensions et de malveillances. Il est très difficile d'apprendre à vivre. Je me sens surtout seul dans la multitude. J'ai découvert bien tard que j'ai suivi ma voie toute ma vie. Pourquoi le monde, la vie, l'humanité, moi ? Pourquoi, pourquoi ? Soyez bienveillants et compréhensifs. A force d'oublier l'essentiel pour l'urgence, on oublie l'urgence de l'essentiel. "
Votre ennemi préféré ? Moi - même. 
Un malentendu fondateur ? Celui avec ma famille. 
Un hasard heureux ? Les périodes de bonheur. 
Une phrase qui vous a marqué ? " La vraie vie est absente ". 
Ce qu'on vous reproche ? D'être qui je suis. 
Un pur moment de bonheur ? Ils arrivent à l'improviste."

   Plusieurs d'entre vous me suggèrent régulièrement d'écrire un livre : " Quand est-ce que tu écris un livre? Pas le xieme livre de développement personnel, mais le livre de Jacques : sympa, rigolo, vivant, enthousiaste, spirituel, qui fait réfléchir, un livre tout comme toi." Merci, c'est sympa de penser à moi. Mais pour écrire quoi... de nouveau ? Tout, absolument tout a déjà été dit et écrit depuis des siècles et des siècles. Nous avons ce tout à notre portée. Suffit de quitter les écrans et d'ouvrir un livre. Depuis 132 lettres que je vous écris, j'ai cité quantité d'auteurs tous plus réjouissants les uns que les autres. Y'a qu'à se servir ! Tout est là, disponible. Suffit de nous arrêter, nous asseoir, ouvrir les pages. Nous laisser saisir par les mots. Et nous réjouir. La seule réponse que je peux vous offrir, est de vous transmettre mes 132 lettres précédentes, qui sont "au chaud" dans mon ordi. A elles seules, elles disent tout de moi, de mon être, de mon parcours de vie, de ma singularité, unicité, universalité. Alléluia !

   Petite philosophie taoïste. Le sage Tao est clair : " Qui possède la voie ne s'y risque point." L'Evangile nous dit : " Qui veut gagner sa vie la perd." Le Sage Tao ne cherche pas à monter un coup fumant, il n'a pas d'oreille pour le fameux " gagner sa vie en la perdant ". Le sage Tao n'a pas d'attirance pour la perte, le poker mystique. Il n'a pas d'attirance non plus pour l'esprit de conquête. Le triomphe, quelle illusion ! L'humble ne cherchera donc pas à faire son intéressant tant il est vrai que l'"école du dao" se montre redoutable à la mise en boîte du petit prétentieux, comme sont ces Européens si exaspérants. 

   Tâchons plutôt de prendre de la graine tao au lieu de jouer au monsieur qui sait mieux que tout le monde, sous la conduite d'un mode de pensée rodé par des millénaires de pensée calme et concentrée. C'est l'expérience rigoureuse de l'imprenable. Comment entrer dans un monde qui n'est pas un monde ? Comment habiter un lieu qui n'en a pas ? Et n'allez pas croire que cette espèce de vide n'est pas capable de se remplir. Le dao désigne le centre pur - s'il était une métaphore, il serait une fleur sublimement discrète (ça nous rappelle Bobin !). 

   Une constante : le dépit, la déconvenue. Le tao cherche à décevoir, car la déception prépare le ravissement. Pas d'effusion narcissique, trop lourdingue. Mieux vaut la déprise de soi. L'ego européen est encombré de lui-même. Un abîme sépare le Narcisse européen du point de vue taoïste pour qui le narcissisme est un non-sens. Aux yeux taoïstes, rien de ce qui concerne le sort de la personne n'a la moindre consistance ! (Michel Crépu, Télérama du 07/12/2022)
   Et paf pour notre moi-je qui se prend pour "quelqu'un" à longueur de journée....

   De l'ami Souchon. " On nous fait croire... que le bonheur c'est d'avoir... d'avoir plein nos armoires...". L'essentiel serait dans le dépouillement, le minimum vital, la qualité pas la quantité. Alors, cet hiver, vidons nos armoires, greniers, placards, dressings, bibliothèques,... pour ne garder que l'essentiel. Small is beautiful ! Comme nous dit la sagesse bouddhiste : " Les objets vous appartiennent jusqu'à ce qu'ils vous possèdent." A méditer.
   Un autre cœur fragile de 76 ans : " La chance, ça n'existe pas. Ce sont des mots que l'on invente pour rouler les gens dans la farine. Le cancer du monde c'est l'argent. Trop en ont trop et d'autres pas. Je m'entends très bien avec le bon Dieu, mais seulement avec lui, pas avec les curés. La vie est révoltante, mais on ne joue pas avec le malheur. C'est ce que fait Marine Le Pen : jouer avec le malheur des pauvres gens. Je suis né libre, autonome et suspect." nous confesse l'auteur de Capri c'est fini, Hervé Vilard.
   " Pour mes concerts, je ne me déplace plus qu'en bus, fini l'avion." Neil Young n'a rien perdu de sa flamme qu'il met au service du climat dans son quotidien. Et nous, peut-on en dire autant ?

   Vivre, c'est renoncer. " Tout au long de notre vie nous quittons, nous sommes quittés et nous renonçons à une grande part de ce que nous aimons. La perte est le prix de la vie. C'est aussi la source de presque tous nos progrès et nos gains." nous confie Judith Viorst dans Les Renoncements nécessaires. Qu'en pensez-vous, vous ?
   "Je vous le dis, il faut porter en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis, vous portez en vous le chaos. Là où le goût te pousse, la vie sera. Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser. La croissance et le chaos ont quelque chose à voir. La Terre a une peau et cette peau, des maladies ; une de ces maladies s'appelle l'homme. Veux - tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie - toi en lui. Tu dois devenir l'homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi - -même. Ce n'est pas le doute mais la certitude qui rend fou." 
   Ainsi parlait Nietzsche. Om Shanti !

Un frisson d'hiver
À tâtons dans la brume
Laissez - moi danser
Anne - Laure


Mahmoud Darwich



Des livres et moi :
"Histoire du repos" Alain Corbin (par l'historien du sensible... "C'est dans les moments de repos que l'on sait à quoi on pense." Alain)
"Une légère oscillation" Clément Baudouin (la révolution épatante d'un apprenti yogi)
"Et le ciel m'est rendu" René Guy Cadou (l'un des plus grands auteurs lyriques du 20eme siècle, mort à 31 ans. Un charme irrésistible...)
"Qu'est-ce qu'une vie accomplie ?" François Galichet
"Toucher le vertige" Arthur Lochmann, philosophe et charpentier

Sites
www.ecomail.fr (lettres vertes et vertueuses...)
https://leroycathy.blogspot.com (en Finistère sud)
jeparticipeaubigbanque.fr (pour une banque éthique)
derniers-secours.fr (super formation pour affronter notre finitude)
grainmagazine.fr (en Finistère sud)

Musiques
"Letter" Sofiane Pamart (dingue le don de ce gars-là !)
"In Cinerama" April March (disque solaire, tapis de cordes, chœurs euphoriques = un continent à visiter...)
"Touch the lock" UTO (pop céleste, un penchant pour les voyages intérieurs. On embarque ?...)
"When the lights go" Teed (ce n'est pas tous les jours qu'on entend une telle voix, mélancolique et délicate, nous touchant si facilement, sans artifices)
"World Spiritualy" Alhaji Waziri Oshomah (le vivre-ensemble africain)


" Je veux faire comprendre que personne n'est ce qu'il est sans l'autre.
Sans possibilité de donner et de recevoir, personne n'existe.
C'est la clé fondamentale pour l'humanité. "
Axel Kahn

   Une bonne nouvelle, car il y en a. D'ici à deux ans, une start-up française estime pouvoir proposer aux villes de s'éclairer grâce à la luminescence végétale, la lumière des plantes. Elle est pas belle la vie ?!

   De notre "voix intérieure". "... C'est la fameuse "petite voix", si intime, et qui semble se démultiplier jusqu'à l'impression d'écouter quelqu'un d'autre parler dans notre tête ou notre cœur. C'est aussi la voix qui résonne parfois dans notre intimité quand nous cherchons une réponse introuvable ou informulable à quelque difficulté de l'existence, à des questions si profondes, aux limites de la honte, de la culpabilité, et qui touchent à notre propre stabilité ou gravité sur terre, parmi les autres. 
   Notre voix intérieure ne parle pas. Elle bruisse dans un profond silence. Elle nous fait entendre l'impossible voix de notre humanité, celle qui résiste en deçà des mots et des raisons, qui nous rappelle humblement à notre devoir de nous interroger, de nous émouvoir, de nous remettre en cause. Pour rester vivant parmi les vivants.
   Tant que nous entendrons cette voix-là, discrète et profonde, nous demeurerons à la tâche : celle d'exister les uns parmi les autres. C'est une voix en-deçà de la morale ou des convictions..." Frédéric Boyer, écrivain.
   Vous l'écoutez, vous, parfois, votre "petite voix intérieure", comme l'appelle Eileen Caddy, la fondatrice de la communauté de Findhorn ?

   " La femme est l'avenir de l'homme " chantait le poète Jean Ferrat. Vrai ou faux ? Je vous laisse méditer la chose. Perso je préfère " Le féminin est l'avenir de l'homme ". A méditer aussi.
   D'après un certain nombre d'enseignants, le fruit de la méditation est celui de l’Esprit selon Paul dans la lettre aux Galates : « Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi » (Ga 5.22). Nos proches s’en apercevront sans doute avant nous ! D’autres bénéfices collatéraux sont possibles : aide à la concentration, bénéfices physiques, etc. Mais ils ne sont pas le but recherché.
   Perso - entre nous - j'en suis loin encore de l'amour inconditionnel, de la joie permanente, de la patience à toute épreuve, de la bienveillance en toutes situations, de la bonté même avec les cons, la fidélité ça c'est ok pour moi, la douceur aussi j'ai fais des progrès, quant à la maîtrise de soi on repassera ! Bref, vous l'aurez compris, je me soigne....

   " Je n'ai pas d'enfants, je ne regarde pas la télévision et je ne crois pas en Dieu, toutes sentes que foulent les hommes pour que la vie leur soit plus facile. Les enfants aident à différer la douloureuse tâche de se faire face à soi-même et les petits - enfants y pourvoient ensuite. La télévision divertit de la harassante nécessité de bâtir des projets à partir du rien de nos existences frivoles ; en circonvenant les yeux, elle décharge l'esprit de la grande œuvre du sens. Dieu, enfin, apaise nos craintes de mammifères et l'insupportable perspective que nos plaisirs prennent fin un jour.
   Si dans notre univers, il existe la possibilité de devenir ce qu'on est pas encore... est - ce que je saurai la saisir et faire de ma vie un autre jardin que celui de mes pères ? Ce qui est beau, c'est ce qu'on saisit alors que ça passe. C'est la configuration éphémère des choses au moment où on en voit en même temps la beauté et la mort.
   Est-ce que c'est comme ça qu'il faut mener sa vie ? Toujours en équilibre entre la beauté et la mort, le mouvement et sa disparition ? C'est peut-être ça être vivant : traquer des instants qui meurent. " 
   Muriel Barbery dans " L'élégance du Hérisson "... Pures lucidités ces paroles, n'est-ce pas ?

   Deleuze disait : " Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d'administrer et d'organiser nos petites terreurs intimes." Comme moi, vous devez constater un virage sécuritaire de nos sociétés dites libérales. On manage les Français comme un patron manage des salariés. On fait de l'injonction morale, de la culpabilisation.En temps de crise, les impératifs de rentabilité, d'efficacité, nous font basculer dans l'autoritarisme. La peur est un facteur qui paralyse l'esprit critique. René Girard décrit l'inconscient persécuteur dans les populations qui se réveille à chaque crise : on a besoin d'un bouc émissaire ou d'une sorte de victime sacrificielle, lesquels sont souvent des innocents (étrangers, migrants, minorités, marginaux, anrs, etc). 
   Où sont les libertaires, nom d'un pangolin ?

   Le sucre, c'est comme la liberté, une fois qu'on y a goûté, on en veut toujours plus !
   Quand on les pousse avec son cœur, les portes s'ouvrent...  
   Gardons notre regard d'enfant, sans cesse émerveillé, éternellement révolté. 
   La croyance est un renversement poétique de l'ordre des choses : " La vraie partie se joue ailleurs". 
   Je viens d'avoir 65 ans et je me languis de retrouver " notre père qui est aux cieux "... 
   La vie est un conte de fous...
   Bises d'hiver, et encore " Meilleurs Voeux 2023 " !
   Jacques

NB : Création d'un "groupe de parole" autour des écrits de Christian BOBIN
        Inscriptions en cours
        Démarrage en mars, à Quimper.

mardi 7 février 2023

 Newslaitue janvier 2023 - 131eme -

Bonjour, Bonsoir


" On ne construira pas un monde différent
avec des hommes indifférents."
Arundhati Roy, romancière et militante indienne


   On ne supporte plus rien.... Toutes les espèces vivantes parviennent à communiquer mais l'homme est le seul à avoir la parole. Qu'est-il en train d'en faire ? Que dire de tous ces débats où l'on ne s'écoute plus mais on s'invective, de la radicalité des propos, des camps qui se créent et des forteresses que l'on érige pour ne plus entendre l'autre ? Cet autre qui ne répond pas à mon besoin ou qui ne pense pas comme moi ?... La solution est une fois de plus complexe. Elle passe par l'exemplarité de nos responsables, des parents vis-à-vis de leurs enfants, par l'éducation au respect... Et peut-être aussi par le silence ! Socrate le pratiquait déjà : il écoutait les gens sans dire un mot, les laissant parler jusqu'à ce qu'ils tombent eux-mêmes dans la contradiction de leur propre point de vue... A méditer.

   Ah, l'écoute ! Vaste sujet - avec faire naître la parole, célébrer de nouveaux rites et agir pour un nouveau monde relationnel - d'une rencontre d'une centaine de personnes autour d'Anne Soupa, Gabriel Ringlet et Anne Waelès, début novembre, quelque part en Bretagne. Déjà, le foetus écoute... L'écoute nous enrichit, la parole nous déploie... Écouter, c'est être témoin. Dans l'écoute, ni dominant ni dominé. Écoute - parole - action = génome de la vie spirituelle. Un trésor est caché à l'intérieur de chacun.e d'entre nous : l'écouter... Écoutons - nous les uns les autres ! Ce serait déjà un grand pas vers le aimons - nous les uns les autres.... L'urgence est à la création de lieux où il soit plus facile d'être bon....

   Finirons - nous tous en compost ? ! Cimetières écolos, inhumation sans cercueil, cérémonies laïques... L'après - covid voit fleurir de nouveaux rites funéraires. Plus verts, moins solennels. Le début d'une révolution ? Il nous faut réfléchir à de nouveaux modes de sépulture, mais il existe des freins culturels dans notre pays. Quoique les exemples éclosent : en 2021, deux associations sont nées en France, dont Humo Sapiens. Un sondage d'Opinion Way d'octobre 2022 montre que 46% des Français seraient prêts à recourir à l'humusation.  Deux autres techniques ont été inventées dans le monde : la promession et l'aquamation (choisie par Desmond Tutu). La révolution ne fait que commencer...

   Je ne résiste pas au plaisir de vous partager un "courrier des lecteurs", issu de mon quotidien, que j'apprécie lire et relire encore : " La quête de bonheur traverse toutes les vies. Certains prétendent l'avoir approché de près et en témoignent. Nous les écoutons, nous les lisons et, pleins d'enthousiasme et d'humilité, nous suivons leur modèle. (...) Mais revenir invariablement à la terre après avoir cru toucher les étoiles nous épuise. Que signifie donc cet éternel et lancinant va-et-vient entre le ciel et la terre ? Nous sommes, à l'évidence, beaucoup trop lourds pour tutoyer les étoiles.

   Enfants, nous n'étions pas ces êtres agités, fébriles, anxieux, préoccupés de nous adapter à un monde qui corresponde un tant soit peu à nos désirs. Car, pour nous, le monde n'était guère un marché, un champ de bataille, ou un temple d'apprentissage livresque... Le simple plaisir d'être nous-mêmes décuplait notre pouvoir d'action et notre plaisir de vivre. Enfants, nous n'étions pas ces chercheurs obsessionnels de vérités secondaires, scrutant le monde avec toutes sortes de longues vues, électroniques ou de papier, cherchant à tout savoir, tout contrôler ou tout avoir, croyant pouvoir nous reposer ainsi dans un océan de calme, de pouvoir, de luxe et d'infinie certitude... Enfants, nous n'avions pas de longue-vue. Nous étions des longues-vues, nommées "Innocence".

   Avec une insolente facilité, nous passions du visible à l'invisible, accédant en un clin d'œil à cette joie profonde qui échappe aujourd'hui cruellement à nos plaisirs faciles. En réalité, le bonheur est simple, c'est nous qui ne le sommes pas. Aveuglés par une foule d'automatismes inconscients, nous sommes forcément très loin d'imaginer que le bonheur puisse ressembler à l'enfance et aux oiseaux du ciel. D'imaginer qu'il puisse être le fruit d'une qualité d'âme, un concentré d'amour et de candeur, qui nous rappelle Saint Paul et son hymne à l'amour (1 Corinthiens, 13:1-8) : patience, serviabilité, modestie, complaisance, modération, douceur, honnêteté, authenticité, confiance...

   Pour qui se réfère à la philosophie globale de notre époque, qui encourage à la ruse, au paraître et à la démonstration de puissance, ce programme paulinien est quasiment un scandale. Inverser la tendance ? Dans une société où l'on n'enseigne plus l'art de communiquer ses émotions, défendre le naturel et l'innocence paraît plus que jamais illusoire. Tant dans la vie professionnelle que dans la vie privée, il est bien difficile de dévoiler ses sentiments personnels ou intimes sans paraître naïf ou indécent. Dommage.
   A terme, priver autrui de la plus belle part de notre humanité ne peut que nous être néfaste : dans le désert des sentiments, qui peut comprendre que, derrière l'image glaçante que nous projetons sur les autres à notre insu, se cache une âme bouleversante, avec laquelle il serait tellement bon d'échanger, pour apaiser nos peurs ? (...) " Signé Baudouin De Rycke (Belgique)


"Au milieu de la haine,
J'ai trouvé qu’il y avait en moi
un amour invincible.
Au milieu des larmes,
j'ai trouvé qu’il y avait en moi
un sourire invincible.
Au milieu du chaos,
j'ai trouvé qu’il y avait en moi
un calme invincible.
J’ai réalisé à travers tout cela que,
Au milieu de l’hiver, il y avait en moi un été invincible,
et cela me rend heureux, [...]"
Albert Camus
   
" Se détacher des dieux, c'est la naissance
 de la liberté de l'individu et de la société."
Salman Rushdie

Enlivrez - vous
"Dieu est amitié" Xavier Morales (vers une amitié universelle...)
"Apprendre à faire l'amour" Alexandre Lacroix (un hymne à l'amour étonnant de sincérité)
"Un homme" Philip Roth (montre toute la fragilité humaine et la façon dont la richesse de la vie apparaît...)
"Anarchéologie" Jean Vioulac, philosophe (tente de remonter aux origines de la domination de l'homme par l'homme)
"Eloge de la baleine" Camille Brunel (nous laisse en apnée... lignes d'une beauté brute sur ces "anges")

Sites
https://reclaimfinance.org
 
(mettre la finance au service du climat)


Musiques
"In the footsteps of Rumi" Ghalia Benali, Kiya Tabassian, Constantinople (l'ivresse mystique de chants d'amour...)
"Leave The Light On" The Love Light Orchestra (l'un des plus beaux disques de blues de l'année 2022...)
"Consolation" Pomme ( elle est à croquer !...)
"Heartmind" Cass McCombs (chansons sublimement construites, cette musique est un bonheur...)
"Souvenirs" Pale Blue Eyes (synthés planants, basses rondes, guitares dansantes, voix noyées dans la réverbération = une découverte)


" L’effroi sacré, voilà la meilleure part de l’homme, 

c’est dans le saisissement qu’il ressent profondément la réalité prodigieuse. "

Johann von Goethe 



   De l'amitié : " Ceux que j'aime, je ne leur demande que d'être libres de moi et ne jamais me rendre compte de ce qu'ils font ou de ce qu'ils ne font pas, et, bien sûr, de ne jamais exiger une telle chose de moi. L'amour ne va qu'avec la liberté. La liberté ne va qu'avec l'amour. " Christian Bobin
   De l'amitié spirituelle... L'ami est celui qui nous permet de vaincre notre obscurité fondamentale. La véritable amitié nous aide à changer nos tendances, à transformer notre coeur. Le vrai ami est quelqu'un qui a la compassion et le courage de nous dire même les choses que nous préférerions ne pas entendre, mais que nous devons affronter si nous voulons nous développer et grandir humainement. Au-delà des liens affectifs, être l'ami d'une personne veut dire croire en son potentiel et l'encourager de tout son cœur à le faire apparaître.

   Dieu est amitié, titre d'un super livre d'un super moine. L'amitié est l'élément le plus important dans la voie spirituelle. Aimons et apprécions nos amis, même quand parfois ils sont difficiles.... L'intimité aimante avec de bons amis libère le cœur et procure une paix durable. L'amitié peut être la forme de relation humaine la plus merveilleuse. Emerson l'appelait " le chef d'œuvre de la Nature ". Il était convaincu que l'amitié spirituelle requiert deux éléments : la sincérité et la tendresse. Ce type d'amitié est un doux encouragement à nous éveiller ! " Les amis partagent un seul esprit, un seul cœur et une seule volonté. Ils sont l'un pour l'autre encore plus qu'ils ne sont pour eux-mêmes. Vous pouvez faire confiance à vos amis plus qu'à vous-même pour veiller à vos propres intérêts. Il n'y a rien de plus intime et de plus beau que l'amitié." Michel de Montaigne

   L'ami est quelqu'un qui nous amène à expérimenter l'amour et la gentillesse. A travers l'acte d'amitié, nous pouvons faire l'expérience de l'unité. Les deux parties prennent soin l'une de l'autre et chacun retire les bénéfices de cette relation. L'amitié véritable ne doit pas être fondée sur des arrière-pensées, nous devons accepter nos amis tels qu'ils sont, sans jugement. La rencontre nous amplifie... nos sens sont les portes du divin... l'amitié par infusion mutuelle.... Nous aimons faire découvrir à nos amis ce que nous aimons. Les amis, comme les abeilles, ont la même odeur : ils se reconnaissent dans la quête qui les unit, les réunit !
   Les retrouvailles avec un ami sont toujours un grand moment de joie. Retrouver la jubilation du partage. Malgré l'absence, quelque chose a continué à grandir entre nous. L'amitié est toujours dans un mouvement de croissance, on pousse ensemble et nos branches se mêlent, et nos racines. On fait ensemble une forêt !

   Quelques voeux pieux du nouvel an : en 2023 relire tout Bobin, ses écrits étant comme des perles de verre qui nous permettent de "voir" le visible et l'invisible ; cette année je décide de me " foutre la paix " et par ricochet de foutre la paix aux autres ; en 2023 j'arrête de m'auto-harceler intérieurement avec mes injonctions " à être zen " ;  cette année j'arrête de vouloir tout contrôler, espèce de folie douce qui ne m'autorise pas à être ce que je suis comme je suis ; en 2023 je me libère de cette obsession de vouloir tout gérer, du four au moulin, du moulin au four ! Stop au vouloir trop bien faire : je dis "non" en 2023, quitte à faire de la peine, mon bien-être est à ce prix. Cette année, je me fous la paix et je commence... enfin... à vivre. En 2023, je jette ma télé à la déchetterie, garde ma radio et mes disques, je n'ai toujours pas de portable ni ne suis sur les réseaux sociaux : mon(le) bonheur est à ce prix.
   Merci à notre ami Fabrice Midal pour m'avoir soufflé ces délicieux conseils. Notre association l'a accueilli deux fois à Quimper, et c'était à chaque fois une réjouissance. Une belle personne ce Fabrice !

   Pierre Rabhi : « Avant d'être changé, le monde n’a-t-il pas besoin d’être réenchanté ? N’avons-nous pas besoin de l’aimer et de le contempler pour retrouver l’énergie d’en prendre soin ? C’est cet amour profond que j’appelle la « symphonie de la Terre », qui, au-delà des constats alarmants sur les désastres actuels et à venir, me pousse à œuvrer à la mise en œuvre de solutions ». Sans commentaire !

   Un peu de conscience politique, amis de la pleine conscience. L'emploi des seniors en France est une vaste fumisterie... sans action coercitive envers les entreprises... et l'allongement de la retraite à 65 ans assombrit encore le tableau. De qui se moque-t-on ? Quand allons-nous enfin taxer les riches, les profits, les actionnaires ? Quant à la prochaine loi immigration, quelle hypocrisie ! Comment un étranger sans titre de séjour peut-il prouver une ancienneté professionnelle puisqu'officiellement il n'a pas le droit de travailler ? Ubuesque...


   Pensées nourries pour Annie Ernaux et son Nobel de littérature, elle qui a toujours l'art de raconter la société à partir de l'intime : " Les femmes sont aux avant-postes du temps." A méditer... les mecs !
   2023, extinction rébellion spirituelle partout : " Délivrez-nous de Total ", " Réchauffez les coeurs, pas les oléoducs ". 2023, l'église catholique se dirige un peu plus vers l'implosion, et ça c'est une "bonne nouvelle !".
   Essaimer... est - ce aimer ?!
   " C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière." (Claire-Marie Le Guay)
   Bises de nouvel an... meilleurs voeux 2023 à chacun.e,
   Jacques

dimanche 1 janvier 2023

 Lettre décembre 2022 - 130eme - 

Bonjour, Bonsoir

" Le courage, c'est de la grâce sous pression."
Hemingway

   Travailler, pour qui, pourquoi ? Par conscience des effondrements en cours, beaucoup de jeunes optent pour des choix de vie en conformité avec leurs aspirations. Quand l'emploi perd de son sens, les salariés décrochent. Entre les aspirations des individus et ce que les entreprises leur proposent, il y a un décalage croissant. Pourquoi y-a-t-il autant d'offres d'emploi sur le marché, et si peu de candidats ?... Nos jeunes diplômés rejettent des carrières qui participent aux ravages sociaux et écologiques en cours. Et ils ont bien raison ! C'est le souffle prophétique d'une génération plus sage que les précédentes. Le révélateur d'un malaise grandissant au cœur de notre jeunesse (je suis père de quatre jeunes concernés par ces mutations : 26, 30, 32 et 40 ans). Ils changent radicalement de voie, se réorientent vers l'agroécologie, l'artisanat ou l'engagement associatif. 

   Quelle vie voulons-nous, nom d'un pangolin ? ! Acter la rupture ou tenter de réformer le système de l'intérieur ? Abandonner la société à ses erreurs ou s'engager en prenant le risque de se salir les mains ? Construire un autre modèle pour soi-même ou avec l'ensemble de la société ? La désertion ou la conversion, à nous... "les vieux", de choisir... aussi, notre camp ! Idée de lecture : Redonner du sens au travail. Une aspiration révolutionnaire, de Thomas Coutrot et Coralie Perez.

   Un peu d'humour dans ce monde de brutes. Humeurs en liberté dans mon quotidien : "Il fait déjà 23 degrés chez moi ce matin. Je fais quoi pour rester à 19 ? J'allume la clim ? Ce n'est pas clair cette histoire de sobriété énergétique et de col roulé...", "ELLE EST LA ! La délicieuse saison du je laisse le four ouvert pendant qu'il refroidit, ça va chauffer l'appart.", "Ne pas allumer le chauffage avant le 1er octobre : mission accomplie. Prochaine mission, ne pas allumer le chauffage avant le 15 octobre.", "J'ai réparé l'ampoule du frigo qui était HS depuis au moins 10 ans. Je me demande quand même si le moment est propice à ce genre de débauche énergétique. J'attends les consignes gouvernementales.", "C'est marrant, j'arrive plus facilement à reprendre des lasagnes qu'à reprendre le sport.", "Puisque chacun y va de sa petite astuce, sachez que pour faire des économies d'énergie je n'allume plus les phares de ma voiture. Ce que les autres automobilistes semblent trouver malin puisqu'un grand nombre d'entre eux me klaxonne pour me féliciter.", "A la place de qu'en penses-tu ?, j'ai écrit par erreur au big boss de la boîte quand penses-tu ? Merci le correcteur d'orthographe ! Si vous ne me voyez plus tweeter demain matin, c'est que je suis en rendez-vous chez Pôle Emploi...".

   Le journaliste demande à Michel Ribes : "Qu'est-ce qui vous fait rire ?". "Le rire qui fait tomber les idoles, les chefs, les dominants. Staline en avait tellement peur qu'il disait : "Un pays vraiment heureux n'a pas besoin d'humour." La religion a été très contraignante sur tout ce qui touchait au rire. On sentait bien que le diable arrivait par là. Aujourd'hui, il existe un autre type de religion :  celle de la réalité, de ce qu'il faut faire ou pas. La religion politique aussi, et tant d'autres... Car il y a toujours une manière d'être qui vous est recommandée et des choses auxquelles il vous est conseillé de croire. Il existe une police de la pensée inquiétante aujourd'hui. Et là encore, le rire doit faire péter tout ça. Les conformismes à dynamiter aujourd'hui sont le bon goût lénifiant, emprisonnant. Les morales définitives asphyxiantes. Le retour à la morale mène aux dogmes, qui finissent mal." A méditer mes amis !

   Le monde de la consommation est vraiment merveilleux : il satisfait tous nos besoins et toutes nos lubies ! Leur inventivité n'a aucune limite et notre crédulité non plus. N'hésitons plus à "faire la fête" ou plus exactement à "faire la fuite" pour éviter de nous poser quelques questions ! Nous vivons anesthésiés par le confort et par les choses rassurantes. Cela, parce que nous sommes suspendus à des rêves qui trahissent nos manques. On se laisse porter et endormir par l'atmosphère ambiante et les petits bonheurs malsains qui nous rendent dépendants. Régression infantile... Le réel pourrait bien nous faire tomber de haut, un jour ou l'autre, jour qui se rapproche... Tomber de cette légèreté insouciante aux obscurs soubassements d'angoisse. Changer alors de comportements, " c'est du même ordre que lâcher la main de sa mère pour l'enfant qui a peur " (Philippe Jeammet). 

   "La tranquillité endort, les contraintes stimulent. De ce fait, on cultive son propre malheur. L'homme se construit davantage par les aléas de la vie quotidienne que par ses rêves. La société que nous avons mise en place ne s'intéresse pas au bonheur des personnes. Elle nous propose un bonheur matériel et factice. Avec notre consentement aveugle, elle utilise notre misère intime à des fins économiques. La quête du bonheur devient alors comme la carotte de l'âne au bout d'un bâton ! L'absence à soi-même et l'insatisfaction sont finalement le moteur d'un progrès trompeur et d'une concurrence effrénée. Comment sortir de ce piège ? Il s'agit d'abord de se guérir d'un passé peut-être mal vécu, de s'avouer nos besoins d'approbation et de compensations. Prendre en compte nos fragilités pour essayer d'être en paix avec nous-mêmes et avec les autres." nous dit Laurent dans le dernier bulletin de leur ermitage situé dans les Alpes de Haute-Provence.
   
   "Oui, j'ose le dire ici, écrit Jean Sulivan, en tout être humain, si l'on excepte les douleurs physiques extrêmes, il y a un royaume de sérénité. Mais cela suppose que l'on n'accepte plus de céder à beaucoup d'impératifs catégoriques de la société. Que l'on ne s'imagine plus que le bonheur vient exclusivement du dehors. Que l'on cesse d'être ballotté par mille agitations en confondant les besoins avec le désir profond. Cela suppose souvent que l'on change le rythme de sa vie. Que l'on préserve un espace d'intériorité. (...) Alors il peut arriver que l'Espérance nous habite au sein de nos misères, la petite joie increvable sans laquelle toute foi n'est qu'une crispation de l'esprit. Je ne vous fais pas la morale. Je vous invite au plaisir de vivre. Celui que nul ne peut vous arracher." 
   A méditer sérieux, mes amis.


" Ceux qui vivent passionnément nous apprennent à aimer,
et ceux qui aiment passionnément nous apprennent à vivre."
Yogananda


Des livres et nous :
"Être quelqu'un de bien. Philosophie du bien et du mal." Laurence Devillairs
"Être à sa place" Claire Marin (être à sa place dans sa famille, son couple, son travail... essai remarquable)
"La tradition des larmes" Jean-Paul Iommi-Amunatégui (s'intéresse aux "pleurs sacrées". Sans pleurs ni abandon, pas d''extase possible!)
"La confiance du matin" Chantal Joly (pour tous ces matins où nous recommençons à vivre... malgré tout.)
"Vide et plénitude" Yves Raguin (ainsi que ses autres ouvrages)

Sites
lecheminsauvage.com (à pied par la France rurale, 1er sentier de grande itinérance en France)
www.icicestcool.org (ne laissons pas la violence pourrir l'ambiance...)
https://www.lionsroar.com (sur la voie bouddhiste...)
finance-fair.org (pour la finance solidaire...)

Musiques
"Garden Party" Florent Marchet (instantanés de vie qui vont droit au coeur...)
"Boredoms & Heartstrings, vol.2" Erotic Market & The Heartstrings (oscille entre ivresse langoureuse, groove chamanique et R'n'B onirique. Le tout est sensuel, piquant. Excitant.)
"When Do We Get Paid" The Staples Jr. Singers (un bijou de famille ! Leur gospel transcende le gospel pour embrasser une soul de toute beauté avec un funk aussi léger qu'un nuage de lait dans le café...)
"Dissonance" Asmik Grigorian / Lukas Geniusas (piano et voix subtilement accordés pour les romances et mélodies de Rachmaninov. Poétique à souhait.)
"Home, before and after" Regina Spektor (œuvre radieuse, l'antidote à tout sentiment de découragement...)


"Donne chaque jour ton sourire,
c'est ton merveilleux cadeau d'amour.
Il ne dure qu'un instant mais fait chanter le cœur."
Soeur Emmanuelle

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs.
Rimbaud, Bateau ivre

   Paroles de sagesse du héros du film Intouchables, Philippe Pozzo di Borgo : " Je vous invite à retrouver l'innocence, le sens du beau, du vrai, du juste, de l'instant présent. Le salut - et non pas l'enfer de Sartre - ce sont les autres ! La réalité de notre vulnérabilité dépasse toutes les possibilités de la science. Elle est constitutive de notre condition humaine. C'est pourquoi je suis contre l'euthanasie. Je prône l'accompagnement avec tendresse et considération, dans l'acceptation de la vulnérabilité inhérente à la Création. L'euthanasie peut être une libération. Mais il y a quelqu'un au bout. Alors, on l'aide, on s'engage mais on ne le tue pas. On ne peut pas avoir une société apaisée, relaxée, si vous tuez les plus fragiles". A méditer par les inconscients qui durant le covid souhaitaient qu'on laisse mourir les plus âgés, les plus fragiles ! 

   Comment prendre soin de soi et de la Terre ? Nous ancrer dans notre corps = incarner pour être en relation avec les autres ; vivre la fraternité = nous ne nous en sortirons pas tout seuls ! Nous n'avons pas d'autres choix que de développer nos capacités de solidarité et d'entraide. Exerçons - nous à regarder sans juger : difficile n'est-ce pas ? Cultiver l'amitié pour résister aux clivages sociaux qui divisent et aux regroupements affinitaires qui séparent (les pour, les anti) ; nourrir notre intériorité = nous offrir des bains de silence, nous immerger dans des espaces naturels, s'imprégner de lectures spirituelles, écouter une musique ressourçante, pratiquer un art, méditer... ; cultiver la gratitude = ressentir de l'amour pour..., adopter un mode de vie plus sobre, nous mobiliser contre le non-sens destructeur et pour nos droits et devoirs à vivre dans un monde digne. Nom d'un pangolin !

   En ce temps de Noël - mais pas que - commençons par enlever les yeux de notre nombril pour nous occuper des autres. Sortir de notre petit confort perso pour diffuser un peu du feu sacré qui nous habite.
   Une minute de danse par jour = un acte quotidien de résistance poétique !
   La sobriété comme style de vie, c'est cool. Juste distance avec les biens, la propriété ; juste répartition des biens entre tous ; juste relation aux biens de ce monde. La justesse, toujours.
   Lève - toi et parle... mon ami.e !
   Bises de Noël à chacun.e et "hug" pour tous,
   Jacques


PS : comme vous sans doute, nous apprenons en cette fin de novembre le décès de Christian Bobin, 71 ans. C'est l'un des plus sensibles écrivains spirituels français qu'il m'ait été donné de rencontrer à travers ses livres, à la télé, à la radio, et une fois "en vrai" à Poitiers. " Pour apprécier la profondeur et la délicatesse de son œuvre poétique, il convient de ralentir. De s'arrêter même. Et de goûter : goûter les mots, les évocations, les images choisies avec tant de soin par l'auteur, et qui nous parle de ce qui nous entoure comme de l'insaisissable. Il écrivait comme pourrait peindre un impressionniste, à petites touches, en fulgurances lumineuses, qui nous saisissent autant qu'elles nous ravissent l'âme. Christian Bobin est à déguster comme une papillote qu'on laisse longuement et délicatement fondre dans la bouche ." (CFDT Magazine, décembre 2022, page 42)
   Toutes celles et ceux qui l'ont apprécié sont aujourd'hui orphelin.e.s. "Je marche seul..." chante JJ Goldman.
   Cadeau de Noël : https://youtu.be/orIIPyMAbc0