mercredi 21 janvier 2026

 Newslaitue janvier 2026 - 166eme -

Bonsoir, Bonjour

« Le bonheur, ô ami, ne se trouve pas

           dans les choses ou les événements

              mais dans le regard que l'on porte sur eux. »

Parole soufie


    Bon, je vais pas vous rajouter des Voeux aux Voeux que vous recevez, entendez, accueillez depuis le 31 décembre ! Tout a déjà été dit mes amis.
   Par contre, j'ai décidé de vous confier quelques perles 2026 de début d'année, reçues de vous qui me suivez depuis 10, 15 années. Leurs auteurs nous disent l'essentiel de ce que je pensais vous écrire en janvier. Donc, je leur donne la parole. C'est la moindre des reconnaissances.
   Juste vous redire que je vous adore, avec vos hauts et vos bas, parce qu'on est pareils vous et moi : incomplets, imparfaits, en chemin, trébuchants mais en route...
   Soyez tendre et doux avec vous-même. Stop aux injonctions de tous bords. " Foutez-vous la paix " comme dit mon ami Fabrice Midal. Et vivez à plein régime pendant que vous êtes vivants, debout, en marche....

Chères amies, chers amis, 

La fin d’une année et le commencement d’une autre forment un seuil, un moment de transition.

Dans la mythologie romainece passage est placé sous le signe de Janusle dieu des portes et des commencements. On le représente avec deux visages : l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Le premier invite à regarder en arrière : qu’avons-nous appris ? Qu’est-ce qui nous a traversés, nourris, parfois éprouvés ? Le second se tourne vers demain : quels désirs, quels élans, quelles graines souhaitons-nous semer ?

Ces deux regards sont précieux, mais ils peuvent aussi révéler nos pièges familiers : la tentation de rester accrochés à ce qui n’est plus, ou celle de vouloir contrôler ce qui n’est pas encore. Or le passé ne se défait pas, et l’avenir reste, par nature, imprévisible.

Janus est aussi le gardien des seuils. Comme toute porte, il sépare autant qu’il relie. Ce qui est derrière ne disparaît pas et peut même nourrir ce qui vient.

Entre ces deux visages, il existe un espace discret : celui de la présence. Un lieu où passé et avenir cessent de s’opposer. Un peu comme cet instant entre rêve et réveil, où l’on n’est plus pris dans la nuit, sans être encore happé par le jour. Un moment simple, gratuit, où l’on est là — avec le souffle, la lumière, le mouvement de la vie.

Alors, plutôt que de vouloir oublier l’année écoulée ou planifier à outrance la suivante, pourquoi ne pas habiter un instant ce seuil lui-même ? Respirer. Ressentir. Être là. Entre mémoire et projection, laisser une page blanche pour que le présent s’écrive.

Je vous souhaite, et nous souhaite à toutes et tous, une année traversée de tendresse, de justice, de lumière… et de joies.

Ilios Kotsou



Imagine …

Imagine que … tous les distributeurs de billets disparaissent du paysage urbain,

que la crypto-monnaie se généralise, avec son air de complotiste,

que les banques, l’une après l’autre, soient en cale-sèche,

que le droit soit, encore davantage, ramené à la seule « loi du plus fort ». 

que ce soit partout le règne du talion : oeil pour oeil, dent pour dent… vengeance généralisée…

imagine que les cow-boys, sans peur et sans reproche, soient de retour et le ku klux klan à la commande

imagine qu’il suffirait d’un regard  mal interprété pour « exploser » l’inconnu

imagine que le jeu soit devenu le seul maître à bord

imagine que l’image s’autosuffise

image’gin (alcool  décidément trop fort)

imagine que … la coupe est pleine.

Imagine que les mots, l’un après l’autre, s’effacent du dictionnaire

Imagine qu'il n'y ait plus ni respect ni retenue

Imagine que la drogue soit cotée en bourse

imagine le journal au plus offrant, l’opinion téléguidée !

imagine que le rire soit interdit.  Ou encore le silence !

Imagine que l'eau manque au robinet.

Imagine un monde de robots, sans les 3X8, sans repos

imagine les tours de Manhattan en flammes.

Imagine le delta du Gange à la dérive

Imagine qu'on cesse de dire  comme le père de Camus : « Un homme, ça s’empêche »

Imagine qu'il n'y ait plus de limite à rien

imagine le tout possible.

Imagine un black-friday permanent

imagine la terreur silencieuse,

mais imagine encore le possible d'un inédit.

Imagine encore le sursaut de la confiance.

Imagine un cœur qui s’ouvre comme un regard

imagine un être qui s’émerveille

Imagine la joie d’un  nouvel éveil.

Imagine la joie transfigurante,

imagine le pari de la solidarité,

imagine l’a-venir en forme de neuf,

imagine les solidarités, tiens, ce radeau de fortune fabriqué par les fourmis pour dominer  les flots.

Imagine ce qui se dirait-là, entre la poire et le fromage, dans l'arche de Noé…

 

Le monde se met à flotter. Imparable.

Ça tangue.

Souquez ferme ! Et encore !…

Ramez vers la profondeur, qu’il disait, en un grand rire

bien sûr que les tempêtes se lèvent,

Plus que jamais et pour longtemps

 

On dit pourtant qu’au point central du cyclone règne un grand calme.

Imagine alors le geste à faire, ce tout petit geste,

infime, encore à poser, qui réjouirait le ciel,

si loin, si proche : une musique, un chant d’oiseau.

Le vol d’un machaon en toute splendeur.

L’envol d’un écureuil d’un arbre à l’autre.

 

Et puis une main sur ton épaule qui te lance en-avant.

Et tu y vas…

                                               Joseph THOMAS



«Soyez comme l'oiseau posé pour un instant 
sur des rameaux trop frêles,
qui sent plier la branche et qui chante pourtant,
sachant qu'il a des ailes.»
Victor Hugo


Enlivrez-vous
"Contes de la gloire beatnik" Ed Sanders (réaliste et décoiffant... Utopie, poésie, euphorie, quel bel avenir !...)
"Trente Millions d'orgasmes. La vie sexuelle des animaux" Minh Tran Huy et Jul (document aussi savant qu'hilarant entre l'autrice et le dessinateur!)
"Le Droit à la paresse" Paul Lafargue (appelle la paresse à devenir le baume de nos angoisses humaines... A méditer ! 5 euros, pas cher !)
"Eloge du risque" Anne Dufourmantelle (la liberté consiste à prendre des risques : penser par soi-même, déplaire, aller à contre-courant,...)
"Passagères de nuit" Yanick Lahens (et au bout, le chemin de la joie...)

Musiques
"Songs for Nina and Johanna" James Yorkston (voix rugueuse du folkeux écossais, soutenue par les tonalités douces de ses invitées suédoises = subtile élégance)
"Rainy Sunday Afternoon" The Divine Comedy (magnifiques envolées orchestrales = douillet comme un après-midi au coin du feu !)
"Una lunghissima ombra" Andrea Laszlo De Simone (pop à la fois symphonique et intimiste, joyeuse et nostalgique, donc totalement hors du temps !)
"Chant Song" Mathias Lévy (pour nous émerveiller, émouvoir ou réconforter...)
"Doppelgänger. Songs by Schubert & Schumann" Jonas Kaufmann, Helmut Deutsch (le ténor bavarois, l'un des plus grands du moment, ne semble plus faire qu'un avec son indéfectible pianiste !)


" Les âmes ne sont pas vaincues par les armes, 
mais par l'amour et la générosité. " 
Spinoza


" Les rêves d'enfant sont des lumières /
que l'on restaure /
dans les nuits d'hiver "
Marion Fritsch, jeune poétesse très populaire sur Instagram

Allons-nous revoir après la mort ceux que nous avons aimé ici-bas ?...
Même l'hiver a des airs de caresse...
Bises, hugs, voeux sincères,
Jacques

mardi 21 octobre 2025

 Newslaitue octobre - 163eme -

Bonsoir, Bonjour

" La somme de ce qui nous touche,
on l'appelle la Nature. "
Novalis

   Que d'émotions mes amis en cette rentrée ! Face à l'actualité anxiogène, un trop-plein d'affects nous submerge peut-être, éclaboussant le débat public. Glissement vers...? Et c'est à la jonction de l'intime et du politique que la frontière semble la plus poreuse ! Ce ne sont plus des vagues, c'est un véritable ouragan qui balaie notre psyché collective. Que faire ? Certains essaient l'indifférence. Mais le repli paraît compliqué. La suppression des affects ne les fait pas disparaître mais les fige et les rend vulnérables ! L'émotion simplifie, l'émotion est binaire, l'émotion peut s'avérer dangereuse (cf les réseaux sociaux qui en regorgent...). Il faut donc apprendre à vivre ensemble dans cette Cocotte-Minute ! L'incertitude nous inquiète ? Pas de panique : c'est la marque même de l'émotion. Biologiquement. Certains neuroscientifiques nous invitent à nous débarrasser d'un fantasme inaccessible et source de grande amertume : la quête absurde d'une empathie généralisée, ou du consensus. Méfions-nous de notre cerveau, pas seulement de nos émotions ! 

   Dans un monde aussi imprévisible que le nôtre, il ne faut pas sombrer dans la "mélancolie démocratique", burn-out politique ! La passion démocratique comme rempart à la dépression - d'accord, mais jusqu'où ?... Quand ça va mal, on n'éteint pas le feu qui couve avec de belles paroles. Sinon, on se réveille avec un Donald Trump au pouvoir ! Rendons donc à la passion démocratique ses vertus collectives, nourries de nos émotions individuelles. Le radeau est instable, la mer de plus en plus agitée ? Un gouvernail solide, une arme de persuasion massive : la politesse ! Keep cool man, soyons zen et sympa, souriant et tendre, jovial et présent, taoïste et bouddhiste, positif et créatif.

   En cette rentrée, quelques bons bouquins nous y invitent : " Le Cerveau idéologique "" L'empathie est politique "" Les Résistances affectives "" La Stratégie de l'émotion "" La Colère et le Chagrin "" Leçons de ténèbres "" Le Mépris ", ....


vendanges dorées
une fête en automne
rien ne m'appartient
je suis la reine nue
d'une splendeur
qui chante
Gaëlle Josse


" Je suis seulement un voyageur. "
Michel de Certeau

Des livres et vous
"Petit éloge de la lumière nature" Nimrod (poète, essayiste, romancier, couronné par plusieurs prix littéraires)
"Récits de saveurs familières" et "Récolte à la lumière du jour" Erri De Luca (lui... je l'adore !)
"J'ai rêvé d'un monde plus juste" Dominique Versini (partie de peu, elle a gravi les arcanes du pouvoir, tjs au service des exclus = une femme formidable !)
"Les passions dangereuses" Guillaume Le Blanc (paresse, lâcheté, mensonge, envie, jalousie, peur, haine, ressentiment nous rendent insatisfaits, plaintifs, agressifs. Comment en sortir ?)
"Rien ne passe, tout s'oublie" Emmanuel de Waresquiel (chroniques savoureuses sur l'égalité qui nous divise autant qu'elle nous rassemble...)

Musiques émois
   " La musique guérit, dynamise et encourage les esprits. " 
"Mozart" Quatuor Tchalik (vibrons avec ces quatre frères et soeurs...)
"Philipp Scharwenka : The Noctural Poet" Cansu Sanlidag (jeune pianiste née en Turquie, disque magnifique, harmonies de grande richesse, ce compositeur mérite d'être mieux connu...)
"Songe" Sophie Oz (au piano-voix + batteries, elle déploie des plages d'émotion. Comme par magie...)
"1:46:43 - The Ventoux Trilogy" Stubbleman (parfait pour méditer ou respirer le grand air ! Synthé modulaire et sons enregistrés dans la nature du Mont Ventoux !)
"Peacock Dreams" Abdullah Miniawy Trio (trombones, trompette Erik Truffaz, voix de l'incantation au frémissement le plus gracieux. Déchirant !)


" Avant de vivre avec les autres, je dois vivre avec moi-même.
La conscience est la seule chose qui ne doit pas 
s'adapter au vouloir de la majorité."
Harper Lee

   Haro sur certains théologiens, toutes traditions confondues, soumis à cette tentation de tout intellectualiser et de mettre en concept l'Ineffable ! Stop à la raison discursive ! A la théologie réductrice et sclérosante... Les concepts ne peuvent traduire l'Ineffable ; seule compte l'expérience intérieure. Relisons le moine breton Henri Le Saux, qui a "tout compris" lors de son vécu en Inde. Ou les Pères de l'Eglise d'Orient... ou les poèmes des grands mystiques, les Upanishads.

   A nous de vivre dans l'Un afin que le discours débouche sur une expérience, sur une réconciliation profonde de tous les plans de l'Être. Merci d'être ce que vous êtes, dans votre différence et dans l'Un qui nous relie, avec tout le reste de l'univers, à l'Uni-Trinité d'où tout procède et où tout revient. Alléluia !
   C'était mon quart d'heure mystique joyeux coup de gueule ! (lol)

Vivre, à présent
Regarder les belles choses et les enfants
Et n'y voir rien d'autre que de belles choses
Nos enfants
Les épargner les libérer de nous aimer
Les photos le passé sur un fil pendule léger
Ne rien investir
Être désarrimés
Apprendre à désirer
Apprendre un pas de danse
Persister
L'amour n'est pas la pitié
Accepter le sommeil l'abandon
Conjuguer hier à demain
Dans une langue réenchantée
Dégoupiller nos héritages
Rincer les paupières des nuits noires
Ne rien cacher; se balancer sur un fil
Les cicatrices ne sont pas un trophée
La vie s'altère si on n'y joue pas souvent
Sortir sur les boulevards rire boire biaiser
Les lèvres s'usent si elles n'embrassent pas
Vivre, au présent
Beata Umubyeyi MairesseCulbuter le malheur, 2024


   Je profite de cette lettre pour vous confier une petite demande persoJe souhaite passer l'hiver dans le Sud de la France. Un mois, deux mois, ou trois. J'étudierai toutes vos propositions : garder une maison, un appartement, un lieu de vie ; louer un petit truc (retraite smicard) ; autre.... Pour écrire, me balader, découvrir, m'émerveiller, flâner, échanger,.... Je ne me déplace qu'en train, je viendrai donc sans voiture ; donc, commerces à proximité, vélo ou mobylette bienvenue, sinon à pieds ! Merci de transmettre ma demande vers vos amis, relations... côté Sud de la France. En donnant le mail de l'asso EPHATA. Merci +++

   Belle entrée dans l'automne coloré,
   Peace and Lol !
   Jacques

jeudi 11 septembre 2025

 Newslaitue septembre 2025 - 162eme -

Bonsoir, Bonjour

" Nous devons préserver notre fragilité parce qu'elle
nous rapproche des autres,
alors que la force nous éloigne. "
Jean-Claude Carrière

   La question des fractures, celle du lien entre les générations m'habite beaucoup. Vivre dans une bulle où, petit à petit, les algorithmes nous enferment, nous poussent à avoir des avis de plus en plus tranchés, c'est l'un des risques majeurs des réseaux sociaux. Moi, je rêve de faire exploser ces bulles !

   " Pour le commun des mortels, il n'y a pas de quoi s'émerveiller devant des activités aussi prosaïques que celles de tirer de l'eau d'un puits ou de fendre du bois. Après l'illumination, rien ne change vraiment ; toute chose demeure la même : seul notre cœur déborde désormais d'émerveillement. L'arbre est encore un arbre ; les gens sont exactement ce qu'ils étaient auparavant ; et vous aussi ; et la vie se continue sans changement. Vous pouvez être d'humeur aussi changeante ou aussi égale qu'auparavant, vous trouvez aussi sage ou aussi fou qu'auparavant. A une importante différence près : maintenant vous percevez toutes ces choses d'un œil différent. Vous en êtes plus détaché. Et votre cœur déborde d'émerveillement.

   Voilà l'essence de la contemplation : le sens de l'émerveillement. La contemplation diffère de l'extase en ce que l'extase mène au retrait. Le contemplatif qui a reçu l'illumination continue de fendre du bois et de tirer de l'eau du puits. La contemplation diffère de la perception de la beauté en ce que la perception de la beauté (une peinture ou un coucher de soleil) engendre un plaisir esthétique, tandis que la contemplation engendre l'émerveillement - quel que soit l'objet qu'elle observe, coucher de soleil ou pierre. C'est la prérogative de l'enfant, qui se trouve si souvent en état d'émerveillement. Aussi se sent-il naturellement à l'aise dans le royaume des Cieux. ". C'est signé Anthony De Mello. Sans commentaire.

Se défaire de ce qui pèse
les poids invisibles soudés à nos pieds
éclats de mémoire coupants
tessons inutiles
voix acides aux mots rouillés

avancer sans peur comme un enfant
qui joue et invente des mondes

assise à la table devant la fenêtre
une tasse de café un stylo
un cahier veiné de bleu
et la vie qui s'invite
Gaëlle Josse

   Je ne suis pas le centre du monde... Pensée à la fois difficile et douce pour mon ego... Le OUI qu'on dit à notre vie peut s'entendre comme un MERCI... Soit je reste dans ma blessure narcissique, ne pouvant tirer de son propre fonds la substance de son être ; soit, consentant à être une créature, je me tourne avec reconnaissance vers la Vie, le Vivant... Le bonheur fait peur ! Une vie qui ne sait remercier s'abîmera bientôt dans la morosité...

   N'avez-vous jamais éprouvé un immense étonnement, du fait que vous êtes là, avec vos bras, vos jambes et votre cerveau, sur une petite planète, dans un univers démesuré ?... Sans explication aucune, vous vous trouvez venu au monde, être sensible, capable d'intelligence, d'initiative, d'ardeur à vivre. Instrument perfectionné certes mais sans mode d'emploi !
   La vérité sur notre situation reste à conquérir. Est-il possible de construire une explication plausible sinon certaine ? En compensation à la misère humaine, un désir évident jaillit : chacun souhaite sécurité, paix , amour. La grande intuition de Freud est sans doute que tout humain a besoin d'être aimé. Comment, alors, ne songerait-il pas à un protecteur céleste ?...

" Recette pour ne pas être triste : 
il faut, en toute chose, accepter la vie. "
Edwige Feuillère


Enlivrez-vous
"Protocole chaos" José Rodrigues dos Santos (décrit avec minutie comment la Russie influence le monde avec les plateformes sociales. De la "pleine conscience" camarades !!!)
"Par-delà nature et culture" Philippe Descola (incontournable anthropologue, cité comme une référence par tout un courant de penseurs du vivant. "D'autres façons de vivre sont possibles."
"Le Chant du monde" Jean Giono (important et merveilleux...)
"Il est grand temps de rallumer les étoiles" Virginie Grimaldi (mon roman de cet été 2025 !)
"Une nuit au cap de la Chèvre" François Cheng (face à l'océan finistérien, FC nous offre son lumineux testament)

Musiques
" La musique guérit, dynamise et encourage les esprits. " 
"The Warmth You Deserve" Yann Tambour/Boubacar Cissokho (disque superbe où kora africaine et guitare classique se marient à la perfection)
"Inner Flight Music" Tobias Wiklund (quelques musiciens, un orchestre = le cornettiste est en osmose. Un excitant trip spirituel !)
"Al Alba" Matthieu et Camille Saglio (violoncelle et voix rare de contre-ténor = grande puissance émotionnelle, voyage intérieur influences orientales africaines...)
"Deuxième vague" Combes (reprend à son compte le lyrisme et la puissance des mots tels que Léo Ferré, Bernard Lavilliers, Jean-Louis Murat. Un artiste à part entière.)
"Earthstar Mountain" Hannah Cohen (imprégné de quiétude, douce voix, mélodies hors du temps, douceur constante = du soleil permanent !)


" Le discours poétique est le seul capable
de résister à la violence du monde. "
Jean-Michel Othoniel


   L'avenir de l'humanité dépend de notre réponse à l'appel de l'Amour (avec un A majuscule), qui se fait de plus en plus pressant en ces temps " qui sont les derniers " ! Précisons qu'il ne s'agit pas de fin du monde, mais de la fin d'un temps : celui de l'ignorance, de l'apostasie sous toutes ses formes, du matérialisme dévorant. " Aimons-nous tels que nous sommes et même si nous ne partageons pas les mêmes croyances, demeurons unis dans l'amour " nous dit le Dalaï-Lama.

   Le propre de la pensée conceptuelle est de diviser, de séparer, d'opposer à coups d'arguments et parfois de considérations adventices - intérêts, pouvoir, influence, etc -, fortement présentes chez des êtres humains insuffisamment "guéris", apaisés. Comme vous et moi !?... Les êtres "pneumatiques", ceux qui vivent dans et par l'Esprit, ne cherchent pas d'intérêt personnel, de vues partisanes, ils œuvrent uniquement pour le bien de tous, dans la lumière de l'Esprit, qui  " souffle où il veut " ! 

   Étant morts à eux-mêmes, ils sont pauvres de cœur, simples, dépossédés de toute volonté propre, dociles aux motions de l'Esprit. Dès lors, vivants dans l'Un, ils ne connaissent pas la division. Tout est réunifié pour eux. Ce sont les vrais Saints, ceux que le "monde" refuse, parce qu'ils ne suivent pas sa logique ni ses illusions dangereuses.
   Entre nous, si vous en connaissez des êtres humains comme ça, dîtes-le moi !... Perso, en 67 ans de vie terrestre, j'en ai côtoyé de près 2 ou 3, peut-être 4, voire 5 !

de la fleur ne rien posséder
ni le parfum ni
le satin froissé d'un pétale

de l'aimé ne rien posséder
que le souvenir des caresses
pour une vie à venir

du monde ne rien posséder
que notre nudité au premier jour et
au dernier

entre les deux
la joie les larmes
et le souvenir d'un peu de
douceur
Gaëlle Josse

   Qu'est-ce qui vous fait peur et qu'est-ce qui vous rassure dans la vie ?
   Pourquoi être heureux quand tu pourrais être normal ? !
   Ceux qui se sentent étrangers sur Terre en sont les vrais habitants : à méditer....
   Le monde est dur, soyons doux !
   Bises de fin d'été, 
   Jacques

 Newslaitue juillet-août - 161eme -

Bonjour, Bonsoir

" Aligner ce que je ressens
et ce dont j'ai l'air. "
Albin de la Simone

   Je ne sais pas vous, mais moi Marcel Proust me remonte le moral en me rappelant que l'essentiel, c'est ce qui m'est singulier et qui n'appartient qu'à moi. " Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l'obscurité et du silence. " disait-il, le bougre !

   Un autre qui me fait kiffer depuis longtemps - et que nous avons reçu à Quimper en appréciant sa simplicité - c'est le spécialiste du bonheur, tout en prônant une "sagesse tragique", chère à son maître Marcel Conche, sagesse selon laquelle l'aspiration au bonheur n'empêche pas d'être sensible aux maux du monde. " Le tragique fait d'autant plus partie de notre vie que les médias nous informent au quotidien des horreurs du monde. La lucidité interdit une forme de bonheur constant fondé sur l'oubli du pire. Mais ce n'est pas une raison pour renoncer à tout bonheur. On peut être heureux sans en avoir honte, y compris quand on sait ce qui se passe à Gaza ou en Ukraine. " nous confie André Comte-Sponville.

   " Il me semble que nous grandissons avec nos failles, nos gouffres, nos blessures, et que les animaux viennent, sans faire de bruit, prendre dans nos vies ces places qui de toute façon seraient demeurées vacantes (...). Leur présence adoucit les angles aigus des destinées, transforme le vide en plein, et nous aide à refabriquer de l'équilibre quand il n'y en a plus. " écrit Hélène Gestern dans son émouvant récit Toi, où elle retrace dix années de compagnonnage et d'intimité partagée avec Mimi, chatte au pelage argenté apparue un beau jour sur le muret de sa terrasse - et ainsi entrée pour toujours dans sa vie.
   Et vous, vous faites comment avec les animaux ?...

" Ne précipite rien, trouve ta forme, l'ombre /
glisse sous tes ailes /
l'épaule des collines se hausse. "
Cécile A. Holdban

   " S'ils ne sont plus chantants et dansants et galants, les Français deviennent des fous furieux ", écrivait le prince de Ligne, peu avant la Révolution. Je ne sais pas si nous sommes devenus fous, mais nous sommes de plus en plus tristes. Nous ne parlons plus que de fin de vie et de retraites ! Nous ne savons plus regarder au-delà de nos frontières et nous ne pensons pas assez à l'avenir. Peut-être sommes-nous trop égoïstes ?

   Nous étions 68 millions de Français. Nous sommes devenus 68 millions de juges. On instruit à charge sur les plateaux de télévision. On réduit l'innocence à rien. Purger sa peine ne suffit plus. Vous restez coupable toute votre vie. 
   Nous sommes des êtres de rêves, d'imagination, de mots et d'utopie. Nous aimons les abstractions. Bref, les Français ne sont pas si raisonnables que ça. Et j'en fais partie. Quel sorte d'homme voulons-nous être ? Comment sortir du "marécage" de nos passions négatives ? Des pistes, des perspectives existent dont il faudrait amplifier la portée. Face au rouleau compresseur de la tristesse, la joie et l'enthousiasme risquent de n'être que des bulles éphémères si on ne les nourrit pas régulièrement. 

   Contre la lâcheté et l'indifférence, ayons le courage de la vie à plusieurs, le collectif étant non seulement ce qui rend les épreuves de l'existence bien plus supportables, mais aussi ce qui crée de nouvelles allures de vie ! Même minuscules, les micro-actions, les micro-célébrations partagées de la vie ordinaire ont l'immense pouvoir social de créer de la joie. Et selon l'énoncé de Spinoza" la joie est le passage de l'homme d'une moindre à une plus grande perfection "...
   A méditer camarades méditants militants méritants !

" Il y a chez les animaux une façon d'être à nos côtés intense et discrète, 
pleine et légère,qui n'existe pas chez les humains (...).
Ils remplissent en silence le temps, l'espace. "
Hélène Gestern

Des livres et vous
"Seuls demeurent" René Char (admirable recueil de poésie, l'un des objets les plus émouvants à avoir été engendrés par la sensibilité humaine)
"Réinventer l'amour" Mona Chollet (autrice de Résister à la culpabilisation, Beauté fataleSorcières : la puissance invaincue des femmes)
"Vers une psychanalyse émancipée. Renouer avec la subversion" Laurie Laufer (elle questionne l'ordre établi et les assignations : un savant travail de déconstruction !)
"Notre vagabonde liberté. À cheval sur les traces de Montaigne" Gaspard Koenig (raconte sa transformation intérieure...)
"Abysses" Claire Nouvian (la super nana qui a créé Bloom-ONG scientifique, prix Goldman - considéré "prix Nobel pour l'environnement" - en 2018...)

Musiques
"Humain" Christophe Mali (du groupe Tryo. Deuxième album solo, de splendides chansons. Un côté Souchon, de la tendresse, un côté caressant... Poésie et sincérité.)
"Earthstar Mountain" Hannah Cohen (beauté quasi féerique... un enchantement...)
"All Living Things" Park Jiha (touche au cœur en mêlant improvisation et tradition, rêverie liquide et réminiscences mélancoliques... un émerveillement sans cesse renouvelé !)
"Au bord" Yoanna (accordéon et percussions. Des images comme autant de promesses... voix lumineuse... Yoanna va son chemin...)
"Hypersuites" Marina Barnova (pianiste ukrainienne qui vit à Berlin. Don pour utiliser des morceaux très classiques pour en faire quelque chose de très contemporain, nous emmener ailleurs... charnel... génial !)

" Quand j'ai une pointe dans le coeur /
Je la retourne /
J'écris "
L'un des 13 520 textes reçus pour le grand prix Poésie RATP

   Parfois, je m'interroge : je dois être malade pour que tout me bouleverse aussi profondément. J'ai parfois le sentiment de ne pas être un vrai être humain, mais plutôt un oiseau ou quelque autre animal qui aurait très vaguement pris forme humaine. Comme vous peut-être ?!... C'est le rv du poème et de l'oiseau... faire durer l'écho... faire ou pas " chanter le réel ".

   L'émerveillement, c'est peut-être ce qui continue de nous brancher aux oiseaux, et par eux au monde vivant. Nous, si débranchés, désaffiliés, désaffectés ! Il y a un instant où tout est clair, c'est l'oiseau qui nous l'offre.... L'émerveillement accroche sur le visage un sourire, vissé comme un soleil, il nous convoque : on admire, on est ébloui. Les "merveilles de la nature", ou l'émerveille de la Nature... Sensibilité émerveillée... Philia : une amitié pour le vivant en général.

   Mouvement, jeu, joie, légèreté, volatilité : les enfants sont comme les oiseaux ! Alors... redevenons comme de petits enfants... le royaume des cieux etc etc... A méditer.
   Des livres "émerveillants" : Eloge des oiseaux (magnifique, audacieux, inspiré, aérien)Une pluie d'oiseaux (380 pages de beauté)Habiter en oiseauL'élargissement du poèmeJeux d'oiseaux dans un ciel videLe Sens de la merveilleCe que les oiseaux ont à nous dire, etc.

" Trois baies /
une brindille /
l'inventaire pourrait cesser là /
s'il n'y avait ce petit or /
que chacun espère secrètement forger /
dans la banalité du jour. "
Cécile A. Holdban

   Pour l'info qui broie du noir, il y a le choix. Pour l'info qui donne espoir, il y a...
   Opposer à la peur de l'avenir le plaisir d'être en vie : sagesse ancestrale !
   Qu'est-ce qui distingue la folie de la normalité dans un monde disloqué ?
   Bises, hugs estivaux : soyons zen, nom d'un pangolin !
   Jacques