dimanche 21 octobre 2018


Dimanche 04 novembre
Groupe de parole-partage (6eme année, ouvert à tout individu)

" Le Pardon (la part de soi donnée à l'autre) : comment je me suis pardonné à moi-même, comment j'ai pardonné à l'autre ? En quoi le pardon m'a aidé à évoluer, à changer, à grandir humainement ?"

Lieu : chez Véronique à Quimper
14h30 à 17h00 + goûter partagé

Parler à partir de soi, en disant "JE"; écouter l'autre sans jugement ni conseil, dans un climat de vérité, avec nos paroles qui "sonnent" vraies.
Dire qui JE SUIS véritablement, parler de ma façon de ressentir le monde, ma façon de me l'approprier.
Notre groupe de parole-partage n'est pas un groupe de thérapie. Il s'adresse à celles et ceux qui ont envie d'aller plus loin dans la compréhension d'elles-mêmes et des autres. Chacun.e veille au fait que ce que dit l'autre ne soit pas interprété par les autres, mais simplement écouté dans la confiance mutuelle.
Groupe de 10/12 personnes maxi, goûter commun à 17h00, apporté par chacun.e
Coût : adhésion annuelle à l'association 10€
Toutes les 4/6 semaines, le dimanche après-midi en général, parfois le samedi am.

Quelques "commandements" pour la bonne ambiance de notre groupe :
. Tu écouteras ton prochain comme toi-même
. Tu mèneras sérieusement le thème du jour sans te prendre trop au sérieux
. Tu ne monopoliseras pas la parole, mais tu la feras circuler
. Tu ne chercheras pas à imposer ton point de vue
. Tu ne permettras pas que l'on se moque de l'opinion ou de l'ignorance de quiconque
. Tu faciliteras la prise de parole des timides et tu aideras les bavards à la laisser à d'autres
. Tu feras preuve d'humour quand ce sera nécessaire
. Tu ne craindras pas les temps de silence qui permettent aux autres de réfléchir sereinement
. Tu te délecteras du thème du jour et le savoureras avec les autres
. ....

Co-voiturage de Concarneau, pays bigouden, Lorient, Rostrenen....
Détails-inscriptions : 06 88 08 97 12 ou mèl EPHATA

samedi 29 septembre 2018

Lettre octobre 2018 - 83eme -


Bonsoir, Bonjour


"Chacun ressent, je pense, qu'au fond de lui 
une partie de son moi demeure inexprimée"
V.S. Naipaul



   Pourquoi cette citation ? "Parce que très peu de gens vivent des vies pleines et entières. Toute vie est incomplète, et je ne connais personne qui estime que son existence est parfaitement réussie, pleine. Chacun ressent, je pense, qu'au fond de lui une partie de son moi demeure inexprimée", confiait V.S. Naipaul, décédé le 11 août dernier, à la veille de ses 86 ans. Relisons son beau roman "La moitié d'une vie".

   La méditation ou la pleine conscience nous font croire que si nous sommes dans un bon état d'esprit, alors nous aurons une bonne vie.... Mais on ne peut jamais atteindre le bonheur replié sur soi. Le bonheur, la bonne heure, est toujours relié à l'autre, aux autres. Avec la psychologie positive à la fin des années 1990, émerge le bonheur comme nouvel horizon du moi. L'idée de bonheur est au coeur même du projet de la société libérale (augmenter le plaisir, diminuer la souffrance). La psy positive met l'accent sur l'individu, sa "responsabilité" afin de s'élever au-dessus de notre misère ordinaire. "Dans cette pensée, le malheur et la pauvreté deviennent une question d'échec psychique, et le bonheur ou la réussite une disposition intérieure du moi.... En ce sens, la poursuite du bonheur, telle que la conçoivent les apôtres de la psychologie positive, n'est finalement rien d'autre que la servante des valeurs individualistes imposées par la culture néolibérale. Martin Seligman en est le principal fondateur., mais il a mis sa théorie au service du pouvoir : les grandes entreprises et l'armée. En 1998, il s'est fait élire président de l'Association américaine de Psychologie (APA) : les chèques de fondations ne sollicitant que des "winners" commencèrent aussitôt à pleuvoir pour un programme consacré à " l'exploration du rôle du bonheur et de la spiritualité dans une existence réussie" ! Suivirent les financements de multinationales afin d'augmenter la productivité et l'implication des salariés (n'oublions pas que le plus grand pouvoir que l'on puisse exercer sur quelqu'un c'est de lui procurer du plaisir !...).

   Celà correspond parfaitement au projet d'un gouvernement néolibéral soft.... Le problème, c'est que rendre une psyché résiliente, si celà marche trop bien, c'est le genre de ressource qui vous rend imperméable à votre propre souffrance et à celle que vous infligez aux autres. La psychologie positive devient alors une philosophie de l'oubli. L'impératif du bonheur instaure une nouvelle hiérarchie émotionnelle entre les gens heureux ou de bonne humeur et ceux qui ne le sont pas ou se plaignent. Chacun d'ailleurs commence à interpréter chez les autres et chez soi-même le fait de se sentir mal comme une faiblesse, une incapacité à être ce qu'on devrait être - fort et positif ! Alors que pour les romantiques, le mal-être donnait du prestige. Comme chez les artistes, la souffrance était synonyme de créativité, de lucidité, d'esprit. Aujourd'hui, ce n'est plus la sensibilité en tant que marque d'une intelligence supérieure qui compte, mais l'adaptabilité, la flexibilité, la capacité de rebondir et de ne rien attendre ni de votre employeur ni de l'Etat. Et celà est très visible dans les livres de développement personnel ! Résultat : la société ou l'entreprise éliminent "les gens à problèmes".... Alors que les sagesses orientales et occidentales étaient des façons de vivre et d'accepter la souffrance comme faisant partie du processus d'apprentissage de l'existence, la pensée positive rend la souffrance proprement inintelligible, parce qu'ennemie de la psyché bonne. Elle est ainsi vécue comme un motif de culpabilité : non seulement l'individu souffre, mais il a honte de souffrir !

   Le problème posé là est qu'on oblitère la dimension tragique propre à toute vie humaine. En vérité la psychologie positive est une science de charlatans qui veut faire de nous des gens qui arrivent à interpréter tous les malheurs en occasions et signes que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Que ce que nous vivons comme souffrance n'est que l'expression de notre insuffisance morale et cognitive, et qu'il faut donc y travailler. Nous sommes devenus des "happycondriaques anxieusement focalisés sur leurs moi respectifs" ! Il est clair que la psychologie positive vise à nous faire accepter les principes du monde néolibéral. Elle crée de l'obéissance. Ce travail permanent sur soi est ironiquement antithétique avec la possibilité d'être heureux. Le bonheur tient à la capacité de se contenter de ce qui est suffisamment bien. La psychologie positive entraîne avec elle sa propre tyrannie : elle place l'individu en position d'instabilité et de perpétuelle insatisfaction ! ".
   Voilà qui est dit, et ça fait du bien une fois dit, nom de Zeus ! Et c'est signé Eva Illouz dans L'OBS-23 août et Télérama 12/09 (ses travaux portent sur la marchandisation des émotions et le "capitalisme affectif". Elle est l'auteure de plusieurs essais dont "Pourquoi l'amour fait mal" ou "Les sentiments du capitalisme").
   Emmanuel Mounier nous avertissait déjà en son temps que la personne en nous ne peut croître "qu'en se purifiant de l'individu qui est en elle". C'est à dire de notre petit moi-moi-moi qui brouille notre bonheur d'être simplement nous-même, de nous adapter au réel. Toute tradition spirituelle possède une dimension communautaire.


"Vivre, c'est quand même exceptionnel.
Trouver sa voie, sa liberté, voilà la grande aventure de l'existence."
Eva Jospin, artiste "végétale"



Des livres et vous :
"Lire et vivre" Tzvetan Todorov, préface d'André Comte-Sponville
"L'animal est-il un homme comme les autres ? Les droits des animaux en question" Aurélien Barrau/Louis Schweitzer (la frontière entre l'humain et l'animal disparaît...)
"Exister, résister. Ce qui dépend de nous" Pascal Chabot (philosophe belge, essai remarquable, percutant comme un bon chocolat belge !)
"Anatomie de l'oppression" Inna Schevchenko / Pauline Hillier (les 3 religions monothéistes et le corps féminin)
"Je vis pas ma vie, je la rêve" Jacques Higelin / Valérie Lehoux (ainsi que Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans et Flâner entre les intervalles)
"Le sexe et l'amour" Philippe Brenot



Sites :
"L'humour est la forme la plus saine de lucidité."
Jacques Brel


   Méditer, faire du yoga ou patati patata, c'est parfait. C'est ce qu'on appelle un "exercice spirituel", mais c'est après, dans la vie ordinaire avec ses "emmerdes", incertitudes et combats, que nous devrions en goûter les bienfaits. Y'a du pain sur la planche, camarade ! Ce que devrait être un cheminement spirituel d'après certains : une invitation à se désencombrer du mental, à purifier le coeur, ou encore un passage de l'antique "Connais-toi toi-même" à cet appel : "Oublie-toi toi-même". Faire route vers son être le plus profond et répondre ainsi, selon les termes de Khalil Gibran, à "l'appel de la Vie à elle-même".
   Ce qui doit nous guider, ce ne sont plus les attraits et les sentiments, mais le goût du bien, la beauté d'une vie transfigurée par la recherche de plus Grand que nous, que notre petit moi. Il suffit souvent de considérer nos attitudes, nos sympathies naturelles, pour reconnaître que nous en sommes loin. Moi y compris bien sûr (mais je me soigne !). Cette conversion de l'amour ne se fait pas facilement. Ce retournement suppose un véritable travail intérieur, un travail d'enfantement. Le monde des sentiments, des émotions, est l'un des plus secrets et des plus mystérieux qui soient. Un monde sur lequel bien peu d'entre nous sont lucides. Rares sont ceux d'entre nous qui ont conscience d'être menés par leur affectivité, leurs sentiments, leurs émotions. C'est pourquoi l'un des plus grands combats sur notre chemin spirituel, c'est de laisser venir à la lumière toute la haine et tout l'amour qui habitent notre coeur d'homme et de femme. Sacré boulot ou boulot sacré !

   Quand trop d'émotions nous assaillent, n'hésitons pas à nous mettre en mouvement. Bouger, c'est s'alléger !
   Pensée particulière pour Michel Cazenave, que nous avons accueilli avec grand plaisir à Quimper, et qui a rejoint l'Autre Monde....
    Belle entrée pour vous dans l'automne coloré,
   Jacques

mardi 4 septembre 2018

Lettre septembre 2018 - 82eme -

Bonjour, Bonsoir

"Vous pensez que vous pensez vos pensées,
mais non, vous pensez ce que la société pense."
Krishnamurti


   Krishnamurti était un vrai maître spirituel. Préservons en nous cette liberté d'être et de penser indispensable à la sauvegarde d'un espace à soi. Nul besoin d'être savant pour penser par soi-même, sauvegarder un peu de doute critique, supporter le conflit, désobéir, et en toutes circonstances continuer à débattre avec soi-même. Histoire de ne pas tomber dans la connerie ou l'habitude, tous deux signes indiscutables de vieillissement....

   Pour ne pas avoir à finir par dire mollement oui, encore faut-il savoir commencer par dire fermement non. Pour Alain : "Penser, c'est dire non (...). Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c'est que je consens, c'est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c'est que je respecte, au lieu d'examiner (...). C'est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit". Alors, réfléchissons, examinons et ne respectons pas toujours, pour obliger les princes qui nous gouvernent à ne pas profiter de nos défaillances individuelles et collectives.

   L'équation du bonheur. Après avoir perdu son fils, Mo Gawdat l'affirme : oui, on peut être heureux, quoi qu'il arrive. Son projet : rendre 1 milliard de personnes heureuses sur 5 ans (onebillionhappy.org). La clé de la plénitude pour lui : se débarrasser des 6 grandes illusions (la pensée, l'ego, la connaissance, le contrôle, le temps et la peur) ; refuser les 7 angles morts (les filtres, les suppositions, les prédictions, les souvenirs, les étiquettes, les émotions, les exagérations) qui faussent l'analyse de la réalité ; s'accrocher à 5 vérités absolues (vivre l'instant présent, s'aimer et aimer, accepter la mort, le changement et le "dessein"...). Bon courage l'ami !

"L'humour, c'est ce qui, sur le plan humain, s'approche le plus de la grâce divine."
Pape François


Enlivrez-vous :
"Eveil à soi - éveil à Dieu" Henri Le Saux (moine à Kergonan 56, parti en Inde fondé Shantivanam)
"Dans ma peau" Guillaume de Fonclare (récit implacable sur le déferlement d'une maladie qui a soudain privé l'auteur de l'usage de son corps. Pour tous les "bien portants" !)
"Le Syndrôme de Calimero" Saverio Tornasella (et si la plainte avait une vertu psychologique, voire spirituelle ?...)
"Etre là" Véronique Dufief (l'être des profondeurs : méditation sur l'instant présent, puissant et plein d'humour. Révélée en 2014 avec La Souffrance désarmée, où elle transcendait de manière admirable sa maladie psychique, la bipolarité)
"Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger. Eloge du combat spirituel" Martin Steffens (philosophe lumineux, spécialiste de Simone Weil)
"Penser la fin de vie" Jacques Ricot (proche de Paul Ricoeur, pour panser la fin de vie...)
"Apprivoiser l'éveil" Pierre Turlur (enseignant à Kyoto et moine zen)
"La vie, mode d'emploi critique" Didier Fassin (une déclaration à la vie)


Sites :
www.autourdufeu.org (en Finistère sud)
www.ccfd-terresolidaire.org (l'humanité est une grande famille) 
www.engagement.fr ( aide les volontaires à trouver leur voie : une école pas comme les autres)
www.le-refuge.org (accepter les différences...)
www.papyhappy.com (le Tripadvisor des seniors)

Musiques pour l'âme :  
                                             "Sans la musique, le monde serait une erreur ou plutôt une création superfétatoire. Dieu suffirait." Clément Rosset
"Demolished thoughts" Thurston Moore (entre folk et spatial)
"Fairytales" Radka Toneff et Steve Dobrogosz (jazz d'une pureté miraculeuse, un chef-d'oeuvre enfin réédité, alors que la Norvégienne est dcd à l'âge de 30 ans...)

"Chaque homme doit inventer son chemin."
Jean-Paul Sartre


    Petite confession personnelle : j'aimerais bien décédé comme Yvette Horner, 95 ans, partie en juin. Paroles de son agent : "Elle n'était pas malade. Elle est morte des suites d'une vie bien remplie". Avouez qu'elle décoiffait la musicienne à la flamboyante chevelure rousse ! « Les gens sont des miracles qui s’ignorent » nous dit Albert Camus.  Je nous souhaite à nous aussi une vie bien remplie.
   En attendant, quel bel été nous avons eu mes amis ! Lectures qui ont nourri mes siestes estivales durant mes trois semaines de bénévolat dans une Communauté internationale bénédictine qui s'installe dans le Poitou : "Psychothérapie de Dieu" B. Cyrulnik, "Les chemins du silence" M. Hubaut, "L'assise et la marche" J.Y. Leloup, "Quelle spiritualité pour le 21eme siècle" W. Clapier, "Une sagesse au fil des jours. La spiritualité bénédictine pour tous" Joan Chittister. Le retrait du monde rend plus humain : trois semaines de jeûne d'images et de bruits, en pleine nature, nous rend ensuite beaucoup plus sensibles à ce que nous voyons et entendons. Plus sensibles à la beauté, mais aussi à la laideur ! Notre capacité de vibrer et d'admirer, la vie contemplative au sein d'une communauté développe presque, en nous, une espèce de sixième sens, ou plutôt aiguise tous nos sens ! Offrez-vous ce cadeau....

   Que du bonne heure cet été 2018 ! Qui n'a pas empêché une sérieuse blessure au coeur de mon âme, fin juin. Blessure qui se cicatrise peu à peu en y mettant les mots qu'il faut, bons pour mon égo et le féminin qui est en moi.... Féminin que j'ai pu exprimer en juillet lors d'une session Argile et Livre de Ruth à Landévennec.
   Méditer c'est comme faire l'amour : plus est long le temps méditatif, plus c'est bon. En cette rentrée, allongeons donc nos temps de méditation (et faisons l'amour plus longuement...).

   J'ai hâte de cheminer à nouveau localement en votre compagnie cette année, dans nos différents groupes (pj), dès début septembre.
   Belle fin d'été à chacun.e,
  Jacques



mardi 3 juillet 2018

Lettre juillet - août - 81eme



Bonjour, Bonsoir


"L'humour, c'est avoir le courage de déplaire."
Pierre Desproges



   Petit clin d'oeil à notre association Ephata dans le dernier ouvrage de Jean-Yves Leloup "Les portes de la transfiguration"
   "... "Ephata, ouvre-toi", ne soit pas sourd à l'appel. "Ephata, ouvre-toi", ne sois pas aveugle mais voyant. "Ephata, ouvre-toi", laisse-toi toucher par la Vie et son corps innombrable. La Vie est à caresser. "Ephata, ouvre-toi", la Vie se donne à toi, à travers tant de saveurs, la Vie est à savourer. "Ephata, ouvre-toi", élargis l'espace de ton souffle, il vient de l'Infini, il retourne à l'Infini, respire le champ infini de ses parfums, la vie est à respirer. "Ephata, ouvre-toi", ouvre ton désir à l'amour, au désir de la Vie qui traverse tes désirs, tes plaisirs et tes jouissances pour que tu sois toujours comblé, jamais repu ou satisfait, la vie est à étreindre et à désirer. 

   "Ephata, ouvre-toi", détends-toi, nous sommes nés pour mourir, pour nous décomposer, la Vie continue avec ou sans cette matière qu'il nous faut lâcher, tu n'es pas seulement la vie que tu as et que bientôt tu n'auras plus, tu es la Vie que tu es et que tu seras toujours. Car la vie est éternelle ou elle n'est pas, elle est infinie ou elle n'est pas. "Ephata, ouvre-toi", ne t'arrête pas dans le connu, ne te satisfait pas de tes petits repères ou explications, laisse-toi porter par la question toujours plus loin, toujours plus proche de la Conscience qui anime ton cerveau et par qui toutes choses sont. "Ephata, ouvre-toi", ton coeur est limité, il est aussi capable de tout, capable de l'Un, capable d'être conscient de l'Un et de ne faire qu'un avec. Quand tu ne fais qu'Un avec tout, tu es l'Amour/Dieu, Agapé o Théos.

   "Ephata, ouvre-toi", va au-delà de toutes les images, de toutes les représentations connues, sans en mépriser aucune ni en idolâtrer aucune, qu'il s'agisse de Dieu, de l'Etre, de l'Infini, de l'Eternel. Le Réel est toujours plus que tout ce qu'on peut en sentir, en penser, ou en imaginer. Imagine l'inimaginable, l'irreprésentable, marche et respire en Sa présence."
   No comment ! 


    Le choix de pratiquer la méditation est très exigeant : faire taire le monde extérieur pour libérer l'attention à soi, pour habiter avec soi-même. Faire taire tout repli sur soi-même, tout endurcissement du coeur, toutes les formes d'idolâtrie plus ou moins conscientes. Faire taire toutes les questions superficielles qui encombrent le coeur et empêchent l'écoute vraie de notre Voie intérieure. Alors, alors seulement, on entre dans la beauté de notre paysage intérieur, dans la clarté du silence intérieur, interpellés, déconcertés comme on peut l'être devant une oeuvre de grande force....

   "Il médite, disait Ramana Maharshi d'un disciple, il pense qu'il médite, il est satisfait du fait qu'il médite : où celà le mène-t-il, sinon à l'épaississement de son ego !?...". C'est chaque instant de la vie, du quotidien, que la "méditation" doit embrasser, c'est chaque instant qui doit être une recherche consciente du véritable Soi de l'homme à travers tout ce qu'il fait, pense et dit. On essaie camarade, on essaie....

   Encore un de mes philosophes préférés qui vient de partir vers le Paradis Blanc. Clément Rosset n'aura cessé de défendre un réalisme sans concession, sans jargon. Décapant et mordant. Un réalisme traqueur des masques, illusions, doubles que l'homme s'invente pour ne pas avoir à regarder le réel en face. Parce que, sans double, le réel est toujours idiot, cruel : ce caractère tragique de l'existence. De l'inconvénient d'être né, Rosset en tirait une profonde joie. Enigmatique, euphorique et sans pourquoi.
   Citations : "... la finitude de la condition humaine, la perspective intolérable du vieillissement et du trépas explique l'obstination des hommes à se détourner de la réalité.", "... les gens frappés par le virus du bien sont les plus dangereux pour autrui. Un homme bienveillant qui veut améliorer le monde est foncièrement dangereux. La recherche du bon n'est pas ce qu'il y a de meilleur dans l'humanité.", "... la grande différence entre le dépressif et l'homme joyeux me semble d'ailleurs résider dans l'appétit de vivre, ce qui peut se résumer en un mot : le désir.", "... pour moi, la philosophie est une quête intérieure de compréhension et d'acquiescement à la réalité, un chemin par lequel on trouve une joie enivrante.", "... toute le force de l'être humain consiste en ceci : savoir que l'on va vieillir, souffrir et mourir, et être heureux en assumant pleinement cette pensée. Seul celui qui accepte l'idée de la mort, si bien qu'il n'y pense même plus, sera capable d'accéder à la plénitude de la vie. La capacité d'admettre la part tragique du réel est pour moi la pierre de touche de la santé morale et de l'allégresse.". Un vrai Yogi ce Clément ! Relisons-le....

Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m’enrichis”.
​ ​

A
​.​
 de Saint-Exupéry



Des livres et vous :
"Novembre" Henri Daucé (petit recueil de poèmes touchants, plume sensible et délicate)
"Tout un monde fluide" Odile Caradec (recueil de poèmes d'une nonagénaire avec détachement et humour + monotypes de l'artiste Pierre de Chevilly)
"Vivant Jardin" suivi du "Poème perdu" Laurence Nobécourt
"Des jours d'une stupéfiante clarté" Aharon Appelfeld (l'immense Aharon pousse à leur paroxysme ses thèmes de toujours : l'échappée, la contemplation...)
"Âme sœur" David-Marc d’Hamonville
"Contre les racines" Maurizio Bettini (déconstruit une conception étroite de l’identité culturelle)
"Comment devenir écolo sans devenir chiant" Mathieu Duméry / Lénie Chérino
"Histoire de la sexualité 4" Michel Foucault (consacré aux Pères de l'Eglise, subtil et trépidant)
"Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull" Claire Barré (livre avec subtilité et humour le récit de sa découverte du chamanisme et de son propre cheminement spirituel) 
"Une certaine inquiétude" François Bégaudeau/Sean Rose (apprivoiser l'inquiétude existentielle)

Sites : 
www.lagedefaire-lejournal (EPHATA est abonnée depuis des années)
www.jefaismatransition.com (des clics pour le climat)
http://democratieinterieure.strikingly.com/
www.espritcabane.com (en Finistère sud)
www.jms2018.org (une réponse contemplative à la crise du changement)



Musiques pour l'âme :
"Songs of the Saxophones" The Saxophones (légèreté chargée d'une profondeur insoupçonnée)
"La Voie de L'Esprit" Logos - Eric Aron
"We slept at last" Marika Hackman (intense et hypnotique, comme dans un rêve éveillé)
"Songs from a world apart" Lévon Minassian/Armand Amar (son si particulier du doudouk de la mélancolie et de la profondeur de l'Arménie)
 - Pensée spéciale pour la voix d'or de Geoffrey Oryema, qui vient de s'éteindre -



"J'existe. C'est doux, si doux, si lent.
Et léger : on dirait que ça tient en l'air tout seul (...).
Si seulement je pouvais m'arrêter de penser,
ça irait déjà mieux."
Jean-Paul Sartre

   

   "Etre juste, c'est continuer à faire exister ce qui est immortel dans la nature et chez autrui, préserver la dignité en toute chose - même ce qui semble d'importance mineure, voire misérable -, sans chercher à l'écraser. Ce qui s'adapte en nous au système, c'est notre moi, c'est à dire la part de notre être qui comprend les codes et s'y conforme, suit les procédures, les rituels de communication, etc. Ne le dénigrons pas trop vite, d'ailleurs, car il y a de la grandeur à bien fonctionner dans la société. Mais l'erreur, tragique, est de réduire l'individu à ce seul moi. Et d'oublier le "soi".

   Nous n'aimons jamais une personne pour son "moi" adapté au système mais pour ses qualités propres, celles qui font précisément qu'elle est elle, et pas une autre. Ce que nous aimons, c'est ce qui compte pour elle, c'est à dire son "soi". Et chacun est libre de décider ce qui compte vraiment. Il me semble qu'on peut déceler quelques invariants constitutifs en chacun de nous : la "saveur d'exister", par exemple, c'est à dire le rapport sensuel que nous tissons avec le monde, cette sensualité qui passe dans notre rapport à la nature, à ce que nous aimons manger, écouter, voir.... Un autre marqueur est la recherche de stabilité et d'équilibre. 

   Autre marqueur : il me semble que la redécouverte de soi n'est jamais... une fin en soi : elle ouvre sur un désir de l'autre. Le soi est toujours relié à l'autre, et c'est quand il se mue en"hors de soi", dans l'amitié, ou l'amour, après avoir défini ce qui lui importe vraiment et dépend de lui, qu'il est le plus épanoui." Pascal Chabot, philosophe belge, fondant comme un bon chocolat !

   Mantras de l'été : "It's enough ! Assez !". "Les gens se lèvent. J'en ai marre du racisme, marre de la guerre, marre de la destruction de l'environnement, de nos leaders mondiaux malhonnêtes. Nous devons nous remettre sur les rails pour aller de l'avant" peste Lenny Kravitz dans son dernier album attendu pour le 07 septembre.
   Autres mantras possibles : "Ni dieu, ni maitre, ni bfmtv !" ou bien encore "L'inaction nourrit le populisme, pas les migrants" !
   A méditer....

   Je ne peux vous quitter pour deux mois sans remercier vivement toutes les personnes fidèles, motivées, persévérantes, chaleureuses, qui sont venues dans mes groupes de Yoga oriental, méditation chrétienne, parole laïque, cette année 2017-2018. L'aventure intérieure continue à la mi-septembre : plaisir de vous retrouver ici ou là....

A tout moment, laisser passer le temps
Pour écouter, humer et regarder.
En tout lieu, poser le corps et l'esprit
pour entndre, sentir et voir.
L'instant devient alors présent.
Le présent rejoint l'éternité.
L'âme se libère et quitte ses états.
Une plénitude profonde s'installe.
Pour combien de temps ?
Michel Moureaux


   Nos gourous médiatiques style Christophe André nous invitaient en juin à ralentir en tout, et partout. Alors, cet été, faisons la vaisselle au ralenti, mangeons lentement, faisons l'amour au ralenti, marchons lentement, ralentissons en voiture, parlons-nous doucement,..., le mental au ralenti c'est la porte ouverte à la contemplation, prémisse de l'éveil....
    Je vous souhaite un été "sea, sex and sun", détendu à souhait, les sens grands ouverts et le sourire mystique....
   Jacques