mardi 26 janvier 2021

 Lettre janvier 2021 - 108eme -

Bonsoir, Bonjour


"Pour vivre ensemble, il faut une brassée d'amour
et une pincée d'humour."
Cardinal Roger Etchegaray



   Du danger des groupes pour l'être en devenir, notre individuation, chère à C.G. Jung. Je viens de prendre de la distance par rapport à une "communauté internationale de méditation", avec laquelle je chemine depuis plusieurs années. Ce n'est pas la première fois que je prends un recul salutaire par rapport à des groupes, des voies dites spirituelles, des maîtres à penser. Simone Weil nous a pourtant prévenu dans ses écrits : tout groupe est porteur d'"étouffement" pour l'être en quête de sens que nous sommes ! 

   Quelle que soit la nature du groupe : familial, politique, syndical, socio-professionnel, associatif, etc. Devenir soi est un chemin solitaire (et solidaire)En gros, tout ce qui nous enferme dans une pensée, des croyances, une morale, un système, portés par un groupe, est un handicap à un moment ou un autre de notre développement, de notre liberté.
   Se construire avec/par les autres, soit. Mais se fixer dans une pensée unique, gare.... Projeter sur ou attendre de, voire vénérer un directeur de conscience, un instructeur, un maître ou autre "thérapeute" n'est pas sain(t) en soi. L'esprit souffle où il veut. Il est libre, multiple.
 
   Chacun de nous est singulier, unique. "Chacun sa route, chacun son chemin", comme dit la chanson. Les groupes, c'est bien pour le "bain collectif" certes, mais dès que ça sent le pouvoir, la norme, la bien-pensance, le leader, la normose, alors là nous devons prendre nos jambes à notre cou et fuir ! L'air est plus pur quand on est ermite, nomade, précaire joyeux, clochard céleste, serviteur de l'inquiétude, rebelle. Libre quoi. Il faut se méfier de ce qui est satisfaisant pour le mental. A l'aube de mes 63 ans, je vous redis "libérez-vous ! "Je marche seul" nous avertit JJ Goldman, ou autrement dit par F. Pagny : "Vous n'aurez pas ma liberté de penser !"

   Cadeaux du Père Noël pour moi cette année : fin du travail obligatoire ! Fini les 8h00- 12h00/13h30-17h30. Fini les petits chefs, les petites cheffes. Fini de supporter les insupportables. Je suis dans le monde du travail depuis l'âge de 16 ans. En tout, j'ai dû travailler dans une bonne dizaine de secteurs, accompli autant de formations, acquis autant de diplômes. Éternellement en cdd, comme notre vie ici-bas. Mes métiers préférés : berger, boulanger bio, restauration, prof de yoga-sophrologue, formateur d'adultes en développement personnel, accompagnement individuel, crêpier, auxiliaire de vie scolaire avec les jeunes enfants. A un moment j'aurais pu être gourou mais ma petite voix intérieure m'a dit "non". Question de lucidité, de clairvoyance.

   Je deviens donc hyper dispo pour passer du temps en votre compagnie ! Où que vous habitiez !! Suffit de prévoir, j'arrive en train si c'est loin et roule ma poule ! Cela peut aller d'une balade-thé locale au séjour ailleurs en francophonie, puisque des belges, suisses, québécois, marocains, reçoivent ma Lettre mensuelle. Il y a du lien partout, des miroirs surtout. Restons local pour l'instant : allez vous voir et partager quelque part en France, c'est un bon début.
   A bon entendeur.... 

   Effets collatéraux de la "guerre" sanitaire : je croise plein de gens, connus ou pas de moi, qui sont devenus "bizarres". Un peu parano, un peu complot, un peu mégalo, un peu schizo, un peu pâlot... Adoptons les bonnes pensées barrières : "Un, trouvez le rituel qui vous fait du bien, deux, laissez votre esprit vagabonder au moins dix minutes par jour, puis usez sans modération du gérondif (participe présent) protecteur, renforcez votre côté aventurier, enfin apprenez à augmenter votre tolérance à l'incertitude". Conseils du Pr Michel Lejoyeux, encore un qui porte bien son nom !

"La plupart des gens n'ont plus de regard, seulement des yeux."
Gilles Farcet  


Des livres et vous
"La société d'exposition. Désir et désobéissance à l'ère numérique" Bernard Harcourt (démontre comment la collecte de données en ligne s'adosse à notre désir d'être vu, aimé et suivi sur le net. Appel à une forme de résistance numérique !)
"Mar Moussa. Un monastère, un homme, un désert" Guyonne de Montjou (l'histoire d'un jeune gauchiste des années 70 qui rencontre la grâce, ou l'éveil si vous préférez)
"De la vraie vie" François Jullien (une invitation à entrer en dissidence avec les arrangements du quotidien, les injonctions sociales ou les diktats de la modernité)
"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond. Une vie de John Muir" Alexis Jenni
"La peau fragile du monde" Jean-Luc Nancy

Sites
www.parlement-et-citoyens.fr (prenez la parole)
numeridanse.tv (les galaxies du mouvement, vidéos gratuites, trésors du monde de la danse)
wwwetragir.com (en 29sud)
http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b25.php  (pour ouvrir sur le monde d'après...) 

Musiques pour adoucir....
"9 songs about love" J.E. Sunde (tout sonne juste...)
"Dreaming" Michael Rother (légèreté, romantisme et réconfort)
Tous les albums de SADEla grâce incarnée...
"Seemone" Seemone (le plus bel album d'amour de 2020. Le genre de timbre qui enflamme l'âme quand les mots sont beaux)


"Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci."
Paul Eluard


   "Tout l'enjeu de la vie spirituelle consiste à passer de notre personnalité de surface à cet être profond que certains nomment "l'homme caché du cœur", "l'homme intérieur", le "temple caché", le sommet de l'âme, la cime de l'esprit, etc.
   L'avènement de cet être profond, peut survenir lors d'un "basculement" ou d'un "dérapage" vers l'intériorité, d'un "affleurement lent et patient, à peine perceptible, une sorte d'imprégnation à partir de l'intérieur", ou encore du "descellement d'une source qui fait jaillir en nous une eau fraîche et vive".
   Événements toujours imprévisibles, incontrôlables, liés aux visites en nous de la grâce, telle une semence, un infime filet d'eau." Le grand André LOUF dit tout. Un grand monsieur.
  
   Sexagénaire je suis depuis trois ans, et j'allais vous demander si pour vous aussi, depuis votre soixantaine, votre libido s'était amplifiée ?!.... En effet, nous retrouvons dans sexagénaire le doux mot "sexe", et je dois vous confier que de mon côté, depuis le virage amorcé des 60 ans, ma libido ne s'est point amoindrie, loin s'en faut.... Incroyable mais vrai ! Normal mon capitaine, c'est la maturité érotique de l'âge qui veut "ça", et c'est, selon ma foi christique, réjouissant. Votre témoignage m'est précieux.... Merci

   Etes-vous "honjok" ? On peut être seul et heureux, affirment les sud-Coréens. Cinq millions et demi de français vivent la" si moderne solitude" comme le chante Souchon. Dont plus de 60% de jeunes. On peut être seul et heureux parce que le fait de vivre bien sa solitude nous libère de l'approbation sociale. Et paf ! Ensuite, c'est parce que l'on a découvert que la meilleure des compagnes, c'est dame Nature. Repaf ! Lisez "Honjok, le secret des Coréens pour vivre heureux dans la solitude" qui vient de sortir. Ultra moderne solitude....  

   Je nous souhaite une année "doucement subversive"..., clairvoyante, méditante active, et réactive quand il le faut !
   Apprécions-nous les uns les autres, avec ou sans masque, vêtus ou dénudés....
   L'humour, une thérapie face à l'absurdité du monde.
   "Meilleure Année" pour toi,
   Jacques

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