Newslaitue janvier 2026 - 166eme -
« Le bonheur, ô ami, ne se trouve pas
dans les choses ou les événements
mais dans le regard que l'on porte sur eux. »
Parole soufie
Chères amies, chers amis,
La fin d’une année et le commencement d’une autre forment un seuil, un moment de transition.
Dans la mythologie romaine, ce passage est placé sous le signe de Janus, le dieu des portes et des commencements. On le représente avec deux visages : l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Le premier invite à regarder en arrière : qu’avons-nous appris ? Qu’est-ce qui nous a traversés, nourris, parfois éprouvés ? Le second se tourne vers demain : quels désirs, quels élans, quelles graines souhaitons-nous semer ?
Ces deux regards sont précieux, mais ils peuvent aussi révéler nos pièges familiers : la tentation de rester accrochés à ce qui n’est plus, ou celle de vouloir contrôler ce qui n’est pas encore. Or le passé ne se défait pas, et l’avenir reste, par nature, imprévisible.
Janus est aussi le gardien des seuils. Comme toute porte, il sépare autant qu’il relie. Ce qui est derrière ne disparaît pas et peut même nourrir ce qui vient.
Entre ces deux visages, il existe un espace discret : celui de la présence. Un lieu où passé et avenir cessent de s’opposer. Un peu comme cet instant entre rêve et réveil, où l’on n’est plus pris dans la nuit, sans être encore happé par le jour. Un moment simple, gratuit, où l’on est là — avec le souffle, la lumière, le mouvement de la vie.
Alors, plutôt que de vouloir oublier l’année écoulée ou planifier à outrance la suivante, pourquoi ne pas habiter un instant ce seuil lui-même ? Respirer. Ressentir. Être là. Entre mémoire et projection, laisser une page blanche pour que le présent s’écrive.
Je vous souhaite, et nous souhaite à toutes et tous, une année traversée de tendresse, de justice, de lumière… et de joies.
Ilios Kotsou
Imagine …
Imagine que … tous les distributeurs de billets disparaissent du paysage urbain,
que la crypto-monnaie se généralise, avec son air de complotiste,
que les banques, l’une après l’autre, soient en cale-sèche,
que le droit soit, encore davantage, ramené à la seule « loi du plus fort ».
que ce soit partout le règne du talion : oeil pour oeil, dent pour dent… vengeance généralisée…
imagine que les cow-boys, sans peur et sans reproche, soient de retour et le ku klux klan à la commande
imagine qu’il suffirait d’un regard mal interprété pour « exploser » l’inconnu
imagine que le jeu soit devenu le seul maître à bord
imagine que l’image s’autosuffise
image’gin (alcool décidément trop fort)
imagine que … la coupe est pleine.
Imagine que les mots, l’un après l’autre, s’effacent du dictionnaire
Imagine qu'il n'y ait plus ni respect ni retenue
Imagine que la drogue soit cotée en bourse
imagine le journal au plus offrant, l’opinion téléguidée !
imagine que le rire soit interdit. Ou encore le silence !
Imagine que l'eau manque au robinet.
Imagine un monde de robots, sans les 3X8, sans repos
imagine les tours de Manhattan en flammes.
Imagine le delta du Gange à la dérive
Imagine qu'on cesse de dire comme le père de Camus : « Un homme, ça s’empêche »
Imagine qu'il n'y ait plus de limite à rien
imagine le tout possible.
Imagine un black-friday permanent
imagine la terreur silencieuse,
mais imagine encore le possible d'un inédit.
Imagine encore le sursaut de la confiance.
Imagine un cœur qui s’ouvre comme un regard
imagine un être qui s’émerveille
Imagine la joie d’un nouvel éveil.
Imagine la joie transfigurante,
imagine le pari de la solidarité,
imagine l’a-venir en forme de neuf,
imagine les solidarités, tiens, ce radeau de fortune fabriqué par les fourmis pour dominer les flots.
Imagine ce qui se dirait-là, entre la poire et le fromage, dans l'arche de Noé…
Le monde se met à flotter. Imparable.
Ça tangue.
Souquez ferme ! Et encore !…
Ramez vers la profondeur, qu’il disait, en un grand rire
bien sûr que les tempêtes se lèvent,
Plus que jamais et pour longtemps
On dit pourtant qu’au point central du cyclone règne un grand calme.
Imagine alors le geste à faire, ce tout petit geste,
infime, encore à poser, qui réjouirait le ciel,
si loin, si proche : une musique, un chant d’oiseau.
Le vol d’un machaon en toute splendeur.
L’envol d’un écureuil d’un arbre à l’autre.
Et puis une main sur ton épaule qui te lance en-avant.
Et tu y vas…
Joseph THOMAS
«Soyez comme l'oiseau posé pour un instant
sur des rameaux trop frêles,
qui sent plier la branche et qui chante pourtant,sachant qu'il a des ailes.»Victor Hugo
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